Emmanuelle sibeud (département d’histoire, Paris 8)








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II.5. Sources archéologiques
Les sources matérielles forment un ensemble particulièrement vaste, depuis les domaines traditionnels de l’archéologie classique (monuments, iconographie) jusqu’aux résultats de techniques nouvelles (prospection, sciences de l’environnement). On veillera à ne se laisser dérouter par aucun type de document. Sur les méthodes de l’archéologie en général, voir J.P. Demoule et al., Guide des méthodes de l’archéologie, 3e éd., Paris 2010 et Ph. Jockey, L’archéologie, Paris 1999. Pour un tableau général de l’archéologie de la Grèce et des régions d’implantations grecques : R. Étienne, Chr. Müller, Fr. Prost, Archéologie historique de la Grèce antique, Paris 2006.

Par leur vaste diffusion et l’imagerie qu’ils portent parfois, les vases grecs sont souvent au cœur de la question (réseaux de diffusion des produits, émigration d’artisans, image des autres). Voir M.-C. Villanueva-Puig, Fr. Lissarrague, P. Rouillard et A. Rouveret, éd., Céramique et peinture grecques, modes d’emploi, Paris 1999. Une place importante revient d’autre part à l’archéologie des territoires : on verra A. Ferdière, dir., La prospection, Paris 1998, et, pour le monde grec, M. Brunet, « A propos des recherches sur les territoires ruraux en Grèce égéenne : un bilan critique », dans Problemi della chora coloniale dall’Occidente al Mar nero, Atti Taranto 2000, Tarente 2001, p. 27-46.

Les instituts qui organisent la fouille des grands sites de la Méditerranée ont souvent fait paraître des petits guides très complets. Il est impossible d’en donner une liste exhaustive, mais ils sont souvent faciles à trouver, leur titre étant le nom du site. Citons seulement G. Vallet, Fr. Villard, P. Auberson, Mégara Hyblaea 3. Guide des fouilles, Rome 1983.

III. Enjeux historiographiques
Cette section est destinée à la présentation d’une sélection d’études qui ont particulièrement marqué les renouvellements historiographiques auxquels il est fait allusion en introduction. Elles sont pour l’essentiel reprises par l’indication de leur numéro dans les sections thématiques ci-dessous.
III.1. La colonisation en question
La recherche sur les fondations grecques de l’époque archaïque a connu depuis vingt ans un mouvement de balancier de très forte amplitude. Il semblait acquis que quelques précautions méthodiques permettaient de traiter sous le terme de colonisation ce que les Grecs désignaient comme des apoikiai, c’est-à-dire de nouveaux habitats issus d’un mouvement de population. Certains travaux des années 1990 ont poussé la contradiction jusqu’à nier toute pertinence au terme de colonisation, considéré comme anachronique, et à l’objet historique qu’il désignait, en soutenant qu’il n’existait pas, avant l’époque classique au moins, de déplacements collectifs planifiés entraînant une prise de possession d’un espace urbain et rural. On citera R. Osborne, « Early Greek colonisation ? The nature of Greek settlement in the West », in N. Fisher – H. van Wees, éd., Archaic Greece. New Approaches and New Evidence (Colloque de Cardiff, 1995), Londres 1998, p. 251-269, et D. Yntema, « Mental landscapes of colonization : The ancient written sources and the archaeology of early colonial-Greek southeastern Italy », BABesch 75, 2000, p. 1-49. Ces travaux ont eu le mérite de lancer le débat sur l’emploi de certains termes particulièrement connotés et de souligner des aspects problématiques de la conception usuelle de la colonisation.

Le premier est certainement l’importance des mouvements individuels et des formes de cohabitation, soulignés par d’autres travaux récents comme L. Mercuri, Eubéens en Calabre à l'époque archaïque. Formes de contacts et d'implantation, BÉFAR 321, Rome 2004 ; E. Stein-Hölkeskamp, « Im Land der Kirke und der Kyklopen. Immigranten und Indigene in den süditalischen Siedlungen des 8. und 7. Jahrhunderts v. Chr. », Klio 88, 2006, 311-327 ; E. Herring, « Greek traders in native contexts in Iron Age southeastern Italy : From interaction to marginality », JMA 21, 2008, 111-132 ; G.-J. Burgers – J.-P. Crielaard, « Greek colonists and indigenous populations at L’Amastuola, southern Italy », BABesch 82, (2007), 77-114. Les travaux de De Angelis sur la Sicile (cités ci-dessous) s’inscrivent aussi dans ce contexte. Cela aboutit souvent à une opposition un peu exagérée entre une vision positive de la « colonisation » – faite d’interactions et d’échanges – et une vision négative, taxée de colonialisme diffus. Sur les conséquences en histoire économique et sociale, voir J. Zurbach, « Question foncière et départs coloniaux. A propos des apoikiai archaïques », Annuario della Scuola italiana di Atene 36, 2008, 87-103. Il est évident que les oppositions tranchées doivent être dépassées et que ces nouvelles approches ne dispensent pas de la lecture des travaux fondateurs de G. Vallet, M. Finley et E. Lepore (voir ci-dessous). Pour une étude de cas, on pourra consulter F. Coudin, Les Laconiens et la Méditerranée à l’époque archaïque, Naples 2009.

Un cas d’école est l’interprétation des sites secondaires situés dans l’intérieur ou en marge de certains territoires coloniaux, qui, de fortins installés par les colons, sont devenus des communautés locales construisant leur identité mixte : pour un exemple voir M. Bats et alii, « Moio della Civitella », dans H. Tréziny éd., Grecs et indigènes de la Catalogne à la Mer Noire, Paris 2010.

La distinction entre horizon précolonial et colonial, débarrassée de ses aspects téléologiques – un contexte précolonial n’étant pas forcément destiné à préparer l’installation d’une colonie – semble de ce point très efficace. Une formulation nette en a été donnée par M. Lombardo à propos de la Basilicate : M. Lombardo, « Siris – Polieion : fonti letterarie, documentazione archeologica e problemi storici », in Siris – Polieion. Fonti letterarie e nuova documentazione archeologica (Colloque de Policoro, 1984), Galatina 1986, 55-86 ; M. Lombardo, « Siri e Metaponto : esperienze coloniali e storia sociale », in Siritide e Metapontino, storie di due territori coloniali, Cahiers du Centre Jean Bérard 20 (Colloque de Policoro 1991), Naples – Paestum 1998, 45-65.
III.2. Identités et ethnicité
Cette remise en question de la colonisation archaïque suivait une mise en cause tout aussi radicale de la notion d’hellénisation et de ses présupposés – la supériorité intrinsèque de la civilisation grecque qui se serait imposée d’elle-même, et où tout un chacun aurait pu trouver sa place. Le passage à la pensée « post-coloniale » est censé ici remettre tous les acteurs sur le même plan et montrer comment les identités et les cultures, loin d’être des éléments imposés et hérités, sont les résultats de constructions plus ou moins libres et conscientes. Les travaux de J.M. Hall ont ici une place toute particulière : J.M. Hall, Ethnic identity in Greek Antiquity, Cambridge 1997 et Hellenicity, between ethnicity and culture, Chicago 2002 ; nombreux points de vue semblables dans J.M. Hall, A History of the Archaic Greek World, Oxford 2007. Voir aussi Fr. Hartog, Le miroir d’Hérodote. Essai sur la représentation de l’autre, Paris 20012, et id., Mémoires d’Ulysse. Récits sur la frontière en Grèce ancienne, Paris 1996.

Ce mouvement très général a été illustré en histoire archaïque et classique par des perspectives nouvelles sur les emprunts à la culture grecque, les objets et usages d’origine grecque étant placés dans le contexte de la société qui les accueille et les interprète, en leur donnant parfois un sens complètement nouveau. Un bon exemple est celui de l’emprunt supposé des pratiques du symposion, le banquet grec ; on pourra voir à ce sujet J.P. Brun, M. Poux et A. Tchernia, dir., Le vin. Nectar des dieux, génie des hommes, Gollion 2004

On pourra lire également deux contributions de l’ouvrage collectif de K. Zacharia, éd., Hellenisms. Culture, Identity and Ethnicity from Antiquity to Modernity, Adelshot – Burlington 2008 : S. Hornblower, « Greek Identity in the Archaic and Classical Period », p. 37-48 et S. Burstein, « Greek Identity in the Hellenistic Period » p. 59-78. En histoire hellénistique précisément la thématique des transferts culturels a amené à nuancer ou préciser la conception des sociétés de l’Orient hellénisé comme des sociétés coloniales. Sur cette dernière conception, il faut toujours lire Ed. Will, « Pour une ‘anthropologie coloniale’ du monde hellénistique », dans Historica graeco-hellenistica, Paris 1998, p. 773-794, et « ‘Influence’ : note sur un pseudo-concept », ibid., p. 803-809. Sur les transferts culturels, l’ouvrage indispensable est J.-Chr. Couvenhes et B. Legras, dir., Transferts culturels et politique dans le monde hellénistique, Paris 2006, qui donne à la fois des mises au point sur ce concept et des exemples concrets.

Les problèmes de la construction des identités et de l’ethnicité ont été traités dans un volume très riche de la revue Pallas : J.-M. Luce, éd., Identités ethniques dans le monde grec antique, Pallas 73, 2007. Voir aussi Chr. Müller et Fr. Prost, éd., Identités et cultures dans le monde méditerranéen antique, Paris 2002 ; P. Rouillard, C. Perlès et E. Gruimaud, éd., Mobilités, immobilismes. L’emprunt et son refus, Paris 2007. Pour les origines anthropologiques de la question, on pourra lire Ph. Poutignat et J. Streiff-Hénart, Théories de l’ethnicité, Paris 1995.
III.3. Mobilités individuelles et rapports avec les cités
Les nouvelles questions posées sur les phénomènes coloniaux ne sont pas sans rapport avec l’attention accrue que reçoivent les formes de mobilité individuelle. Deux colloques ont ouvert cette voie dans les années 1980 : R. Lonis, éd., L’étranger dans le monde grec I et II, Nancy 1988 et 1992. Une série d’études a ensuite été consacrée à ce thème dans les années 2000, donnant lieu à la publication de plusieurs volumes où l’histoire grecque sinon ancienne a sa place. Il s’agit des volumes suivants : Cl. Moatti, éd., La mobilité des personnes en Méditerranée de l’Antiquité à l’époque moderne. Procédures de contrôle et documents d’identification, Rome 2004 ; ead., W. Kaiser, éd., Gens de passage en Méditerranée de l’Antiquité à l’époque moderne, Paris 2007 ; ead., W. Kaiser, Chr. Pébarthe, éd., Le monde de l’itinérance en Méditerranée de l’Antiquité à l’époque moderne, Bordeaux 2009. Ces volumes sont dépouillés ci-dessous pour ce qui est pertinent ici. On verra aussi Cl. Moatti, « Le contrôle de la mobilité des personnes dans l’empire romain », Mélanges de l’Ecole française de Rome, Antiquité, 112, 2000, p. 925-958. Un article de lecture utile : P. Horden, « La mobilité et la polis », dans O. Murray et S. Price, éd., La cité grecque d’Homère à Alexandre, Paris 1992.
III.4. L’espace méditerranéen et ses réseaux
Enfin, ces différentes lignes de la recherche s’inscrivent dans un contexte plus vaste souvent résumé comme une crise des conceptions braudéliennes de la Méditerranée et des échelles de temps. Le livre de P. Horden et N. Purcell, The Corrupting Sea, Oxford 2000, de lecture difficile, est une tentative pour cristalliser une conception présentée comme radicalement nouvelle, dont les notions fondamentales sont la micro-région, qui serait la cellule de base de l’histoire méditerranéenne, et la connectivity, qu’on traduit le plus souvent par ‘connectivité’, qui rassemble les contacts et échanges de toute nature et de toute sorte qui n’auraient cessé de marquer cette histoire.

Parmi les nombreuses réactions à ce livre, citons le long compte-rendu de B.D. Shaw, « Challenging Braudel : a new vision of the Mediterranean », Journal of Roman Archaeology 14, 2001, p. 419-453, qui peut être considéré comme un bon résumé assez favorable, et le volume : V.W. Harris (éd), Rethinking the Mediterranean, Oxford 2005, avec plusieurs contributions portant sur l’Antiquité.

La notion de réseau, associée à la connectivity, a connu une faveur certaine ces dernières années, ce dont le candidat devra avoir conscience. Voir par exemple I. Malkin, « Ethnicité et colonisation : le réseau d’identité grecque en Sicile », Pallas 73, 2007, p. 181-190. Les derniers livres de cet auteur font un usage intense de cette notion : voir surtout I. Malkin, A Small Greek World, Oxford 2011, dont le premier chapitre est entièrement consacré aux réseaux et à l’usage qu’on peut en faire en histoire. Egalement I. Malkin, Ch. Constantakopoulou et K. Panagopoulou, éd., Greek and Roman Networks in the Mediterranean, Londres 2009.
On voit que les axes de recherche qu’on a distingués ci-dessus se croisent et s’entrecoupent à de multiples reprises. C’est ainsi que le livre dirigé par R. Etienne, dir., La Méditerranée au VIIe siècle. Essais d’analyses archéologiques, Paris 2010, offre un riche premier chapitre de bilan des notions développées par P. Horden et N. Purcell, passe ensuite aux structures des échanges et des transferts, pour s’attaquer précisément à la notion d’orientalisant, créée en histoire de l’art pour désigner le haut archaïsme, lorsque l’art grec emprunta nombre de motifs et de techniques au Proche-Orient. Le livre est censé aboutir à « désorientaliser » la période en montrant que le seul moteur de ces transferts est la fonction nouvelle que les emprunts acquièrent dans les cités grecques ; l’emprunt, pour résumer, serait toujours voulu et positif ; toute notion de passivité et de contrainte aurait sombré avec la notion d’influence. La question des identités et de leur construction est omniprésente. Sur tout cela on pourra voir le compte-rendu par J. Zurbach à paraître dans Topoi.

La mention de tels ouvrages oblige à terminer ce très court aperçu historiographique par une mise en garde. Si la question de cette année est directement fondée sur des évolutions récentes de la recherche, le candidat doit éviter de prendre position ; la maturité intellectuelle se mesure à la manière dont on peut comprendre des évolutions de la recherche sans confondre la nécessaire discussion et le parti-pris. Il faut savoir manier ces notions et connaître les étapes les plus récentes de la recherche sans oublier que nombre de questions restent ouvertes.

IV. Questions préliminaires : comment se déplacer
L’étude des mobilités ne saurait se passer de celle de leurs conditions de possibilité, qui incluent une appréhension plus ou moins exacte de l’espace à parcourir d’une part, des moyens de transport d’autre part. Ces savoirs et savoir-faire ont une histoire propre, insérée dans des compréhensions du monde et des systèmes technologiques divers. Cette part technologique et concrète de la question ne doit pas être négligée (cf. ce qui a été dit ci-dessus des réalités géographiques). On verra J.-M. André et M.-Fr. Baslez, Voyager dans l'Antiquité, Paris 1993.

Sur la géographie ancienne, les références essentielles se trouvent dans Cl. Nicolet, L’inventaire du monde, Paris 1988, surtout chap. 3, et dans G. Aujac, La géographie dans le monde antique, Paris 1975, ainsi que dans Chr. Jacob, Géographie et ethnographie en Grèce ancienne, Paris 1991, et id., L’empire des cartes, Paris 1992. On pourra compléter avec l’introduction générale au premier volume des Géographes grecs : Les géographes grecs, I. Introduction générale. Pseudo-Scymnos, texte établi et traduit par D. Marcotte, Paris 2002 (collection ‘Budé’).

Sur les conditions du transport: F. Meijer et O. Van Nijf, Trade, Transport and Society in the Ancient World, Londres - New York 1992. Sur le transport maritime : L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique, Athènes 1987 ; P. Pomey, éd., La navigation dans l’Antiquité, Aix-en-Provence 1997 ; P. Arnaud, Les routes de la navigation antique, Paris 2005. Voir aussi L. Capdetrey et J. Nelis-Clément, éd., La circulation de l'information dans les États antiques, Bordeaux 2006.

V. Les communautés nouvelles et leurs formes d’implantation
V.1. Apoikiai archaïques et classiques
Ce qu’on appelle la « colonisation archaïque » est un sujet particulièrement sensible aux changements de courants intellectuels, On veillera à prendre la mesure des nouvelles orientations de la recherche sans oublier de lire les travaux fondamentaux de J. Bérard, G. Vallet ou E. Lepore (cf. ci-dessus). Le cadre général est donné dans les manuels sur l’époque archaïque et notamment O. Murray, La Grèce à l’époque archaïque, Toulouse 1995, et Cl. Mossé, La colonisation dans l’Antiquité, Paris 1970. De nombreux textes sont rassemblés de manière commode dans F. Létoublon, La ruche grecque et l’empire de Rome, Grenoble 1995, et J.-L. Lamboley, Les Grecs d’Occident, Paris 1996.

Travaux fondateurs à connaître, tout en sachant les replacer dans leur contexte historiographique propre : J. Bérard, La colonisation grecque de l’Italie méridionale et de la Sicile dans l’Antiquité, Paris 1957 ; G. Vallet, Le monde grec colonial d’Italie du Sud et de Sicile, Rome 1996 (recueil d’articles). On pourra se reporter notamment à deux recueils d’articles : E. Lepore, Colonie greche dell’Occidente antico, Rome 1989, M.I. Finley, E. Lepore, Le colonie degli antichi e dei moderni, Rome 2000. Ces deux volumes rassemblent quatre articles importants. L’augmentation de la documentation archéologique a amené à mettre en rapport les mouvements de colonisation avec l’espace d’échanges que forment les différentes régions de la Méditerranée archaïque. On se reportera à J. Boardman, Les Grecs outre-mer. Colonisation et commerce archaïques, Naples 1980 ; M. Gras, Trafics tyrrhéniens archaïques, Paris 1985 et, pour une approche plus générale, M. Gras, La Méditerranée archaïque, Paris 1996. Le volume collectif Modes de contacts et processus de transformation dans les sociétés anciennes (Colloque de Cortone, 1981), CÉFR 67, Pise – Rome 1983 a fait date et reste une mine de renseignements, tout comme l’œuvre d’A.J. Graham : A.J. Graham, Collected papers on Greek colonization, Leyde 2001.

Les colonies archaïques, aussi bien en Occident qu’en Mer noire, sont des champs privilégiés dans la recherche sur les cités grecques anciennes. C’est là que l’étude des territoires a reçu ses impulsions premières : on verra les deux grands articles classiques de G. Vallet, « La cité et son territoire dans les colonies grecques d’Occident », in La città e il suo territorio, Atti Taranto 7 (Colloque de Tarente, 1967), Naples 1968, p. 67-142 et id., « Urbanisation et organisation de la chôra coloniale grecque en Grande Grèce et en Sicile’, in Modes de contacts et processus de transformation dans les sociétés anciennes (Colloque de Cortone, 1981), CÉFR 67, Pise – Rome 1983, p. 937-956 ainsi que le bilan offert par M. Brunet, éd., Territoires des cités grecques, (Table ronde d’Athènes, 1991), BCH Suppl. 34, Paris 1999. Le rôle de la religion dans la fondation et le développement de ces colonies a fait l’objet de nombreuses études ; le livre de référence est I. Malkin, Religion and colonization in Ancient Greece, Leyde 1987. Les espaces coloniaux jouent également un rôle important dans Fr. de Polignac, La naissance de la cité grecque. Cultes, espace et société, VIIIe-VIIe siècles avant J.-C., Paris 19962.

La question des motivations des colons est au cœur du programme. Elle est traitée ou éclairée par la plupart des ouvrages mentionnés, auxquels on peut ajouter I. Malkin, « Inside and outside : colonization and the formation of the mother city », in Apoikia. Scritti in onore di G. Buchner, Annali di archeologia e storia antica n.s. 1, 1994, p. 1-9.

Sur les rapports maintenus entre métropole et colonie, cf. quoique l’ouvrage soit un peu ancien : A.J. Graham, Colony and Mother City in Ancient Greece, Chicago 19832. Les rapports entre indigènes et colons ont été très étudiés : une mine d’études de cas se trouve dans H. Tréziny, dir., Grecs et indigènes de la Catalogne à la Mer noire, Paris 2011. Pour un aspect moins connu : H. van Wees H., “Conquerors and serfs : wars of conquest and forced labour in archaic Greece”, dans S. Alcock et N. Luraghi, éd., Helots and their Masters in Laconia and Messenia. Histories, Ideologies, Structures, Cambridge (Mass.) – Londres 2003, p. 33-80.
V.2. Clérouquies et cités dépendantes
Les relations de subordination et de domination entre cités, et notamment entre métropoles et colonies, en-dehors du modèle classique de l’apoikia quasiment indépendante, a été au centre de certains travaux de la première moitié du XXe s. puis a presque disparu, victime de sa réputation de question juridique et en décalage avec les modèles de la cité courants à partir de 1970. Le récent inventaire des cités grecques a montré qu’il y avait là une question centrale de l’histoire grecque : on verra M.H. Hansen, « A typology of dependent poleis », dans l’Inventory cité ci-dessus, p. 87-94.

Sur les clérouquies, installations typiques de l’empire athénien, on verra les deux articles de Ph. Gauthier, « Les clérouques de Lesbos et la colonisation athénienne au Ve siècle », REG 79, 1966, p. 64-88, et « A propos des clérouquies athéniennes du Ve siècle », dans M.I. Finley, éd., Problèmes de la terre en Grèce, Paris 1973, p. 163-178. En dernier lieu Chr. Pébarthe, « Émigrer d'Athènes. Clérouques et colons aux temps de la domination athénienne sur l'Égée au Vème siècle a.C. », dans W. Kaiser, Cl. Moatti et Chr. Pébarthe, éd., Le monde de l'itinérance en Méditerranée de l'Antiquité à l'époque moderne, Bordeaux 2009, p. 367-390. Sur l’empire d’Athènes en général, un recueil d’articles de référence : P. Low, The Athenian Empire, Edinbourg 2008 ; P. Brun, Impérialisme et démocratie à Athènes : inscriptions de l'époque classique, c. 500-317 av. J-C., Paris 2005, recueil de textes traduits et commentés. Ne pas oublier la discussion toujours utile de Ed. Will, dans Le monde grec et l’Orient I (cité supra), p. 171-218.
V.3. Les fondations hellénistiques en Egypte, Asie mineure et Orient
On consultera les ouvrages essentiels de G.M. Cohen, The Hellenistic settlements in Europe, the Islands and Asia Minor, Berkeley 1995, et id., The Hellenistic settlements in Syria, the Red Sea Basin and North Africa, Berkeley 2006. Un troisième volume, consacré aux mondes iraniens et à l’Asie Centrale, est attendu prochainement. La question des fondations hellénistiques est développée de façon plus précise ci-dessous dans la partie topographique.
V.4. Les colonisations phénicienne et étrusque
Les fondations de nouvelles communautés étrusques et phéniciennes puis puniques, bien qu’on puisse les rapprocher sur bien des points de la colonisation grecque, ne font pas partie de la question au programme. Il est néanmoins indispensable d’en avoir une certaine connaissance, car ce sont des points de comparaison nécessaires pour une analyse historique et que les débats en cours montrent des analogies évidentes avec ceux qui touchent à la colonisation grecque.

Références générales sur les Phéniciens et les Puniques : on verra d’abord M. Gras, P. Rouillard, J. Teixidor, L’univers phénicien, 2e éd. Paris 1995, puis, pour l’Occident, M.E. Aubet, The Phoenicians and the West, Cambridge 1993 et S. Lancel, Carthage, Paris 1992. E. Lipinski, dir., Dictionnaire de la civilisation phénicienne et punique, Tournai 1992, est un instrument précieux, et on signalera aussi un catalogue très riche : La Méditerranée des Phéniciens, de Tyr à Carthage, catalogue d’exposition, Paris 2007. Références générales sur les Etrusques : les synthèses et manuels sont nombreux, on consultera D. Briquel, La civilisation étrusque, Paris 1999, et F.H. Massa-Pairault, La cité des Etrusques, Paris 1996. G. Camporeale, Gli Etruschi. Storia e civiltà, Turin 2004, suit un découpage topographique : on y trouve une présentation d’ensemble de chaque site et de chaque région, avec bibliographie. Ce dernier ouvrage est le point de départ pour qui s’intéresse aux fondations étrusques en Campanie et dans la plaine du Pô.

VI. Les étrangers libres dans les cités grecques ; les mobilités individuelles des Grecs
A l’inverse des mouvements qui conduisent des Grecs à s’installer de manière plus ou moins pérenne loin de leur cité d’origine, les cités grecques sont amenées dès l’époque archaïque à accueillir des populations d’étrangers et à créer des statuts permettant de contrôler et d’intégrer les étrangers. Deux points sont à considérer ici : les composantes de ces statuts, dont le plus connu est celui des métèques d’Athènes, et les institutions propres à ces populations, notamment leurs associations. On rassemble ici cet aspect – l’accueil des étrangers dans les cités grecques – et les mobilités individuelles des Grecs de Gibraltar à l’Indus, qui ne se recoupent pas, loin s’en faut, mais forment deux faces de la même médaille dans le cadre de cette question.

En général : M.-Fr. Baslez, L'étranger dans la Grèce antique, Paris 1984, et les deux volumes de L’étranger dans le monde grec, cité supra. D. Whitehead, The ideology of the Athenian Metic, Cambridge 1977, est le livre de référence sur les métèques athéniens ; voir aussi E. Perrin-Saminadayar, « Images, statut et accueil des étrangers à Athènes à l’époque hellénistique » dans Y. Perrin et D. Nourrisson, éd., Le barbare, l'étranger : images de l'autre, Actes du colloque organisé par le CERHI (Saint-Étienne, 14 et 15 mai 2004), Saint-Etienne 2005, p. 67-91. L. Migeotte, « La mobilité des étrangers en temps de paix en Grèce ancienne », dans Cl. Moatti, éd., La mobilité des personnes en Méditerranée de l’antiquité à l’époque moderne, Collection de l’école française de Rome 341, Rome 2004, p. 615-648.

Contrôle de la mobilité : voir J.-M. Bertrand, « Frontières internes, frontières externes des cités grecques », dans Cl. Moatti, éd., La mobilité des personnes en Méditerranée (cité ci-dessus), Rome 2004, p. 71-98, et dans le même ouvrage Fr. Lefèvre, « Contrôles d’identité aux frontières dans les cités grecques : le cas des entrepreneurs étrangers et assimilés », p. 99-125. A. Bresson, « L’entrée dans les ports en Grèce ancienne : le cadre juridique », dans Cl. Moatti, W. Kaiser, éd., Gens de passage en Méditerranée de l’Antiquité à l’époque moderne, Paris 2007.

Mercenaires : P. Baker, « Les mercenaires », dans F. Prost, éd., Armées et sociétés de la Grèce classique, Paris 1999, p. 240-256 ; A. Tourraix, « Les mercenaires grecs au service des Achéménides », dans P. Brun, éd., Guerres et sociétés dans les mondes grecs (490-322), Paris 1999, p. 201-216 ; M. Launey, Recherches sur les armées hellénistiques, Paris 1949.

Pirates : P. Brulé, La piraterie crétoise hellénistique, Annales littéraires de l’université de Besançon 223, Besançon-Paris 1978 ; Ph. De Souza, Piracy in the Graeco-Roman World, Cambridge 1999 ; V. Gabrielsen, « Economic activity, Maritime Trade and Piracy in the Hellenistic Aegean », REA 103, 2001, p. 219-240; V. Gabrielsen, « La piraterie et le commerce des esclaves », dans A. Erskine, éd., Le monde hellénistique, Espaces, Sociétés, Cultures, 323-31 av. JC, Rennes 2004, p. 495-514.

Artisans : Chr. Feyel, Les artisans dans les sanctuaires grecs aux époques archaïques et classiques à travers la documentation financière en Grèce, BEFAR 318, Paris 2006 ; M.-Chr. Hellmann, « Les déplacements des artisans de la construction en Grèce d’après les testimonia épigraphiques », dans F. Blondé et A. Muller, L’artisanat en Grèce ancienne : les diffusions, les productions, Travaux et recherches de l’université de Lille 3, Lille 2000 ; Fr. Lefèvre, « Contrôle d’identité… », cité supra.

Marchands : Chr. Chandezon, « Foires et panégyries dans le monde grec classique et hellénistique », REG 113, 2000, p. 70-100 ; J. Vélissaropoulos, Les nauklères grecs. Recherches sur les institutions maritimes en Grèce et dans l’Orient hellénisé, Genève, Paris 1980 ; ead., « Le monde de l’emporion », Dialogues d’histoire ancienne I, 1970.

Médecins : É. Samama, Les médecins dans le monde grec, Paris 2003 et N. Massar, Soigner et servir. Histoire sociale et culturelle de la médecine grecque à l’époque hellénistique, Paris 2005.

Sur la classe de Grecs installés en Egypte sans travailler pour l’administration royale, que J. Bingen appelle dans certains cas des « entrepreneurs », voir les articles rassemblés dans J. Bingen, Hellenistic Egypt. Monarchy, Society, Economy, Culture, Berkeley – Los Angeles 2007, surtout 2e et 4e parties (articles parus en français et repris en anglais dans ce recueil ; références des originaux : p. vii-viii).

VII. Mobilités et violences
La vie politique des cités-Etats grecques, comme celle des cités médiévales italiennes, est souvent violente et amène des exils aux motivations politiques ; d’autre part les guerres récurrentes entre cités ou avec d’autres puissances aboutissent parfois à l’anéantissement d’une cité entière ou à son déplacement. En général: M. Sordi, éd., Coercizione e mobilità umana nel mondo antico, Milan 1995 ; Ed. Will, “Guerre, acculturation et contre-acculturation dans le monde hellénistique », dans Historica graeco-hellenistica, Paris 1998, p. 733-762.

L’esclavage est sans doute la forme par excellence de mobilité forcée: on cherchera ce qui a trait à l’asservissement et à la traite dans les deux manuels les plus utiles, Y. Garlan, Les esclaves en Grèce ancienne, Paris 1995, et J. Andreau et R. Descat, Esclave en Grèce et à Rome, Paris 2006. Ajoutons Y. Garlan, Guerre et économie en Grèce ancienne, Paris 1989, qui traite aussi de la piraterie.

L’armée en campagne est une forme de mobilité collective qui a profondément marqué les sociétés anciennes. Celle que nous connaissons le mieux: P. Briant, Dans les pas des Dix-Mille, Pallas 43, 1995 ; H. van Wees, Greek Warfare. Myths and Realities, Londres 2004, chapitres 8, 9 et 10 notamment, traite de ces questions. On se reportera aussi à Launey, Armées hellénistiques (cité ci-dessus).

VIII. Echanges, contacts et identités
En plus de la bibliographie sur les problèmes d’identité et d’ethnicité mentionnée ci-dessus, voir : A. Momigliano, Sagesses barbares. Les limites de l’hellénisation, Paris 1979 (traduction française de Alien Wisdom, the Limits of Hellenization, Cambridge 1976 ; Ed. Will et Cl. Orrieux, Ioudaïsmos-Hellènismos. Essai sur le judaïsme judéen à l’époque hellénistique, Nancy 1986. Egalement Y. Perrin et D. Nourrisson, éd., Le barbare, l'étranger : images de l'autre, Actes du colloque organisé par le CERHI (Saint-Étienne, 14 et 15 mai 2004), Saint-Etienne 2005.

La mobilité donne lieu à une mémoire collective ou individuelle, parfois à une vraie histoire. Les réécritures du passé font partie intégrante de l’étude des mobilités. On partira de : O. Curty, Les parentés légendaires dans les cités grecques, Genève-Paris 1995 ; I. Malkin, La Méditerranée spartiate, Paris 1999 ; J.M. Redfield J. M., The Locrian Maidens. Love and Death in Greek Italy, Princeton 2003 (radicalement constructiviste) ; Cl. Calame, Mythe et histoire dans l’Antiquité grecque. La création symbolique d’une colonie, Lausanne 1996. La lecture de N. Wachtel N., La vision des vaincus, Paris 1971, est évidemment conseillée.

L’apparition de milieux culturellement mixtes est un des points centraux de la question. Il faudra suivre ce phénomène à différentes échelles. Les mariages mixtes – pour l’échelle la plus grande – sont un thème ancien. Il a été abordé à partir de la documentation écrite et archéologique relative à l’époque archaïque : voir J.N. Coldstream J.N., « Mixed Marriages at the Frontiers of the Early Greek World », Oxford Journal of Archaeology 12, 1993, p. 89-107, avec références. Pour un exemple hellénistique : P. Dryton = K. Vandorpe, The Bilingual Family Archive of Dryton, his Wife Apollonia and their Daughter Senmouthis, Collectanea Hellenistica 4, Bruxelles 2002.

Les emporia et certaines colonies archaïques et classiques sont certainement des cas de milieux mixtes ; sur Pithécusses et Al Mina, voir J. Boardmann, Grecs outre-mer, cité ci-dessus. On signalera surtout : A. Bresson et P. Rouillard, dir., L’emporion, Paris 1993 ; P. Rouillard, « Les emporia dans la Méditerranée occidentale aux époques archaïque et classique », in Les Grecs et l’Occident, Colloque de la Villa Kérylos, 1991), Collection de l’Ecole Française de Rome, n° 208, Rome 1995, p. 95-108 ; J. de La Genière, « Entre Grecs et non-Grecs », in E. Lepore et G. Nenci G., éd., Modes de contact et processus de transformation dans les sociétés anciennes - Forme di contatto e processi trasformazione nelle società antiche (CEFR 67), Pise-Rome 1983, p. 257-285.

IX. Approches locales et régionales
IX.1. Régions de colonisation archaïque et classique

Un ouvrage majeur constitue un outil de travail essentiel : G.R. Tsetskhladze, éd. Greek Colonisation : an Account of Greek Colonies and other Settlements overseas, 2 vol., Leyde 2006 et 2008 (bilans régionaux).

Sur la péninsule ibérique et l’Extrême-Occident : P. Rouillard, Les Grecs et la péninsule ibérique du VIIIe au IVe s. av. J.-C., Paris 1991 ; P. Rouillard et M.-Chr. Villanueva-Puig, éd., Grecs et Ibères au IVe siècle avant Jésus-Christ. Commerce et iconographie, REA 89, 1987, 3-4 ; Sur les pas des Grecs en Occident. Hommages à André Nikels, Etudes massaliètes 4, Lattes 1995 ; Marseille grecque et la Gaule, Etudes massaliètes 3, Marseille 1992 ; A. Hermary, A. Hesnard et H. Tréziny, dir., Marseille grecque 600-49 av. J.-C. : la cité phocéenne, Paris 1999.

Sur l’Occident grec : voir avant tout E. Greco, La Grande Grèce. Histoire et archéologie, Paris 1996. Recueil d’articles : La colonisation grecque en Méditerranée occidentale, Hommage à Georges Vallet, Rome 1999. Etudes sur une région ou un site : D. Ridgway, Les premiers Grecs d’Occident. L’aube de la Grande-Grèce, Paris 1992 (sur Pithécusses) ; G. Vallet et al., Mégara Hyblaea 3. Guide des fouilles, Rome 1983 ; H. Broise, M. Gras et  H. Tréziny, Mégara Hyblaea I 5. La ville archaïque, Rome 2005 ; J.C. Carter, Discovering the Greek countryside at Metaponto, Ann Arbor 2006 ; N. Cusumano, Una terra splendida e facile da possedere. I Greci e la Sicilia, (Kokalos Supplément 10), Palerme 1994 ; M. I. Finley, La Sicile antique, Paris 1986 ; F. De Angelis, Megara Hyblaia and Selinous. The development of two Greek city-states in Archaic Sicily, Oxford 2003 (pour la vision “positive” de la colonisation comme réponse à des opportunités).

Le Pont : Chr. Muller, D'Olbia à Tanaïs: Territoires et réseaux d'échanges dans la mer Noire septentrionale aux époques classique et hellénistique, Bordeaux 2010 ; S.M. Burstein, Outpost of Hellenism : The emergence of Heraclea on the Black Sea, Berkeley 1976 ; V.B. Gorman, Miletos. The ornament of Ionia. A history of the city to 400 B.C.E., Ann Arbor 2001 (sur la colonisation milésienne).

Cyrène : F. Chamoux, Cyrène sous la monarchie des Battiades, BÉFAR 177, Paris 1953.

L’Egée septentrionale : J. Pouilloux, « La fondation de Thasos : archéologie, littérature et critique historique’, in Rayonnement grec. Hommages à Charles Delvoye, Bruxelles 1982, 91-101.
IX.2. Les Grecs en Asie mineure, à Chypre, au Levant et en Egypte avant Alexandre
Pour les aspects généraux : P. Debord, L’Asie Mineure au IVe siècle (421-323 av. J.-C.), Bordeaux 1999 et P. Briant, Histoire de l’Empire perse. De Cyrus à Alexandre, Paris 1996. Sur le point particulier de Naucratis, on pourra compléter par les chapitres concernant l’Egypte dans J. Boardman, Les Grecs outre-mer. Colonisation et commerce archaïques, Naples 1995 et par A. Bresson, « Rhodes, l’Hellénion et le statut de Naucratis », DHA, 6, 1980, p. 291-349, repris dans La cité marchande, Bordeaux 2000, p. 13-63. Le livre de F. Canali De Rossi, I Greci in Medio Oriente ed Asia Centrale dalla fondazione dell’Impero Persiona fina alla spedizione di Alessandro (550-336 a.C. circa), Herder, Rome 2007 rassemble les sources et les témoignages sur la présence des Grecs dans les régions les plus orientales du programme avant la conquête d’Alexandre.

Sur les aspects culturels, notamment la question des transferts et des représentations, on lira Fr. Hartog, Le miroir d’Hérodote : essai sur la représentation de l’autre, Paris 2001 (édition revue et augmentée) et T. Haziza, Le kaléidoscope hérodotéen. Image, imaginaire et représentation de l’Egypte à travers le livre II d’Hérodote, Paris 2009 mais aussi Ph. Vasunia, The Gift of the Nile. Hellenizing Egypt from Aeschylus to Alexander, Berkeley - Los Angeles - Londres 2001. Pour la représentation des Perses chez les Grecs : D. Lenfant, Ctésias de Cnide. La Perse, l’Inde, autres fragments, Paris 2004 et D. Lenfant, éd., Les Perses vus par les Grecs, Paris 2011.
IX.3. Les conquêtes d’Alexandre
Au sein d’une bibliographie évidemment immense, on distinguera A. B. Bosworth, Alexander and the East : The Tragedy of Triumph, Oxford, 1996 et A. B. Bosworth, Conquest and Empire. The Reign of Alexander the Great, Cambridge 1988. Egalement les derniers chapitres de P. Briant, Histoire de l’Empire perse, Paris 1996. Pour des approches plus régionales : P. Debord, L’Asie Mineure au IVe siècle, Bordeaux 1999 et F. L. Holt, Alexander the Great and Bactria. The Formation of a Greek Frontier in Central Asia, Mnemosyne, Suppl. 104, New York-Kobenhavn-Cologne 1988.

La question de la transition entre le pouvoir achéménide et les royaumes macédoniens a été récemment développée, par région, dans P. Briant, éd., La transition entre l’empire achéménide et les royaumes hellénistiques, Paris 2007.
IX.4. Les Grecs en Egypte de 320 à 200
Ouvrages généraux : B. Legras, L’Egypte grecque et romaine, Paris 2004 mais aussi G. Hölbl, A History of the Ptolemaic Empire, Routledge, Londres-New York 2001 (trad. angl. d’un ouvrage publié en allemand en 1994) et W. Huss, Ägypten in hellenistischer Zeit, Munich 2001. Le livre de J. Bingen, Hellenistic Egypt. Monarchy, Economy, Society, Culture, Berkeley 2007 rassemble plusieurs chapitres qui avaient été publiés séparément. On lira notamment la deuxième partie, consacrée aux Grecs en Egypte hellénistique.

Sur Alexandrie : L’ouvrage de P. M. Fraser, Ptolemaic Alexandria, Oxford 1972 reste une référence mais il doit être complété par P. Ballet, La vie quotidienne à Alexandrie, 331-30 avant J.-C., Paris 1998 et par Chr. Jacob et Fr. de Polignac, Alexandrie, IIIe siècle av. J.-C., Paris 1993. On trouvera aussi des éléments utiles dans J. Leclant, dir., Alexandrie : une mégapole cosmopolite, Cahiers de la villa « Kérylos » 9, Paris 1999.

La question des relations entre Grecs et Egyptiens a été profondément renouvelée ces dernières années et les études sur ces questions sont très nombreuses. On pourra commencer par consulter R. Bagnall, « Decolonizing Ptolemaic Egypt » dans P. Cartledge, P. Garnsey et E. Gruen, éd., Hellenistic Constructs. Essays in Culture, History and Historiography, Berkeley, 1997, p. 225-241 et Fr. Dunand, « Grecs et Egyptiens en Egypte lagide. Le problème de l’acculturation » dans Modes de contacts et processus de transformation dans les sociétés anciennes. Actes du colloque international de Cortone 1981, Scuola Normale Superiore – Ecole française de Rome, Pise-Rome 1983, p. 45-87.

Un certain nombre d’ouvrages de synthèse permettent de compléter utilement l’information : N. Lewis, Greeks in Ptolemaic Egypt, Oxford 1986 ; K. Goudriaan, Ethnicity in Ptolemaic Egypt, Amsterdam 1988 et A. R. Samuel, From Athens to Alexandria. Hellenism and Social Goals in Ptolemaic Egypt, Studia Hellenistica, 26, Peeters, Louvain 1993. L’ouvrage collectif de J. H. Johnson, éd., Life in a Multi-Cultural Society, Egypt from Cambyses to Constantin and Beyond, Chicago 1992 permet aussi des éclairages ponctuels. Le titre réducteur de l’ouvrage de M. Chauveau, La vie quotidienne au temps de Cléopâtre, Paris 1987 ne doit pas faire renoncer à sa consultation, très utile pour la question.

Sur Zénon de Caunos, une figure essentielle de la réflexion sur la question au programme voir ci-dessus II.3.

Quelques études plus précises, dans les domaines juridique et culturel : J. Mélèze-Modrzejewski, « Le statut des Hellènes dans l’Egypte lagide », Revue des études grecques, 96, 1983, p. 241-268 ; Bingen, J., « Présence grecque et milieu rural ptolémaïque » dans Finley M. I., éd., Problèmes de la terre en Grèce ancienne, Paris - La Haye 1973, p. 215-222 ; W. Clarysse, « Ethnic diversity and dialect among the Greeks of Hellenistic Egypt » dans A. M. F. W. Verhoogt et S. P. Vleeming, éd., The two faces of Graeco-Roman Egypt: Greek and Demotic and Greek-Demotic text and studies presented to P.W. Pestman by alumni of the Papyrological Institute, Leyde – Boston 1998. Sur Memphis comme lieu de contacts, un ouvrage important : D. J. Thompson, Memphis under the Ptolemies, Princeton 1988.
IX.5. Les Grecs en Asie Mineure et dans le domaine séleucide après Alexandre
Ouvrages généraux sur ces questions : R. A. Billows, Kings and Colonist. Aspects of Macedonian Imperialism, Leyde-New York-Cologne 1995 et A. B. Bosworth, The Legacy of Alexander. Politics, Warfare and Propagada under the Sucessors, Oxford 2005. Il doivent cependant être complétés par des synthèses régionales : M. Sartre, L’Anatolie hellénistique, de l’Egée au Caucase, Paris 2004 et M. Sartre, D’Alexandre à Zénobie. Histoire du Levant antique (IVe s. av. J.-C. – IIIe s. ap. J.-C.), Paris 2001 ; L. Capdetrey, Le pouvoir séleucide. Territoire, administration, finances d’un royaume hellénistique (312-129 avant J.-C.), Rennes 2007 et F. L. Holt, Thundering Zeus. The Making of Hellenistic Bactria, Berkeley – Los Angeles – Londres 1999.

Ces questions ont été renouvelées autour de 1990 par les travaux d’A. Kuhrt et S. Sherwin-White qui ont contribué à insister sur l’inscription des royaumes hellénistiques dans les contextes proche-orientaux : A. Kuhrt et S. Sherwin-White, From Samarkhand to Sardis. A New Approach to the Seleucid Empire, Londres 1993 et A. Kuhrt et S. Sherwin-White, éd., Hellenism in the East. The interaction of Greek and non-Greek civilizations from Syria to Central Asia after Alexander, Londres 1987. Plus récemment et dans une tradition similaire T. Boiy, Late Achaemenid and Hellenistic Babylon, Louvain 2004.

Pour des compléments régionaux, on pourra consulter les publications et articles suivants : l’important colloque sur la Syrie de M. Sartre, éd., La Syrie hellénistique, TOPOI, suppl. 4, Lyon 2003 ; P. Bernard, « Paysages et toponymes dans le Proche-Orient hellénisé », Topoi, 5, 1995, p. 353-408, mais aussi A. Invernizzi A. et J.-Fr. Salles, dir., Arabia Antiqua. Hellenistic Centres around Arabia, Rome 1993.

La consultation de W. D. Davies et L. Finkelstein, éd., The Cambridge History of Judaism, II, The Hellenistic Age, Cambridge 1989 permettra d’aborder la question des liens entre Grecs et populations de Judée que traite aussi de façon efficace la synthèse de M. Sartre, D’Alexandre à Zénobie citée ci-dessus. Sur les rapports entre Juifs, Grecs et hellénisme à l’échelle de la Méditerranée : J. M. G. Barclay, Jews in the Mediterranean Diaspora, Edimbourg 1996.
IX.6. Grecs d’Extrême-Orient : Bactriane, Inde, Asie centrale
La synthèse de W.W. Tarn, The Greeks in Bactria and India, Chicago 1997 (4e éd., 1ère éd. en 1951), si elle est dépassée à plus d’un titre, constitue une base qui peut être utile pour fixer les cadres de la réflexion. Elle doit absolument être complétée par des synthèses plus récentes, notamment F. L. Holt, Thundering Zeus. The Making of Hellenistic Bactria, , Berkeley-Los Angeles – Londres 1999 et O. Coloru, Da Alessandro a Menandro. Il regne greco di Battriana, Pise 2009.

Pour des études plus précises sur les sites grecs d’Asie Centrale : P. Bernard, « L’Asie Centrale et l’Empire séleucide », ΤΟΠΟΙ, 4/2, 1994, p. 473-511. Plus largement, ce volume de ΤΟΠΟΙ, consacré aux Séleucides, propose plusieurs articles sur la présence grecque en Bactriane et Sogdiane. Egalement P. Bernard, « La colonie grecque d’Aï Khanoum et l’hellénisme en Asie Centrale » dans Afghanistan. Les trésors retrouvés. Collections du musée national de Kaboul, Musée Guimet, Paris 2006, p. 55-68 et O. Bopearachchi, C. A. Bromberg et F. Grenet, éd., Alexander’s Legacy in the East. Studies in Honor of Paul Bernard, Bulletin of the Asian Institute, 1998 [paru en 2001].
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