Emmanuelle sibeud (département d’histoire, Paris 8)








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Le prince et les arts en France et en Italie (XIVe-XVIIIs.).


Question d’histoire médiévale et moderne

Introduction bibliographique et méthodologique

Joël Cornette, Catherine Verna
Le Capes d’Histoire et de Géographie 2012-2013, dont la session d’admissibilité aura lieu en novembre 2013, a été profondément remanié, tant dans sa philosophie que dans l’organisation des épreuves. L’histoire et la géographie sont placées sur un pied strictement égal, tant pour les questions d’écrit que pour les questions d’oral.

En histoire, la question « Le prince et les arts... » entre également dans la philosophie nouvelle du concours qui souhaite dépasser les périodisations en vigueur actuellement et proposer des questions trans-périodes mais aussi trans-disciplinaires. C’est le cas, précisément, pour « Le prince et les arts... », une question qui met en relation les méthodes des historiens de l’art et leurs acquis scientifiques avec les travaux des historiens. Mais le questionnement est plus complexe encore pour un Capes d’Histoire et de Géographie, à destination des futurs professeurs des lycées et collèges, qui devront enseigner l’option « Histoire des arts » dans leurs classes.

Enfin, cette question ne figure pas au programme de l’agrégation d’Histoire, ce qui complique encore la tâche, tant pour les étudiants que pour les préparateurs.
Cependant, la question « le prince et les arts... » est tout à fait passionnante car elle nous introduit autant dans les œuvres (peinture, sculpture, architecture, orfèvrerie, ébénisterie, vitraux, monnaies et médailles...) que dans l’histoire sociale des arts à travers le rôle des princes, mécènes et collectionneurs. La période voit progressivement apparaître une institutionnalisation de la production artistique avec un effet miroir entre la France et l’Italie puisque le mécénat est inventé en Italie et s’affaiblit en France. La Renaissance est au cœur du sujet et les instructions officielles concernant l’histoire des arts admettent une visée patrimoniale dont l’idée est de dépasser l’interprétation-réflexe ; il faut passer « du sensible à l’intelligible » à travers des études de cas qui visent à l’exemplification.

Cependant, ces conseils pédagogiques publiés au Bulletin Officiel pour l’histoire des arts ne doivent pas restreindre le champ des interrogations des candidats au concours qui doivent s’interroger à la fois sur les princes, les œuvres d’art, et les relations – qu’elles soient de mécénat, de guerres et de spoliation, d’argent, d’institutions académiques etc... - existant entre eux. Enfin, si la Renaissance est au cœur du sujet, celui-ci ne se résume pas à la période XIVe-XVIe siècle.

Cette question permet aussi d’associer historiens et historiens de l’art. Ce qui ne va pas de soi. En précurseur, Georges Duby, dans ses trois livres sur l’art médiéval, parus dans une collection justement appelée «Arts, Idées, Histoire », avait étroitement imbriqué le texte et l’image, dans sa diversité formelle (miniature, objet, sculpture, architecture) dans une lumineuse présentation du Moyen Âge (Georges Duby, Adolescence de la Chrétienté occidentale 980-1140, Genève, Skira, 1967 ; L’Europe des cathédrales 1140-1280, Genève, Skira, 1966 ; Fondements d’un nouvel Humanisme 1280-1440, Genève, Skira, 1968). Sa démarche démontrait qu’il était possible de dépasser la vieille querelle entre historiens et historiens de l’art, querelle sur laquelle insiste Michel Pastoureau, qui dénonce « l’influence nocive exercée par l’histoire de l’art en général et l’histoire de la gravure en particulier, longtemps appuyée sur une anachronique et insupportable notion de “grands maîtres”, enfermée dans des questions de techniques, de procédés, d’états, obsédée par les problèmes d’attribution, de datation, d’influence » (Michel Pastoureau, “ L’illustration du livre : comprendre ou rêver ? ”, dans Roger Chartier et Henri-Jean Martin, Histoire de l’édition française, t. 1, Le livre conquérant, du Moyen Age au milieu du XVIIe siècle, Paris, Fayard, 1989, p. 602).

La querelle est vieille en effet : en 1920, Erwin Panofsky expliquait que, pour la science de l’art (Kunstwissenschaft), c’était tout à la fois une « bénédiction » et une « malédiction » que ses objets puissent être compris autrement que sous le seul angle historique. C’est une bénédiction, écrivait-il, « parce qu’elle maintient la science de l’art dans une tension continuelle, parce qu’elle provoque sans cesse la réflexion méthodologique et que, surtout, elle nous rappelle que l’œuvre d’art est une œuvre d’art, et non un quelconque objet historique. C’est une malédiction parce qu’elle a dû introduire dans la recherche un sentiment d’incertitude et de dispersion difficilement supportable, et parce que cet effort pour découvrir une normativité a souvent abouti à des résultats qui ou bien ne sont pas compatibles avec le sérieux de l’attitude scientifique, ou bien semblent porter atteinte à la valeur qui donne à l’œuvre d’art individuelle le fait d’être unique » (Erwin Panofsky, Le concept de « Kunstwollen », 1920, p. 197-198, cité par G. Didi-Huberman, Devant l’image, Paris, éditions de Minuit, 1990, p. 7).

Cette « vieille querelle » a été reprise de façon pragmatique par Thierry Sarmant, qui a étudié Versailles — un espace saturé d’images et au cœur du sujet « le prince et les arts —, à partir de la Surintendance des Bâtiments du roi au temps de Louvois (1683-1691). Il souligne que l’historien de la politique, de l’administration ou de l’économie suit une toute autre démarche que son confrère « artiste ». En effet, dans les archives parcourues par l’historien de l’art, il trouve de l’intérêt à bien des documents qui pour son collègue n’offrent guère de sens. Ainsi, négligeant les aspects proprement artistiques des fonds qui touchent aux commandes publiques, l’historien en extrait de quoi nourrir une histoire de l’Etat et, plus encore, une histoire politique rénovée par l’étude du processus de la prise de décision, cette decision-making chère aux historiens anglo-saxons : « au-delà de la peinture statique qu’offraient jadis les historiens du droit et des institutions, c’est à une étude dynamique des fonctionnements et des pratiques politiques et administratives qu’il s’agit désormais de procéder. » (Thierry Sarmant, Les Demeures du Soleil. Louis XIV, Louvois et la surintendance des Bâtiments du roi, Seyssel, Champ Vallon, 2003 (introduction).
En fait, la différence d’approche d’un même sujet entre les historiens et les historiens de l’art peut et doit être dépassée, car les historiens de l’art ne sont pas une corporation fondamentalement différente de celle des historiens. Et cette nouvelle question permet précisément d’associer étroitement les deux démarches.

Une première bibliographie publiée dans historiens et géographes en avril 2010 sous la direction d’Olivier Bonfait permet d’apprécier un premier état de la question. Cette bibliographie a été confiée à des historiens de l’art. Il convient donc de l’enrichir par des études plus « historiennes ».
Voici quelques conseils pour aborder, méthodiquement, cette question.
I Avant toute chose, nous recommandons un site internet d’une extrême richesse et d’un grand intérêt : http://www.wga.hu/ (il suffit de taper sur google : wga.hu)

Il s’agit d’un site anglais (« web gallery of art »), qui pourra accompagner et illustrer toute notre réflexion. On trouve ce texte de présentation dans le portail d’entrée du site : « The Web Gallery of Art is a virtual museum and searchable database of European painting and sculpture of the Romanesque, Gothic, Renaissance, Baroque, Neoclassicism, Romanticism periods (1000-1850), currently containing over 28 400 reproductions. Picture commentaries, artist biographies are available. Guided tours, period music, catalogue, free postcard and other services are provided. »

Nous recommandons donc à chacun de regarder et d’analyser les œuvres d’art dont il a été question dans les cours et les TD (magnifique qualité des reproductions). C’est là le meilleur moyen de mémoriser les œuvres tout en se constituant une base personnelle de documentation. D’autant qu’il est possible, à partir du site, d’importer toutes les reproductions sur son propre ordinateur…

Ce site est d’autant plus intéressant et important pour vous que l’Inspection générale réclame pour l’oral d’utiliser les TICE : "techniques informatiques de l'information et de la communication". Avec l’utilisation de ce site, vous avez là un bon exemple d’usage des « techniques informatiques de l’information et de la communication » pour créer le matériel iconographique d’une leçon d’oral.
II Bibliographie de base
Quatre études liminaires, trois manuels, une étude plus ciblée, peuvent accompagner l’ensemble de votre réflexion :
1. Michel Figeac, Olivier Chaline, Philippe Jansen, Jérémie Koering, Géraud Poumarède. Le prince et les arts en France et en Italie, XIVe-XVIIIe siècles, Paris, Sedes, 2010.

2. Mélanie Traversier, Patrick Boucheron, Pascal Brioist, Delphine Carrangeot, Le Prince et les Arts, France, Italie, XIVe-XVIIIe siècles, Paris, Atlante, 2010.

3. François Brizay, Sophie Cassagne-Brouquet, Le prince et les arts en France et en Italie (XIVe-XVIIIe siècle), Paris, Bréal, 2010.

4. Gérard Sabatier, Le prince et les arts. Stratégies figuratives de la monarchie française de la Renaissance à l’âge baroque, Seyssel, Champ Vallon, 2010.

Ce dernier titre se distingue de ses devanciers : il ne s’agit pas, en effet, d’un manuel, mais d’une série d’études monographiques, centrées plutôt sur la France du XVIIe siècle (mais avec des rappels sur le XVIe et quelques études sur le siècle des Lumières).

Dans ce livre, Gérard Sabatier recense les pratiques et les lieux de la représentation ; il expose aussi les dispositifs figuratifs de la monarchie française, c’est-à-dire l’instrumentalisation des arts durant la période de construction de l’absolutisme.

Les différentes études de ce volume envisagent les stratégies de la représentation et de la propagande de l’Etat royal (on pourrait dire aussi la légitimation du pouvoir) à travers la création d’une imagerie sur tous les médias possibles (gravures, tableaux, programmes iconographiques, tapisseries, statuaire, médailles…). Le livre étudie également l’efficacité et la réception de cette imagerie, c'est-à-dire son fonctionnement, les lieux de la représentation monarchique, les résidences royales, notamment leurs galeries, de Fontainebleau à Versailles en passant par le Louvre, les icônes royales (tableaux et statues) et le « culte » qui leur sont rendu. Enfin, Gérard Sabatier décrypte la mise en scène et les rituels des apparitions royales.

Le propos de ce livre est donc au cœur de notre sujet : la relation organique entre art et pouvoir, la puissance des arts — et leur limite — aux temps où être c’était paraître.
III Bibliographie plus spécialisée et thématique
La bibliographie proposée ci-dessous a été proposée par des spécialistes d’histoire de l’art, d’histoire médiévale et d’histoire moderne (Patrick Boucheron, Annie Duprat, Joël Cornette). Elle est volontairement brève et très majoritairement en français.

Elle permet d’aborder l’essentiel des problématiques de la question.
1. Histoire et histoire de l’art : manuels, instruments de travail et ressources en ligne

Boris BOVE, 1328-1453. Le temps de la guerre de cent ans, Paris, Belin, 2010.

Pascal BRIOIST, La Renaissance, 1470-1570, Paris, Atlande, 2003. François BRIZET, L’Italie à l’époque moderne, Paris, Belin, 2007. Joël CORNETTE, L’affirmation de l’État Absolu, 1515-1652 et Absolutisme et Lumières, 1652-1783, Paris, Hachette, 5e édition, 2008-2009. Joël Cornette et Alain Mérot, Le XVIIe siècle, Paris, Seuil, 1999. Élisabeth CROUZET-PAVAN, Renaissances italiennes, 1380-1500, Paris, Armand Colin, 2007. Maurice DAUMAS, Images et sociétés dans l’Europe moderne, 15e-18e siècle,Paris, Armand, Colin, 2000.

Annie DUPRAT, Images et histoire. Outils et méthodes d’analyse des documents iconographiques en histoire, Paris, Belin, 2007.

Claude MIGNOT et Daniel RABREAU, Histoire de l’art. Temps modernes, XVe- XVIIIe siècles, Paris, Flammarion, 1996.

Jean RUDEL et alii, Les techniques de l’art, Paris, Flammarion, 2003.

- Thomas W. Gaehtgens et Krzysztof Pomian, Le XVIIIe siècle, Paris, Seuil, 1998.

Le candidat aura tout intérêt à se familiariser avec les œuvres, et pourra, pour ce faire, consulter les nombreuses banques d’images en ligne. Le site de l’agence photo de la RMN ne donne que des informations de base sur les œuvres (et les reproductions sont souvent de faible résolution). Le site du Louvre et notamment la base atlas ou les autres ressources de l’onglet « œuvres » donne des informations plus fournies.

Le candidat aura en fait tout intérêt à consulter des grandes bases en ligne internationales, et il trouvera un guide utile sur le contenu de celles-ci et les modes d’utilisations sur le site de l’APAHAU (http://www.apahau.org/pedagogie/sites_images.htm ). Ce site est particulièrement riche et permet d’accéder à de nombreuses banques de données iconographiques.

2. Le prince : une galerie de portraits

Katia BÉGUIN, Les princes de Condé. Rebelles, courtisans et mécènes dans la France du grand siècle, Champ Vallon, 1999.

Lucien BÉLY, La société des princes, XVIe-XVIIIe siècles, Fayard, 1999.

Olivier Bonfait et Brigitte Marin (éd.), Les Portraits du pouvoir (actes de colloque, Rome, 2001), Rome-Paris, Somogy, 2003.

Peter BURKE, Louis XIV. Les stratégies de la gloire, Paris, Seuil, 1995.

Sophie CASSAGNES-BROUQUET, Louis XI ou le mécénat bien tempéré, Rennes, PUR, 2007.

Enrico Castelnuovo, Portrait et société dans la peinture italienne, Paris, Gérard Montfort, 1993 (Turin, 1973)

Alison COLE, La Renaissance dans les cours italiennes, Paris, Flammarion, 1995.

Nicole Hochner, Louis XII, les dérèglements de l’image royale (1498-1515), Seyssel, Champ Vallon, 2006.

Fabienne JOUBERT dir., L’artiste et le commanditaire aux derniers siècles du Moyen Âge ( XIIIe - XVIe siècles), Paris, PUPS, 2001.

Christian JOUHAUD, La main de Richelieu ou le pouvoir cardinal, Paris, Gallimard, 1991.

Anne-Marie LECOQ, François Ier imaginaire, symbolisme et politique à l’aube de la Renaissance française, Paris, Macula, 1987.

Andreas TÖNNESMANN et Bernd ROECK, Federico da Montefeltro, Turin, Einaudi, 2009.

Martin Warnke, L'Artiste et la cour : aux origines de l'artiste moderne, Paris, Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1989 (Cologne, 1985).
3. Les arts : quelques monographies

Les candidats auront tout intérêt à lire les essais ou chapitres introductifs dans les catalogues d’exposition concernant la question de concours, mais aussi certaines notices, qui lui paraîtront plus liées directement au sujet ou auront retenu son attention (voir les titres proposés dans la bibliographie d’Historiens et Géographes, avril 2010). Quelques pistes ci-dessous :

Gonzaga. La Celeste Galeria, Milan, Skira, 2002. Il potere, le arti, la guerra. Lo splendore dei Malatesta, Milan, Skira, 2001 . Paris 1400, Paris, RMN/Fayard, 2004. Une Renaissance singulière. La cour des Este à Ferrare, Gand, Snoeck,2003.

Splendeur de l’enluminure. Le roi René et les livres, Arles, Actes Sud, 2010.

Numéros spéciaux de la revue L’Histoire : La Florence des Médicis (274, 2003) ; La Renaissance (« Collection », 43, 2009), Les châteaux de la Loire (« Collection », 12, 2001) et Versailles (« Collection », 2, 1999).
4. Économie de la consommation artistique

Florence ALAZARD, « Les tempos de l’histoire : à propos des arts dans l’Italie de la Renaissance », Bulletin de la société d’histoire moderne et contemporaine (RHMC, 49-4bis, supplément 2002, p. 17-37.

Michaël BAXANDALL, L’œil du Quattrocento. L’usage de la peinture dans l’Italie de la Renaissance, Paris, Gallimard, 1985.

Patrick BOUCHERON, « L’artista imprenditore », dans Il Rinascimento italiano e l’Europa, vol. 3, Produzione e tecniche, Philippe Braunstein et Luca Molà dir., Vicence, Fondazione Cassamarca, Angello Colla, 2007, p. 417-436.

Richard GOLDTHWAITE, Wealth and the Demand for Art in Italy, 1300-1600, Baltimore, 1993.

Guido GUERZONI, I mercati artistici in Italia (1400-1700), Venise, Marsilio, 2006.

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Lisa JARDINE, Worldly Goods : a New History of Renaissance, Londres, Mac Millan, 1996.

Gérard LABROT, Peinture et société à Naples, XVIe-XVIIIe siècles. Commandes, collections, marchés, Seyssel, Champ Vallon, 2010.
5. Mondes musiciens

Florence ALAZARD, Art vocal, art de gouverner. La musique, le prince et la cité en Italie à la fin du XVIe siècle, Paris, Minerve, 2004.

Etienne ANHEIM, « Diffusion et usages de la musique polyphonique mesurée (ars nova) dans le monde méridional (Midi de la France, Aragon, Catalogne, Italie du nord), 1340-1430 », Cahiers de Fanjeaux, 36, p. 287-323.

Philippe BEAUSSANT, Lully ou le musicien du soleil, Paris, 1992.

Marcelle Benoit (éd.), Dictionnaire de la Musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Fayard, 1992.

Marcelle Benoit, Versailles et les musiciens du roi. Etude institutionnelle et sociale, 1661-1733, Paris, Picard, 1971.

David FIALA, « Le prince au miroir de la musique politique des XIVe et XVe siècles », dans Ludivine Scordia et Frédérique Lachaud dir., Le prince au miroir de la littérature politique de l’Antiquité à nos jours, éd., Rouen, Presses Universitaires de Rouen, 2007, p. 319-350.

David HENNEBELLE, De Lully à Mozart. Aristocratie, musique et musiciens à Paris (XVIIe-XVIIIIe siècles), Seyssel, Champ Vallon, 2009.

Guidobaldi NICOLETTA, « La musique du prince : figures et thèmes musicaux dans l'imaginaire de cour au XVe siècle », Médiévales, 32, 1997, p. 59-75.

Mélanie TRAVERSIER, Gouverner l’opéra. Une histoire politique de la musique à Naples, 1767-1815, Rome, Collection de l’École française de Rome, 2009.
6. Littératures

Paul Bénichou, Morales du Grand Siècle, Paris, Gallimard, 1998 (1948)

Joël BLANCHARD, « L’entrée du poète dans le champ politique au XVe siècle », Annales ESC, 1986-1, p. 43-61.

Roger CHARTIER, Culture écriture et société. L’ordre des livres (XIVe- XVIIIe siècle), Paris, Albin Michel, 1996 (notamment « Figures de l’auteur », p. 45-80 ; « Patronage et dédicace », p. 81-106 ; « De la fête de cour au public citadin », p. 155-204).

André CHASTEL, Art et humanisme à Florence au temps de Laurent le Magnifique, Paris, PUF, 1959.

Nicole Ferrier-Caverivière, L’image de Louis XIV dans la littérature française de 1660 à 1715, Paris, PUF, 1981.

Marc Fumaroli, « Les abeilles et les araignées », dans Anne-Marie Lecoq (éd.), La Querelle des Anciens et des Modernes, Paris, Gallimard, Folio, 2001, p. 12-218

Christian JOUHAUD, Mazarinades. La Fronde des mots, Paris, Aubier, 1985, rééd., 2010.

Jean Mesnard (éd.), Précis de Littérature française du XVIIe siècle, Paris, PUF, 1990.

Armando PETRUCCI, « Pouvoir de l’écriture, pouvoir sur l’écriture dans la Renaissance italienne », Annales ESC, 1988-4, p. 823-847.

Daniel POIRION, Le poète et le prince, de Guillaume Machaut à Charles d’Orléans, Genève, Slatkine, 1978.

Alain VIALA, Naissance de l’écrivain. Sociologie de la littérature à l’âge classique, Paris, Minuit, 1985.
7. Système de cour

Étienne ANHEIM, « L’artiste et l’office. Financement et statut des producteurs culturels à la cour des papes au XIVe siècle », dans Armand Jamme et Olivier Poncet (dir.), Offices, écrit et papauté (XIIIe-XVIIe siècle), Rome, École française de Rome, 2007 (Collection de l’EFR, 386), p. 393-406.

Marie-France AUZÉPY et Joël CORNETTE dir., Palais et Pouvoir. De Constantinople à Versailles, Saint-Denis, PUV, 2003.

Marie-France Auzepy et Joël Cornette dir., Des images dans l’histoire, Saint-Denis, PUV, 2008.

Françoise BARDON, Le Portrait mythologique à la cour de France sous Henri IV et Louis XIII : mythologie et politique, Paris, Picard, 1974.

Patrick BOUCHERON, Le pouvoir de bâtir. Urbanisme et politique édilitaire à Milan (XIVe-XVe siècles), Rome, École française de Rome, 1998.

Norbert ELIAS, La société de cour, Paris, Flammarion (Champs), 2008 (Berlin, 1969 ; Paris, 1985)

Alain ERLANDE-BRANDENBURG, Le sacre de l’artiste. La création au Moyen Âge XIVe-XVe siècle, Paris, Fayard, 2000.

Arnold ESCH et Christoph LUITPOLD FROMMEL, Arte, committenza ed economia a Roma e nelle corti del Rinascimento, 1420-1530, Turin, Einaudi, 1995.

Dora et Erwin PANOFSKY, Etude iconographique de la galerie François Ier à Fontainebleau, Paris, Gérard Montfort, 1992

Alain SALAMAGNE, Le palais et son décor au temps de Jean de Berry, Tours, Presses universitaires de Tours, 2010

Martin WARNKE, L’artiste de cour. Aux origines de l’artiste moderne, Paris, MSH, 1989.

Margaret et Rudolf WITTKOWER, Les enfants de Saturne. Psychologie et comportement des artistes de l’Antiquité à la Révolution française, Paris, Macula 1991.
8. Académies et Etat absolu

Jean-Marie APOSTOLIDÈS, Le roi-machine : spectacle et politique au temps de Louis XIV, Paris, Minuit, 1981.

Chantal GRELL, Histoire intellectuelle et culturelle de la France du Grand Siècle, Paris, Colin, 2005

Francis HASKELL, Mécènes et peintres : l’art et la société au temps du baroque italien, Paris, Gallimard, 1991

Nathalie HEINICH, Du peintre à l’artiste. Artisans et académiciens à l’âge classique, Paris, Minuit, 1993.

Gérard LABROT, Le palais Farnèse de Caprarola. Essai de lecture, Paris, Klincksick, 1970.

Louis MARIN, Le portrait du roi, Paris, Ed. de Minuit, 1981.

Christian MICHEL, « Réflexions sur le mode opératoire de l’histoire de l’art. Le cas des grands appartements de Versailles », dans Revue de l’art, 138 (2002/4p), p. 71-78.

Edouard POMMIER, Comment l’art devient l’Art dans l’Italie de la Renaissance, Paris, Gallimard, 2007.

Gérard SABATIER, Versailles ou la figure du Roi, Paris, A. Michel, 1999.

Gérard Sabatier, Le Prince et les arts. Stratégies figuratives de la monarchie française, de la Renaissance à l’âge baroque, Seyssel, Champ Vallon, 2010.
9. Espace public

Peter Burke, Louis XIV, Les stratégies de la gloire, Paris, Seuil (Points), 2007 (New-Haven-Londres, 1992 ; Paris, 1995).

Roger CHARTIER, Les origines culturelles de la Révolution française, Paris, Le Seuil, 1990.

Thomas CROW, La Peinture et son public à Paris au XVIIIe siècle, trad. fr., Paris, Macula, 2000.

Annie DUPRAT, Les Rois de papier. La caricature de Henri III à Louis XVI, Paris, Belin, 2002

Charlotte GUICHARD, « Arts libéraux et arts libres à Paris au XVIIIe siècle : peintres et sculpteurs entre corporation et Académie royale », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 49-3, 2002, p. 54-68.

Charlotte GUICHARD, Les amateurs d’art à Paris au XVIIIe siècle, Seyssel, Champ Vallon, 2008

Dominique POULOT, « L’Académie saisie par la modernité ? Sur l'espace public de la peinture en France au XVIIIe siècle », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 37, 1990, p. 108-127.

Daniel ROCHE, Les Républicains des Lettres. Gens de culture et Lumières au XVIIIe siècle, Paris, Fayard, 1988.
Les sociétés coloniales a l’age des empires :

Antilles, Afrique, Asie (années 1850 – années 1950)

Présentation de la question : proposée par le jury de l’agrégation, cette note donne les orientations problématiques de la question pour le Capes également.

Depuis une bonne dizaine d'années, le champ des études coloniales s'est trouvé retravaillé en profondeur et est de­venu, à l'heure actuelle, un secteur particulièrement dyna­mique de l'historiographie. La plupart des grandes revues d'histoire françaises ou étrangères ont publié des dossiers et des numéros spéciaux consacrés au fait colonial, témoi­gnant du décloisonnement entre histoire des métropoles et histoire des territoires colonisés. Ce décloisonnement est ainsi illustré par le renouveau des travaux sur les empires (circulations, sociétés, cultures impériales, etc.), par les perspectives ouvertes par les théories postcoloniales ou par la réflexion sur l'histoire connectée. On peut aussi constater Je dynamisme persistant, dans les études d'« aires cultu­relles », de recherches sur le passé colonial de telle ou telle région du globe.

Sans doute la montée d'une demande sociale — générale­ment exprimée dans les termes réducteurs du bilan (positif` ou négatif) ou sur le mode de la repentance — n'est-elle pas étrangère à la médiatisation de la question coloniale. Pour autant, dans son ensemble, la production scientifique ne s'est pas structurée selon des lignes médiatico-mémo­rielles, mais selon des problématiques propres, celles-là même que doit prendre en compte la question d'histoire contemporaine du concours de l'agrégation.

En centrant l'étude sur les terrains coloniaux plutôt que sur les métropoles impériales, sur les interactions entre colo­nisés et colonisateurs, la question au programme invite à rendre compte de la complexité des sociétés nouvelles engendrées par la colonisation, et des « transactions hégé­moniques » (J.-F. Bayant) qui font des dominés des acteurs dans le système dominant. Elle se concentre sur les formes particulières de violence et de domination qui s'exercèrent en situation coloniale (G. Balandier), sur les acteurs hétérogènes qui s'y sont activés, sur leurs dynamiques et sur leurs contradictions. Si l'étude incite à prêter une attention particulière aux colonisés, elle englobe l'ensemble des acteurs présents sur les terrains coloniaux, qu'ils soient ori­ginaires des métropoles (colons, militaires, administrateurs, fonctionnaires, missionnaires, entrepreneurs, salariés, etc.) ou issus d'autres espaces (travailleurs migrants, soldats, commerçants circulant entre les empires et à l'intérieur de ceux-ci, etc.).

Comme le suggère la formulation géographique (« Afrique, Antilles, Asie »), il s'agit d'étudier dans une perspective com­paratiste plusieurs de ces sociétés : dans l'espace caraïbe (sociétés post-esclavagistes de la Jamaïque et des West ladies, des Antilles françaises ou néerlandaises, de Cuba, de Porto Rico...) ; à l'échelle du continent africain et de ses périphéries insulaires (Madagascar, Réunion...) ; à celle du continent asiatique, du Proche à l'Extrême-Orient à l'exclu­sion de l'Asie Centrale sous domination russe). Dans tous ces espaces, différentes formes de domination se mettent en place dès la seconde moitié du XIXI siècle ; on a d'ail­leurs longtemps distingué des « colonies de peuplement et des « colonies d'exploitation » — catégories qui méritent sans doute d'être réexaminées. Mais de fait, on n'est pas colonisé tout à fait de la même façon dans les Carabes, aux Indes néerlandaises, en Angola ou au Cambodge.

Au-delà du seul cas de la colonisation européenne, le pro­gramme s'intéressera aux effets induits par l'expansion de puissances telles que l'empire ottoman — qui a, lui aussi, façonné des sociétés d'un type particulier au Moyen-Orient et en Afrique du Nord —, que le Japon de l'ère Meiji — qui s'impose à Formose et en Corée — ou que les États-Unis — maitres des Philippines, de Cuba et de Porto Rico à partir de la fin du XIX, siècle.

Dans le contexte général de l'impérialisme, les sociétés dominées ont vu leurs dynamiques modifiées en profon­deur. Les recherches ont depuis plusieurs décennies mis en évidence de nombreux aspects de ces bouleversements : des mobilités sociales et économiques inédites (travail forcé, montée du salariat, exode rural, migrations de tra­vail, urbanisation, mutations démographiques, rupture des rapports sociaux « traditionnels » monétarisation...) ; des formes variées de résistance au colonialisme ; l'existence de « marges de manœuvre » (agents du côté des domi­nés ; des contacts entre colons et colonisés ; des métis­sages biologiques ; l'émergence d'élites et de catégories sociales nouvelles (intermédiaires de la colonisation, diplô­més, lettrés, agents du maintien de l'ordre, planteurs...) ; des mutations culturelles (occidentalisation, créolisation, syn­crétismes, revivifications religieuses, « invention de la tradi­tion»...), des bricolages identitaires et de nouvelles pratiques (culture urbaine, culture lettrée, culture populaire) ; etc.

Des démarches novatrices — parfois construites pour d'autres espaces et/ou d'autres phénomènes historiques, parfois forgées par la réflexion sur le fait colonial lui-même — ont renouvelé les approches à la lumière de l'histoire du genre, de l'anthropologie historique, de la nouvelle histoire culturelle, politique, sociale et économique. La réflexion a par exemple conduit à reconsidérer les nationalismes émergents en contexte colonial en s'intéressant aux minorités, à l’ethnogenèse, aux constructions identitaires. En histoire sociale et culturelle, des transformations importantes sont repé­rables, qui font sortir de l'ombre des groupes et des acteurs jusqu'alors négligés (anciens esclaves, marginaux, minori­tés, élites, métis, cadres subalternes, anciens combattants, femmes, jeunes, etc.). En histoire économique, on étudie de plus en plus finement l'impact des logiques coloniales sur les acteurs de terrain, sur les formes de travail, les réseaux professionnels, les intermédiaires et les premières formes de mondialisation. Ajoutons que le développement d'une réflexion récente sur les empires doit permettre de considé­rer le sujet dans une perspective large, celle de l'articulation entre le local et le global, entre le colonial et l'impérial.

Ce sont les facettes multiples de ces sociétés singulières, dans leurs aspects sociaux, culturels, économiques et politiques, que la nouvelle question invite à étudier sur l'étendue d'un siècle. Précisons que l'on a préféré délimiter de manière large les bornes chronologiques (« années 1850 », « années 1950 ») afin de bien insister sur l'idée de processus : telle ou telle date précise n'aurait en effet pas eu de valeur pour l'ensemble des territoires et des populations concernés. La décennie 1850 a semblé un point de départ pertinent, car l'on observe alors aus­si bien la transformation de modèles de colonisation anciens (recompositions induites par l'abolition de l'esclavage dans les Antilles françaises, fin de l'administration de l'East India Company et mise en place du Rai britannique en Inde...) que de nouvelles impulsions données au mouvement colonisateur (premiers mouvements migratoires de vaste ampleur vers une Algérie départementalisée après sa brutale « pacification », premières conquêtes dans la péninsule indochinoise et dans les archipels environnants...). La décennie 1950 renvoie quant à elle au vaste mouvement d'émancipation des peuples colonisés et aux dernières tentatives d'accommodement des colonisateurs sur les terrains coloniaux (un exemple parmi tant d'autres : la concession de la citoyenneté aux « indigènes » des colonies françaises en 1946).

Bref, la question au programme appelle à s'interroger à nou­veaux frais sur la notion de « situation coloniale » théorisée par Georges Balandier dans son article fameux de 1951.

Sophie Dulucq

Pour la section d'histoire contemporaine du jury - Agrégation externe d'histoire
Bibliographie publiée dans Historiens et Géographes, 2012, n° 417, pp. 238-250 
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