La première trace d’art (galet enduit d’ocre et strié) a été trouvé dans la plus ancienne sépulture (environ -60 000 ans Skhul (mont Carmel)








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Art & Foi
Avant propos
La première trace d’art (galet enduit d’ocre et strié) a été trouvé dans la plus ancienne sépulture (environ -60 000 ans Skhul (mont Carmel).

« C’est un constat banal que l’art naît funéraire. » (Régis Debray, Vie et mort de l’image).

Pour les préhistoriens spiritualistes (J & G Guichard, G et B Delluc) l’homme ce n’est pas une spécificité physique (position debout, la préhension, l’atlas et l’axis) mais c’est la conscience. Conscience dès le plus jeune âge de sa mort future et pour conjurer cette peur, l’espérance d’un Au-delà. La sépulture représente en même temps la conscience de la mort ainsi que l’espérance d’un Au-delà (sinon pourquoi ensevelir ?).

L’art dès le départ est lié à la vie et à la mort. l’Art est donc avant tout une réflexion eschatologique

Leroi-Gouran  (et d’autres) a montré que les peintures rupestres avaient un but religieux et magique. La découverte de la grotte Chauvet avec son « autel » et son crâne d’ours posé dessus, le confirme sans conteste.

Pour l’homme préhistorique, l’image est magique (est-ce un hasard si le mot magie anagramme d’image (cf les gens qui ne veulent pas qu’on les prennent en photo parce qu’on leur vole leur âme), initiatique, un moyen.

Dans sa plus haute acception l’art ne saurait être un but, mais un moyen de toucher l’invisible, ce qu’il y a au dessus de la vie, c-a-d au sens strict un moyen de sur-vie.
Fréquement vous pouvez lire dans votre journal « La découverte d’une tombe (celte, égyptienne,mérovingienne, etc…) intacte fait avancer notre connaissance des …. » .

Que nous reste-t-il, des Etrusques, des Sumériens, des Mycéniens, des Hittites et des Egyptiens? Et plus près de nous des Incas, des Mayas ou des Indiens d’Amérique ?

De tout ces peuples, il ne nous reste de compréhensible ce que nous appelons leur art… Leur mode de vie ? Leurs lois ? Leur organisation sociale ? Rien ou presque…

Leur art qui nous permet de comprendre leurs croyances. L’art est le miroir, ou plus exactement la partie visible, devrais-je dire la partie incarnée des croyances et des espérances d’une civilisation, d’une société. C’est une une épiphanie.

  Nous ne connaissons et comprenons sérieusement la Foi et l’Espérance de l’Occident chrétien médiéval que par les Cathédrales, leurs tapisseries, polychromies, peintures et sculptures… Mais pour le peintre égyptien, comme pour l’homme préhistorique ou le peintre roman la notion d’art n’existe pas. Juste une sentiment d’un acte magique qu’il sait faire. La notion d’art et d’artiste apparaitra à la Renaissance quand Dieu et les dieux auront ne seront plus au centre des préoccupations. La notion d’Art vient avec la notion de l’humano-centrisme de la Renaissance.

« Face à la conscience des asticots, l’homme n’a que deux solutions: l’art et la religion » Régis Debray
La forme plastique nous éclaire sur la foi…

Entre le hiératisme des égyptiens et le côté courbe et ciselé de l’art celte c’est leur panthéon qui se dévoile…Et entre l’art égyptien habituel et Akhénaton la différence est immédiatement visible…Parcequ’en voulant changer de religion il a forcément changé la forme de l’art.

La différence de Foi impose une différence formelle d’art.
Si l’art est liée à la mort, plus la mort est niée, cachée  (ce qui est le cas actuellement) moins l’art semble nécessaire.  Et plus il y a de visuel (le degré le plus bas de la figuration)

Car l’art est re-présentation, c-a-d qu’elle est la présence à nouveau de ce qui est mort, le présent de l’absent

La tranquillité des vivants dépend de la quiétude des morts, Souvenez vous d’Antigone  c-a-d du repos des âmes

La tombe et l’art sont là pour cela.

 

II Le Christ

Le Christ apporte une révolution fondamentale pour l’Art : l’Incarnation.

L’église va mettre à peu près cinq siècles à accepter la représentation du Christ et à définir sa doctrine. L’Historique est nécessaire pour comprendre l’évolution de l’esprit des artistes et de l’église, leur rapport et les possibilités laissées aux artistes d’exprimer leur foi, plus ou moins libreme
1)Entre Judaïsme et Paganisme.

La chrétienté apparaît entre le Judaïsme, qui sauf très rares exceptions, refuse la représentation de l’Ecriture, et le Paganisme qui lui vénère les idoles, où la statuaire même, est sacrée (le Veau d’Or par exemple).

Entre culte de l’image païen et refus de celle-ci, la chrétienté choisit la voie étroite.

Au départ prudement choisit une symbolique de la représentation : le poisson, la colombe ou l’agneau (interdiction de la représentation des armes) des catacombes. Vers le 4° siècle le Christ sous sa forme anthropomorphe apparaît.
2) La Représentation du Dieu et du Christ

Trois interprétations théologiques vont se faire jour immédiatement qui vont, sous différents courants, persister jusqu’aujourd’hui.

A) Il ne faut pas représenter le Christ car nul ne peut représenter sa nature divine.

B) Puisque Dieu nous a rendu visible  son fils par l’Incarnation , (« Qui me voit, voit mon Père ») c’est qu’il autorise l’image pour faire comprendre qui Il est

C) Puisque le linge de Sainte Véronique a imprimé de manière visible mais non humaine le visage du Christ, l’image sera considérée comme n’étant pas peinte de main d’homme (« achéropoiète ») et donc sera vénérée.

Nous reconnaissons immédiatement que les trois pensées chrétiennes :

A) Le Protestantisme. (particulièrement le calvinisme) et son iconoclastie (les crucifix protestants sont ainsi obligatoirement réduits à la croix sans Christ) et son austérité de l’image et de la couleur (souvenez-vous de la peinture profane hollandaise du XVII° : Rembrandt, et les peintres de genres et de natures mortes : gris, brun, beige chaud ou froid… Que Vermeer soit une exception  avec son éclatement de lumière et de couleur est naturel : il était catholique !). 

C ) Orhodoxie L’icône, l’objet même, est vénéré et objet de culte. L’icône participe directement du prototype, et elle est encore aujourd’hui prétendue ne pas être de main humaine. La véritable icône, dans la règle, est faite par un pope qui se confesse et communie tous les jours avant de peindre. Il n’est qu’une main dirigée par Dieu, d’où un canon représentatif extrêmement étroit et contraignant, puisque Dieu forcément ne peut pas se représenter différemment à chaque fois, puisque chaque icône est  Son image, dirigée par lui.

Le catholicisme tentera d’approfondir la voie médiane du B. Fil étroit.
3) La clarification de Saint Grégoire, Pape (590 - 604)

La réforme grégorienne est globale et bien entendu s’attaque aux arts. Mais en dehors de la musique (dont chacun connaît le résultat), Saint Grégoire s’occupe également de l’image. La phrase qui définit l’image se trouve dans sa lettre à Serenus, évêque de Marseille, qui a fait détruire les « images » de son église et que le Pape « blâme ». « Une chose est en effet d’adorer une peinture, une autre  d ‘apprendre par la représentation de la peinture ce qu’il faut adorer ».

Quand il dit apprendre il l’entend de manière didactique, mais également méditatif, et même mystique (c-a-d facilitant le lien direct du fidèle à Dieu).

C’est pourquoi, il désignera les arts comme étant  des  « Transitus » privilégiés pour accéder à Dieu.

Cette position place clairement et définitivement l’art catholique entre l’iconoclastie et la sacralisation orthodoxe, entre l’icône et le visuel profane. L’art catholique n’est ni une image bloquée, ni un objet sacré, c’est une fenêtre vers Dieu.

La décision définitive d’autoriser librement la représentation dans les églises date du concile Nicée II en 787. C’est une révolution fondamentale dans une religion monothéiste.

Et c’est cette décision qui fera la grandeur artistique de la chrétienté et de l’Occident. Sa confiance faite à l’art malgré l’idolâtrie. Et la prééminence de l’art plastique en Europe

« Le dogme chrétien de l’Incarnation a définitivement légitimé le sacrilège figuratif. Si Dieu c’est fait homme, né d’une femme, il n’est plus scandaleux de le représenter. C’est du Nouveau Testament, et du culte de la Vierge Marie que procède la « civilisation de l’image » , apanage et avantage de l’Occident sur ses rivaux» Régis Debray0
4/ Le Moyen-Âge

Cette définition de l’art permet une grande liberté formelle dont profiteront les temps médiévaux. Si ce qui est représenté permet d’une manière ou d’une autre d’aller vers Dieu, c’est licite. D’ou les chapiteaux romans, parfois terribles, parfois drolatiques, parfois d’inspirations légendaires (la légende dorée), locales (histoire miraculeuse) ou mythologiques (Narcisse ne peut-il faire comprendre la nocivité de l’orgueil ?).

Tout est possible pourvu que le discours ne soit pas en contradiction avec le discours chrétien. Aucun canon formel n’est imposé permettant le développement par exemple d’un roman charentais un peu différent d’un roman languedocien, car il permet un ancrage dans le pays où il s’épanouit.

La controverse entre Saint Bernard et Suger.
5) La réforme et la contre réforme

Luther et Calvin,  dans leur logique vont entrer en guerre contre l’image. Images « païennes », représentation impossible du Christ, etc… Quand je dis « entrer en guerre » ce n’est pas une formule. D’après « L’Histoire du Vandalisme » de Louis Réau, le vandalisme iconoclaste de la Réforme s’avère en France plus destructeur que celui de la Révolution, ce qui n’est pas peu dire…

Le Concile de Trente, concile de contre-réforme va avoir le même reflexe sur l’image qu’il aura de manière plus globale : répondre à la Réforme avec des arguments de même essence au lieu d’affirmer sa différence d’esprit. Il va donc interdire les images qui ne sont pas en conformité absolue avec les textes de l’Ecriture (mythologie, légende dorée,etc…), et instituer l’autorité des évêques sur l’iconographie de son diocèse. Tous les projets doivent passer par l’autorisation d’une commission dirigée par l’évêque

Les Evêques ont-ils une formation artistique suffisante ? Progressivement nous débouchons sur l’image pieuse, le chromo plutôt que l’œuvre d’art. S’imposera peu à peu sur un formalisme restrictif, sans risque et l’exercice de style. La volonté de l’église de l’image « édifiante «  normalisée et formatée débouchera vers 1860 sur l’art sulpicien qui à long terme s’avèrera une catastrophe pour l’église en la coupant de la création artistique.

De plus le vandalisme constant que subit l’église catholique depuis la Réforme (Réforme, Révolution, etc…) l’a amenée l à se concentrer sur la conservation et la restauration de « ce qui restait «  non vandalisé et l’a poussé au  conservatisme formel  et au pseudo
6) une tentative de réaction : Nabis et Maurice Denis

Gauguin (le Christ Jaune, le Combat de l’Ange et du Démon), les Nabis (c-a-d « les prophètes »)et bientôt les Ateliers d’Art  Sacré et Maurice Denis (mort en 1943), (1917-1947)  vont tenter de re-spiritualiser l’art la fin du XIX° siècle et au début de celui-ci … Mais pris entre une opinion  et une société déchristianisée et une église arcboutée sur son formalisme tridentin, leur tentative, pourtant de haute qualité s’éteindra dans l’indifférence à la fin des années vingt. 

1917 le ReadyMade de Duchamp est issu du désespoir et de l’absurdité de la boucherie de la première guerre mondiale Nihilisme athée et manque d’Espérance) … le Dadaïsme.

Les gens me parlent sans cesse le côté noir, violent, sanguinolent et pornograhique de l’art contemporain ainsi que son côté insensé (c-a-d privé de sens)

Il m’est venu alors comme une évidence : l’art aujourd’hui a perdu la Vertu d’Espérance…
7) Le Père Couturier

Devant la faillite artistique de l’image sulpicienne, un Dominicain ancien des Atelier d’art sacré, M.A. Couturier va élaborer une réaction violente. Partant du principe que c’est la forme de l’art (ligne, couleur, composition) qui donne à voir Dieu, il écrit en 1950 « Il vaut mieux s’adresser (pour réaliser des œuvres d’art pour l’église) à des hommes de génie sans la foi qu’à des croyants sans talents » .  Si l’on peut penser que cette affirmation est en partie vraie (c’est ainsi que l’on peut ressentir le sacré sur une peinture profane Ne pas confondre confondre art sacré et art religieux) cela laisse progressivement la porte ouverte à toutes les installations dans les églises au prix d’une justification par le discours. (Exemple Michel Blazy aux Bernardins)

Car c’est ramener l’église à un rôle de simple commanditaire, une galerie artistique en oubliant le rôle sacré et religieux de l’œuvre. Cela a ouvert la porte à tous les excès et à un rôle d’agent artistique du marché et de l’état.

L’art et l’image continue à passionner l’église. Elle ira très loin dans sa tentative de vivre avec l’image puisque de 1897 à 1912 , les sermons avec projection cinématographique, à l’intérieur même des églises seront autorisés.A preuve en 1936, Pie XI publie une encyclique sur le cinéma « Vigilanti cura ». En 1957 c’est « Miranda prorsus » de Pie XII sur la télévision. En 1999, ce sera la « lettre apostolique aux artistes » de Jean-Paul II.

Face à l’image , progressivement, l’homme a eu trois attitudes :

Le regard magique qui découvre le visage de Dieu  (de l’aube de l’humanité à la Renaissance) ou L’art pour Dieu

Le regard esthétique qui construit l’art (de la Renaissance à la guerre de 14) ou L’art pour l’art

Le regard économique qui bâtit le visuel spéculatif (matériel) (de 1914 à nos jours) ou L’art pour l’or


III Aujourd’hui

Aujourd’hui nous avons à Paris dans des églises « la machine à baptiser », « le Christ sur la chaise électrique », « le sperme de Dieu » (une résine solidifiée qui coule du plafond sur des actes de baptème), et certains de nos évêques trouvent que le Piss Christ de Serrano (crucifix plongé dans un mélange d’urine et de sang menstruel) est une « des plus importantes réflexions d’art chrétien du XX° siècle et en font un éloge grandiose dans leurs livres et déclaration

En même temps certains autre évêques évoquent à propos du même Piss Christ « porte atteinte à notre foi et nous blesse, devant le côté odieux de ce cliché tout croyant est atteint au plus profond de sa foi"

L’église ne parle plus d’une seule voix.

Ce n’est même plus polyphonie. C’est cacophonie.

D’où la lettre pastorale de JP II et le texte sur la Culture de B XVI et le parvis des Gentils. . Les critères sont devenus flous.

Intervenant à l’Institut de France dans le cadre du Parvis des Gentils, l’académicien Jean Clair parle de l’ouverture à l’avant-garde dans nos églises. Devant le président du Conseil pontifical pour la culture, le cardinal Gianfranco Ravasi il dira

« Dieu est, dit-il, parce que toute la création témoigne de son œuvre et que cette œuvre est belle ». Mais l’œuvre de la création est aussi une loi éthique : « Il n’y a que l’homme à pouvoir humilier la beauté […] : nous avons pouvoir de sublimer ou bien au contraire de “vilifier” les sensations qui entrent par les portes de notre chair. »

« la religion catholique est invinciblement une religion du visible, de la chair et du corps, et elle est nécessairement une religion de la beauté du visible. ». 

« Le catholicisme me semble avant tout une religion, non pas du détachement, ni de la conquête, ni d’un Dieu jaloux, mais une religion de la tendresse, [issue] de la contemplation et de l’adoration d’un enfant qui naît, elle se fortifie de la vision d’un homme qui ressuscite. Entre ces deux moments, la Nativité et Pâques, elle n’a cessé de lutter contre “la culture de la mort”, comme elle le dit si justement. Ce courage, cette obstination, rendent d’autant plus incompréhensible sa tentation de défendre des œuvres qui, à mes yeux, aux “portes de ma chair”, ne sentent que la mort, et le désespoir. » 

Et de conclure : « Un Dieu sans la présence du Beau est plus incompréhensible qu’un Beau sans la présence d’un Dieu. »

Aujourd’hui Monseigneur Bruguès, Dominicain , directeur des archives vaticanes a décide de relancer la réflexion des l’Art Sacré. Pour essayer de donner une réflexion à l’Eglise devant l’art contemporain, un corpus de réflexions.

Il y a aujourd’hui une prise de conscience de la nécessité de trouver une voix nouvelle mais traditionnelle loin du sulpicien ou du blasphème contemporain, loin des deux académismes. (Seule la Tradition est neuve disait Dali). La tentative du Christ de Divine Miséricorde, de la Porte de Versailles, de l’Apocalypse de Saint-emilion sont la preuve de cet l élan. Je suis heureux et fier que des prêtres fasse appel à moi.
 

IV La Solution de l’Art

L’ homme a cru que la solution était dans la Raison. Suivant les aspiration de chacun, elle a pris des noms différents : science, théologie, philosophie. Elle se construisait sur des raisonnements rigoureux, des faits, des enchaînements de cause à effet, une transmission des savoirs passés.

La science, la théologie, la philosophie ont compris qu’elles allaient expliquer de plus en plus de choses, mais aussi qu’elles ne parviendraient jamais à expliquer l’essentiel. A expliquer l’homme, son mystère et sa transcendance..

Est-ce à dire que la Connaissance n’a nul besoin de la Raison ? Que non pas ! Parce que la Raison si elle ne peut répondre à nos questions, est indispensable. En un mot la Raison est nécessaire, non suffisante.

Mais le sens de tout cela c’est  le domaine du mystique, du croyant, du poète, du compositeur, du peintre…

"L'essence de l'œuvre d'art ne consiste en rien d'autre qu'a rendre manifeste la vérité de ce qui est" Heidegger

Et il aurait pu rajouter « et que la Raison ne suffit pas à atteindre… »

Etre à la recherche de la vérité c’est être fécond "Seuls les artistes fondent ce qui demeure" Hölderlin. Car avez vous remarqué que seul l’art n’est pas obsolete sur cette terre. Aimer Gauguin ne m’empêche pas d’aimer Lascaux ou Chauvet et ne les rends pas périmés. Car la Vérité demeure.

 

V L’art exprime la Foi

Une des différences de l’homme avec l’animal, c’est qu’il est attiré naturellement vers le beau et cela lui apporte du plaisir. Le beau et l’élaboré (élaboré = qui représente un travail ( du latin labor ) donc une présence de l’homme) attire naturellement l’homme (boire le vin dans un verre et dans un gobelet plastique).

D’où cette définition: le Beau est une manifestation de Dieu. Cela éclaire la fameuse phrase de Dostoïevski« La Beauté sauvera le Monde

ne pourrait–on définir la Beauté comme l’incarnation de la vérité ?

il est nécessaire d’affirmer qu’Esthétique et Beauté ne sont en rien comparable, et ne sont pas de la même étoffe, de la même essence.

L’Esthétique est un beau déraciné, matériel.

Le Beau n’existe qu’irrigué par le Juste et le Vrai. Il ne s’agit pas d’une forme idéale,unique,.

Le Beau est une forme relative, fonction d’un moment et d’un lieu donnés, dans une société donnée, mais qui exprime toujours le Vrai et le Juste absolus.

L’Esthétique n’est qu’un canon, une imitation, une règle…

le Beau nourri d’absolu reste circonstanciel dans sa forme
Lettre pastorale de JP II aux artistes (1999)« que les artistes n’aient pas peur de l’Eglise  et que l’Eglise n’ait pas peur des artistes »

Plus proche de Dieu, plus proche du Diable par la création d’où la Messe des Artistes le Mercredi des Cendres
l’image : 100 % matière (bois, pigment, etc) et 100 % esprit, qui ne se mélangent pas et sont pourtant indissociables explication par comparaison de la double nature du Christ

Se cantonner au réalisme est  refuser la nature divine (le réalisme est un triomphe du matérialisme), mais choisir l’abstrait ou le conceptuel est refuser l’Incarnation (c’est le triomphalisme du formalisme intellectuel chez nous).

 La Logique de l’art Chrétien doit donc se mouvoir dans ce courant d’un art figuratif non réaliste.
Ce sera la ligne de l’Occident Chrétien, jusqu’à la Renaissance où la perspective italienne + l’huile permettront une représentation de la Réalité et vite un oubli de la Vérité. Cela ira avec la Renaissance qui sera la première pensée à mettre l’Homme et non Dieu au centre de l’Univers..
« Il y a sacré partout où l’image ouvre à autre chose qu’elle même »

Nous en revenons au transitus

Si je veux transmettre, passer, je dois me soumettre à une valeur que je considère supérieure à moi.. Si l’image transmet et se soumet, elle ne peut être indépendante.

(prendre exemple du Christ de Divine Miséricorde) En art religieux, il ne peut être question d’avis personnel. L’artiste est un moyen, un transmetteur. Donc

a)    l’église doit confirmer l’orthodoxie de la vision artistique et même donner le corpus iconographique

b)    l’artiste doit avoir la voix et la voie libre au point de vue artistique et formel.

Chacun suivant ses compétences en somme.

Cela implique si nous voulons que l’œuvre soit habitée, une adhésion de l’artiste…

Si nous pensons que l’art est eschatologique l’œuvre est donc un moyen pour l’artiste de parler de ses convictions… il a donc une responsabilité morale sur ce qu’il produit.
Il y a donc affirmation de la Foi hors de l’église (et donc du sujet), par la forme, la symbolique , les buts (élever l’homme, le pousser au delà de sa conditions, et l’art religieux qui a une vocation cultuelle, didactique, etc… mais qui est attaché à un lieu un usage une fonction.

Mais cette voie, , ne pourra être réellement efficace que si elle est la résultante d’un élan, d’une ferveur saine et gaillarde, verte en un mot, du peuple chrétien que l’église sera obligée de suivre et d’encadrer. Ce movement se fait jour dans l’Eglise. Il faut spiritualiser sa peinture profane plutôt que de peindre une peinture religieuse qui sent son profane. « Quand Giotto peint une femme on dirait la Vierge, quand Raphaël peint la Vierge on sent que c’est sa maîtresse » . Choisir Giotto plutôt que Raphaël… Désirer une peinture spiritualiste est une question d’attitude pas de sujet…

 

Pour finir, deux citations que je laisse à votre réflexion…

Comme le dit Rolland de Rénéville, l’expérience de l'artiste s’apparente à une expérience mystique : « L’art se présente comme une prise de conscience directe de l’énigme terrible que notre vie se pose à elle-même… »
Et mon maître qui m’a formé aujourd’hui disparu Omer Van de Weyer
« On ne peint pas ce que l’on voit, on peint ce qui est,

On ne peint pas la réalité, on peint la Vérité »

  

Quelques livres repères pour ceux qui veulent approfondir :

-       lettre de Jean-Paul II aux artistes (4 avril 1999)

-       l’Evangile et l’Art  (Karol Wojtyla)

-       Vie et mort de l’image (Régis Debray)

-       Les Images - l’Eglise et les arts visuels (Daniele Menozzi)

-        Principes et méthodes de l’Art Sacré (Titus Burckhardt)

- Considération sur l’Etat des Beaux-Arts… de Jean Clair

- Les Mirages de l’Art Contemporain de Christine Sourgins

-  L’Art caché , Sacré art contemporain et l’imposture de l’Art contemporain d’ Aude de Kerros

- La Comédie de la Critique de Jean-Philippe Domecq

les livres de Debray, Clair et Domecq existent en poche

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