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date de publication01.04.2018
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Le tambour manquant

Par Nathan



La fanfare jouait de plus en plus fort. Des cris de joie éclataient. C'était la fête à Londres ce soir-là.

Partout, des affiches arboraient les mêmes slogans : «  Votez Walker ! », « Faites la différence, choisissez Walker ! », « John Walker, de l'avenir pour la mairie de Londres ! »

Le candidat en question, au milieu du défilé, ne cessait de sourire. Très rares étaient les Londoniens qui ne participaient pas au défilé. Parmi eux, Stanley Burke, qui rentrait chez lui, indifférent à l'effervescence provoquée par la parade qui passait en ce moment dans sa rue. Arrivé devant chez lui, il composa le code d'entrée et ouvrit la porte.

Il utilisa les escaliers car l'ascenseur était en panne. Arrivé au troisième étage, il sortit sa clé et la tourna dans la serrure. Il allait ouvrir la porte quand un déclic se produisit derrière lui. Il se retourna. De l'autre coté du palier, une silhouette se cachait dans 1'ombre.

Surpris, Burke crut d'abord avoir affaire à son voisin, mais il remarqua un petit objet noir dans la main de l'individu.

Au moment où il comprit la nature de l'objet, il était trop tard. Dehors, dans la rue Becker, personne ne prêta attention au coup de feu.

« Mickey ! Tu m'écoutes ?! », « Non, Jane, je ne t'écoute pas », pensa Mickey Ford.

« Mais oui, je t'écoute, soupira-t-il quand même. »

En vérité, cela faisait environ vingt minutes que Mickey n'était plus attentif à la conversation.

« Si tu veux qu'on habite ensemble, il va falloir être plus rangé, tu comprends ? » Mickey priait pour que la sonnette de la porte le sauve de cette dispute. Ou même la sonnerie d'incendie du moment qu'il avait un prétexte pour se dérober!

« Tu comprends Mickey ?!

-Oui, je comprends…

-Tu feras attention, désormais ? »

Il aurait aimé ne pas avoir à répondre à cette question. Apparemment, quelqu'un là haut l'entendit car c'est ce moment que son téléphone portable choisit pour sonner.

« Al1o ?

-Mickey ?

-Lui-même.

-Salut, c'est Charlie. Tu pourrais nous rejoindre à la brigade ?

-Si tu insistes, ironisa-t-il, heureux d'être sauvé de cette scène de ménage. D'ici dix minutes, ça te va ?

-Parfait. A tout de suite. »

Il enfila son manteau, balança un « Salut » suivi de « Je t'aime » à sa fiancée et sortit.

Un quart d'heure plus tard, Mickey Ford était au Quartier Général de Scotland Yard. Son ami et collègue, l'inspecteur Charlie Bird l'accueillit. Celui-ci méritait bien son nom. En effet, sa face allongée et son long nez lui attiraient des sobriquets tels que BirdieBirdie, ou Le corbeau. Il était petit et gros, ce qui contrastait totalement avec le physique de son ami. En effet, Mickey Ford était grand et, quoique plutôt musclé, il était maigre de nature.

« Salut Mickey ! s'exclama Bird quand l'intéressé entra.

- Salut les gars, lança Mickey à l'intention de tous les policiers qui se trouvaient dans la salle, ce à quoi les hommes répondirent à l'unisson par un « Bonjour inspecteur ».

-Je vais être rapide, commença Charlie. Hier vers 20h30, Stanley Burke, 33 ans, journaliste au Daily London, s'est fait tirer dessus devant le pas de la porte de son appartement au 76 de la rue Becker.

-Des témoins ? interrogea Ford.

-Aucun. Les rares personnes qui ne suivaient pas la parade n'ont rien entendu. Le bruit était couvert par la…fanfare…

-Ensuite, le meurtrier a ouvert la porte de l'appartement de Burke qui avait sa clé sur lui, a traîné le corps à l'intérieur, et à partir de là, rien.

-Rien ?

-Rien.

-Pas de vol ?

-Pas à notre connaissance. Aucun objet précieux n'a disparu.

-Burke vivait seul ?

-D'après le profil établi par nos collègues, il n'aimait pas trop la compagnie des femmes. Et des hommes non plus d'ailleurs.

-Des suspects ?

-A vrai dire, nous avons un suspect très intéressant. Thomas Dean, 31 ans est un rival de Burke puisque celui-ci a quelques relations haut placées, ce qui lui a permis de monter dans la hiérarchie. Dean est connu pour avoir un caractère violent. Il aurait très bien pu tuer Burke par simple ambition d'un poste meilleur.

-Rien d'autre ?

-Attends, voilà le meilleur ! Burke, grâce à ses relations, possède un appartement dans le même immeuble que le bureau du Daily London. Or, Dean, qui devait donner un cours de photographie juste après son travail, partait de son bureau au moment du crime. De plus les élèves du cours de photo de Dean affirment qu'il est arrivé en retard. Il avait largement le temps de partir du bureau du journal, d'attendre Burke devant sa porte et de l'assassiner avant de partir pour son cours.

-Intéressant, en effet. Mais, hormis ce Dean, nous n'avons aucune piste ?.

-Effectivement. Par où veux-tu commencer ?

-J'aimerais jeter un œil aux récents travaux de Burke. Ça peut s'avérer révélateur.

-Pas convaincu par la piste Dean, hein ? »

Mickey ne répondit pas. Il réfléchissait. Charlie le savait car le visage de son ami s'assombrissait chaque fois qu'il était confronté à un mystère, et cela parfois des heures durant.

« Bon, je vais me rendre au bureau du Daily. Je t'informerai de la suite. J'espère que tu en feras de même.

-Comme toujours Mickey ! s'exclama l'inspecteur.

-Salut les gars !

-Au revoir inspecteur, répondirent les hommes en chœur.

-Bonne chance p'tit gars, lança Bird avec un clin d'oeil. »

Mickey se rendit aux locaux du Daily London et présenta sa carte en demandant à voir le rédacteur en chef. On l'introduisit dans le bureau de celui-ci, où se trouvaient trois hommes. Le premier, assis à son bureau, était un petit personnage grassouillet, qui répondait au nom de Jason Kabrinsky. C'était le rédacteur en chef du Daily London, le journal le plus lu de la capitale. En face de lui, le sourire aux lèvres, se tenait John Walker, le favori de l'élection pour la mairie de Londres. Il était plutôt laid, légèrement enveloppé, au visage jovial.

A côté de lui, un grand homme blond et musclé. C'était Jim Moore, le chef de campagne de Walker et son « bras droit » Mickey expliqua les raisons de sa visite. Kabrinsky parut bouleversé.

« Peut-être, devrais-je partir ? demanda Walker.

-Non, je serai bref, dit Mickey.

-Je vous écoute, balbutia le rédacteur en chef.

-Premièrement, j'aimerais que l'on me fasse parvenir l'ensemble des travaux de Burke des trois derniers mois.

-Cela peut se faire.

-Très bien. J'aimerais maintenant vous poser quelques questions.

-Bien sûr. La présence de Mr. Walker ne vous importune pas pour cela, j'espère ?

-Absolument pas. Stanley Burke avait-il des ennemis à votre connaissance ?

-J'ai entendu parler d'un Thomas Dean qui médisait sur Burke mais sûrement pas au point de le tuer.

-D'accord. Acceptons que Dean soit innocent. Il n'y avait-il aucune raison pour que quelqu'un veuille la mort de Burke ?

-Je n'en vois aucune. Burke était un bon journaliste. Il ne faisait que son travail !

-Bien… »

L'inspecteur marqua une pause.

« Me serait-il possible de voir Mr. Dean ?

-Je pense que c'est faisable.

-Maintenant ?

-Je vais voir s'il est disponible. »

Kabrinsky pressa un bouton et parla :

« Christelle, est-ce que Thomas Dean est dans les locaux ?

-Je vérifie cela tout de suites Mr. Kabrinsky. »

La secrétaire informa le directeur que Thomas Dean était dans son bureau en ce moment. Kabrinsky indiqua à Mickey la direction du bureau de Dean. L'inspecteur remercia le rédacteur en chef et salua les autres personnages présents avant de se retirer.

En ouvrant la porte du bureau de Thomas Dean, Mickey Ford eut un choc. Un homme d'une trentaine d'années, grand et musclé, tenait par le col un autre homme, beaucoup plus petit et dans l'incapacité de se défendre. Par reflex, Mickey dégaina son pistolet.

« Police ! Lâchez-le ! hurla l'inspecteur. »

L'homme musclé lâcha l'autre. Celui-ci s'enfuit en courant.

« Et dorénavant, tâche d'apprendre à servir le café, lança l'agresseur à sa victime.

-Thomas Dean ? questionna Mickey.

-En personne. Qui êtes-vous ?

-Michel Ford, inspecteur de Scotland Yard. J'enquête sur le meurtre de Stanley Burke. »

L'homme parut choqué, mais nullement attristé.

« Burke est mort! ?

-Ne joue pas à ça avec moi.

-Qu'est-ce que vous voulez ?

-Des réponses, comme tout le monde.

-J'écoute.

-Hier, tu es arrivé à 20h47 à ton cours de 20h30. Pourquoi cela ?

-J'étais coincé dans les embouteillages.

-Pas très original comme alibi…

-Et pourtant, c'est le mien.

-Bon… Quelles étaient tes relations avec Burke ?

-Je ne l'appréciais pas vraiment… Mais je n'ai rien à voir avec cette histoire de meurtre!

-Ça reste à prouver… Bon, il me semble qu'il n'y a rien de plus à tirer de toi. »

Mickey se leva et prit une gorgée du café qui trônait sur la table.

« C'est vrai que ce café est absolument dégoûtant, dit-il en s'éloignant. »

Pendant une demi-heure, Mickey traîna dans la rue, réfléchissant à l'enquête et élaborant des hypothèses. Quand il rentra chez lui, un colis l'attendait devant la porte. Il le prit et entra dans l'appartement. Jane n'était pas là. Il s'assit dans le salon et ouvrit le colis. C'étaient les travaux de Burke qu'il avait demandés à Kabrinsky. A l'intérieur, Mickey trouva un petit mot signé par le rédacteur en chef : « Tout le Daily London compte sur vous pour élucider ce mystère ! »

Mickey sourit et se mit à lire le dossier.

Il était plus de 22h quand le téléphone de Mickey sonna. C'était Charlie.

« Du nouveau ? demanda-t-il.

-Pas grand-chose… Et toi ?

-Et bien je pense à passer la main au collet de Thomas Dean !

-Des preuves ?

-Non, justement. L'enquête n'avance pas, il est le seul suspect, c'est sûrement lui.

-Attends un peu ! Je pense que je suis sur une piste !

-Ouais ! et bien dépêche-toi de le prouver, sinon on embarque Dean.

-J'me dépêche… »

Il raccrocha et sortit.

Une heure plus tard, Mickey se rendit à la brigade et réquisitionna trois hommes. Charlie, qui passait par-là, questionna Mickey sur ses intentions :

« Ah, je te cherchais justement ! s'exclama celui-ci. Viens avec moi, je me suis arrangé pour avoir un rendez-vous avec le rédacteur en chef du Daily London.

-Et pourquoi ?

-Tu verras bien ! Allez, prends ton manteau et viens! »

Bird suivit son équipier et ils se rendirent au bureau du journal.

Dans le bureau du rédacteur, se trouvaient le maire, son adjoint et vieil homme quelque peu enveloppé, Thomas Dean, et bien sûr, Mr. Kabrinsky. Mickey salua tout le monde et commença :

« Messieurs, je vous ai réunis car je pense avoir réussi à élucider le mystère du meurtre de Stanley Burke. »

On entendit des exclamations incrédules.

« En effet, je tiens le coupable et il est dans cette salle même ! dit Mickey, non sans une certaine fierté. Le coupable, ou devrais-je dire les coupables, sont ici! Messieurs les agents, dit-il à, l'intention des trois hommes qu'il avait emmenés avec lui, veuillez arrêter Mr Walker et son adjoint, Jim Moore !

-Quoi ? ! Nous n'avons rien à voir avec ce meurtre ! se défendit Walker.

-Monsieur Ford, vous nous devez certaines explications ! s'écria Kabrinsky.

-Et bien, je vais vous les donner sans plus tarder ! Dans les recherches de Dean, j'ai trouvé certains documents prouvant le fait que Mr Walker ici présent a recouru à l'aide de la mafia londonienne pour tricher dans les élections de la mairie ! Stanley Burke ayant appris ces relations décida de dévoiler ces informations au grand public ! Or, durant ces investigations ( je ne sais où et quand, quelqu'un de l'entourage du maire, et je suspecte Mr. Moore) a découvert les preuves de Dean ! Il s'est alors mis en tête de tuer Dean et de faire disparaître les documents ! D'après mes informateurs, Jim Moore avait un passé de percussionniste ! Il se serait donc infiltré dans la fanfare du défilé ce jour-là en tant que tambour. Je suis sûr que certaines personnes attesteront que le tambour de la fanfare s'est absenté durant le défilé ! En effet, Moore, après s'être détaché de la fanfare, a retenu la porte derrière Burke qui rentrait chez lui et a pris l'ascenseur quand Burke prenait les escaliers ! -Mais l'ascenseur était en panne, s'exclama Dean !

-Eh bien non ! Mr Moore a payé le concierge de l'immeuble pour qu'il informe les habitants que celui-ci était en panne ! Mr Johnson vous le dira ! »

Le vieil homme hocha la tête.

« Moore a donc utilisé l'ascenseur pour arriver avant Burke au troisième étage, l'a attendu sur le palier et l'a assassiné à l'aide d'un pistolet muni d'un silencieux. Puis, il est sorti comme si de rien n'était ! »

Tout le monde se tourna vers les deux acolytes.

« Monsieur Walker, je pense que vous allez avoir besoin d'une stratégie implacable pour continuer votre campagne avec succès ! »

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