ColèRE, agressivité et violence








télécharger 71.37 Kb.
titreColèRE, agressivité et violence
page3/3
date de publication27.03.2017
taille71.37 Kb.
typeDocumentos
p.21-bal.com > comptabilité > Documentos
1   2   3

CONCLUSION
Les études qui suggèrent que le taux de prévalence de la violence serait à peu près égal entre les hommes et les femmes sont souvent accueillies avec scepticisme et colère. Notre représentation de la violence conjugale s’est construite au fil des ans par le travail légitime du mouvement féministe qui a eu le mérite de dénoncer la violence faite aux femmes. Le mouvement féministe est porteur de l’un des plus importants projets de changement social de l’histoire de l’humanité. Ses acquis sont fragiles et la lutte pour l’égalité comporte encore de nombreux obstacles. L’enthousiasme militant mérite cependant d’être tempéré par le discernement et l’esprit critique. Toute cause politique, aussi juste soit-elle, n’est pas à l’abri des risques d’erreurs, d’excès et d’abus. La violence féminine est difficile à penser parce qu’elle met en doute notre image séculaire de la féminité. Pourtant, nous savons que les mères utilisent aussi souvent la punition corporelle que les pères envers leurs enfants (Ditson et Shay 1984, Sack et al 1985, Gelles 1989, Mahoney 2000, Trocmé et al. 2001). Nous savons aussi que les femmes lesbiennes sont agressées par leur partenaire aussi souvent que les femmes des couples hétérosexuels (Lie et al. 1991, Lockhart et al. 1994, Guay 1999, West 2002). Reconnaître l’existence de la violence féminine n’est en rien minimiser l’importance de la violence masculine et l’urgence de la contenir tout en venant en aide à ses victimes.
La majorité des hommes ne sont pas des « batteurs de femmes ». La majorité des femmes impliquées dans des situations de violence ne sont pas des « femmes battues ». Dans un contexte d’évaluation, l’évaluateur doit se méfier de sa propre représentation de la violence conjugale. Si dans la population en général, la violence conjugale est majoritairement mineure, interactive et réciproque, nous devons modifier nos politiques et nos pratiques à son sujet. Il faut éviter la généralisation d’un phénomène à partir de cas extrêmes. Nous devons reconnaître que la violence est un problème humain. Nous devons raffiner nos méthodes d’évaluation et cibler davantage nos interventions auprès des « hommes batteurs » pour protéger les « femmes battues ». Notre représentation sociale de la violence et nos politiques actuelles génèrent des abus. Dans les situations de litige pour garde d’enfant, plusieurs enfants sont régulièrement privés de leur droit d’accès à leur père à cause de ces abus. Rappelons que près de 40 % des enfants du divorce sont « orphelins de père vivant » au Québec et que le désengagement des pères pourrait être en partie attribuable à notre représentation sociale de la violence conjugale et des politiques mises en place pour la contenir (Vidal et Tremblay 2004). La violence ne peut être interprétée par une théorie unique avec une cause unique, mais plutôt comme un ensemble de comportements multiples, issus de sources multiples, et qui suivent différents patterns dans différentes familles.
BIBLIOGRAPHIE

Akers R. (1985) Deviant Behaviour: A Social Learning Approach, Belmont, CA, Wadsworth.

Archer J. 2000, Sex differences in aggression between heterosexual partners : A meta analystic review, Psychological Bulletin, 126, 651-680.

Austin W. (2001) Partner Violence and Risk Assessment in Child Custody Evaluation, Family Court Review, Vol. 39, No 4, 483-496.

Bandura, A. (1975). Social Learning & Personality Development: Holt, Rinehart & Winston, INC: NJ.

Berkowitz L, (1993), Aggression, its causes, consequences and control, Mcgraw-Hill, N-Y.
Brownstein, H. (2000). The Social Reality of Violence and Violent Crime. Boston: Allyn and Bacon.
Carfantan S. (2002), Le statut des sciences humaines, Philosophie et spiritualité, http://sergecar.club.fr/cours/schuma1.htm. Le 23 mars 2005.
Chesley L. MacAulay D. et Ristock J., (2003) La violence dans les relations lesbiennes : Information et ressources, Santé Canada.
Chesnais J-C, (1982), L’histoire de la violence, Hachette éditeur, Collection Pluriel.
Cory C. Fiebert M. Pizzey E. (2002) Controling domestic violence against men, http://www.familytx.org/research/Control_DV_against men.pdg, le 1er mars 2005

Ditson J. et Shay S. (1984) A Study of Child Abuse in Lansing, Michigan, Child Abuse and Neglect, vol. 8.

Dobash R.E., and R.P. Dobash (1979) Violence Against Wives: A Case Against the Patriarchy. New York: The Free Press.

Elias N. (1973), La civilisation des moeurs, Paris, Calmann-Lévy, p.326.

Fiebert M. (2003) References examining assaults by women on their spouse : an annotated
bibliography
Department of psychology, California State University, Long Beach, http://www.csulb.edu/~mfiebert/assault.htm, le 15 mars 2005.

Follingstad D., Wright S. et Sebastian J. (1991) Sex differences in motivations and effects in dating violence, Family Relation 40, 51-57.

Gelles, R.J. (1989), Child abuse and violence in single-parent families: parent absence and economic deprivation, American Journal of Orthopsychiatry, vol.59, no.4, pp.492-501.

Gouvernement du Québec, 1995, Politique d’intervention de matière de violence conjugale, Prévenir, dépister, contrer la violence conjugale, Ministère de la justice.

Gouvernement du Québec (2004) Plan d'action gouvernemental 2004-2009 en matière de violence conjugale, http://ww.justice.gouv.qc.ca/francais/publications/rapports/plan0409vio-conj.htm.

Guay F. (1999) La violence conjugale chez les lesbiennes. Une recension critique, CRIVIFF, Collection Études et Analyses, no 9.
Hines D. et Sandino K. Gender differences in psychological, physical and sexual aggression among college students using the revised CTS, Violence and Victims, Vol 18, no 2, 2003.

Institut de la statistique du Québec, Statistiques sur la violence conjugale au Québec en 2002, http://www.msp.gouv.qc.ca/stats/index.asp, le 21 mars 2005.
Johnson M. et Ferraro K. (1995) Patriarchal Terrorism and Common Couple Violence: Two Forms of Violence Against Women, Journal of Marriage and the Family, Vol 57, 283-294.
Johnson M. et Ferraro K. (2000) Research on domestic Violence in the 1990s : Making distinction, Journal of Marriage and the Family, Vol 62, November 944-963.
Johnston J. & Campbell L. (1993), A clinical typology of interparental violence in disputed-custody divorces. American Journal of Orthopsychiatry, April 63 (2), 190-200.
Larivey, M. La puissance des émotions, Éd. De l’Homme, 334 p.
Laroche D. (2003) La violence conjugale envers les hommes et les femmes au Québec et au Canada, http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions/violence_h-f99.htm, le 15 mars 2005. Institut de la statistique du Québec.
Lie, G., Bush J., Montagne M., et Reyes L, (1991). Lesbians in currently aggressive relationships: How frequently do they report aggressive past relationships? Violence and Victims, 6, 121-135.
Lockhart L, White B., Causby V., Isaac A., Letting out the secret: Violence in lesbian relationship, Journal of Interpersonal Violence, Vol 9 (4), December, 469-492.

Lorenz K. (1963), L’agression, une histoire naturelle du mal, Flammarion.
Mahoney A. Mother and Father Self-Reports of Corporal Punishment, Journal of Clinical Child Psychology, 2000, vol 29, no 2, 266 – 281.
Macionis, J.J. (1997)  Sociology, 6th Ed, Upper Saddle River, N.J.

Maxwell C. Garner J. et Fagan, J. (2001) The Effects of Arrest on Intimate Partner Violence: New Evidence From the Spouse Assault Replication Program. Washington, Department of Justice, National Institute of Justice. National Archive of Criminal Justice Data (NACJD) at the University of Michigan,  http://www.icpsr.umich.edu/NACJD/home.html
Merton R. (1968) Social theory and social structure, New-York Free Press.
Ouellet F., Lindsay J., Clément M., Beaudouin G. (1998) La violence psychologique entre conjoints, Tome 2, Sa mesure, CRIVIFF.
Riou D., Rinfert-Raynor M., Cantin S. (2003), La violence envers les conjointes dans les couples québécois, Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.
Rondeau G., Brodeur N., et Carrier N., (2001) L’intervention systémique en violence conjugale : fondements, modalités, efficacité et controverses, CRIVIFF, Collection Études et Analyse, No. 16.

Ross C. et Willigen M. (1996) Gender, Parenthood, and Anger, Journal of Marriage and the Family, 58, 572 – 584.
Sack W., Mason R. and Higgins, J. (1985), The single parent family and abusive child punishment, American Journal of Orthopsychiatry, vol.55, pp.253-259.

Simon R., Anderson M., Thompson P., Crosby E., Shelley G., et Sacks, J. J. (2001). Attitudinal acceptance of intimate partner violence among U. S. adults. Violence and Victims, 16, 115-126.

Simmel, G. (1971) On Individuality and Social Forms (ed. D. Levine) University of Chicago Press.

Stets E., et Straus, M. (1990),  Gender differences in  reporting marital violence and its medical and psychological consequences., dans M. Straus et J. Gelles (Eds.),  Physical violence in American families: Risk factors and adaptations to violence (151-166).  New Brunswick, NJ: Transaction

Straus, M. (1997), Physical assaults by women partners: a major social problem. Women, Men and Gender: Ongoing Debates, edited by M.R. Walsh, Yale University Press, New Haven, p. 210-221.

Straus M. (1999) The controversy over domestic violence by women: a methodological, theoretical, and sociology of science analysis, dans Violence in Intimate Relationships, Arriaga X. et Oskamp, S., eds., Sage Publications, Thousand Oaks, CA.

Straus, M. (2001),  Prevalence of violence against dating partners by male and female university students worldwide, Violence Against Women, 10, 790-811. 

Stulberg T. (1989), Spouse abuse: An Ecosystemic approach, Contemporary Family Therapy, 11 (1), 45-60.

Tong D. Elusive Innocence: Survival Guide for the Falsely Accused, Huntington House ed.

Tremblay R. The search for age of onset of physical aggression: Rousseau and Bandura revisited, Criminal Behavior and Mental Health, 1999; 9 (1): 8-23.

N. Trocmé et al. (2001) Étude canadienne sur l'incidence des signalements
de cas de violence et de négligence envers les enfants, Rapport final
, Agence de santé publique du Canada, Gouvernement du Canada.

Vidal G. et Tremblay G. (2004), Sur le désengagement des pères après une rupture d’union, Intervention, no. 120, 89-97.

Walker, L. (1984) The battered woman syndrome, Spinger Publishing Company, N-Y.

West C. (2002) Lesbian Intimate Partner Violence: Prevalence and Dynamics, Journal of Lesbian Studies, Vol 6, 121-127.

Zaczyk C. (1998) L’agressivité au quotidien, Édition Bayard, Collection pratique.




1   2   3

similaire:

ColèRE, agressivité et violence iconL’agressivité Notion biologique
«départ» est la peur. Donc pour résoudre l’agressivité, IL faut écouter la colère pour la faire baisser et rassurer pour diminuer...

ColèRE, agressivité et violence iconUne scène de dévoilement des deux personnages
«Elle balbutia» (L. 30), «elle suffoquait de colère» (L. 33), «sa fureur» (L. 34), «elle éclata» (L. 35). C’est la violence de Duroy...

ColèRE, agressivité et violence iconIntitulé : Violences sexuelles et conflits armés en Afrique subsaharienne...
«Genre et conflits armé. République démocratique du Congo et Afrique subsaharienne» de 2010, suivie d’une table ronde; le film de...

ColèRE, agressivité et violence iconConsidérations sur la colère
«On n’a pas le droit de me traiter ainsi», «Je me suis encore trompé», «C’est injuste», etc

ColèRE, agressivité et violence iconMythes et réalités sur la violence

ColèRE, agressivité et violence iconLa violence s’invite à l’Euro 2016

ColèRE, agressivité et violence iconL'omniprésence de la violence dans le récit

ColèRE, agressivité et violence iconChapitre V. Qualification juridique des actes de violence

ColèRE, agressivité et violence iconIntroduction p1 premiere partie : la violence conjugale et ses acteurs

ColèRE, agressivité et violence icon"Rapport mondial sur la violence contre les enfants"








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
p.21-bal.com