Bibliographie 102








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Conclusion


Nous avons constaté que la société coréenne a subi de grands changements qui ont eu des répercussions sur la cellule familiale, celle-ci étant au centre d'une société confucéenne. L'urbanisation de masse a provoqué un changement important dans la forme de la famille, a réduit le nombre de ses membres, mais n'a cependant pas réduit l'importance de la place qu'elle tient dans la définition identitaire des individus. Au sein de la société, mais surtout de la famille, on constate que les rôles des hommes et des femmes diffèrent et sont complémentaires. L'homme représente l'autorité officielle et légale, sur lui repose l'image et l'honneur de la famille dans la sphère publique, et il doit assurer le confort matériel de son foyer (nourriture, vêtements, etc.), en d'autres termes, il est le chef de famille. La femme quant a elle, est la maîtresse de maison qu'elle doit gérer, et a défaut de pouvoir légal assure la sécurité émotionnelle de sa famille. Cependant, elle a vu son rôle évoluer avec l'histoire de la Corée, et est aujourd'hui en pleine phase de redéfinition. En effet, le siècle dernier a précipité une mise en équilibre progressive des rôles respectifs des hommes et des femmes, surtout sur un plan légal, elles ne sont plus sous tutelle masculine. Malgré cela, on observe un certain déséquilibre entre leur statut légal, et leur statut social ; mais l'écart tend à se réduire avec le temps. Au sein de la famille, elles sont plus proches de leurs enfants que leur mari, ce qui nous permet de dire qu'elles exercent une plus grande influence sur leurs enfants, d'autant plus que leur relations sont plus basées sur les sentiments et les émotions que l'autorité. De ce fait, elles jouent un rôle primordial dans l'éducation, la socialisation et le développement de leurs enfants, et par conséquent sur le choix de leur futur conjoint.

La famille étant au cœur de la société, et le mariage représentant l'avenir de la famille, le choix du meilleur parti s'avère important et épineux. D'autant plus que se marier est une étape important dans l'évolution sociale des individus. La fonction principale du mariage est de permettre l'accès à la reconnaissance sociale de son statut d'adulte, mais aussi l'accès à la cohabitation et la sexualité. De ce fait, à partir d'un certain âge, il se retrouve au cœur des préoccupations de tout un chacun.

Nous avons développé le détail des rites du mariage traditionnel et constaté qu'il était très long, coûteux et vers la moitié du XXe siècle, il a été considéré comme un frein, parmi d'autres, au développement et à la modernisation du pays. Une nouvelle forme de rituel a été adoptée, pas forcément moins coûteuse étant donné les échanges de biens et les frais mis en jeux, mais ce nouveau mariage, le mariage occidental, a malgré cela été d'abord considéré comme un moyen d'avancer et de soutenir la modernisation du pays, puis, au début des années 1980, comme une forme étrangère, importée artificiellement, et qui a eu pour conséquence un sentiment de perte d'identité nationale et d'authenticité. Une certaine nostalgie face à la tradition s'installe, mais en même temps, les Coréens sont lucides sur le fait que les changements majeurs qui ont eu lieu au sein de la société coréenne rendent incompatibles certains aspects de la tradition. Leur identité s'ancre dans la tradition, mais ils doivent trouver un équilibre entre les adoptions extérieures et la tradition, adapter les premières à la seconde.

CONCLUSION



Par ce mémoire, nous avons cherché à aborder l'étude d'une société, la Corée, sous un angle original, celui de l'analyse des rites du mariage, rite de passage mettant en jeu non seulement deux individus mais aussi deux famille. Comme nous l'avons écrit dans l'introduction, c'est le travail de Turner en particulier qui a confirmé la validité d'une telle approche. En effet, une étude uniquement factuelle d'une société ne relève pas tant de l'anthropologie que de la géographie ou de la démographie alors qu'en s'intéressant à des rites, on touche à l'identité sociale des individus ce qui engage à observer le contexte avec plus d'attention. Ainsi, pour étudier les rites du mariage, ou plus exactement leur rôle, il a semblé nécessaire d'examiner le contexte de la socialisation des individus, et donc leurs familles, et de façon plus globale l'influence du confucianisme qui a modelé la société coréenne.

Nous avons alors débuté notre étude par une analyse théorique des rites de passage ce qui a permis d'établir le fait qu'ils tiennent une place importante dans les sociétés et la vie des individus en permettant notamment de préserver la cohésion sociale en assurant une évolution de l'identité (sociale) de chacun. C'est ce qu'affirment de nombreux chercheur tels Van Gennep, Turner, Segalen ou encore Bourdieu dans leurs travaux. Bien que ce dernier ait pris soin de les désacraliser et le renommer rite d'institution, il confirme leur importance pour les individus qui voient leur changement statut social institutionnalisé et reconnu par tous.

Ensuite, sachant que la société coréenne est une société sinisée, confucianisée, il a paru nécessaire d'analyser comment s'est déroulée l'adoption de la pensée confucéenne, ainsi que les conséquences qui en ont découlé. Malgré sa relative superficialité, cette analyse nous a permis de réaliser qu'il a profondément marqué la morale confucéenne, ainsi que bon nombre de ses institutions sociales ou politiques. Cependant, il ne faut pas considérer la Corée comme une "petite Chine", car l'adoption de la pensée confucéenne s'est faite sur un long laps de temps et de façon sélective, les Coréens ayant conservé certains traits qui leur étaient propres.

Comme dans toute société confucéenne, la famille est présentée comme la cellule de base de la société, sa pierre angulaire. De plus, le mariage est l'un des rites familiaux les plus importants ce qui fait que nous avons logiquement orienté nos observations sur la famille au sein de laquelle se forme la personnalité de chacun. Et l'on constate que la première valeur qui est inculquée aux enfants est la piété filiale, valeur cardinale du confucianisme sur laquelle se basent tous les rapports interpersonnels. Malgré les critiques attaquant la morale confucéenne durant le XXe siècle et un affaiblissement sensible de son influence, la piété filiale reste une vertu particulièrement importante pour les Coréens, ce qui n'est pas sans conséquence pour le choix de son futur conjoint ; il semble presque impensable de ne pas tenir compte de l'opinion des parents quant à ce choix qui est bien plus libre aujourd'hui qu'il y a même quarante ans.

Les rites du mariage en Corée, bien que leur forme ainsi que certaines de leurs fonctions aient évolué, restent encore aujourd'hui très importants dans la définition de l'identité sociale individuelle. Il est important de se marier car lorsque l'on reste célibataire trop longtemps, les pressions sociale et familiale se font de plus en plus fortes et pressantes. Se marier permet de se voir reconnaître le statut d'adulte et de parent potentiel. De plus, rappelons qu'il permet la pérennité de la cellule familiale qui, comme nous l'avons vu est au cœur de l'organisation et de l'harmonie de la société coréenne. Ainsi, l'institution du mariage est-elle importante non seulement pour les individus, mais aussi pour leur famille et de ce fait pour la société entière. Bien que nous n'ayons pas abordé ce thème, notons que ceci tend à expliquer l'inquiétude qui ressort des discours des Coréens que j'ai pu côtoyer en ce qui concerne le haut taux de divorces. J'ai d'ailleurs constaté, lors de mon terrain, qu'être divorcé ou être enfant de parents divorcé est dissimulé tant que possible car cette situation est plus ou moins vécue comme une honte.
Ainsi, l'étude d'un rite comme le mariage a entraîné une description des rites en eux-mêmes, mais pour mieux cerner et comprendre appréhender leurs fonctions, une analyse de la cellule familiale ainsi que de l'adoption du confucianisme et de ses conséquences sur l'ensemble de la société. Les rites du mariage jouent un rôle particulièrement important pour les individus, car l'identité sociale de chacun dépend de son institutionnalisation, et dont la reconnaissance sociale de leur statut, mais aussi pour leurs familles qui sont alors assurées d'avoir un avenir (par la naissance d'héritiers), et par conséquent pour la société entière car sa stabilité dépend de la "santé" des familles qui la composent.
Cette analyse des rites de mariage en Corée me pousse à m'interroger sur l'avenir des rites en général, et des rites de passage en particulier. Leur fonction est-elle encore aussi importante pour nous ? Les rites seront-ils toujours nécessaires au bon développement (social) des hommes ? L'homme étant un "animal social" pour qui la reconnaissance sociale et le regard de l'Autre sont particulièrement important, j'aurais tendance à répondre à ces deux questions par l'affirmative.

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