Être dessous, tenir bon, le terme latin








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II. Les théories classiques du concept de substance


« Une chose qui de soi est capable d'exister », écrit Descartes de la substance dans sa Méditation troisième46. Mais, à proprement parler, il n'y a que Dieu qui réponde à cette définition, « il n'y a aucune chose créée qui puisse exister un seul moment sans être soutenue et conservée par sa puissance »47. À la distinction entre les substances pensantes et les substances étendues, il convient d'ajouter la distinction entre la seule substance parfaitement adéquate à sa définition (Dieu) et les substances créées qui doivent leur être à la puissance divine, pas seulement à l'instar de la création, mais à tout instant. Les Principes de la philosophie distinguent donc trois types de substance, c'est-à-dire trois modes d'être fondamentaux : une substance infinie, incréée, pensante et indépendante : Dieu, et deux substances finies : l'étendue ou chose corporelle et la pensée. On ne peut, selon Descartes, attribuer en un même sens ce même terme de substance à Dieu et aux créatures. Descartes reprend la thèse scolastique de l'équivocité (de la non-univocité) de la substance : si en effet une substance est ce qui n'a besoin que de soi pour être, il n'y a à proprement parler que Dieu qui soit tel.

« Lorsque je pense que la pierre est une substance, ou bien une chose qui de soi est capable d'exister, puis que je suis une substance, quoique je conçoive bien que je suis une chose qui pense et non étendue, et que la pierre au contraire est une chose étendue et qui ne pense point, et qu’ainsi entre ces deux conceptions il se rencontre une notable différence, toutefois elles semblent convenir en ce qu'elles représentent des substances »48.

À la dualité substance matérielle/substance spirituelle, s'ajoute donc la dualité substance finie/substance infinie. C'est l'existence de l'idée d'une substance infinie en nous, qui sommes des substances finies, qui constitue, aux yeux de Descartes, la preuve de l'existence de la substance infinie « car, encore que l'idée de la substance soit en moi, de cela même que je suis une substance, je n'aurais pas néanmoins l'idée d'une substance infinie moi qui suis un être fini, si elle n'avait été mise en moi par quelque substance qui fût véritablement infinie »49.

Chaque substance a un attribut principal : celui de l'âme est la pensée, celui du corps est l'extension50. Descartes distingue les modes, qualités et attributs, volontiers confondus. Le mode (ou façon) est ce qui diversifie la substance ; lorsqu'il permet de dénommer celle-ci, c'est une qualité ; en tant qu'il est inhérent à la substance, c'est un attribut51. Il s'agit pour Descartes de trouver dans l'attestation du moi la catégorie de la substance telle qu'on pourra ensuite transférer à toutes les autres choses. Mais dès lors que la véritable substance ou substance complète est Dieu, le cogito ne peut plus prétendre être le fondement ultime et absolu. On a pu dire qu'un cartésianisme abouti ne distinguerait pas entre qualités premières et qualités secondes, et abolirait l'existence même des substances matérielles52.

Spinoza repousse le dualisme cartésien, mais il considère, comme Descartes, que l'opposition du fini et de l'infini est fondatrice. Pour l'auteur de l’Éthique, une substance finie serait contradictoire dans les termes. Et puisque deux infinis ne sauraient exister côte à côte, il n'y a qu'une seule substance, que Spinoza appelle Dieu ou Nature (sans que cela signifie, comme on l'a souvent affirmé, que cette équivalence signifie un quelconque panthéisme). Pour Spinoza, ce n'est pas la Nature qui est divine, mais plutôt Dieu qui est Nature. La thèse de l'unicité de la substance infinie évacue évidemment la transcendance, en même temps que toutes les idées qui lui étaient attachées (celles de création et de providence en particulier). Parmi toutes les philosophies classiques, celle de Spinoza récuse le plus résolument toute tentation anthropocentriste en matière de pensée. Ce que, finalement, peut-être, lui reprochera Hegel lorsqu'il dira que l'insuffisance du spinozisme fut de n'avoir pas déterminé la substance également comme sujet.

La substance est en soi (elle existe sans relation), et est conçue par soi53 (il n'est pas nécessaire pour la comprendre de la placer dans une relation causale avec autre chose qu'elle-même). Mais si la totalité de l'étant se déploie dans l'immanence, cela ne signifie pas (ce fut un autre contresens sur la pensée de Spinoza) que tout ce qui est se situe sur le même plan. Reprenant le vocabulaire scolastique, mais lui insufflant une nouvelle vie philosophique, Spinoza dérive de la substance les attributs et les modes.

L'attribut est défini comme « ce que l'intellect perçoit d'une substance comme constituant son essence »54. « Chaque attribut d'une même substance doit se concevoir par soi »55. L'attribut n'est pas en soi (il n'est pas la substance) mais il se conçoit sans rapport avec un autre attribut. S'il y a une infinité d'attributs (puisque la substance est elle-même infinie), nous n'en connaissons que deux : la pensée et l'étendue. Ainsi les deux substances distinguées par Descartes deviennent-elles chez Spinoza des attributs de la substance unique.

Même si elle se conçoit par soi, la substance n'est pas séparable des attributs qui nous permettent de la penser, ni des modes qui sont l'objectivité déterminée de ces attributs. « Modus » en latin, signifie « façon », « manière ». Le mode est la manière56 dont l'attribut existe (se phénoménalise, dirait-on en langage moderne). Spinoza définit le mode comme l'affection d'une substance, autrement dit ce qui est en autre chose et se conçoit aussi par cette chose57. Les idées sont les modes de l'attribut pensée, les corps sont les modes de l'attribut étendue.
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