Emmanuelle sibeud (département d’histoire, Paris 8)








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document 3 relève d’un usage scolaire
3a/ mise en relation du document avec son appareil critique

Extrait d’un programme officiel de Première, avec référence explicite à des travaux d’historiens (Serge Berstein, spécialiste du radicalisme, professeur à Sciences-Po Paris, dont le nom a franchi le cercle des spécialistes, en signant avec Pierre Milza de très nombreux manuels scolaires ou à destination des étudiants).
3b/ prélèvement d’informations

la République est vue sous l’angle d’une « culture politique » dont la définition est précisée.

Des valeurs (Lumières, positivisme, héritage de la Révolution) qui fondent des pratiques d’ordre politique (Parlement), social (une société de progrès graduels, école laïque), culturel (hymne, rites)
c/ mise en relation avec le sujet posé

L’enjeu est bien ici relatif à la construction d’un pouvoir d’Etat et son « enracinement » dans la société, qui privilégie de ce fait une échelle nationale. Au plan de l’explication historique, on a donc une séquence culturel / politique / social.

Une logique relevant de la socio-histoire aurait sans doute inversé la séquence en insistant d’abord sur les questions sociales (question de la propriété, du salariat, de la famille… dans le contexte de l’industrialisation, passage au sens de Durkheim entre solidarité mécanique à solidarité organique) et politiques (affrontements politiques récurrents entre républicains autour de différentes conceptions de la République, et anti-républicains monarchistes ou « impérialistes ») résolus par un compromis réalisés par les Républicains qui prennent le pouvoir et ré-agissent conformément à leur idéologie pour légitimer et perpétuer leur pouvoir en réformant les institutions (Parlement, école, politique mémorielle…) et ne menant une politique de « progrès graduels » sic.

On peut également mettre en tension le doc1 et le doc3. La notion proposée de « culture politique » permet-elle d’intégrer les questions évoquées par Gérard Noiriel ? Dans le cas de l’histoire du genre, pas de problème véritable : la dissolution de la spécificité des femmes dans l’Universel, et donc le non-sens du concept de citoyenne, est bien partie intégrante des valeurs républicaines de ce temps. En revanche, la compréhension, la politique coloniale de la IIIe République qui est enseignée dans un chapitre distinct cadre mal avec ce concept de « culture politique ». La soumission (et ses modalités) des peuples « indigènes » ne semblent pas relever d’un socle de valeurs clairement identifié (l’usage scolaire fait de la célèbre controverse entre Ferry et Clemenceau suffit à le démontrer). On peut donc en conclure que cet angle de présentation (des valeurs mises en pratique) apparaît spécieux, et surtout faire trop de place aux formes de légitimation idéologiques mises en place par un pouvoir (quel qu’il soit : quel pouvoir ne prétend pas agir au nom de valeurs ?)
C/ ébaucher un plan


  1. Un objet spécifique : le pouvoir d’Etat, sa conquête, son exercice, sa remise en cause




    • une tradition « institutionnelle » : la connaissance de l’histoire politique et plus généralement la connaissance de la société est une nécessité pour le souverain, qui doit gouverner un Etat et l’inscrire dans le cadre de « relations internationales ». A l’âge démocratique la préparation à l’exercice du pouvoir, et donc la formation des élites nécessite une même exigence, d’où l’Ecole Libre des sciences Politiques fondée en 1872, nationalisée en 1945 (Institut d’Etudes Politiques et Fondation Nationale des Sciences Politiques, IEP et FNSP) qui prépare à l’Ecole Nationale d’Administration (fondée elle aussi en 1945). A cette institution sont attachés des historiens spécialistes cf R.Rémond (1), S.Berstein (3)




    • une tradition historiographique. La préoccupation principale des historiens du XIXe est de comprendre le choc de la Révolution française et ses conséquences, d’où un objet privilégié, l’histoire de France, et la construction de l’Etat-nation. Cette histoire se fonde sur une périodisation politique fondée sur le concept d’Ancien Régime, et déclinée selon les règnes, et l’alternance de la paix et de la guerre. L’enjeu de cette histoire est contemporain du XIXe qui voit s’affronter le pouvoir personnel (Monarchie et Empire) et le pouvoir démocratique (incarné par la République). Notons que cette alternative n’est pas étrangère au XXe français… Le doc3 est un bon appui pour voir comment le prisme politique (construction d’un pouvoir/opposition au pouvoir) permet l’analyse de sources diverses.




    • un objet progressivement méprisé ou relégué ? La nécessité de construire une histoire comme discipline Universitaire a rétrospectivement construit comme objet de répulsion une « histoire historisante » pratiquement exclusivement politique. La critique est synthétisée par le célèbre texte du sociologue François Simiand (1903) qui dénonce les « 3 idoles de la tribu des historiens » (chronologique, politique et biographique). Il faut nuancer ces attaques, certainement utiles – indispensables - pour élargir les questionnement historiques, mais en partie infondées. On peu s’appuyer sur le doc1 pour remarquer que la définition restrictive de René Rémond s’appuie sur les archives les plus accessibles, celles de l’Etat.



  1. Un objet constamment renouvelé par de nouveaux regards




      • le « récit standard » de l’historiographie peine à intégrer le profond renouvellement de l’histoire diplomatique devenue histoire « des relations internationales » sous la houlette de Pierre Renouvin qui met au jour le concept de « forces profondes » qui rénove considérablement l’étude de la paix et de la guerre, dans une entreprise parallèle à celle de l’ « école des Annales »




      • le thème d’un prétendu « retout » de l’histoire politique s’articule autour d’un livre-manifeste publié en 1988, et dirigé par rené Rémond Pour une histoire politique. Sa table des matières, et les auteurs des différentes contributions (que le candidat doit être capable de relier à leurs travaux, au moins les plus connus) démontre que l’histoire politique s’est enrichie et élargie constamment


Une histoire présente, René Rémond/Les élections, René Rémond/L’association en politique, Jean-Pierre Rioux/Les protagonistes: de la biographie, Philippe Levillain/L’opinion, Jean-Jacques Becker/Les médias, Jean-Noël Jeanneney/ Les intellectuels, Jean-François Sirinelli/Les idées politiques, Michel Winock/ Les mots, Antoine Prost/Religion et politique, Aline Coutrot/ Politique intérieure et politique étrangère, Pierre Milza/La guerre, Jean-Pierre Azéma/Du politique, René Rémond


        • la construction d’une « histoire sociale » au XXe siècle a certes privilégié une alliance entre histoire et économie (qui d’ « économie politique » est devenue « science économique »), mais elle a aussi en élargissant la durée au temps social qui n'est pas le temps individuel a fait passer le récit de l'individuel au collectif. On fait une histoire des groupes sociaux. Cette histoire sociale relie la vie politique à des questions sociales et non pas à des tempéraments politique. On voit les forces politiques comme incarnant les aspirations de groupes sociaux différents. L’explication de la lutte politique n’est plus uniquement politique.




        • la récente offensive d’une histoire culturelle symbolisée par un autre livre manifeste de 1997 et cité dans le doc3 souligne un autre élargissement de l’histoire politique : on élargit la durée, on intègre la mémoire, le champ d'expériences, l'horizon d'attente. Le récit est plus large. On est dans le collectif, dans la « famille politique ». Les explications des comportements politiques relèvent des représentations, des mémoires...


NB analyse du Doc 2 : on voit le texte ici sous l'angle social et culturel. Comment la compétition se lit sur le terrain de l'esthétique ? Mais aussi peut-être social avec l'idée qu'il y a là une compétition entre écrivains. « Je suis un meilleur écrivain que toi ».
Transition : si l’élargissement de l’objet de l’histoire politique est manifeste, reste une objection de fond : elle s’intéresse principalement à la construction d’un groupe dirigeant, à ses moyens d’action pour gouverner la société (la notion de bio-pouvoir de Foucault qui explore la façon dont le pouvoir normalise les corps et leur comportement en relève), elle focalise l’attention sur une « société politique » opposée à une « société civile »



  1. Le politique est un enjeu de toutes les histoires




    • quel avantage à élargir la notion de pouvoir ? (proposition du doc1). On peut ainsi varier considérablement les échelles de l’analyse et ne plus privilégier l’échelle du pouvoir d’Etat, intégrer de nouvelles questions (genre, colonial…), faire une histoire « d’en bas » en examinant l’intelligence politique de la foule, et non pas seulement lorsqu’elle devient peuple à l’occasion des révolutions



    • la condition est de bien compléter la vision du pouvoir comme « l'exercice d'une domination », et ne plus la voir à sens unique (c’est le sens de lé référence à Durkheim dans le doc1). C'est l'enjeu de toutes les histoires qu'on verrait sous l'angle des rapports des forces, mais dans les deux sens. Dans l’exemple limite de l’histoire d’une domination totale, celle de l’esclavage, on porte aussi l’attention sur les façons et les réactions de ré-agir face à l’exercice de cette domination de l’accommodement (agency), à la révolte…. et en retour comment les formes de domination évoluent en fonction de ces réactions. Dans le cas de l’histoire des femmes, l’analyse de la domination masculine peut être ainsi complétée par la façon dont les femmes peuvent retourner la violence de la domination contre les hommes (ex de la séduction)


NB analyse du Doc 2 : le pouvoir passe aussi par les arts et ce à trois niveaux (définition d’une politique officielle, statut au sein du groupe des artistes ou maîtrise de l'art), on a toujours une question de domination qui se pose mais sur des terrains différents, sans que l’on puisse les confondre tout à fait.
Second exposé : Quelle définition du politique donne l'Éducation civique ?
même méthode : écrire les éléments de réponse à cette question avant toute étude du doc. Le lien est simple à faire avec la problématique précédente : définition restrictive de l’enjeu du politique (le pouvoir d’Etat) ou définition élargie (domination/réaction)
A/Analyser le doc
a/ mise en relation avec appareil critique :

extrait d’un programme de 3ème de 1997 c’est à dire valable encore 2 ans
b/ prise d’informations

5 chapitres :

  • Les fondements : la loi, le suffrage, les libertés publiques. Rappel des thèmes précédents (il faut pouvoir les mentionner)

  • L'organisation des pouvoirs : étude des principaux éléments de la Constitution, institutions à toutes les échelles (de la commune à la nation et à l’Europe)

  • La vie politique : la vie collective, les modes et lieux de la participation collective et sociale, les partis

  • Les débats (au choix) : opinion publique et les médias, l'État en question, l'expertise, les femmes

  • La défense et la paix


c/ lien avec la question

Le politique est vu sous l'angle de ses acteurs, les citoyens, ce qui correspond bien avec l’objectif général de l’éducation civique qui est de former des futurs citoyens.

Sous cet angle, la citoyenneté est vu comme l’appartenance à un Etat de droit qui dispose de la souveraineté (et peut le cas échéant la déléguer à des institutions supra-nationales), comme la participation active à la vie politique, mais aussi à la vie économique et sociale, et à la Défense.

B/ proposition de plan
I. une définition large


    • aspects politiques sous l’angle institutionnel

    • aspects sociaux

    • aspects juridiques et judiciaires

    • aspects militaires : cette formation est d’autant plus indispensable que le service national obligatoire a été supprimé


II. une définition fondée sur la participation citoyenne


    • droits et devoirs politiques des citoyens

    • formes d’association : partis, syndicats, associations diverses

    • garantie de la libre expression des citoyens


III. des moyens pédagogiques


    • la connaissance des principes : une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. (art1) Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. (art2), et les 2 déclarations des droits de l’homme (1789 et 1946)

    • la connaissance du fonctionnement des institutions politiques : itinéraire d’une loi

    • la logique d’un va et vient constant entre situations conflictuelles et résolution pacifique de ce conflit

    • le débat : dans ce sens pédagogique, il s’agit d’une forme de prise de décision



1 R.Rémond (dir) Pour une histoire politique, Seuil, 1988, p.381
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