Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (cnbd)








télécharger 0.55 Mb.
titreComité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (cnbd)
page4/10
date de publication27.03.2017
taille0.55 Mb.
typeDocumentos
p.21-bal.com > comptabilité > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10

2. Aborder le lien avec le disparu et travailler à le réaménager.

3. Repérer le deuil pathologique (déni, rationalisation) et le mode de réorganisation de la dynamique familiale, ou, en institution, les dynamiques de groupe.

4. Être attentif à prévenir les effets transgénérationnels (en particulier le secret) et faciliter la circulation de la parole.

Synthèse :

Le suicide est en général précédé d’une phase de plusieurs semaines appelée crise suicidaire au cours de laquelle il est souvent possible de repérer les idées suicidaires et de prévenir le passage à l’acte.

Les principaux facteurs de risque sont le vécu d’isolement, la dépression (parfois associée à des conduites addictives à l’alcool ou autres psychotropes) et le désespoir, ainsi que la mauvaise condition physique. Les situations de rupture (déménagement, deuil…) favorisent le risque suicidaire.

La bonne santé physique et psychique ainsi que le soutien social joue un rôle protecteur fort vis-à-vis du risque suicidaire chez les personnes âgées.

L’entourage de la personne âgée qui se suicide subit un traumatisme psychologique et doit bénéficier d’un accompagnement.

Ainsi, les interventions de prévention du suicide se situent à trois niveaux :

Repérer et réduire les facteurs de risque/Renforcer les facteurs protecteurs,

Prendre en charge la crise suicidaire (accueil et suivi des suicidants),

Accompagner et suivre les suicidaires et les endeuillés (postvention).



  1. Modalités de prévention : analyse de la littérature


Analyse de la littérature
L’analyse de la littérature révèle que deux types d’interventions s’avèrent majeurs pour réduire le taux de suicide des personnes âgées :

-celles visant à réduire les facteurs de risque : en améliorant notamment le diagnostic et le traitement de la dépression et en luttant contre l’isolement des personnes,

-celles visant à augmenter les facteurs protecteurs en favorisant le Bien Vieillir, c'est-à-dire la qualité de vie.

Elles concernent plusieurs niveaux d’intervention : prévention universelle ou sélective, et s’adressent à différents publics : les professionnels accompagnant, le grand public ou les personnes âgées elles-mêmes.
Les interventions visant à réduire les facteurs de risque de suicide
Si l’on considère les interventions par classe d’âge, il apparaît dans les références présentées par la revue écossaise de la littérature72 et par celle de Du Roscoät et Beck73 publiée en 2013 que seulement 3 études se sont spécifiquement intéressées aux personnes âgées de 65 ans et plus74.

D’autres éléments sont disponibles parmi les tranches d’âge les plus élevées d’études portant sur les 25-65 ans75.
En conclusion, seulement 8 études sont disponibles dans la littérature scientifique et 7 interventions évaluées. Parmi ces interventions, 2 ont été menées auprès de la population générale, 1 auprès des professionnels de santé et 4 auprès d’une population souffrant de pathologies (dépression et cancer).
Les interventions menées auprès de la population générale76 ont toutes les deux montré des effets positifs en réduisant les taux de suicide.

La première intervention visait à rompre l’isolement de personnes âgées vivant en milieu rural, dans la région de Padoue (Italie). Elle consistait à équiper ces personnes isolées (18 600 personnes vulnérables), durant 11 années, d’un service téléphonique comprenant deux options : une option d’appel (« télé-help »), à utiliser en cas de besoin, et une option de suivi (« télé-check ») qui consistait à contacter les personnes âgées deux fois par semaine pour s’assurer qu’elles allaient bien ou n’avaient besoin de rien. Ce programme de rupture de l’isolement a montré son efficacité, notamment auprès des femmes77.
La deuxième intervention était un programme de prévention du suicide des personnes âgées au Japon en milieu rural. Elle visait à l’information de ces personnes sur la dépression, à son repérage par auto-évaluation et sa prise en charge médicale et sociale. Pour cela, des sessions collectives d’information étaient organisées avec le concours des mairies et les personnes qui y étaient présentes étaient amenées à remplir une échelle diagnostique de dépression. Les personnes repérées comme étant potentiellement dépressives étaient ensuite orientées vers une prise en charge médicale (MG & psychiatres). De plus, des activités physiques et sociales leur étaient proposées par des bénévoles. Les auteurs qui ont fait une évaluation du programme chez environ 13 000 personnes de plus de 65 ans ont observé une réduction de 76% du taux de suicide (de 318/100 000 à 79/100 000) chez les femmes durant les huit années d’application du programme. Aucun changement du taux de suicide n’a toutefois été noté pour les hommes78.
L’intervention menée auprès des professionnels de santé79 consistait à équiper les médecins généralistes d’un guide de traitement des personnes âgées dépressives. Cette évaluation portait sur un groupe de 598 patients dépressifs (EDM), dont une moitié consultait les médecins équipés du guide et une autre moitié des médecins ne bénéficiant pas du guide. Les résultats ont montré une réduction significativement plus rapide des pensées suicidaires chez les patients ayant bénéficié du guide.
En ce qui concerne le traitement de la dépression, parmi les 4 interventions évaluées portant sur des personnes souffrant d’une pathologie, 3 ont montré l’efficacité des traitements antidépresseurs sur des patients dépressifs de plus de 60 ans80 dont un groupe en phase terminale de cancer81. La première étude montrait un effet positif de la Sertraline sur les pensées suicidaires, la deuxième une relation entre traitement au SSRIs et diminution des tentatives de suicide, et la dernière un effet positif d’un traitement par antidépresseurs « tricycliques » sur les pensées suicidaires de personnes dépressive en phase terminale de cancer.

La 4ème intervention portant sur une large population (17 964 personnes) de personnes en phase terminale de cancer, a observé un lien positif entre le suicide (moins de suicides) et une offre de soins palliatifs à domicile proposée par une équipe soignante.
Les études publiées concernant les personnes « âgées » reportent toutes des résultats positifs. On peut y voir bien sûr un biais de publication (tendance à ne publier que des résultats, c'est-à-dire des effets significatifs) d’autant plus que les publications consacrées à la prévention chez les personnes âgées sont rares (8 dans la revue de littérature qui nous sert de référence).

De façon générale, les interventions efficaces semblent cibler les besoins spécifiques des personnes âgées82, à travers :

- l’offre de service de soins médicaux spécialisés (traitement de la dépression et de la douleur (soins palliatifs)). En particulier, la détection et la prise en charge de la dépression (par des praticiens recevant une formation ciblée sur cette affection ou par des campagnes d’information et de détection grand public également ciblées sur cette affection) s’avèrent particulièrement pertinentes.

- des interventions visant à réduire l’isolement géographique et social des personnes âgées (en particulier par la mise à disposition de numéro de téléphone d’urgence et un service de suivi par le biais de contacts téléphoniques réguliers.
Interventions visant à augmenter les facteurs protecteurs
Concernant la promotion de la santé mentale, certaines interventions validées visent la prévention de l’isolement social et de la solitude (INPES 2012), notamment via des groupes de discussion (études d’Andersson). Cette méthode s’adresse à des femmes volontaires vivant seules qui attendent une place en appartement résidentiel pour seniors. L’intervention se déroule dans des centres de quartiers sous forme de séances de groupe permettant d’aborder différents sujets de santé. Cette méthode permet de réduire le sentiment de solitude.
Une autre intervention validée consiste à pratiquer des activités physiques sur le long terme, accompagnées de séances d’éducation au sujet de la santé et menées dans des centres de quartiers (Aging Well and Healthily). Ce programme montre une réduction du sentiment de solitude. Une autre intervention validée consiste à pratiquer du counseling auprès de personnes âgées qui viennent de perdre leur conjoint(e) en prévention d’une dépression potentielle (études de Caserta ; de Lund). Des groupes d’entraide sont organisés dans des centres communautaires ou des bibliothèques municipales ; ils sont menés soit par des professionnels, soit par des pairs qui ont réussi à faire leur deuil. Ces programmes permettent de réduire l’isolement social, ainsi que le sentiment de solitude.

Plusieurs méthodes prometteuses visent la promotion des compétences psychosociales ou le renforcement des fonctions cognitives. Par exemple, certaines activités physiques sont prometteuses pour promouvoir le bien-être mental, en particulier le Tai Chi83 ou la marche (SHAPE project: Senior Health And Physical Exercise).

Ces programmes d’exercices réguliers sont réalisés au niveau de la communauté et conviennent à une population sédentaire sans incapacité physique particulière. Ils montrent une amélioration de l'estime de soi et de la santé mentale ; des effets bénéfiques peuvent aussi être observés sur la satisfaction de vie.
Une autre catégorie d’intervention prometteuse pour promouvoir le bien-être mental est multimodale en associant une éducation sur les comportements de santé ; du counseling au sujet de l’alcool, tabac et nutrition ; ainsi que des activités physiques (étude de Wallace). Cette méthode permet d’améliorer la qualité de vie, notamment au niveau des fonctions physiques et psychosociales. Une autre série d’interventions est également prometteuse via diverses activités physiques pour renforcer les fonctions cognitives (études de Moul ; de Fabre).

L’ajout d’un entraînement spécifique de la mémoire est possible (méthode d’Israël). Ces études montrent respectivement une amélioration des fonctions cognitives soit de la mémoire verbale et des fonctions exécutives, soit de l’attention auditive.

Une dernière catégorie prometteuse pour renforcer les fonctions cognitives consiste à donner une supplémentation en multivitamines et minéraux à un public à risque de maladies chroniques (étude de Durga) ou à un public tout venant (étude de Chandra St Jonh's). Cette méthode permet d’améliorer globalement les fonctions cognitives ; en particulier la mémoire, la vitesse de traitement et la vitesse sensorimotrice.
Synthèse

L’analyse de la littérature révèle que deux types d’interventions s’avèrent majeurs pour réduire le taux de suicide des personnes âgées :

1) celles visant à réduire les facteurs de risque : en améliorant le diagnostic et le traitement de la dépression et en luttant contre l’isolement des personnes. Les interventions de proximité visant à prévenir le risque de suicide de la personne âgée apparaissent également bénéfiques. Comme le montre l’étude de DeLeo (2002), les interventions visant à rompre l’isolement des personnes âgées par le biais d’un service téléphonique (avec option d’appel par les personnes et option de suivi par des professionnels ou des bénévoles formés) s’avèrent très prometteuses. Ce type d’intervention met en évidence l’importance de l’entourage, des contacts et des services de proximité dans la prévention du suicide de la personne âgée.

2) celles visant à augmenter les facteurs protecteurs en favorisant le Bien Vieillir, c'est-à-dire la qualité de vie.

Il est nécessaire de poursuivre la recherche afin de développer et d’évaluer des interventions de prévention du suicide chez les personnes âgées.

La prévention du suicide : l’état des lieux en France


  1. Plans, rapports


La qualité de vie des personnes âgées est au cœur des politiques publiques menées ; ces dernières visant un « vieillissement réussi pour le plus grand nombre »84.

Ainsi les mesures proposées au sein des différents plans gouvernementaux de ces dernières années contribuent à la promotion de la bonne santé physique et psychique des personnes âgées, ainsi qu’à l’amélioration de leur environnement de vie par le développement d’actions de prévention85.
Cette logique préventive suppose une approche globale (médicale, psychologique, sociale, environnementale) et il est en particulier précisé l’objectif d’ « améliorer la prévention, le dépistage et les soins des troubles psychiques d’apparition courante au moment du vieillissement (troubles dépressifs, troubles anxieux, troubles du sommeil…) qui sont largement banalisés, sous diagnostiqués et sous traités » 86
La lutte contre l’isolement et la prévention du risque suicidaire des personnes âgées sont actuellement au cœur des réflexions et il est attendu des différents groupes de travail (le groupe de travail « Monalisa »87 et le présent Comité Nationale de la Bientraitance et des Droits) qu’ils proposent des pistes d’actions concrètes pour une amélioration des pratiques professionnelles.

Suite à la reconnaissance du suicide comme problème de santé publique dans le courant des années 1990, une politique publique spécifique de prévention a été mise en place. Des pistes d’actions en faveur de la prévention du suicide des personnes âgées ont déjà été proposées au sein de différents rapports nationaux. Le Comité se propose de les rappeler ci-après, afin de garantir une cohérence et une continuité dans ses propositions.
Après un premier plan lancé en 1998, la « Stratégie nationale d’actions face au suicide 2000-2005 » s’est articulée autour de quatre axes prioritaires d’intervention :

• favoriser le dépistage de la crise suicidaire,

• diminuer l’accès aux moyens létaux,

• améliorer la prise en charge des suicidants,

• approfondir la connaissance épidémiologique.
L’évaluation de la « Stratégie nationale d’actions face au suicide 2000-2005 » a mis en évidence l’ampleur et la diversité des actions développées dans ce cadre. La prolongation des actions de la Stratégie 2000-2005 a été inscrite dans l’axe 4.1 « Dépression et suicide » du plan Psychiatrie et santé mentale 2005-2008.

La loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique fixe dans son annexe un objectif quantifié de réduction du nombre des décès par suicide, d’environ 12 000, à moins de 10 000 cas par an à l’horizon 2008.
>> Évaluation des résultats des programmes régionaux de santé en France (PRS) : le cas des PRS de prévention du suicide 2006

Dans l’étude de la FNORS (2006)18 qui constate la diminution globale du taux de suicide pour les régions ayant un programme régional de santé (PRS) spécifique sur le suicide par rapport à celles qui n'ont pas fait de PRS sur cette thématique. En revanche, les programmes concernant spécifiquement les personnes âgées ne sont pas évoquées.
>> Rapport du comité de pilotage chargé de proposer des pistes d’amélioration pour la politique de prévention du suicide (Mars 2009)
Le comité de pilotage chargé de proposer des pistes d’amélioration de la politique de prévention du suicide a été installé par Madame Roselyne BACHELOT-NARQUIN, ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, le 30 juin 2007.

En 2008, la ministre chargée de la santé a confié à David Le Breton, sociologue, la présidence d’un comité de pilotage, composé d’experts et de partenaires institutionnels et associatifs. Ce comité a abordé le problème du suicide dans sa globalité, de la prévention à l’accompagnement et au suivi des suicidants et à la « postvention ».

Ce Programme aborde le problème du suicide dans son ensemble, de la prévention de la souffrance psychique, à la réduction de l’accès aux moyens létaux, aux actions de postvention auprès de l’entourage endeuillé, grâce à des leviers d’actions variés. Il traite, en particulier, des environnements jugés préoccupants (milieu du travail, milieu carcéral, milieu rural) et vise des populations spécifiques (jeunes, personnes âgées, personnes en situation de précarité). Ce programme implique la mobilisation d’un nombre important d’institutions (ministères et opérateurs) et de partenaires associatifs de secteurs différents (travail, justice, éducation, sanitaire, social…), tant au niveau local que national. Il comporte 49 mesures regroupées en six axes :

  • Axe 1 : le développement de la prévention et de la postvention,

  • Axe 2 : l’amélioration de l’accompagnement et du suivi des personnes en risque suicidaire et de leur entourage,

  • Axe 3 : l’information et la communication autour de la santé mentale et de la prévention du suicide,

  • Axe 4 : la formation des professionnels,

  • Axe 5 : le développement des études et de la recherche,


Concernant les personnes âgées, le groupe avait formulé les préconisations d’actions suivantes :


  1. Améliorer les connaissances

· Développer une meilleure connaissance quantitative et qualitative des itinéraires (« autopsie psychologique » ou reconstruction psychologique) lors des suicides ;

· Instaurer un programme de recherche et d’évaluation des actions. Plusieurs interventions décrites dans la littérature s’avèrent prometteuses et mériteraient d’être évaluées en France telles que :

o l’intervention visant à rompre l’isolement des personnes âgées ;

o L’intervention visant à informer les personnes âgées sur la dépression ;


  1. Informer et communiquer

· Informer le grand public sur les troubles mentaux en particulier la dépression chez les personnes âgées ;

· Promouvoir la coopération sur le sujet du suicide avec les médias ;


  1. Promouvoir la santé

· Développer et promouvoir des programmes de prévention portant sur le bien-vieillir à la fois physique et psychique pour les personnes âgées ;


  1. Améliorer le repérage et le suivi

· Renforcer les actions de formation de tous les professionnels en contact avec les personnes âgées ou bénévoles au repérage de la crise suicidaire à cet âge, à l’accompagnement des endeuillés après suicide ;

· Renforcer les actions de formation des médecins généralistes au repérage et à la prise en charge des facteurs de risque chez la personne âgée ; La sensibilisation et la formation des professionnels à la détection et à la prise en charge des états dépressifs pourraient être également développées dans des services de soins spécialisés dans lesquelles leurs patients âgés sont suivies pour d’autres pathologies ;

· Poursuivre la formation des spécialistes (psychiatres et psychologues).

· Développer et diffuser des outils à destination des professionnels (par exemple le guide de la bien-traitance en EHPAD) ;

· Développer des équipes d’interventions psycho-gériatriques au sein des filières de soins gérontologiques ;

· Accroître l’accessibilité à des consultations spécialisées pour les personnes âgées ayant des troubles psychiatriques et un risque suicidaire ;

· Soutenir les membres de la famille endeuillée ;


  1. Limiter l’accès aux moyens létaux

Armes à feu, substances toxiques…
C’est sur la base du rapport88 de ce comité de pilotage que le « Programme national d’actions contre le suicide 2011-2014 » a été élaboré en partenariat avec les ministères concernés.

>> Programme National contre le Suicide 2011-2014 (septembre 2011)
Les réflexions engagées dans le cadre de ce programme national ont permis de dégager des pistes d’amélioration pour la politique nationale de prévention du suicide. La question du suicide y est traitée en termes de prévention mais aussi de prise en charge des personnes ou de postvention.

En ce qui concerne les actions de prévention, elles ne visent pas seulement à empêcher le geste suicidaire mais, plus en amont, à limiter et mieux prendre en charge la souffrance psychique des individus.

Ce programme s’adresse à toute la population, tout en prenant en compte les spécificités des différentes périodes de la vie.

C’est ainsi qu’au sein de « l’Axe I : Développement de la prévention et de la postvention », plusieurs mesures sont déclinées spécifiquement aux personnes âgées.
Il s’agit des mesures suivantes :

>Mesure 3 : Prévenir l’isolement social et la détresse psychologique

Action 10 : Favoriser l’émergence et le développement d’actions visant à prévenir l’isolement social chez les personnes âgées
>Mesure 4 : Renforcer la prévention du suicide auprès des personnes âgées

Action 14 : Améliorer les pratiques professionnelles autour de la dépression chez le sujet âgé
>Mesure 5 : Soutenir les personnes et les équipes endeuillées par le suicide

Action 17 : Élaborer des documents visant à sensibiliser les professionnels sur le risque suicidaire chez les sujets de 65 ans et plus

>> Rapport Aquino rendu suite aux travaux du « Comité Avancée en âge : prévention et qualité de vie » (Mars 2013)
Le plan d’action proposé au sein de ce rapport a pour ambition de proposer les étapes d’un chemin conduisant à une avancée en âge harmonieuse via un progrès des politiques publiques en direction des personnes âgées.
Fiche action 15 : dépression et prévention du risque suicidaire chez les personnes âgées

  • Objectifs

- Améliorer la prévention, l’identification et la prise en soins de la dépression et plus largement de la souffrance psychique chez la personne âgée, participant de la stratégie permettant de réduire la prévalence du suicide ;

- Renforcer la prévention du suicide chez la personne âgée.

  • Mesures

  • Lutter contre les idées reçues et représentations culturelles de la dépression et de la vieillesse, tant auprès du public que des professionnels.

  • Sensibiliser les personnes âgées et leur entourage sur la dépression et les facteurs de risque suicidaire.

  • Favoriser le lien social des personnes âgées : lutter contre l’isolement et le sentiment de solitude.

  • Mettre en œuvre les expérimentations sur le parcours de santé de la personne âgée en perte d’autonomie ou en risque de perte d’autonomie avec la mobilisation des professionnels de proximité autour du médecin traitant : la dépression est l’un des quatre facteurs identifiés d’hospitalisation évitable des personnes âgées.

  • Mobiliser les acteurs du domicile afin de mieux repérer et identifier des situations de risque suicidaire et

  • S’appuyer sur les professionnels, y compris libéraux, intervenant en EHPAD et établissements de santé pour mieux repérer, diagnostiquer, prendre en soins et prévenir la dépression et le risque suicidaire chez la personne âgée :

  • Sensibilisation, information et formation des professionnels sur le repérage des signes de dépression et le risque suicidaire chez la personne âgée.

  • La mise à disposition d’un outil d’aide au repérage et à la prise en soins de la dépression chez la personne âgée : repérage, spécificités chez la personne âgée, démarche diagnostique, prise en soins, intégrant un focus sur la prévention du suicide (CNSA/SFGG/FFP/SPLF/FFAMCO).

  • Des temps d'échange sur la vieillesse, la fin de vie, la mort, le suicide, la spiritualité, afin que les intervenants puissent dialoguer sans appréhension sur ces sujets, avec les personnes qui en expriment l'envie, le besoin.

  • Des temps de réflexion pluridisciplinaire en cas de situation difficile.

  • Renforcer les liens de coopération entre les services de soins et d’aide à domicile, les médecins traitants, les EHPAD et les structures, compétences spécialisées (gériatrie, psychiatrie, géronto-psychiatrie, équipes mobiles), afin d’optimiser le parcours de soin du patient et prévenir la dépendance induite par des soins inappropriés.

  • Inscrire cette thématique dans le développement professionnel continu (DPC) des professionnels de santé relevant de cette obligation.

  • Renforcer la formation initiale des acteurs de santé sur cette thématique.

  • Promouvoir la recherche épidémiologique afin de mieux identifier la réalité de la dépression et du suicide chez la personne âgée, à domicile, en établissements.

  • Promouvoir la recherche transdisciplinaire afin de mieux identifier les facteurs contribuant à la difficulté du diagnostic de dépression et les spécificités chez la personne âgée.

  • Promouvoir la recherche thérapeutique et notamment les thérapies de soutien et psychothérapies.


>> Groupe dispositif d’alerte pour améliorer le circuit d’alerte des situations de maltraitance

Le groupe de travail du Comité National pour la Bientraitance et les Droits dont le mandat concernait la réorganisation du dispositif d’alerte sur les situations de maltraitance et la rédaction d’un cahier des charges a d’abord fait un double constat : Les autorités légitimes pour recueillir et traiter les informations relatives à des situations ou a des risques de maltraitance (police, gendarmerie, procureur de la République, Agences Régionales de Santé, organismes associatifs, Conseils Généraux, CCAS…) reconnaissent la relative rareté des remontées d’informations à leur niveau.
Ce constat confirme les conclusions des études françaises et internationales sur le sujet, qui pointent le silence qui prédomine sur ces situations, principal obstacle à une appréciation juste du phénomène de maltraitance en termes chiffrés, et au traitement de ces situations.

Le groupe estime que trois phénomènes peuvent en outre légitimer l’hypothèse que le nombre de personnes concernées par le risque de maltraitance est en nette augmentation :

  • D’une part, l’allongement de la durée de la vie et de la durée de vie à domicile y compris pour des personnes très fragiles, ce qui augmente le nombre de personnes âgées potentiellement exposées aux mauvais traitements de tous ordres (allant de l’escroquerie à la maltraitance physique, en passant par l’abus de faiblesse ou l’influence indue d’un proche ou une maltraitance exercée par un aidant épuisé).

  • Le monde du handicap connait une évolution de même nature et la fragilité de personnes en situation de handicap accédant à un âge avancé amène à un cumul des risques dus au handicap lui-même et de ceux dus à l’avancée en âge ;

  • D’autre part, le mouvement de désinstitutionalisation massif qui, en insistant sur l’intégration des personnes en situation de handicap psychique dans la cité, augmente dans le même geste leur exposition à toutes les formes d’exploitation et de maltraitance (la situation étant particulièrement critique pour les femmes, ainsi que les études françaises et européennes le soulignent).
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10

similaire:

Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (cnbd) iconP revention sante – sport & handicap
Le Programme National Nutrition Santé (pnns), …prévoit une place particulière aux publics éloignés de cette pratique, notamment les...

Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (cnbd) iconConnaissance des publics : enfants, personnes âgées, personnes en situation de handicap

Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (cnbd) iconAccompagnement des enfants de moins de 3 ans ou des personnes agées...

Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (cnbd) iconRésumé En dépit des dispositions législatives et réglementaires en...

Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (cnbd) iconLa représentation des personnes âgées et impact sur le soin et l’accompagnement

Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (cnbd) iconMaster 2 droit de la santé et de la bioéthique
«Le droit des personnes et des incapacités essaie de faire échapper les personnes et les incapables à tout ce qui est violence, lourdeur...

Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (cnbd) icon1ère partie L’accès difficile à un logement pour les moins de 30 ans
«vulnérables», tel que les sans abris, les personnes âgées et notamment les jeunes

Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (cnbd) iconAtelier international de bamako -=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=...
«valide» a pris en compte les besoins de tous les citoyens dans d’édification des sociétés et a conduit à la marginalisation des...

Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (cnbd) iconAdresse : en qualité de dénommé ci-après «le représentant légal»
«appartements de soutien pour personnes handicapees vieillissantes» + annexes 1à 3

Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (cnbd) iconLa pratique du tai chi chez les personnes âgées








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
p.21-bal.com