Emmanuelle sibeud (département d’histoire, Paris 8)








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Histoire



Les diasporas grecques du Détroit de Gibraltar à l’Indus (VIIIe s. av. J.-C. à la fin du IIIe s. av. J.-C.)

(nouvelle question)

La bibliographie qui suit a été publiée par L. Capdetrey et J. Zurbach dans la revue Historiens et Géographes.
L’expression de diasporas grecques, au pluriel, est à prendre au sens étymologique : elle désigne l’ensemble des mouvements de personnes, individuels ou collectifs, libres ou contraints. Il s’agit donc d’une question d’histoire à la fois sociale et culturelle. Ce qu’on nomme de manière usuelle la colonisation grecque aux époques archaïque et classique, mais aussi les fondations hellénistiques ou les déplacements individuels ou en petits groupes font partie de cette question qui se donne pour objet essentiel les mobilités humaines, quelles qu’en soient l’échelle, les motivations et les conséquences. Sont cependant exclus les mouvements de population internes aux cités et, en particulier, les phénomènes d’exode rural.

Le cadre géographique comprend toutes les régions où des Grecs ont été amenés à s’installer à la suite d’un déplacement, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du monde égéen, d’un bout à l’autre de la Méditerranée et jusqu’à la limite atteinte par l’expédition d’Alexandre, l’Indus. Sur le plan chronologique, le choix d’un temps long permet d’éviter les distinctions artificielles créées par les modernes entre les mobilités des différentes périodes. La limite haute est celle du premier mouvement de fondations coloniales en Occident. La limite basse se situe à la charnière de la haute et de la basse époque hellénistique, au moment où la puissance de Rome modifie les équilibres de l’ensemble de la Méditerranée et d’une partie du Proche-Orient.

Un tel sujet oriente vers trois axes d’analyse, qui ont fait l’objet d’un renouvellement important ces trente dernières années : la mobilité humaine sous toutes ses formes et les réseaux qui se tissent au sein des diasporas, les modes de contacts avec les populations locales et toutes les thématiques relatives aux identités culturelles et ethniques, enfin, la Méditerranée comme espace privilégié de ces mobilités : à cet égard, poursuivre la réflexion vers les territoires couverts par l’empire d’Alexandre permettra précisément de mesurer la pertinence de cette récente « méditerranéisation » des problématiques.

I. Instruments de travail
Les instruments de travail, étant donné l’ampleur de la question, sont ceux de l’histoire grecque en général. Aucun  travail cohérent sur la question n’est possible sans une maîtrise de ces ouvrages, et il est inutile de souligner combien la fréquentation des atlas est ici particulièrement indispensable. La connaissance des réalités géographiques et environnementales des régions étudiées est un préalable indispensable, quel que soit le rôle qu’on pourra par la suite attribuer à ces facteurs dans l’analyse des mobilités.
I.1. Manuels et synthèses
Il existe des manuels fondamentaux : Amouretti, M.-C. et Ruzé, Fr., Le monde grec antique, Paris 1995 et éditions ultérieures ; Lonis, R., La cité dans le monde grec, Nathan 1994. Ajoutons M.-Fr. Baslez, Histoire politique du monde grec antique, Paris 20012 et Chr. Pébarthe, Introduction à l’histoire grecque, Paris 2006. Sur l’époque archaïque : M. Gras, La Méditerranée archaïque, Paris 1996 pour débuter et A. Snodgrass, La Grèce archaïque, Paris 1986. Sur l’époque hellénistique : Ed. Will, Histoire politique du monde hellénistique, 2 volumes, Nancy 1979-19822, éd. de poche en un seul volume Paris 2003, et C. Grandjean, G. Hoffmann, L. Capdetrey et J.-Y. Carrez-Maratray, Le monde hellénistique, Paris 2008. Contrairement à ce que laisse entendre son titre, l’ouvrage de L. Martinez-Sève, Atlas du monde hellénistique (336-31 av. J.-C.). Pouvoir et territoire après Alexandre le Grand, Paris 2011 est un véritable manuel doté d’excellentes cartes.

Les grandes collections sont à connaître. Les collections en français sont :

  • la Nouvelle histoire de l’Antiquité, comprenant : J.-Cl. Poursat, La Grèce préclassique des origines à la fin du VIe siècle, Paris 1995 ; Ed. Lévy, La Grèce au Ve siècle, de Clisthène à Socrate, Paris 1995 ; P. Carlier, Le IVe siècle grec jusqu'à la mort d'Alexandre, Paris 1995 ; P. Cabanes, Le monde hellénistique de la mort d’Alexandre à la paix d’Apamée, Paris 1995.

  • la Nouvelle Clio, comprenant : P. Briant, P. Lévêque, P. Brulé, R. Descat et M.M. Mactoux, Le monde grec aux temps classiques I. Le Ve siècle, Paris 1995 ; P. Brulé, R. Descat et alii, Le monde grec aux temps classiques 2. Le IVe siècle, Paris 2004 ; Cl. Préaux, Le monde hellénistique, 2 tomes, Paris 1978 ;

  • la collection Peuples et civilisations, comprenant : Ed. Will, Le monde grec et l'Orient, 1. Le Ve siècle (510-403), Paris 1972 ; Ed. Will, Cl. Mossé, P. Goukowsky, Le monde grec et l'Orient, 2. Le IVe siècle et l'époque hellénistique, Paris 1975.


On se reportera avec profit aux différents Companions : K. Raaflaub et H. van Wees, éd., A Companion to Archaic Greece, Oxford 2009 ; K. H. Kinzl, éd., A Companion to the Classical Greek World, Oxford 2006  ; A. Erskine, éd., Le monde hellénistique, Espaces, Sociétés, Cultures, 323-31 av. JC, Rennes 2004.

Deux grandes séries sont à connaître et fréquenter : la Cambridge Ancient History (abrégée CAH) dans sa seconde édition, et I Greci. Storia, cultura, arte, società édité sous la direction de S. Settis. La première série comprend plusieurs volumes concernant la question : CAH² III/3 : J. Boardman et N.G.L Hammond, dir., The expansion of the Greek World, Eighth to Sixth centuries B.C., Cambridge 1982 ; CAH² IV : J. Boardman, N.G.L Hammond, D.M. Lewis et M. Ostwald, dir., Persia, Greece and the Western Mediterranean c. 525 to 479 B.C., Cambridge 1988 ; CAH² V : D.M. Lewis, J. Boardman, J.K. Davies et M. Ostwald, The Fifth Century B.C., Cambridge 1992 ; CAH² VI : D.M. Lewis, J. Boardman, S. Hornblower et M. Ostwald, The Fourth Century B.C., Cambridge 1994 ; CAH² VII/1 : F.W. Walbank, A.E. Astin, M.W. Frederiksen et R.M. Ogilvie, The Hellenistic World, Cambridge 1984 ; CAH² VII/2: F.W. Walbank, A.E. Astin, M.W. Frederiksen, R.M. Ogilvie et A. Drumond, The Rise of Rome to 220 B.C., Cambridge 1989. Dans la seconde série, on verra surtout le tome II, Una storia greca, en trois volumes ; II/1, Formazione ; II/2, Definizione ; II/3, Trasformazioni, et le tome IV, Atlante.
I.2. Dictionnaires
L’ouvrage de travail le plus utile en français est : J. Leclant, dir., Dictionnaire de l’Antiquité, Paris 2004. C’est ici qu’on peut mentionner un outil de travail fondamental, recensant les cités grecques anciennes jusqu’au début de l’époque hellénistique : M.H. Hansen et Th. H. Nielsen, éd., An Inventory of Archaic and Classical Poleis, Oxford 2004.
I.3. Atlas de l’Antiquité et réalités géographiques
Parmi les atlas disponibles, citons A.-M. Wittke, E. Olshausen et R. Szydlak, éd., Historischer Atlas der antiken Welt, Supplément 3 à la Neue Pauly, Stuttgart 2007, en anglais: Brill’s New Pauly Historical Atlas of the Ancient World, Leyde 2010. La référence est le Barrington : R.J.A. Talbert (éd), Barrington Atlas of the Greek and Roman World, Princeton – Oxford 2000. Il faut aussi citer N.G.L. Hammond, Atlas of the Greek and Roman World in Antiquity, 1981.

Une connaissance précise des milieux est nécessaire. Sur la Méditerranée, on lira le premier tome désormais classique de F. Braudel, La Méditerranée. La fréquentation des volumes de la première ou deuxième Géographie universelle est nécessaire.
I.4. Ressources internet
Les ressources en ligne sont nombreuses, mais leur fiabilité doit absolument être contrôlée. Le site AWOL (Ancient World online) est un bon point de départ : http://ancientworldonline.blogspot.com/. Nombre de sites offrent des volumes disponibles en ligne ; signalons notamment l’Institut des sciences et techniques de l’Antiquité : http://ista.univ-fcomte.fr/. Cartes en libre accès sur http://www.unc.edu/awmc/mapsforstudents.html.

II. Les sources et leur critique
La question au programme implique la mobilisation de sources variées. Pour l’étude d’une fondation ou d’autres formes de mobilité, on peut être amené à interpréter le témoignage d’un historien ancien, d’un lexicographe byzantin aussi bien que les résultats d’une fouille ou d’une prospection. Ces sources se répartissent pour l’essentiel en deux catégories : sources écrites (littéraires, épigraphiques et papyrologiques) et sources matérielles (archéologie, numismatique…). Si la question porte exclusivement sur les Grecs, cela ne signifie pas que les textes qui doivent être pris en considération soient tous en grec, loin de là. Les sources latines sont peu nombreuses pour la période considérée, mais il conviendra de posséder quelques notions relatives à la documentation araméenne, démotique ou babylonienne, voire indienne.
II.1. Sources de la tradition manuscrite (dites ‘littéraires’)
On appelle par convention sources littéraires celles qui ont été transmises par la tradition manuscrite, sans que cela implique forcément un jugement sur le caractère littéraire du texte en question. On dispose de plusieurs ouvrages qui guident le lecteur de manière efficace. On pourra commencer par M.-Fr. Baslez, Les sources littéraires de l'histoire grecque, Paris 2003 ; deux autres ouvrages complémentaires sont très utiles : L. Canfora, Histoire de la littérature grecque : d'Homère à Aristote, Paris 1994 suivi de id., Histoire de la littérature grecque à l'époque hellénistique, Paris – Arles 2004, et J. de Romilly, Précis de littérature grecque, Paris 1980. Les manuels cités ci-dessus donnent les principales éditions et traductions disponibles pour chaque auteur. Nombreuses traductions récentes, notamment en GF.

Quelques anthologies de textes traduits: J. Delorme, La Grèce primitive et archaïque, 3e éd. Paris 1995 ; H. van Effenterre, L'histoire en Grèce, 1993 ; M. Austin et P. Vidal-Naquet, Economies et sociétés en Grèce ancienne, Colin 1992 ; R.S. Bagnall et P. Derow, The Hellenistic Period. Historical Sources in Translation, Oxford 2004² (textes littéraires mais surtout inscriptions et papyri) et M.M. Austin, The Hellenistic World, 2e éd, 2006.
II.2. Sources épigraphiques
Les inscriptions grecques constituent un ensemble essentiel mais très inégalement réparti. Elles sont rares jusqu’à la fin de l’époque classique dans la plupart des régions. L’instrument fondamental est Fr. Bérard et alii, Guide de l'épigraphiste. Bibliographie choisie des épigraphies antiques et médiévales, 4e éd. Paris 2010, qui présente de manière ordonnée les éditions de textes et les études fondées sur ce type de sources. Les éditions d’inscriptions grecques sont recensées par ordre topographique aux p. 35-90.

Recueils d’inscriptions avec traduction ou en traduction seule : H. van Effenterre, F. Ruzé, Nomima. Recueil d'inscriptions politiques et juridiques de l'archaïsme grec, I et II, Rome 1994 et 1995 ; J. Pouilloux, Choix d'inscriptions grecques, Paris 1960, 20032 ; Institut Fernand Courby, Nouveau choix d'inscriptions grecques, Paris 1971, 20052 ; P. Brun, Impérialisme et démocratie à Athènes : inscriptions de l'époque classique, c. 500-317 av. J-C., Paris 2005 ; R. Meiggs et D. Lewis, A Selection of Greek Historical Inscriptions to the End of the Fifth Century B.C., Oxford 1989 ; P. J. Rhodes et R. Osborne, Greek Historical Inscriptions 404-323 B.C., Oxford 2003.
II.3. Sources papyrologiques (grecques et démotiques)
Les textes sur support périssable, pour l’essentiel du papyrus, sont conservés presque uniquement en Égypte, pour des raisons climatiques ou autres (usage dans des cartonnages de momies). On parle de papyrologie, sans précision, pour désigner l’étude des papyri de l’époque hellénistique et romaine, qui sont rédigés en grec ou en démotique, la forme que prend alors l’égyptien.

Pour une présentation des sources, on pourra se référer à R.S. Bagnall, éd., The Oxford Handbook of Papyrology, Oxford 2009. Certains livres sur l’Egypte ptolémaïque et romaine offrent une bonne introduction aux sources : A.K. Bowman, Egypt after the Pharaohs, 332 BC – AD 642, Londres 1986, et B. Legras, L’Egypte grecque et romaine, Paris 2004, et Hommes et femmes d’Egypte (IVe s. av. n. è. – IVe s. de n. è.), Paris 2010.

Il existe une anthologie de textes avec traduction anglaise dans la collection Loeb : les Select Papyri. I. Non-Literary Papyri. Private Affairs, Londres 1934 ; II. Public Documents, Londres 1934, ces deux volumes étant dus à A.S. Hunt et C.C. Edgar. Les Select Papyri III. Literary Papyri, Londres 1942, sont dus à D. Page. En français : R. Burnet, L’Egypte ancienne à travers les papyrus. Vie quotidienne, Paris 2003. Voir aussi O. Guéraud, Enteuxeis : Requêtes et plaintes adressées au roi d’Egypte au IIIe siècle avant J.-C., Société royale égyptienne de papyrologie, Le Caire, 1931-1932.

Pour les documents en démotique on verra Pestman P. W., Quaegebeur J. et Vos R. L., Recueil des textes démotiques et bilingues, E. J. Brill, Leyde, 1977 et D. Agut Labordère et M. Chauveau, Héros, magiciens et sages oubliés de l’Egypte ancienne. Une anthologie de la littérature en égyptien démotique, Paris 2011. Les instruments de travail sont dans M. Depauw, A Companion to Demotic Studies, Papyrologica Bruxellensia 28, Bruxelles 1997.

Sur les archives de Zénon, dossier majeur du IIIe s. : T.C. Skeat, The Zenon Archive, Londres 1974 ; Cl. Orrieux, Les papyrus de Zénon. L’horizon d’un Grec en Egypte au IIIe s. avant J.-C., Paris 1983 ; W. Clarysse et K. Vandorpe, Zénon, un homme d’affaires grec à l’ombre des pyramides, Louvain 1995.

Il existe en papyrologie encore plus qu’ailleurs de nombreuses ressources en ligne. Pour des indications bibliographiques, on verra http://bcs.fltr.ucl.ac.be/papyd.html. Le site www.papyri.info recense de nombreuses bases de données et textes en ligne.
II.4. Numismatique
On se reportera à H. Nicolet-Pierre, Numismatique grecque, Paris 2002, et à D. Gerin et al., La monnaie grecque, Paris 2001. Lectures ultérieures : Chr. Howgego, Ancient History from Coins, Londres – New York 1995 ; C.M. Kraay, Archaic and Classical Greek Coins, Berkeley – Los Angeles 1976 ; M. Amandry, dir., Dictionnaire de numismatique, Paris 2001.
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