Résumé des idées essentielles 17








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B. L’homme est un Dieu pour l’homme (L’amour. La concorde. Le commerce)



Baruch Spinoza tempère ce pessimisme en montrant que les hommes ne s’opposent que dans la mesure où ils sont mus par les passions. Si au contraire ils agissent de manière raisonnable, alors loin de s’opposer, ils s’accordent, et dans ces conditions rien n’est plus utile à l’homme qu’un autre homme : l’homme est un Dieu pour l’homme.
Proposition 35

C’est dans la seule mesure où les hommes vivent sous la conduite de la Raison qu’ils s’accordent toujours nécessairement par nature.
Démonstration

En tant que les hommes sont tourmentés par des affects qui sont des passions, ils peuvent être différents par nature et contraires les uns des autres. Mais les hommes sont actifs dans la seule mesure où ils vivent sous la conduite de la Raison ; aussi, tout ce qui suit de la nature humaine en tant qu’elle se définit par la Raison, doit être compris par la seule nature humaine, comme par sa cause prochaine. Mais puisque chacun, par les lois de sa nature, désire ce qu’il juge être un bien et s’efforce d’écarter ce qu’il juge être un mal ; puisqu’en outre ce que nous jugeons être bien ou mal par le commandement de la Raison est nécessairement bien ou mal, les hommes, en tant qu’ils vivent sous la conduite de la Raison, et dans cette mesure seulement, accomplissent nécessairement les actions qui sont nécessairement bonnes pour la nature humaine, et donc pour chaque homme, c’est-à-dire ce qui s’accorde avec la nature de tout homme ; et par suite, les hommes également s’accordent toujours nécessairement entre eux, en tant qu’ils vivent sous la conduite de la Raison. (…)
Scolie

Ce que nous venons de montrer, l’expérience elle-même l’atteste chaque jour par tant de témoignages lumineux que presque tous disent : l’homme est un Dieu pour l’homme. Mais il arrive rarement que les hommes vivent sous la conduite de la Raison ; avec eux les choses sont telles que la plupart se jalousent et se nuisent les uns les autres. Et pourtant ils ne peuvent mener une vie solitaire, et pour la plupart d’entre eux convient cette définition de l’homme comme animal politique ; car les choses sont telles que de la société commune des hommes naissent beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients. (…) [L]es hommes [expérimentent] qu’ils peuvent se procurer par une aide mutuelle ce dont ils ont besoin et qu’ils ne peuvent éviter les dangers qui les menacent de partout que par l’union de leurs forces.

Baruch Spinoza, Ethique, IV

C. L’ambivalence fondamentale du rapport à autrui (Kant, Freud)



La prise en compte de ces deux aspects oblige à reconnaître l’ambivalence de la relation à autrui. Nous ne pouvons nous passer d’autrui, mais la relation à autrui ne va pas sans difficultés. Kant a nommé ce paradoxe l’insociable sociabilité :
Le moyen dont se sert la nature pour mener à son terme le développement de toutes ses dispositions est leur antagonisme dans la société, dans la mesure où cet antagonisme finira pourtant par être la cause d’un ordre réglé par la loi. J’entends ici par antagonisme l’insociable sociabilité des hommes, c’est-à-dire leur penchant à entrer en société, lié toutefois à une opposition générale qui menace sans cesse de dissoudre cette société. Une telle disposition est très manifeste dans la nature humaine. L’homme a une inclination à s’associer, parce que dans un tel état il se sent plus qu’homme, c’est-à-dire qu’il sent le développement de ses dispositions naturelles. Mais il a aussi un grand penchant à se séparer (s’isoler) : en effet, il trouve en même temps en lui l’insociabilité qui fait qu’il ne veut tout régler qu’à sa guise et il s’attend à provoquer partout une opposition des autres, sachant bien qu’il incline lui-même à s’opposer à eux. Or, c’est cette proposition qui éveille toutes les forces de l’homme, qui le porte à vaincre son penchant à la paresse, et fait que, poussé par l’appétit des honneurs, de la domination et de la possession, il se taille une place parmi ses compagnons qu’il ne peut souffrir mais dont il ne peut se passer. Ainsi vont les premiers véritables progrès de la rudesse à la culture, laquelle repose à proprement parler sur la valeur sociale de l’homme ; ainsi tous les talents sont peu à peu développés, le goût formé, et même, par le progrès des Lumières, commence à s’établir un mode de pensée qui peut, avec le temps, transformer notre grossière disposition naturelle au discernement moral en principes pratiques déterminés, et ainsi enfin transformer cet accord pathologiquement extorqué pour l’établissement d’une société en un tout moral. Sans ces propriétés, certes en elles-mêmes fort peu engageantes, de l’insociabilité, d’où naît l’opposition que chacun doit nécessairement rencontrer à ses prétentions égoïstes, tous les talents resteraient cachés en germe pour l’éternité, dans une vie de bergers d’Arcadie, dans une concorde, un contentement et un amour mutuel parfaits.

Emmanuel Kant, Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, 4e prop.
On retrouve la même idée chez Freud, qui oppose Eros et Thanatos. Eros est la pulsion de vie, ou la tendance à agréger des unités humaines de plus en plus vastes (tendance à s’associer, à fonder des groupes, des institutions, des Etats, voire des unions d’Etats comme l’Union Européenne). Thanatos est la pulsion de mort, le penchant à l’agression, et donc la tendance à désagréger ces associations humaines (par la guerre, la balkanisation)10. Enfin, Schopenhauer illustre cette idée centrale par une métaphore limpide :
Par une froide journée d’hiver, un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’éloigner les uns des autres. Quand le besoin de se chauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de façon qu’ils étaient ballottés deçà et delà entre les deux souffrances, jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendît la situation supportable. Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur propre intérieur, pousse les hommes les uns vers les autres ; mais leurs nombreuses qualités repoussantes et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau.

Arthur Schopenhauer
L’enjeu de ces réflexions est capital dans la perspective du cours sur la société : car les conceptions de la société seront structurées par cette ambivalence. On pourra penser la société à partir de la guerre (comme le fait Foucault) ou plutôt à partir de la pacification et des échanges harmonieux. Ce qui correspond d’ailleurs aux deux aspects du cours : la société et les échanges d’une part ; l’Etat d’autre part.

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