Emmanuel Lasker, deuxième champion du monde d’échecs, de 1894 à 1921








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Fransāwi58, le tien de malheur va faire avancer notre enquête sur cette fort curieuse affaire. Dans l’immédiat, nous devons impérativement nous mobiliser pour retrouver Hansen, et de préférence plutôt vif que mort !

- De quelle façon comptes-tu organiser la traque ? Une réunion avec les collègues s’impose, non ? suggère l’inspecteur.

- Certainement ! Je vais convoquer tout le monde au bureau à… disons quatorze heures. Ça te va ? Il n’y a pas de temps à perdre !

- Oui, oui… opine l’inspecteur d’un air absent, quatorze heures c’est parfait.
Tandis que le commissaire passe ses coups de fil, Idrissi s’absorbe dans la contemplation de la place Jemaa-el-Fna, encore et toujours frappé par l’atmosphère intemporelle qui en émane, en dépit de l’incursion croissante en son sein des signes les plus flagrants de la modernité. Puis, son esprit se met à dériver pour le conduire sur la pente périlleuse d’interrogations « camusiennes », de pensées déprimantes sur l’absurdité de l’existence, sur sa vacuité et son impermanence… Soudainement, il se sent très las, déjà lui pèse cette réunion. Il n’a qu’une seule envie, celle de dormir pour oublier cette invraisemblable histoire. Un fond de raison cartésienne reprend pourtant le dessus, lui suggérant une explication plausible à son indéfinissable malaise. « Syndrome de stress post-traumatique », diagnostique-t-il sobrement, alors que lui revient en mémoire le reportage sur les vétérans de la guerre d’Irak qu’il a lu quelques jours plus tôt dans Le Matin.

La voix du commissaire l’arrache finalement à ses morbides divagations.

- Voilà, c’est réglé ! Mais, je ne te sens pas dans ton assiette, khouya, aucune obligation d’assister au briefing. Si tu préfères aller te reposer…

- Non, non… je viendrai. Juste un petit coup de barre, ça va passer.

- Bien, on a un peu de temps devant nous avant la réunion, on va aller manger un morceau au Toubkal, mais auparavant, allons acheter une nouvelle batterie pour ton portable et… un couvre-chef, peut-être ? Tu ne passes pas inaperçu avec cet énorme pansement !

20
Peu avant le lancement de la troisième partie du match, le public est confronté à une scène singulière. Boris Bronstein s’est avancé vers l’arbitre Jha Singh pour l’entraîner en arrière de l’estrade et, d’un air grave, lui murmurer quelques mots. En l’espace d’une nuit, le grand maître semble avoir vieilli de dix ans. Nul ne doute que cette sénescence prématurée qui le voûte à présent soit consécutive à sa défaite de la veille, comme nul n’imagine à le voir ainsi défaillant qu’il puisse remonter la pente et refaire dès aujourd’hui son retard au score.

Jha Singh manifeste tous les signes d’une profonde perplexité, il se démène dans un grand désordre de mains qui battent l’air, tel un nageur en difficulté qui hèlerait de désespoir un secours tardant à venir. Or, voici que se profile le sauveteur espéré en la personne du président Boukharov ! L’arbitre peut se soulager du fardeau que représente l’insolite requête du grand maître.

La voix ouzbek tonne, exigeant le silence immédiat.

- Grand maître Bronstein, tu as fait part à l’arbitre Jha Singh de ton souhait de prendre aujourd’hui ta journée de repos. Si tu avais pris connaissance du règlement, tu saurais parfaitement qu’une telle requête doit être adressée à l’arbitre au moins vingt-quatre heures à l’avance. Ta désinvolture m’afflige, Bronstein, et naturellement monsieur l’Arbitre est en droit de décliner ta demande. Si tu persistais…

- Président Boukharov, je connais le règlement aussi bien que toi, le coupe Bronstein avec un aplomb et une pugnacité que nul n’aurait pu soupçonner quelques instants plus tôt. Je demande une dérogation pour raisons de santé. Fais preuve de bon sens et conviens que certains malaises ne sont pas prévisibles vingt-quatre heures à l’avance.

- Aucune dérogation n’est prévue par le règlement, Bronstein ! rétorque Boukharov d’une voix qui croît encore en volume face à l’outrecuidance de son interlocuteur. Tu n’as aucun recours, sinon de déclarer forfait !

Des rangs de spectateurs, jusque-là muselés par l’autorité du président Boukharov, monte graduellement une clameur réprobatrice, entrecoupée de voix indignées criant à l’injustice.

- En ce cas, je déclare forfait, annonce sans émotion apparente le grand maître à l’arbitre. Et je souhaite prendre demain ma journée de repos… je suis dans les temps, n’est-ce pas ? Vingt-quatre heures à l’avance, selon le règlement.

Bronstein ! Bronstein ! Bronstein ! martèle à présent le public en rébellion, scandalisé par l’intransigeance du président de la FIDE qui conduit le Champion du monde à l’abandon sans combat.

- J’enregistre ton forfait, grand maître Bronstein, et déclare le grand maître Rezvani vainqueur de la troisième partie, proclame l’arbitre, délivré de son embarras par la docile coopération du grand maître israélien.

Le joueur iranien, cependant, après être parvenu à se défaire de sa garde rapprochée qui l’enserrait tel un carcan, s’avance à son tour vers l’arbitre principal.

- Si je puis me permettre, Mr Jha Singh, ton annonce est caduque… Il n’est guère possible que la victoire puisse m’être attribuée puisque je déclare forfait pour la troisième partie, annonce-t-il d’une voix neutre, je suis en effet atteint d’une crise de névralgie.

Cette imprévisible déclaration laisse le public pantois et l’arbitre encore plus décontenancé qu’auparavant. Le nageur qui un peu plus tôt surnageait encore au milieu des flots est à présent en train de sombrer dans les abysses. Il gesticule désespérément pour appeler à sa rescousse son assistant, or Raul Cienfuegos est encore moins en mesure que lui-même de résoudre l’épineux problème posé par le coup d’éclat du grand maître iranien.

Deux joueurs déclarant simultanément forfait alors qu’ils sont opposés dans une compétition majeure, c’est un cas inédit dans l’histoire des échecs. Les arbitres entrent en conciliabule rejoints par un Boukharov qui frise l’apoplexie. Après un long moment durant lequel sont moult fois feuilletées avec frénésie les folios du Livre de l’arbitre et échangés entre les trois hommes de dubitatifs propos, Jha Singh se projette à nouveau sur le devant de l’estrade pour faire son ultime déclaration.

- Le Champion du monde et le prétendant au titre ayant tous les deux déclaré forfait à la troisième partie, les arbitres, en accord avec Monsieur le Président de la Fédération internationale, ont pris la décision de l’annuler. Le score est de un à zéro en faveur du grand maître Rezvani. Neuf parties restent à jouer. Le grand maître Bronstein, souhaitant prendre demain sa journée de repos, la quatrième débutera mercredi 10 juin, à quatorze heures.

21
Le gardien de la paix Ali Benjelloul est sur le grill. Ses collègues, formant cercle autour de lui, n’ont cesse de le harceler de leurs questions insidieuses : « Tu es bien sûr que tu n’as rien vu ? Réfléchis, ce n’est pas possible…! Peut-être t’es-tu endormi ? » Cette dernière remarque de son jeune collègue Tariq Soussi provoque aussitôt les dénégations indignées du policier.

- Wālou ! Je n’ai rien vu ! Si j’avais constaté un fait suspect pendant la nuit, j’aurais immédiatement téléphoné au commissaire, selon ses ordres personnels. Et je n’ai pas fermé l’œil une seconde, mets-toi bien ça dans la calebasse, Tariq !

Le commissaire ne doute un instant de la bonne foi de son gardien. Une hypothèse alternative à celle d’une exfiltration nocturne du grand maître danois doit en conséquence être envisagée.

- Je suis convaincu qu’ils l’ont d’abord transporté dans l’une de leurs chambres. C’est seulement à l’aube qu’ils l’auraient évacué. Après la relève d’Ali par le vigile de l’hôtel. Entre temps, ils se sont débrouillés pour descendre Hansen dans leur voiture garée sur le parking. Ils l’ont dissimulé de quelque façon aux regards avant de franchir le portail. Pour le vigile, les occupants de la Laguna étaient de riches clients, il n’y avait motif, ni à se méfier, ni à s’alarmer.

- Brillante déduction, Abdelaziz, je fais mienne ton hypothèse, opine l’inspecteur Idrissi. J’ajouterais une précision : le transport de leur « colis » dans la Laguna s’est effectué lorsque j’étais hors circuit, bouclé dans ce satané local, et que Driss dormait, c’est-à-dire entre quatre et sept heures.

- Leur plan devait être précisément minuté, renchérit l’inspecteur Belali, l’épisode Idrissi a dû leur compliquer la tâche, c’était le grain de sable dans l’engrenage, mais on a indubitablement affaire à des professionnels qui ont su improviser.

- On va interroger le vigile, décide Benmansour, s’il a vu passer la Laguna ce matin il doit s’en souvenir, il n’y a pas gros trafic à cette heure. Ahmed, tu iras faire un brin de causette avec le vigile Sebbar, s’il pouvait se rappeler l’heure à laquelle il aurait vu l’auto sortir du complexe hôtelier, ce serait un début de piste. Bon, on active, ne perdons pas de temps… Tu lui demanderas aussi de me bipper s’il voit la Laguna repartir dans l’après-midi ou dans la soirée. Je resterai dans les parages. En ce moment, ils doivent tous être au salon pour le début de la troisième partie, mais je présume que l’un des agents israéliens peut très bien s’en absenter pour aller rendre visite à leur captif.

- Je suis repéré par ces types maintenant, ce ne sont pas des amateurs, ils on dû fouiller mes poches, trouver ma carte professionnelle, constate piteusement Idrissi. Je ne peux plus décemment me montrer à l’hôtel, je vais rester au bureau pour faire la coordination, propose-t-il. J’espère seulement qu’ils ne nous ont pas vus ensemble, Abdelaziz, tu serais grillé à ton tour.

- C’est peu probable, mais on sera vite renseigné… Bon, alors tu gardes la boutique ?

- Mais pourquoi ne pas boucler toute la bande ! regimbe subitement le brigadier Benhaddou qui jusque-là se tenait coi. Et leur faire avouer leur crime !

- Je comprends ton emballement, khouya, mais nous n’avons aucune preuve tangible de crime ou de délit, modère le commissaire.

- Et le témoignage de l’inspecteur assermenté Idrissi, ça ne compte pas !

- Tu penses aux fameuses baskets… Ce n’est pas une preuve matérielle de leur culpabilité. Ils se contenteraient de nier. Il faut marcher sur des œufs dans cette affaire, ne pas intervenir avant l’heure, surtout ne pas provoquer d’incidents diplomatiques, argumente le commissaire. Chi va piano, va sano… chi va sano, va lantano.

- Mais ils ne perdent rien pour attendre ! menace pour conclure l’inspecteur Idrissi en tâtant précautionneusement sa bosse.

- Sûr ! Rira bien qui rira le dernier.
Lorsque, vers quinze heures, les policiers s’infiltrent en ordre dispersé au sein du complexe hôtelier, une bourdonnante animation règne aux abords du salon et dans son proche périmètre, du piano-bar à la piscine et aux allées du jardin. Ils croisent des grappes successives de personnes plongées dans de véhémentes discussions, puis tombent sur un groupe de grands maîtres réunis autour d’une table du bar pour commenter l’incroyable coup de théâtre qui vient de se produire…

Ils saisissent sur le champ le pourquoi de l’ambiance survolté : la partie a été annulée faute de combattants !

- Quel coup de théâtre, ce forfait simultané ! réagit le commissaire à l’annonce de l’événement. Bien, allons repérer nos hommes. Je m’occupe des agents hébreux, s’ils venaient à se séparer, je t’appellerai, Driss, tu prendrais en charge une partie du groupe. Pour l’instant, tâche de dénicher Bronstein, je ne le vois nulle part. Dès que tu l’as logé, tu me fais signe, j’aimerais avoir au plus vite un entretien avec lui… incognito. Ahmed et Ali, vous vous débrouillez avec les Persans. Pour l’instant ils se tiennent tranquilles… Toi, Tariq, tu viens avec moi.
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- Allô ! Abdelaziz… Bronstein s’est retiré dans ses appartements juste après l’annulation de la partie.

- Choukrane, Driss ! Je vais lui passer un coup de fil de la réception, je suis sûr qu’il acceptera de me recevoir si je lui parle de Hansen.

- Fais attention à ne pas te faire repérer par l’un des types du Mossad.

- Oui, naturellement. Ils ne sont plus que deux à traîner autour de la piscine, les autres ont dû monter à l’étage sur les pas du grand maître, je ferai en sorte de les éviter.
Lorsque retentit la sonnerie du téléphone, le grand maître Boris Bronstein, prostré dans un fauteuil le regard dans le vague, est soulevé d’un sursaut d’espoir… « Hansen ? » Mais la voix de son interlocuteur n’est pas celle, qu’il reconnaîtrait entre mille, du grand maître danois, mais celle, aux inflexions orientales, d‘un inconnu qui ânonne quelques mots en un anglais hésitant.

- Great master… You do not know me… but…

Bronstein est sur le point de raccrocher, mais la voix, comme si elle devinait son intention, se fait si pressante qu’elle l’en dissuade.

- Listen to me… I have some information about… who you know.

- Who are you ? Your name ? How can I believe you ?

- Sorry… Walls have ears… I shall scratch on your door in five minutes… You will know.

Benmansour a fait sienne la maxime « Prudence est mère de sûreté ». S’il est resté évasif sur le but de sa visite, allant jusqu’à taire son nom et son identité, c’est qu’il ne néglige nullement la probabilité, même si elle lui paraît infime, d’un téléphone mis sous écoutes. À agir de cette façon, le risque était pourtant réel de se voir opposer une fin de non-recevoir immédiate de la part du grand maître, mais rien de tel n’est advenu. Sur ses gardes, il s’avance dans le couloir du deuxième étage jusqu’à la chambre 201, puis, d’un ongle circonspect, gratte le placage de la porte.
Le grand maître israélien est pour le moins perturbé par le coup de fil qu’il vient de recevoir. « Cet homme, qui est-il ? Pourquoi tant de mystères ? Ai-je eu raison d’accepter sa visite ? » Il se raccroche toutefois à la perspective que son énigmatique interlocuteur a fait miroiter à mi-mots, celle de lui transmettre des informations concernant la disparition de son secondant. Si d’aventure une autre raison motivait cette singulière visite, il n’en serait pour autant alarmé. « Que risque-t-il après tout dans cet hôtel ? » Il repense un instant à l’accent de l’homme… « Un Iranien ? envisage-t-il. Ils auraient enlevé Per Hansen…? Non, tout à fait improbable ! Il s’exprimait plutôt avec un accent maghrébin… »

Le signal attendu interrompt son monologue. L’homme entre furtivement, un doigt posé sur les lèvres pour lui intimer le silence, fait le tour de la pièce en explorant du regard ses détails, puis le convie d’un geste explicite à le suivre sur le balcon.

- Bonjour Monsieur Bronstein, commissaire Benmansour, Sûreté nationale marocaine, se présente-t-il en lui tendant une main chaleureuse. Je suis désolé de faire tant de mystères, mais nous devons être prudents.

- Je vous en prie ! Que craignez-vous exactement ? La présence de micros ? s’enquiert le grand maître intrigué.

- Peut-être… Mais je n’en ai pas repérés de visibles… Mes vieilles obsessions d’enquêteur sans doute.

- Alors, que vouliez-vous me dire à propos de Per Hansen ? Car il s’agit bien de lui, n’est-ce pas ?

Le commissaire a décidé de jouer cartes sur table. Il lui narre dans le détail les divers épisodes de la nuit et lui révèle comment la police marocaine en est venue à soupçonner des agents israéliens grâce au témoignage de l’inspecteur Idrissi. Il ne lui cache pas non plus qu’il n’ont pour l’heure aucune piste permettant de localiser le lieu où le grand maître danois serait détenu, mais l’assure qu’ils ont bon espoir d’y parvenir en prenant en filature le véhicule des présumés ravisseurs.

- Mossad agents… J’ai considéré cette hypothèse, voyez-vous. En tant que joueur d’échecs, j’ai l’habitude d’envisager tous les coups susceptibles d’être joués par mes adversaires… Celle-ci m’a semblé la plus plausible.

- En relation avec l’incident d’hier, j’imagine. Lorsque le président de votre fédération a porté ces accusations à l’encontre de Per Hansen.

- Décidément, vous avez des yeux et des oreilles partout !

- D’une certaine façon… J’ai toute une équipe avec moi sur cette affaire.
La présence à ses côtés d’un gradé de la Police marocaine ne suffit pas à tranquilliser Boris Bronstein, en dépit du professionnalisme qui émane de sa personne. Il sait que les agents du
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