Dossier éducation physique santé et réussite scolaire des jeunes!








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DOSSIER éducation physique santé et réussite scolaire des jeunes!


Par

Richard Chevalier


Publié le 30 avril 2012

Publié dans: Sujet du moisMarques:
(Note aux lecteurs et lectrices : les références scientifiques sont disponibles sur demande à l’auteur à l’adresse richardche@videotron.ca)

« Avec l’augmentation de la prévalence de la sédentarité et de l’obésité chez les jeunes, l’école apparaît comme le lieu de prédilection pour agir. » (p. 70 de l’avis scientifique de Kino-Québec L’activité physique, le sport et les jeunes, 2011)

Selon le plus récent rapport de l’Organisation mondiale de la santé, on observe depuis les 50 dernières années à l’échelle mondiale, une hausse historique des taux d’embonpoint et d’obésité, le nombre de cas d’obésité ayant même doublé sur la planète depuis 1980. Selon le même organisme, 65 % de la population mondiale habite dans des pays où le surpoids et l’obésité tuent plus de gens que l’insuffisance pondérale. Et le Canada fait partie de ces pays.

Pourquoi en est-il ainsi? Pour les anthropologues, ces chercheurs qui scrutent notre passé et qui s’intéressent à l’évolution de l’équilibre énergétique (la relation entre la dépense et l’apport calorique au quotidien), la montée planétaire aussi spectaculaire que récente de l’embonpoint et de l’obésité ne peut être expliquée seulement par une hausse de l’apport calorique quotidien. Citant les données de la vaste étude américaine NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey) recueillies entre 1971 et 2006, un de ces chercheurs, l’anthropologue William R. Leonard de l’université Northwestern en Illinois met en lumière le fait que l’apport calorique quotidien n’aurait augmenté, en moyenne, que de 215 calories, tous sexes confondus. En fait, on ne mange pas beaucoup plus que nos ancêtres.

En revanche, selon Leonard, la diminution marquée, chez un grand nombre d’individus, de la dépense calorique depuis le début de l’ère industrielle et en particulier depuis quelques décennies (de l’ordre de 200 à 300 calories par jour) et un certain ralentissement du métabolisme de base constituent des déterminants majeurs de la hausse du taux d’obésité qu’on constate de nos jours.

En fait, jamais depuis l’apparition de l’homo erectus, l’être humain n’a été aussi souvent et aussi longtemps assis que de nos jours!

Les jeunes grandissent dans un environnement obésogène

Les jeunes de moins de 20 ans sont particulièrement vulnérables à cet environnement dit « obésogène » parce que ce dernier favorise l’obésité. Ainsi, les données de l’Institut de la statistique montrent qu’au Québec, en 25 ans, la proportion de garçons et de filles de 2 à 17 ans ayant un excès de poids est passée de 14,6 % en 1978-1979, à 22,6 % en 2004. De plus, la prévalence de l’embonpoint et de l’obésité a beaucoup augmenté entre 1981 et 1999, tant chez les enfants (13,5 % à 21,0 %) que chez les adolescentes et les adolescents (10,8 % à 25,1 %).

Cette situation est d’autant plus préoccupante pour la santé publique que les enfants qui ont un surplus de poids sont environ deux fois plus susceptibles de le conserver plus tard.

À cette problématique du surplus de poids chez les jeunes Québécois et Québécoises s’en ajoute une autre : un taux de décrochage élevé au secondaire (29 % en 2010), l’un des plus élevés au Canada. Les garçons sont, notamment, les plus nombreux à abandonner leurs études de façon précoce.

C’est dans ce contexte que se pose la question suivante : l’ajout de temps en éducation physique dans les écoles et les cégeps peut-il favoriser à la fois la santé des jeunes et la réussite scolaire? La réponse des scientifiques est oui et voici pourquoi :

1.      Ajouter du temps en éducation physique et diminuer celui des autres matières ne nuit pas au rendement scolaire; bien au contraire.

Plusieurs études indiquent que les élèves réussissent mieux quand ils passent plus d’heures en éducation physique ou qu’ils font plus d’activités physiques à l’école. Il y a déjà plus de 40 ans, ce qu’il est convenu d’appeler « l’étude de Trois-Rivières » en a fait la preuve éclatante. La moitié des 546 élèves (groupe expérimental) d’une école primaire ont eu droit, pendant toute la durée de leurs études primaires, soit six ans, à une heure d’éducation physique par jour alors que l’autre moitié (groupe contrôle) suivait le programme régulier et n’avait que 40 minutes d’éducation physique par semaine. Malgré une réduction de 14 % du temps alloué en classe dans les matières théoriques, le groupe expérimental a développé une bien meilleure condition physique et obtenu un rendement scolaire identique et même souvent supérieur (notamment en mathématiques) à celui du groupe contrôle.

À l’école publique primaire Pierre-de-Coubertin située à Montréal-Nord, on a repris cette formule avec succès. Depuis plus de 20 ans, les jeunes Coubertins profitent d’une heure d’éducation physique par jour sans que leur rendement scolaire en soit affecté. Bien au contraire puisque tous les élèves réussissent dont 95 % avec plus de 70 % de moyenne générale. En fait, les jeunes Coubertins se situent, globalement, dans le peloton de tête des élèves de la Commission scolaire de Montréal quant au rendement scolaire, toutes matières confondues. De plus, le taux d’absentéisme à cette école unique est très faible. Pour en savoir plus sur cette magnifique expérience-pilote que le MELS (ministère de l’Éducation, des Loisirs et des Sports) reconduit année après année, vous pouvez visionner une émission produite tout récemment par Télé-Québec .

À l’école secondaire Marie-Rivier de Drummondville, on offre aussi depuis peu un programme enrichi en éducation physique aux élèves de secondaire 1 et 2, soit quatre fois plus de temps de cours que dans les écoles secondaires publiques du Québec. Vous pouvez visionner à ce sujet l’excellent reportage de l’émission Découverte du 1er avril dernier .

Citons également cette approche pédagogique intéressante que l’on utilise depuis 2005 dans une école secondaire de Chicago : on offre aux élèves 50 minutes d’EP par jour, et ce, dès le premier cours de la journée de classe. Résultat : en lecture, ces élèves sont un an et demi en avance sur le programme scolaire; en mathématiques, les notes ont grimpé de 21 % par rapport à l’ancien curriculum de cours où on offrait moins d’éducation physique.

Ce constat scientifique devrait rassurer les conseils d’établissements qui hésitent à couper des heures d’enseignement pour consacrer plus de temps à l’éducation physique par crainte d’une réduction du rendement scolaire. Cette crainte, bien que compréhensible de la part de parents qui ont à cœur la réussite scolaire de leurs enfants, n’est tout simplement pas justifiée dans les faits.

Des organismes comme l’Organisation mondiale de la santé, l’UNESCO, Kino-Québec, Santé Canada, Société canadienne de physiologie de l’exercice et le President Council on Physical Fitness and Sports aux États-Unis recommandent tous d’augmenter le temps en éducation physique dans les écoles. Enfin, à la page 25 de l’avis scientifique de Kino-Québec sur « L’activité physique, le sport et les jeunes » on peut lire ceci : « … diminuer le nombre d’heures d’éducation physique pour augmenter les heures d’enseignement en classe n’est pas associé à une amélioration des résultats scolaires et peut être nocif pour la santé des jeunes. »

2. Ajouter du temps en EP est une solution prometteuse pour contrebalancer l’environnement obésogène dans lequel vivent de plus en plus les moins de 20 ans.

Il faut pleinement réaliser que les jeunes sont de moins en moins actifs en dehors du cours d’éducation physique. Selon le Dr Mark Tremblay, président du comité de directives en matière d’activité physique de la Société canadienne de physiologie de l’exercice « à peine 9 % des garçons et 4 % des filles (5 à 17 ans) cumulent quotidiennement les 60 minutes d’activité physique d’intensité moyenne à élevée recommandées par Santé Canada ». Résultat : le niveau de condition physique des jeunes périclite et un grand nombre affiche non seulement un excès de gras, mais des taux élevés de mauvais cholestérol comme en fait foi l’émission Découverte du 1er avril dernier.

L’éducation physique est une matière obligatoire au Québec. Elle rejoint pratiquement 100 % des enfants du primaire, au moins 90 % des ados au secondaire sans compter les quelque 64 % de jeunes qui vont au cégep. Or, la recherche a démontré clairement que l’ajout de temps en éducation physique scolaire améliore plusieurs déterminants de la condition physique des jeunes, dont le pourcentage de graisse et l’IMC. En outre, une étude américaine a démontré que des adolescents qui ont fait de l’éducation physique chaque jour ont réduit par un facteur de 28 % leurs chances d’avoir un surplus de poids une fois adulte.

3.      Ajouter du temps en EP améliore la condition physique des élèves, et des élèves en bonne condition physique obtiennent de meilleures notes que ceux qui ne le sont pas.

La recherche a démontré que les personnes en bonne condition physique, peu importe leur âge, sont plus aptes à se concentrer sur des tâches faisant appel à l’intellect. Elles sont aussi, globalement, plus relaxes et plus détendues pendant la journée. Enfin, elles profitent de meilleures nuits de sommeil. Ces effets positifs d’une bonne condition physique ne peuvent que favoriser la réussite scolaire lorsqu’on a affaire à des jeunes en forme. Citons, à titre d’exemple, cette étude publiée dans la revue Pediatrics et menée auprès de 11 957 adolescents américains. Les auteurs ont constaté que les jeunes qui mentionnaient être physiquement très actifs (cours d’EP et activités parascolaires) avaient une note supérieure de 20 % en mathématiques comparativement aux ados qui se disaient sédentaires. D’autres études ont confirmé une relation positive entre condition physique et rendement scolaire.

4.      Ajouter du temps en EP peut favoriser la pratique d’activité physique à l’âge adulte.

Plusieurs études épidémiologiques montrent que le développement d’habiletés motrices associé à la pratique de l’activité physique pendant l’enfance et l’adolescence favorise une vie physiquement active à l’âge adulte. Les expériences de l’école Pierre-de-Coubertin et du collège Notre-Dame à Montréal semblent aussi démontrer que des cours d’éducation physique tous les jours favorisent plus tard une vie physiquement active.

5.      Ajouter du temps en EP améliore plusieurs déterminants associés à la persévérance dans les études (estime de soi, concentration, éveil, rétention/mémoire à court et à long terme, etc.).

Dans le dernier avis scientifique de Kino-Québec, on cite aux pages 23 à 26 plusieurs d’études qui montrent l’influence positive de la pratique régulière de l’activité physique sur les fonctions cognitives et la santé mentale des jeunes. On y apprend notamment que les jeunes qui augmentent leur niveau d’activités physiques sont de meilleure humeur, moins déprimés et moins anxieux. L’image et l’estime de soi s’en trouvent aussi améliorées par la pratique de l’activité physique : « … on entend par image de soi la perception qu’une personne a d’elle-même, alors que l’estime de soi fait référence à la valeur qu’elle s’attribue. La pratique d’activités physiques permet d’avoir une bonne image de soi sur le plan physique (ex. habiletés, force, endurance, apparence) et, dans une certaine mesure, sur un plan plus global. L’effet bénéfique de l’activité physique sur l’estime de soi est attesté par des études menées à petite ou moyenne échelle. L’évaluation du programme américain Girls on the Run a ainsi fait ressortir une augmentation significative de l’estime de soi chez les 322 participantes qui avaient entre 8 et 12 ans. » (p. 23, L’activité physique, le sport et les jeunes, avis scientifique de Kino-Québec, 2011).

6. Ajouter des périodes d’activités physiques obligatoires pour les enfants inscrits dans les CPE favoriserait leur condition physique et leur santé.

L’habitude de la sédentarité se développe de plus en plus tôt chez les enfants. Ainsi, selon l’organisme Jeunes en forme Canada qui publie un bulletin annuel sur le niveau d’activité physique des jeunes Canadiens, il y a 40 ans, les enfants commençaient à regarder la télévision à quatre ans. En 2010, c’est à cinq mois. Plus troublant encore, 90 % des enfants commencent à regarder la télévision avant leur second anniversaire, même si la Société canadienne de pédiatrie recommande aux parents de ne pas laisser leur enfant de moins de deux ans devant un écran. Combien d’heures par jour les enfants restent-ils ainsi immobiles devant l’écran de télévision? Le bulletin de l’organisme indique que 27 % des enfants canadiens âgés de 2 à 3 ans et 22 % des enfants de 4 à 5 ans regardent plus de deux heures de télévision par jour. Or, plus les enfants regardent la télé, plus ils prennent du poids (ref). Et c’est ce qui semble se produire selon une étude publiée dans Pediatric (ref).

Heures passées devant le petit écran (par jour)

% des enfants qui sont obèses

0-2

2-3

3-4

4-5

plus de 5

12

23

28

30

33

Source : Pediatrics, février 2002

Comme les enfants québécois d’âge préscolaire passent de plus en plus de temps dans les CPE (centre de la petite enfance) et les GMF (garderie en milieu familial), il serait approprié d’instaurer, de façon officielle, des périodes d’activités physiques quotidiennes pour faire bouger régulièrement et suffisamment ces enfants.

7.      Ajouter des activités parascolaires a pour effet, certes, d’améliorer aussi le rendement scolaire et la condition physique des jeunes (ref), mais elles ne sont pratiquées que par à peine 25 à 30 % des élèves.

Il ne s’agit donc pas d’une solution universelle pour combattre l’environnement obésogène ou encore pour améliorer le rendement scolaire.

En considérant l’environnement obésogène et tous les bienfaits qui résultent de l’ajout de temps en éducation physique dans les écoles, ne serait-il pas souhaitable que tous les élèves du Québec, du primaire au cégep, puissent en profiter en ayant plus de temps en éducation physique? Poser la question, c’est y répondre.
Pourquoi bouger plus améliore-t-il le rendement scolaire?

Plusieurs mécanismes physiologiques sont impliqués dans l’amélioration des fonctions cognitives du cerveau. Voici les principaux :
– Afflux de sang au cerveau (le débit sanguin peut augmenter de 30 %), ce qui assure une meilleure oxygénation de cet organe
– Meilleur apport en glucose, nutriment principal du cerveau (en fait, l’exercice régularise la glycémie)
– Neurotransmetteurs en hausse (sérotonine et dopamine, notamment)
– Neurogénèse (création de nouveaux neurones) possible
– Effet positif de l’activité physique sur l’hippocampe, zone du cerveau associée à la mémoire et à l’apprentissage.



Des jeunes avec une maladie de vieux

L’émission Découverte du 1er avril 2012 nous apprend que les jeunes Québécois, trop sédentaires, développent une maladie qui apparaît normalement après la cinquantaine : l’athérosclérose! En effet, les résultats préliminaires d’une étude québécoise auprès de 500 jeunes de 18 à 35 ans révèlent que la moitié d’entre eux souffrent déjà d’un début d’athérosclérose. Pour en savoir plus, veuillez visionner le reportage de Découverte (http://www.radio-canada.ca/emissions/decouverte/2011-2012/Reportage.asp?idDoc=211677).




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