Interrogatoire de l'adolescent








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titreInterrogatoire de l'adolescent
date de publication30.03.2017
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INTERROGATOIRE DE L'ADOLESCENT

I. Introduction

A. Conditions pour la bonne conduite d'une consultation

Il faut se mettre dans des conditions favorables… en fonction des circonstances :

  • Prendre son temps

  • Il faut une confidentialité et une intimité. Ce facteur est très important pour les adolescents. Il faut discuter de ce qu'il va se dire et à qui.

  • Une disponibilité. Elle est importante pour pouvoir bien écouter les adolescents.

  • Un lieu adapté à un bon entretien avec le patient.

Un bon accueil et une bonne présentation sont nécessaires pour mettre à l'aise l'adolescent.

B. Généralités de la consultation chez l'adolescent

Avec les adolescents il faut favoriser l'expression, faire circuler la parole, reformuler. On reprend ce qu'il dit pour bien lui montrer qu'on a bien compris.

Il y a le besoin de créer une relation de soin. Néanmoins il faut savoir instaurer une distance si nécessaire (vouvoiement) ou au contraire "casser" cette distance (tutoiement). Cela dépend de la situation.

Il faut responsabiliser l'adolescent, lui montrer qu'on n'a pas le contrôle total mais qu'il est autonome. Il faut susciter des réflexions entre le médecin et l'adolescent mais aussi expliquer la nécessité de trouver des solutions (au pluriel).

Cette relation de soin doit se faire dans des conditions dans lesquelles l'adolescent se sent en sécurité. Elle doit donc être durable et se dérouler avec confort et bienveillance.

De plus, l'adolescent peut avoir du mal avec les transformations physiques qui s'opèrent chez lui et qui peuvent être source de malaise.

Eviter les paroles "cosmétiques".
Par exemple dans le cas d'une rupture : "c'est rien", "ça va s'arranger", …

Il faut demander à l'adolescent ce qui est le plus dur pour lui actuellement.
Par exemple :
Adolescent diabétique : qu'est ce qui est le plus dur ?

II. La consultation

A. Entretient de début de la consultation

Le premier contact est un moment crucial et déterminant. L'adolescent a un besoin avide d'une relation nouvelle. Il faut que l'investissement soit massif, qu'il soit immédiat et qu'il est un impact.

Il faut se situer dans son rôle et sa fonction de médecin et non pas dans celle d'un "copain" permettant d'éviter les phénomènes de transferts ou de contre-transferts.

Il ne faut partir avec aucun a priori sur l'adolescent et ne pas poser de diagnostique précoce.

Il faut analyser l'attitude de l'adolescent, des parents et de l'entourage.
Exemple : Si le parent dit "il a mal tout le temps" et que l'adolescent va bien…

Il faut situer la raison de la consultation :

  • Qui se plaint de quoi ? Pour qui ?

  • De qui vient la plainte ? Est-ce que c'est l'adolescent qui a voulu aller chez le médecin car il a une douleur abdominale ou c'est le parent qui l'emmène car il est inquiet.

  • Qui dit ? Est-ce l'adolescent ou le parent qui formule les symptômes ?

Exemple : Parfois les parents inondent de signes alors que l'adolescent va bien. On a des parents dans une posture infantilisante.

En gros, il faut savoir si la plainte provient de l'adolescent ou du parent. Il faut aussi situer la cause du malaise.

On va interroger l'adolescent sur :

  • Les antécédents médicaux ou familiaux (Menstruations +++ chez les jeunes filles)

  • Les conditions de vie actuelles comme le cadre de vie et le cadre familiale.

  • Les antécédents de vie comme les divorces, les violences subies, deuils, …

  • Le parcours scolaire et les projets professionnels

  • La relation avec les pairs, que cela soit avec les camarades de classe, les parents, …

  • Une éventuelle relation amoureuse et sa sexualité.

  • Son alimentation et sa corpulence

  • S'il consomme des substances (alcool, drogue, tabac)

  • S'il présente des troubles du sommeil

  • S'il présente des idées noires, de l'anxiété, du stress, …

Devant un signe, il faut remettre en cause l'histoire de ce signe et le contexte personnel "Reprenons un peu l'histoire" mais aussi le contexte familial et social.

Qu'en est-il de la perception des douleurs ? C'est-à-dire comment est elle ressentie ? Il ne faut pas hésiter à se servir de schémas pour localiser la douleur.

B. Le problème des parents

Il faut se garder de se faire inclure dans le discours des parents.
Par exemple : Dans le cas du diabète, la mère qui dit : "dites lui docteur ce qu'il doit faire". Il faut donc rester acteur et non instrument.

Il faut se méfier des parents qui vont "verrouiller, museler" l'adolescent. Il faut éviter que les parents répondent à la place des adolescents, qu'ils ne se substituent pas.

Il faut aussi se garder d'une coalition contre les parents, il faut rester neutre.

On peut réaliser une consultation en 2 - 3 temps pour avoir l'adolescent seul, les parents seuls et/ou les deux.

III. Examen clinique d'un adolescent

Il se fait après l'interrogatoire et donc après la symptomatologie fonctionnelle.

Il ne doit pas se faire dans le silence mais au contraire en expliquant ce que l'on fait. Cela permet de continuer à avoir un échange avec l'adolescent et d'aborder des problèmes plus intimes.

Si on peut, on réalisera la majorité de cet examen avec l'adolescent debout, situation plus confortable psychologiquement pour celui-ci.

On va réaliser une inspection, une palpation, une percussion, une auscultation.

On va chercher les points douloureux, les positions antalgiques, les allodynies (douleur survenue après un stimulus normalement indolore). On évalue la douleur (EVA)

Il faut bien sur respecter la pudeur (psychologique et physique) de l'adolescent. Pour ceci on va :

  • Faire sortir les parents.

  • Bien expliquer ce que l'on fait, surtout au niveau de la recherche de développement pubertaire (pilosité pubienne, développement mammaire, …). Si refus, on n'insiste pas, on questionne au lieu de regarder.

Lors de consultations répétées, il faut tenir un cahier d'autoévaluation, type calendrier des douleurs "note les jours où tu as eu mal"

IV. Fin de la consultation

On fera une synthèse de celle-ci avec l'adolescent puis avec les parents. Evidemment, on ne dira aux parents que ce que l'adolescent veut bien que leur dise, sauf cas grave.

Il faut être clair avec les hypothèses somatiques mais ne pas exercer de pression dans la réalisation des investigations.

L'adolescent à la possibilité de reconnaître et de nommer sa souffrance à travers les symptômes : douleurs "ça me fait mal".

Les troubles subis peuvent s'originer dans sa personne, pas que dans son corps (représentation de sa personne, de son entourage, …)

Il faudra refixer un rendez-vous ou orienter l'adolescent vers un dispositif spécialisé

Il faut éviter la banalisation des prescriptions médicamenteuses de confort car souvent l'origine du symptôme n'est pas une cause organique.

V. Conclusion

Il faut accueillir sans être "traumatique"

Contenir sans détenir

Orienter sans abandonner.

Kevin CHEVALIER


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