Alain (Émile Chartier) (1868-1951)








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Alain (Émile Chartier) (1868-1951)

Propos sur le bonheur


Un document produit en version numérique par Robert Caron, bénévole,

professeur de lettres à la retraite du Cégep de Chicoutimi
Dans le cadre de la collection:
"Les classiques des sciences sociales". Site web:
http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html
Une collection développée en collaboration avec la Bibliothèque

Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi

Site web: http://bibliotheque.uqac.uquebec.ca/index.htm



Cette édition électronique a été réalisée par Robert Caron, bénévole, professeur de lettres à la retraite du Cégep de Chicoutimi à partir de :


Alain (Émile Chartier) (1868-1951)
Propos sur le bonheur (1928)

Une édition électronique réalisée à partir du livre d’Alain, PROPOS SUR LE BONHEUR. Paris : Éditions Gallimard, 1928, 218 pp. Collection folio-essais.

Polices de caractères utilisée :
Pour le texte: Times, 12 points.

Pour les citations : Times 10 points.

Pour les notes de bas de page : Times, 10 points.

Édition électronique réalisée avec le traitement de textes Microsoft Word 2001 pour Macintosh.
Mise en page sur papier format

LETTRE (US letter), 8.5’’ x 11’’)
Édition complétée le 30 juin 200 3à Chicoutimi, Québec.


Table des matières

Préface

Dédicace à Mme Morre-Lambelin
I. Bucéphale, 8 décembre 1922

II. Irritation, 5 décembre 1912

III. Marie triste, 18 août 1913

IV. Neurasthénie, 22 février 1908

V. Mélancolie, 6 février 1911

VI. Des passions, 9 mai 1911

VII. Crainte est maladie, 5 mars 1922

VIII. De l'imagination, 20 février 1923

IX. Maux d'esprit, 12 décembre 1910

X. Argan, 11 septembre 1923

XI. Médecine, 23 mars 1922

XII. Le sourire, 20 avril 1923

XIII. Accidents, 22 août 1923

XIV. Drames, 24 avril 1912

XV. Sur la mort, 10 août 1923

XVI. Attitudes, 16 février 1922

XVII. Gymnastique, 16 mars 1922

XVIII. Prières, 24 décembre 1913

XIX. L'art de bâiller, 24 avril 1923

XX. Humeur, 21 décembre 1921

XXI. Des caractères, 4 décembre 1923

XXII. La fatalité, 12 décembre 1922

XXIII. L'âme prophétique, 25 août 1913

XXIV. Notre avenir, 28 août 1911

XXV. Prédictions, 14 avril 1908

XXVI. Hercule, 7 novembre 1922

XXVII. Vouloir, 9 mai 1909

XXVIII. Chacun a ce qu'il veut, 21 septembre 1924

XXIX. De la destinée, 3 octobre 1923

XXX. Ne pas désespérer, 24 août 1912

XXXI. Dans la grande prairie, 5 juin 1909

XXXII. Passions de voisinage, 27 décembre 1910

XXXIII. En famille, 12 juillet 1907

XXXIV. Sollicitude, 30 mai 1907

XXXV. La paix du ménage, 14 octobre 1913

XXXVI. De la vie privée, 10 septembre 1913

XXXVII. Le couple, 14 décembre 1912

XXXVIII. L'ennui, 29 janvier 1909

XXXIX. Vitesse, 2 juillet 1908

XL. Le jeu, 1er novembre 1913

XLI. Espérance, 3 octobre 1921

XLII. Agir, 3 avril 1911

XLIII. Hommes d'action, 21 février 1910

XLIV. Diogène, 30 novembre 1922

XLV. L'égoïste, 5 février 1913

XLVI. Le roi s'ennuie, 22 janvier 1908

XLVII. Aristote, 15 septembre 1924

XLVIII. Heureux agriculteurs, 28 août 1922

XLIX. Travaux, 6 novembre 1911

L. Oeuvres, 29 novembre 1922

LI. Regarde au loin, 15 mai 1911

LII. Voyages, 29 août 1906

LIII. La danse des poignards, 17 avril 1908

LIV. Déclamations, 29 septembre 1911

LV Jérémiades, 4 janvier 1912

LVI. L'éloquence des passions, 14 mai 1913

LVII. Du désespoir, 31 octobre 1911

LVIII. De la pitié, 5 octobre 1909

LIX. Les maux d'autrui, 23 mars 1910

LX. Consolation, 26 novembre 1910

LXI. Le culte des morts, 8 novembre 1907

LXII. Gribouille, 31 décembre 1911

LXIII. Sous la pluie, 4 novembre 1907

LXIV. Effervescence, 3 mai 1913

LXV. Épictète, 10 décembre 1910

LXVI. Stoïcisme, 31 août 1913

LXVII. Connais-toi, 23 octobre 1909

LXVIII. Optimisme, 28 janvier 1913

LXIX. Dénouer, 27 décembre 1921

LXX. Patience, 11 décembre 1910

LXXI. Bienveillance, 8 avril 1922

LXXII. Injures, 17 novembre 1913

LXXIII. Bonne humeur, 10 octobre 1909

LXXIV. Une cure, 24 septembre 1911

LXXV. Hygiène de l'esprit, 9 octobre 1909

LXXVI. L'hymne au lait, 21 janvier 1924

LXXVII. Amitié, 27 décembre 1907

LXXVIII. De l'irrésolution, 10 août 1924

LXXIX. Cérémonies, 26 septembre 1923

LXXX. Bonne année, 2 janvier 1910

LXXXI. Vœux, 20 décembre 1926

LXXXII. La politesse, 6 janvier 1922

LXXXIII. Savoir-vivre, 21 mars 1911

LXXXIV. Faire plaisir, 8 mars 1911

LXXXV. Platon médecin, 4 février 1922

LXXXVI. L'art de se bien porter, 28 septembre 1921

LXXXVII. Victoires, 18 mars 1911

LXXXVIII. Poètes, 12 septembre 1923

LXXXIX. Bonheur est vertu, 5 novembre 1922

XC. Que le bonheur est généreux, 10 avril 1923

XCI. L'art d'être heureux, 8 septembre 1910

XCII. Du devoir d'être heureux, 16 mars 1923

XCIII. Il faut jurer, 29 septembre 1923

Alain (Émile Chartier)

(1868-1951)
PROPOS SUR LE BONHEUR.
Paris : Éditions Gallimard, 1928, 218 pp.
Collection folio-essais.

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Alain
Propos sur le bonheur (1928)
Voici le jardin du philosophe. On y cueillera des fruits mûris sur le tronc de la sagesse commune et dorés à cette autre lumière des idées. Ils en reprennent leur saveur d'origine, qui est le goût de l'existence. Saveur oubliée en nos pensées ; car on voudrait s'assurer que l'existence est bonne et on ne le peut ; on en déçoit donc l'espérance par précaution, prononçant qu'elle est mauvaise. De là s'étend l'empire de l'imagination déréglée, en quoi Alain, se confiant à la sagesse du corps, restaure la souveraineté claire de l'homme heureux et qui n'attend pas pour l'être, ici et non ailleurs, que l'événement lui donne raison, acteur enfin et non spectateur de soi-même.




Propos sur le bonheur (1928)

Préface


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Émile Chartier, dit Alain (1868-1951), est né dans la petite ville de Mortagne-au-Perche, qui lui consacre aujourd'hui un remarquable musée. Fils de vétérinaire et tenant de sa mère, « belle femme aux grands traits », la forte structure percheronne, il offrait avec assurance le type accompli de cette race d'éleveur de chevaux. Ainsi le philosophe en lui n'eut pas à consulter d'autre nature que la sienne pour y connaître les robustes appétits et les passions téméraires qui font un homme et le somment de se gouverner. Alain appartient à tous égards à la famille des Penseurs à vocation universelle. La raison chez lui parle à tous, c'est-à-dire en chacun à tous les niveaux de son humanité. Tel est le démocratisme profond de cet homme et de cette œuvre, qui par l'égalité (ce qui ne signifie pas l'identité) des besoins s'ouvre à l'égalité des conditions et n'admet de hiérarchisation que dans et par l'individu. Tel est aussi ce qui d'un rejeton de l'université républicaine fondée par Lachelier et autres vigilants esprits, devait faire surgir un grand écrivain de tradition française. De Lorient à Rouen, de Rouen à Paris, Alain fait pendant quarante ans (1892-1933) le métier de professeur de philosophie dans un lycée, exer­çant sur la jeunesse qui l'approche un incontestable ascendant, précisément parce qu'elle ne trouve en lui ni les manières ni le style d'un professeur. Les passions politiques et la misère des opinions partisanes (affaire Dreyfus, séparation de l’Église et de l’État, etc.) conduisent Alain au journalisme ; c'est là qu'il fait son apprentissage d'écrivain par l'invention originale des Propos qui paraissent quotidiennement dans La Dépêche de Rouen de 1906 à 1914, puis dans les Libres Propos de 1921 à 1936. En 1914, la guerre qu'il n'a cessé de combattre fait de lui, par son engagement volontaire à quarante-quatre ans, un artilleur dans la tranchée et sous le feu, témoin du plus meurtrier effet des passions, et cherchant là encore dans l'homme les causes de sa servitude. Ainsi sont composés au front les premiers de cette suite d'ouvrages qui, de Mars ou La Guerre jugée et du Système des Beaux-Arts jusqu'aux Dieux, développent en une ample peinture de l'homme (Les Idées et les âges) et une sévère méditation de l'existence (Entretiens au bord de la mer) un projet philosophique original et constant. On s'en souviendra utilement en ouvrant ces Propos sur le bonheur. Car ce n'est pas le moralisme mais la philosophie première qui sous-tendent la sagesse déliée des Propos qu'Alain consacre, au hasard des circonstances, à l'art d'être heureux. C'est dire plus simplement que le devoir d'être heureux est un bel excès de langage par quoi l'on se hâte d'affirmer que l'existence n'est pas dépendance mais puissance. Ainsi comme le héros se harcèle, la volonté se repaît d'injonctions. Qu'on ne s'y trompe pas.

Propos sur le bonheur (1928)

Dédicace

à Mme Morre-Lambelin


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Ce recueil 1 me plaît. La doctrine me paraît sans reproche, quoique le problème soit divisé en petits morceaux. Dans le fait le bonheur est divisé en petits morceaux. Chaque mouvement d'humeur naît d'un événement physio­logique passager ; mais nous l'étendons, nous lui donnons un sens oraculaire ; une telle suite d'humeurs fait le malheur, je dis en ceux qui n'ont pas de graves raisons d'être malheureux, car c'est ceux-là qui sont malheureux par leur faute. Les vrais malheurs, je n'en ai rien écrit ; et pourtant je crois qu'on y ajoute encore par l'humeur. Vous vous souvenez d'un mot de Gaston Malherbe du temps qu'il était sous-préfet de Morlaix : « Les fous sont des méchants » me dit-il, Que de fois j'ai eu occasion de répéter ce mot-là Et je crois que le commencement de la folie est une manière irritée de prendre tout, même les choses indifférentes ; c'est une humeur de théâtre, bien composée, bien jouée, mais qui dépasse toujours le projet par une fureur d'exprimer. Cela est méchanceté par un besoin de communiquer le malheur ; et ce qui irrite alors dans le bonheur des autres, c'est qu'on les juge stupides et aveugles. Il y a du prosélytisme dans le fou, et premièrement une volonté de n'être pas guéri. On s'instruit beaucoup si l'on pense que les coups heureux de la fortune ne peuvent guérir un fou. Ce n'est qu'un cas grossi, qui ressemble à nous tous. Une colère est terrible si l'on souffle sur le feu, ridicule si on la regarde aller. C'est ainsi que le bonheur dépend des petites choses, quoiqu'il dépende aussi des grandes. Et cela je l'aurais dit et expliqué si j'avais écrit un Traité du bonheur ; bien loin de là nous avons choisi (et vous d'abord) des Propos se rapportant au bonheur par quelque côté. Je suppose que cette manière de faire n'est pas sans risque ; car le lecteur ne considère pas ce que l'auteur a voulu. Quoi que dise la préface, il attend toujours un traité. Peut-être suis-je né pour écrire des traités ; sur le modèle du Système des Beaux-Arts. Ce bavardage a pour fin de vous dédier ce bel exemplaire d'un recueil qui traduit première­ment votre libre choix.


Le 1er mai 1925
ALAIN

Propos sur le bonheur (1928)

I
Bucéphale

8 décembre 1922

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Lorsqu'un petit enfant crie et ne veut pas être consolé, la nourrice fait souvent les plus ingénieuses suppositions concernant ce jeune caractère et ce qui lui plaît et déplaît ; appelant même l'hérédité au secours, elle reconnaît déjà le père dans le fils ; ces essais de psychologie se prolongent jusqu'à ce que la nourrice ait découvert l'épingle, cause réelle de tout.
Lorsque Bucéphale, cheval illustre, fut présenté au jeune Alexandre, aucun écuyer ne pouvait se maintenir sur cet animal redoutable. Sur quoi un homme vulgaire aurait dit : « Voilà un cheval méchant. » Alexandre cependant cherchait l'épingle, et la trouva bientôt, remarquant que Bucéphale avait terri­blement peur de sa propre ombre ; et comme la peur faisait sauter l'ombre aussi, cela n'avait point de fin. Mais il tourna le nez de Bucéphale vers le soleil, et, le maintenant dans cette direction, il put le rassurer et le fatiguer. Ainsi l'élève d'Aristote savait déjà que nous n'avons aucune puissance sur les passions tant que nous n'en connaissons pas les vraies causes.
Bien des hommes ont réfuté la peur, et par fortes raisons ; mais celui qui a peur n'écoute point les raisons ; il écoute les battements de son cœur et les vagues du sang. Le pédant raisonne du danger à la peur ; l'homme passionné raisonne de la peur au danger ; tous les deux veulent être raisonnables, et tous les deux se trompent ; mais le pédant se trompe deux fois ; il ignore la vraie cause et il ne comprend pas l'erreur de l'autre. Un homme qui a peur invente quelque danger, afin d'expliquer cette peur réelle et amplement constatée. Or la moindre surprise fait peur, sans aucun danger, par exemple un coup de pistolet fort près, et que l'on n'attend point, ou seulement la présence de quelqu'un que l'on n'attend point. Masséna eut peur d'une statue dans un escalier mal éclairé, et s'enfuit à toutes jambes.
L'impatience d'un homme et son humeur viennent quelquefois de ce qu'il est resté trop longtemps debout ; ne raisonnez point contre son humeur, mais offrez-lui un siège. Talleyrand, disant que les manières sont tout, a dit plus qu'il ne croyait dire. Par le souci de ne pas incommoder, il cherchait l'épingle et finissait par la trouver. Tous ces diplomates présentement ont quelque épingle mal placée dans leur maillot, d'où les complications européennes ; et chacun sait qu'un enfant qui crie fait crier les autres ; bien pis, l'on crie de crier. Les nourrices, par un mouvement qui est de métier, mettent l'enfant sur le ventre ; ce sont d'autres mouvements aussitôt et un autre régime ; voilà un art de persuader qui ne vise point trop haut. Les maux de l'an quatorze vinrent, à ce que je crois, de ce que les hommes importants furent tous surpris ; d'où ils eurent peur. Quand un homme a peur la colère n'est pas loin ; l'irritation suit l'excitation. Ce n'est pas une circonstance favorable lorsqu'un homme est brusquement rappelé de son loisir et de son repos ; il se change souvent et se change trop. Comme un homme réveillé par surprise ; il se réveille trop. Mais ne dites jamais que les hommes sont méchants ; ne dites jamais qu'ils ont tel caractère. Cherchez l'épingle.


8 décembre 1922

Propos sur le bonheur (1928)

II
Irritation

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