Les drogues dossier d’analyse








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LES DROGUES DOSSIER D’ANALYSE


Toujours d’actualités en 2003 ce problème est au cœur du programme d’ECKS et permet d’organiser des débats argumentés.

Une drogue est une substance licite ou illicite dont l'usage induit des effets immédiats (plaisir, stimulation, sédation)

et une dépendance physique ou psychique à long terme.

Les drogues appartiennent à la vaste classe des modificateurs du comportement qui ont toujours existé dans toutes les sociétés, de la plus primitive à la plus sophistiquée, dans un cadre longtemps rituel ou religieux. Les intérêts économiques ou politiques autant que les préoccupations sanitaires ont conduit les organisations internationales et les nations à classer les drogues en deux groupes : les substances licites ou autorisées et les substances illicites, jugées dangereuses.

Dans le premier groupe on trouve la caféine et les alcaloïdes stimulants (thé, café, noix de kola, noix de bétel, khat d'Afrique de l'est), le tabac fortement attaqué depuis quelques années, l'alcool (sauf dans les pays pratiquant un islam strict), les produits pharmaceutiques tels les tranquillisants ou les excitants.

Dans le second groupe se trouvent le cannabis (marijuana ou haschisch), les stupéfiants dérivés de l'opium (morphine, héroïne), les stimulants dérivés de la coca (cocaïne, crack), les molécules de synthèse comme le LSD ou l'ecstasy et les champignons hallucinogènes.

I. L'alcool


L'alcool est la drogue la plus banalisée. Il se présente sous forme de vin, de bière ou de spiritueux (whisky, cognac, etc.) : 10% des consommateurs d'alcool deviennent réellement alcooliques. Deux organes en particulier pâtissent des effets de l'alcool pris en quantité démesurée. D'une part, le foie est perturbé, mais reste "silencieux" pendant des années jusqu'à ce qu'apparaissent hépatite, cirrhose ou cancer. D'autre part, l'action de l'alcool sur le cerveau se traduit rapidement par les signes de l'ivresse; celle-ci, d'abord excitante et antalgique, masquant l'anxiété et la douleur, devient, au fur et à mesure que le taux d'alcool augmente dans le sang, comparable aux effets de l'opium : baisse de la vigilance, des performances intellectuelles et sensorielles, apparition d'irritabilité et d'agitation.

En cas de dépendance (alcoolisme chronique), on est contraint de boire régulièrement sous peine de voir apparaître un syndrome de sevrage; le plus connu est le delirium tremens qui se manifeste par des tremblements, des hallucinations terrifiantes et une déshydratation aiguë.

"Boire un verre" ou "prendre l'apéritif" est entré dans nos habitudes de vie. Toutefois, ce "faux ami" peut tuer aussi bien par les maladies qu'il génère que par les accidents de la route ou du travail qu'il provoque; il est également responsable de malformations et de retard mental chez les enfants de parents alcooliques.

II Le tabac


Le tabac est aussi largement répandu. Il génère plusieurs types de cancer (poumons, gorge, langue, vessie) et favorise les infarctus du myocarde et l'hypertension artérielle. Si une femme fume pendant sa grossesse, le fœtus risque de se développer anormalement. La toxicité du tabac provient de certains composants contenus dans la fumée de cigarette (les goudrons). Le fumeur se met en danger, mais expose aussi son entourage qui respire un air pollué : c'est le tabagisme passif. Cela pourrait expliquer, par exemple, un grand nombre d'asthmes ou d'infections ORL chroniques, ces mêmes affections guérissant difficilement chez les jeunes enfants.

La nicotine est la substance toxicomanogène du tabac. Elle a une action stimulante sur l'organisme, améliorant - du moins au début - les performances intellectuelles et la capacité de concentration. Mais rapidement la dépendance devient tyrannique quand la réduction de la consommation de cigarettes s'accompagne d'une gêne physique et psychologique.

III. La caféine


La caféine est surtout présente dans le café et, à un moindre degré, dans le thé, dans le cacao et dans certains sodas. Elle stimule les facultés intellectuelles, aide à lutter contre la fatigue. Les grands buveurs de café peuvent, en cas d'arrêt, ressentir une certaine irritabilité ou un état dépressif. Ces signes d'accoutumance disparaissent après cinq jours environ.

IV. Le cannabis


La marijuana et le haschisch proviennent du cannabis ou chanvre indien. Les feuilles, les tiges et les fleurs séchées et hachées donnent la marijuana, sa résine, le haschisch. Leur usage est très répandu et ses effets sont recherchés pour l'état d'euphorie ou de détente et la stimulation intellectuelle et créatrice (hypersensibilité aux couleurs et aux sons) qu'elle procure. Pris à fortes doses, ces deux drogues peuvent provoquer des hallucinations, des crises d'anxiété et même de panique. Sa dépendance est uniquement psychique; il n'y a pas d'accident de sevrage. Même si les utilisateurs s'en défendent, la consommation de marijuana et, a fortiori , de drogues dites douces, est souvent un prélude à l'utilisation de drogues "dures" comme l'héroïne.

V. Les opiacés


L'opium, la morphine et l'héroïne sont extraits du pavot. Ils font disparaître les angoisses et procurent un bien-être euphorique et un état de rêverie. Mais l'usage des opiacés s'accompagne d'inconvénients majeurs. Si la prise d'héroïne déclenche un "flash" de plaisir immédiat et intense, elle provoque à la fin du "voyage" une sensation angoissante de manque. La dépendance s'installe avec d'autant plus de rapidité que le plaisir s'atténue au fur et à mesure des prises, induisant l'augmentation des doses. Les comas par surdose sont fréquents et, dans la plupart des cas, d'évolution fatale. Le sevrage est éprouvant : grande anxiété, douleurs généralisées, tachycardie, diarrhées. Ces signes s'amenuisent au bout de cinq jours, mais le désir continue à persister même après les cures de désintoxication. Grâce à leur puissante action antalgique (calmante), la morphine et ses dérivés de synthèse constituent le traitement médical de référence des douleurs intenses et rebelles.

V. La cocaïne


La cocaïne, ou "coke", est une poudre blanche produite à partir de l'arbuste à coca ( Erythron coca ), que les Indiens d'Amérique, avant même la conquête espagnole, appelaient "coqueo". Sa puissante action anesthésique était connue à cette époque. Elle est également très stimulante, rendant le sujet loquace, alerte et plus résistant à l'effort musculaire. C'est habituellement une drogue qui se "sniffe", mais elle s'injecte également. Ne provoquant pas de dépendance physique, la cocaïne a été classée par certains utilisateurs comme une drogue "sociale" ou de "divertissement" au même titre que l'alcool ou le tabac. La cocaïne malmène le cœur, endommage le système nerveux et les parois nasales. Une overdose déclenche une attaque cardiaque.

Sa dépendance, d'ordre psychique, est pourtant particulièrement intense et peut entraîner à la longue un comportement paranoïaque et l'apparition d'hallucinations. La cocaïne peut tuer par overdose, comme cela survient fréquemment avec le crack, de la cocaïne mélangée à des produits chimiques. Il se présente sous forme de pastilles jaunes qui, en brûlant, dégage des gaz toxiques. C'est une drogue très violente : elle provoque une stimulation très forte avec un risque de passage à l'acte dangereux pour le drogué et son entourage, il occasionnes des problèmes respiratoires, des pertes de mémoire et des moments dépressifs, voire suicidaires.

VI. Les barbituriques


Produits de synthèse, les barbituriques sont des somnifères que les médecins prescrivaient facilement, jusqu'à une période récente. Les malades parvenaient à dormir, mais pour que l'effet persiste, ils devaient prendre des doses toujours plus fortes, jusqu'à atteindre parfois un seuil toxique, voire mortel. De plus, ces insomniaques devenant rapidement dépendants, risquaient, en cas d'arrêt du traitement, un syndrome de sevrage grave : délire, crises d'épilepsie.

Depuis 1991, les barbituriques sont soumis à une réglementation stricte et surtout utilisés pour les anesthésies générales. Ils restent recherchés comme drogue de substitution.

VII. Les amphétamines


Les amphétamines sont des médicaments prescrits pour lutter contre les états de fatigue physique et intellectuelle. Ils ont été détournés de leur indication initiale par les étudiants et les sportifs. Ces cachets stimulants aidaient les uns à lutter contre le sommeil et les autres à résister à la fatigue conséquente à l'effort. Les femmes désireuses de perdre rapidement du poids les ont aussi utilisés comme coupe-faim. Enfin, les toxicomanes les apprécient pour leur effet "speed" (euphorie, excitation intellectuelle) et les "flashs" comparables à ceux de l'héroïne. L'arrêt des prises, s'accompagne d'angoisse, de paranoïa et de dépression pouvant conduire jusqu'à la tentative de suicide.

VIII. Les hallucinogènes


Champignons hallucinogènes ou produits de synthèse comme le LSD (sigle allemand pour Lysergsaürediathylamid - acide lysergique diéthylamide - une substance hallucinogène extraite de l'ergot de seigle), les hallucinogènes vous transportent dans un voyage psychédélique. Tous les sens sont sollicités dans cette expérience d'illusions et d'hallucinations auxquelles on adhère totalement. La distorsion de la réalité est telle que l'on peut avoir des réactions de frayeur intense et un comportement agressif vis-à-vis de l'entourage et de soi-même. La tentation de répéter les overdoses expose à des périodes de délire qui peuvent se révéler irréversibles.

À la recherche du plaisir


Si elle est recherchée pour ses effets enivrants, sédatifs, excitants ou hallucinogènes, le premier contact avec la drogue est le fruit d'une triple rencontre entre un individu, un produit et un environnement favorisant. C'est surtout à l'adolescence que le risque existe. On trouve quasiment toujours une relation entre la consommation de drogue et les problèmes liés à l'enfance et à l'adolescence.

Certains types de personnes sont particulièrement exposés : celles qui sont instables, en manque d'estime ou de confiance de soi et de reconnaissance sociale. Les conflits familiaux et sociaux sont également au premier plan : carence affective, difficultés scolaires ou de travail, vie quotidienne dans des quartiers difficiles ou des ghettos. Dans ce contexte, l'adolescent cherche à s'évader d'une société qu'il refuse, mais aussi de lui-même et de ses angoisses. Il peut se sentir poussé par la curiosité et le goût du risque, par le désir d'appartenance à un groupe ou par un certain mimétisme au contact d'un parent prenant des tranquillisants pour des raisons médicales ou d'amis déjà accoutumés.

Les drogues représentent un marché où les profits amassés sont gigantesques. Elles sont facilement accessibles quand leur vente est légale, et que les "dealers" (et leurs revendeurs) se chargent de leur diffusion quand elles sont illicites.

De la drogue à la toxicomanie


La première rencontre avec la drogue engage son consommateur dans une voie dangereuse. Il pourra aussi bien rester un simple expérimentateur occasionnel que devenir toxicomane. Celui qui sera victime de toxicomanie s'en apercevra quand il sera déjà trop tard pour simplement s'arrêter au moment où il voudrait le faire. La dépendance règne déjà en maîtresse absolue et tyrannique, tenant le toxicomane prisonnier de la drogue, sous peine de souffrir dans sa chair de ce manque.

On estime qu'en France, il y a de cent cinquante mille à trois cent mille toxicomanes, dont 54% à l'héroïne. Un toxicomane sur deux consomme plusieurs drogues simultanément : souvent cocaïne-alcool ou héroïne-cannabis. La toxicomanie concerne les stupéfiants et les médicaments agissant sur le psychisme.

Après l'accès au plaisir facile, le toxicomane entre dans une "galère" qui n'a rien de plaisant : retour à une réalité qu'il cherche à fuir, recherche de nouvelles doses, besoin chronique d'argent qui le pousse à revendre lui-même de la drogue ou à commettre des vols. En France, les toxicomanes sont, en moyenne, âgés de 27 ans et plus de 65% sont inactifs.

Les stupéfiants provoquent une véritable déchéance physique et psychique en quelques mois ou années, s'il n'y a pas déjà eu décès par surdose (trois cent cinquante par an).

Une autre menace plane : celle des infections virales graves. Il s'agit surtout de l'infection au virus VIH (environ 20% des toxicomanes sont atteints du sida), mais aussi les hépatites virales B et C (70% des toxicomanes). Toutes ces infections sont le lot des toxicomanes à l'héroïne et autres opiacés (82%). Elles se diffusent par le partage de seringues contaminées et lors de rapports sexuels non protégés.

La prise en charge


Deux principes fondamentaux caractérisent le dispositif de soins pour les toxicomanes en France : la gratuité des soins et du suivi, et le respect de l'anonymat. Hôpitaux, secteurs de psychiatrie, médecins généralistes, psychologues, éducateurs spécialisés, et assistantes sociales sont autant d'acteurs différents auxquels le toxicomane peut avoir recours. Il a accès à des consultations spécialisées, peut effectuer une cure de sevrage à l'hôpital ou auprès d'un médecin généraliste; ensuite, il peut être accueilli dans des centres pour un suivi éducatif et social, un soutien psychologique et une aide à la réinsertion sociale et professionnelle. Quelle que soit sa demande, la participation active du toxicomane est l'un des plus forts garants de réussite.

Le traitement d'une toxicomanie est un parcours long et difficile, sur les plans physiques au début et psychique pendant des années. Le sevrage initial, souvent sous-tendu par les motivations juridiques ou familiales, doit se dérouler de préférence en milieu hospitalier pour être plus efficace. Il est suivi d'une postcure qui doit consolider la rupture entre le toxicomane et son produit, puis amorcer une réinsertion sociale et professionnelle. Un suivi médical prolongé est indispensable pour prévenir les risques de rechute, très fréquente. Il existe aujourd'hui un traitement de substitution, avec la prise quotidienne de méthadone sous forme orale (comprimés ou sirop) sous contrôle médical permanent. Tout en maintenant un comportement de dépendance, la méthadone évite les risques physiques et la délinquance liée à l'héroïne illicite.

Réduire les risques


La prévention des risques inhérents à la toxicomanie est également importante. Elle s'adresse surtout aux toxicomanes qui ne veulent pas arrêter. Les échanges de seringues usagées est la cause de nombreux cas de contamination au virus HIV, d'hépatite ou de septicémie. Depuis 1987, les seringues sont en vente libre. Des distributeurs automatiques ont été mis en place, et même une "steribox" qui contient des seringues, des préservatifs, des tampons d'ouate, des conseils d'hygiène et une adresse en cas d'urgence. Il y a également eu l'ouverture des "boutiques", où le toxicomane peut venir se laver et faire une lessive, et des centres d'urgence, où il peut dormir à condition de ne pas se droguer sur place.

Lutter contre un fléau planétaire


La lutte contre le trafic des stupéfiants s'organise au niveau de chaque État et à l'échelle internationale. Elle va de la destruction de la production des plantes en cause ou des produits de synthèse, au contrôle du transport et du commerce des stupéfiants, jusqu'à celui du blanchiment de l'argent de la drogue.

L'usage médical des drogues


La toxicomanie est un usage détourné des drogues, initialement réservées aux rituels religieux ou à un usage médical. L'opium a longtemps été prescrit par les médecins contre la douleur ou pour ses vertus constipantes sous forme de laudanum. La morphine est toujours le médicament le plus efficace contre la douleur chez les opérés ou les cancéreux au stade terminal.

Des médicaments à visée cérébrale contiennent un dérivé de la nicotine, des produits contre la migraine ou la douleur renferment de la caféine. Le cannabis est expérimenté aux États-Unis contre diverses maladies, de douleurs intolérables chez l'amputé ou le paraplégique à la maladie de Parkinson. Les amphétamines ou les psychotropes sont au départ des médicaments contre les troubles psychiques. L'alcool lui-même, sous forme de vin ou de bière et à doses limitées, limite le risque de maladies cardio-vasculaires (deux verres par jour) et de maladie d'Alzheimer ou démence sénile (quatre verres par jour). Ces exemples démontrent largement que ce n'est pas seulement la substance qui fait la drogue, mais aussi la personnalité de son utilisateur et l'usage qu'il en fait.

Les drogues tolérées


Bien que cela soit controversé, certaines substances sont tolérées depuis longtemps. Ainsi, l'alcool, le tabac ou les excitants comme le thé et le café sont des drogues qui peuvent provoquer une légère dépendance. Les campagnes antitabac se sont nettement intensifiées lorsque l'on a découvert les effets néfastes de la nicotine et la conduite en état d'ivresse est pénalisée. La décision de boire et de fumer revient néanmoins à chacun. Aux États-Unis, la période de la prohibition (1919 - 1933) a prouvé que légiférer sur ces sujets est inutile.En effet, cela n'a pas empêché des millions de personnes de continuer à boire de l'alcool tandis que le crime organisé prospérait grâce aux bénéfices de ce commerce illicite. Le gouvernement américain a finalement décidé de légaliser la production et la vente d'alcool en les contrôlant au lieu de les bannir.

Des considérations semblables ont conduit certaines personnes à penser que les drogues "douces" comme la marijuana, par exemple, devraient être légalisées. Mais dans la plupart des pays d'Europe occidentale, les autorités ont rejeté cette option (excepté les Pays-Bas, l'Espagne et l'Allemagne) et se sont employées à empêcher leur distribution et leur consommation. Les substances hallucinogènes, comme le LSD ou la mescaline troublent la perception. Cependant, ces drogues ont également eu leurs défenseurs, notamment lorsqu'elles étaient très en vogue dans les années 1960 - 1970.

De telles controverses sont passées à l'arrière-plan durant les années 1980 lorsque de nombreuses drogues "dures" se sont répandues, avec des conséquences évidemment dangereuses pour la santé mais aussi des effets sociaux perturbateurs.

Au début, la principale menace semblait provenir de l'héroïne, apparue sous la forme d'une poudre blanche, cristalline et très toxique extraite de l'opium du pavot. Au XIX e siècle, on utilisait beaucoup certains dérivés opiacés de cette plante pour leurs effets analgésiques. Mais ces produits se vendaient aussi clandestinement aux toxicomanes. Il y a probablement eu de nombreux cas accidentels et non reconnus de dépendance résultant d'une utilisation thérapeutique de ces drogues. À l'inverse, les qualités narcotiques de l'opium étaient fort connues, ce qui n'a pas empêché la Grande-Bretagne de mener la guerre de l'opium, entre 1839 et 1842, pour contraindre la Chine à en importer d'immenses quantités en provenance des Indes britanniques.

Les pays producteurs


Il existe deux zones productrices de pavot qui, transformé, devient l'héroïne : le "Croissant d'Or" (Pakistan, Iran, Birmanie) et le "Triangle d'Or" (Birmanie, Laos, Thaïlande). Ce dernier est le premier producteur et exportateur d'héroïne. Les pays du "Croissant d'Or" fournissent 70% de l'héroïne consommée en Europe. Il transite par l'Afrique, les Balkans ou l'Europe méditerranéenne avant d'atterrir aux Pays-Bas ou en France.

La coca est cultivée majoritairement au Pérou, mais aussi en Colombie, en Bolivie et en Équateur. Elle est ensuite traitée, surtout en Colombie où les cartels de la drogue sont tout-puissants. La contrebande est devenue un immense marché à l'échelle internationale, avec d'énormes profits réalisés à tous les niveaux, du transport jusqu'au deal (la revente) dans la rue, en passant par l'administration des plantations. En fait, ce marché est si lucratif que les organisations criminelles qui le contrôlent n'hésitent guère à acheter ou à massacrer ceux entravent leur commerce.

Le cannabis est cultivé au Liban et au Maroc. Les Américains se fournissent au Mexique et les Asiatiques en Afghanistan et au Pakistan. Pour les habitants, pauvres, des pays producteurs de ces drogues, planter du pavot, de la coca ou du cannabis est quasiment une question de survie économique. À titre d'exemple, un Bolivien sur six gagne sa vie grâce à la production de coca. L'argent de la drogue représente environ 75% des devises qui entrent chaque année en Bolivie.

La lutte antidrogue embourbée


En 1986, on parlait déjà d'une épidémie de crack aux États-Unis, alors que l'Europe commençait à peine à découvrir cette drogue. Les gouvernements ont alors commencé à se concerter davantage sur la lutte antidrogue, mais les résultats sont lents à apparaître à cause de l'extrême complexité et de l'ampleur du fléau. Ainsi, arrêter tous les drogués ne servirait à rien (sauf à créer une situation intenable dans les prisons insuffisamment équipées). Seule la désintoxication est envisageable. Des campagnes de sensibilisation et des services d'assistance socio psychologique ont permis d'aider les toxicomanes (sans pour autant réduire leur nombre) qui ont décidé d'arrêter la consommation de stupéfiants.

Les jeunes sont une génération particulièrement sensible à la toxicomanie. L'adolescence est en effet reconnue comme une étape émotionnellement difficile. La misère matérielle et morale régnant dans les banlieues, l'incertitude quant à l'avenir professionnel induisent des comportements nihilistes qui trouvent un exutoire dans l'usage de drogues dures. Le manque de perspectives futures est d'autant plus décourageant que les sociétés occidentales ont porté au pinacle la réussite sociale, qu'elles ont tendance à mesurer en termes uniquement matériels.

Ce que l'on a appelé l'effondrement des valeurs a souvent été rendu responsable du phénomène de la drogue ainsi que de nombreux autres problèmes de société. Il est donc apparu évident que s'attaquer à la toxicomanie nécessiterait probablement de résoudre nombre de problèmes sociaux, économiques et moraux, ce que peu de gouvernements envisageraient, même s'ils en avaient la possibilité.

Les moyens de lutte contre la drogue


Empêcher la distribution des drogues en arrêtant les revendeurs ou en saisissant leurs importations illicites est une solution plus facile à mettre en place. Les autorités font de sérieux efforts qui portent leurs fruits de manière spectaculaire. Mais le volume d'ensemble du "narcotrafic" continue d'augmenter. En outre, de graves problèmes de mise en application de la loi se posent. Les prisons se remplissent de petits trafiquants alors que les chefs des réseaux de la drogue ne sont pas inquiétés. La caractéristique certainement la plus révoltante du trafic de drogue, c'est que les criminels deviennent si riches et si influents qu'ils corrompent la police et passent au-dessus des lois.

Il est également difficile d'empêcher totalement la contrebande puisque les douaniers et les chiens policiers ne peuvent pas surveiller tous les points d'entrées d'un pays ni fouiller tous les individus qui en franchissent les frontières. En outre, grâce aux énormes bénéfices qu'ils font, les trafiquants de drogue peuvent se permettre de graves revers (comme se faire confisquer des cargaisons valant plusieurs millions de dollars) sans que leur situation financière en souffre trop.

Une autre solution consiste à légaliser les drogues dans les pays occidentaux, c'est-à-dire autoriser leur importation, leur vente et leur consommation. Une fois légalisées, elles ne sont plus entre les mains de criminels. Elles sont donc moins chères et les toxicomanes ne sombrent plus dans la délinquance pour se les procurer. Enfin, soumises à des normes pharmaceutiques, elles sont moins dangereuses pour la santé. D'un autre côté, ces réels avantages risquent d'entraîner une hausse phénoménale de la demande et de ce fait une extension du fléau. Même si quelques gouvernements ont opté pour la légalisation, l'opinion publique reste d'ordinaire défavorable à cette expérience dans un futur proche.

Entre dépénalisation et légalisation, les arguments s'affûtent en France. La dépénalisation est la suppression des sanctions pénales pour la seule consommation d'un produit interdit et est défendue au nom de la liberté individuelle de consommer tel ou tel produit.

Les barons de la drogue


La nouvelle politique américaine de lutte contre la toxicomanie a été d'attaquer le mal à la racine, directement dans les pays producteurs. Puisque les gouvernements concernés sont affaiblis par le pouvoir des barons locaux de la drogue, le plan américain semblait avoir une chance de succès, en faisant intervenir une armée puissante ainsi que les experts de la brigade des stupéfiants. Ces mesures sont devenues rapidement effectives en Colombie, où le cartel de la drogue de Medellin organisait des attaques terroristes de grande envergure contre les autorités. Au début des années 1990, le gouvernement colombien semblait avoir gagné la lutte, même s'il reste difficile d'assurer un succès durable.

Dans les pays où l'on cultive le pavot et la coca, le problème est encore plus complexe. En effet, les planteurs sont des paysans pauvres qui gagnent bien plus d'argent en cultivant ces plantes illégales qu'en faisant pousser des produits classiques. En outre, ces plantations se trouvent généralement dans des zones difficiles d'accès.Les gouvernements ont donc du mal à les localiser pour s'en saisir ou à en contrôler le trafic puisque leurs propres soldats et officiers - pauvres, eux aussi - sont souvent corrompus.

Toutefois, les États-Unis et les Nations unies ont lancé, en Asie et en Amérique du Sud, des programmes pour trouver des solutions à ce problème social et économique. Mais une telle ingérence n'est pas toujours bien acceptée. En 1992, par exemple, les États-Unis ont fourni 190 millions de dollars pour le développement de nouvelles cultures en Bolivie, mais l'intervention de leurs soldats a provoqué une vague d'antiaméricanisme, qui a menacé la réussite de cette action.

Les présomptions d'impérialisme et d'ingérence dans les affaires des pays étrangers pesant sur les États-Unis ont également compliqué la situation en Amérique centrale où les gouvernements locaux, qui étaient a priori d'accord pour mener une action commune avec ce pays, ont néanmoins rejeté fermement les offres de participation de la Brigade américaine des stupéfiants. Le renversement et la capture du dictateur panaméen Manuel Noriega par l'armée américaine ont contribué à confirmer ces soupçons. Noriega a été condamné à 40 années de prison pour trafic de drogue. En outre, la Cour suprême américaine a refusé dans ce cas de condamner l'État qui a purement et simplement enlevé un ressortissant étranger. Plus tard, la capture et le jugement d'un suspect mexicain ont conduit le gouvernement de ce pays à suspendre sa coopération avec les États-Unis en matière de stupéfiants et à préciser que la "sévérité" américaine n'avait pas à s'appliquer en dehors de leurs frontières.

L'extrême pauvreté des pays du tiers-monde, le pessimisme et le malaise latents des sociétés occidentales ainsi que le crime international organisé lié à la drogue ont rendu impossibles des solutions rapides, efficaces et faciles à mettre en place. En 1993, certains membres des troupes des Nations unies, envoyées pour aider la ville de Sarajevo assiégée, vendaient de l'héroïne aux habitants - un douloureux exemple de l'attrait qu'exercent les drogues et des occasions de commerce lucratif qui rendent ce problème si difficilement soluble.

Les soins ou la prison

En France, la loi a prévu une mesure particulière : un toxicomane interpellé pour usage illicite de stupéfiants se voit proposer par le procureur de la République l'interruption de toute poursuite judiciaire s'il accepte de se faire soigner. S'il refuse, la peine de prison va de deux mois à un an et/ou l'amende s'élève de 500 à 1500 francs.

La drogue et le dopage

Ben Johnson (né en 1961) est un athlète remarquable. Né à la Jamaïque, il émigre au Canada à l'âge de 15 ans. Il devient très vite le meilleur sprinter de ce pays. Médaille d'or aux Jeux du Commonwealth en 1986, il bat le record mondial du 100 mètres aux Jeux olympiques de 1988. Mais des tests prouvent qu'il doit ses victoires aux stéroïdes - une substance qui augmente les performances physiques. Tombé en disgrâce, il est renvoyé dans son pays. En 1991, on l'autorise à reprendre sa place dans la compétition internationale mais un second délit enterre définitivement sa carrière en 1993. Ces deux affaires ont connu un retentissement international et ont mis une nouvelle fois en exergue le problème du dopage des athlètes.

En 2003 les problèmes liés a la drogue restent donc toujours d’actualités. Ce dossier_ leçon peut être le point de départ de débats argumentés en classe d’ECJS.




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