Recherche présentée par








télécharger 70.98 Kb.
titreRecherche présentée par
date de publication13.04.2017
taille70.98 Kb.
typeRecherche
p.21-bal.com > loi > Recherche




Recherche présentée par :

Mme Liliane Ghazarian

Premier maître de langue française



Depuis deux décennies, la violence des jeunes dans les établissements scolaires est devenue une question de société. Les actes de violence scolaire sont désormais répertoriés, un observatoire les analyse et des plans antiviolence ont été mis en œuvre. Les sciences sociales s'interrogent sur le phénomène lui-même, mais aussi sur le regard que la société porte sur cette violence.

Est-ce un phénomène nouveau ?

La violence, à l'intérieur ou à l'extérieur des institutions scolaires, est une donnée permanente de l'histoire de la jeunesse à travers les âges. Au XIIIe siècle, les étudiants de la Sorbonne se battent à plusieurs reprises, à mains armées, avec les bourgeois parisiens, la police du prévôt de Paris, ou même, en 1278, avec les moines de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Au XIXe siècle, le lycée Louis-le-Grand a connu huit révoltes d'élèves (on disait alors « mutineries ») entre 1815 et 1883, dont plusieurs nécessitèrent l'intervention de la police parisienne. Plus près de nous, Hervé Hamon et Patrick Rotman ont comptabilisé, dans leur ouvrage Tant qu'il y aura des profs (1), les violences scolaires recensées par la presse entre 1979 et 1984. La liste est impressionnante et comprend, outre rackets, affrontements entre bandes et viols, trois meurtres, dont deux d'adultes.

Pour les historiens, la violence des jeunes au sein des établissements scolaires n'a donc rien de nouveau, comme d'ailleurs la violence des jeunes en général. Tout adulte qui garde un souvenir objectif des cours de récréation sait que la loi du plus fort s'y exerce souvent.

La violence scolaire prend en revanche à chaque époque des formes nouvelles, et la société y réagit à chaque fois en fonction de valeurs et de critères qui eux-mêmes évoluent.

Comment la mesure-t-on ?

L'enquête de Georges Tallon, qui portait sur 41 collèges, « en situation a priori difficile », et un échantillon représentatif de lycées professionnels, est longtemps restée la seule référence disponible. S'y sont ajoutés à partir de 1993 des recensements menés par le ministère de l'Intérieur et des rapports de parlementaires. C'est en 2001 que le ministère de l'Education nationale a mis en place le logiciel Signa qui permet de synthétiser l'ensemble des actes de violence signalés par les chefs d'établissement et dont les résultats sont disponibles chaque année (voir le tableau p. 13).

Le sociologue Eric Debarbieux, qui reconnaît l'utilité de ces données, en souligne tout de même deux défauts de nature contradictoire. Le premier est celui de « faire exister le phénomène en en parlant (2)(2) ». Autrement dit, le fait de publier une mesure des incidents violents de la vie scolaire peut alimenter une manipulation de l'opinion publique en faveur d'une politique sécuritaire. Mais il souligne aussi, à l'inverse, l'insuffisance des données administratives qui, selon lui, sous-estiment la réalité de la violence à l'école. Il plaide donc pour des enquêtes de « victimation » qui, comme le montre le tableau précité, donnent une autre dimension au phénomène. Il insiste enfin sur la nécessité d'éviter à la fois le piège de « la manipulation démagogique » et celui de « la négation » ou de « l'ignorance », au profit d'une approche raisonnée permettant de distinguer à la fois les différents types de violence et les différents contextes qui la produisent.

Depuis quand et pourquoi la mesure-t-on ?

La violence des jeunes à l'école n'a été reconnue en France comme un problème de société qu'à la fin des années 1970. Le premier rapport sur cette question, confidentiel, est rédigé par l'inspecteur général Georges Tallon en 1979 (voir le tableau p. 11). Il est difficile de ne pas voir ici la proximité avec une autre date, doublement emblématique: l'année 1975, qui voit à la fois s'ouvrir le collège unique et débuter la crise pétrolière. Autrement dit, les « nouveaux publics », entendons par là la totalité des enfants des milieux populaires et non plus seulement les plus méritants d'entre eux, sont admis en masse dans l'enseignement secondaire au moment même où leurs parents sont les premières victimes du chômage.

Signe du choc que représente l'arrivée des nouveaux publics au collège, les taux de redoublement augmentent spectaculairement entre 1975 et 1985 : de 6,5 % à 16,4 % en 5e, de 7,3 % à 14,3 % en 3e. Or certains jeunes des milieux populaires sont parfois porteurs d'une culture de l'affrontement physique comme affirmation virile de soi et preuve de courage. Nouvellement admis au collège, ils y importent avec eux cette brutalité potentielle, exacerbée par la dégradation de leurs conditions de vie et d'entrée dans la vie active.

A-t-elle augmenté ces dernières années?

Comme les statistiques disponibles reposent sur les signalements fournis par les chefs d'établissement, elles sont nécessairement dépendantes à la fois des stratégies de chacun et des injonctions de l'administration centrale. Ainsi, alors qu'à l'époque du rapport Tallon le ministère tendait plutôt à « nier l'évidence », comme le disaient H. Hamon et P. Rotman, la tendance est aujourd'hui inverse. Le seul fait d'avoir reconnu la violence et commencé à la mesurer a logiquement donné le sentiment qu'elle augmentait.

Une première certitude émerge cependant des études sur le sujet : les collèges et les lycées professionnels sont en première ligne, l'école primaire et les lycées généraux et technologiques sont beaucoup moins concernés. Une seconde certitude peut également être formulée : les violences « graves » (vols, racket, agressions armées, viols, destructions de biens), celles que les médias se complaisent justement à rapporter, demeurent rares. Ce qui domine, ce sont ce que l'on appelle aujourd'hui les « incivilités » (insultes et menaces) et les « violences physiques sans arme », c'est-à-dire ce que l'on aurait appelé autrefois l'insolence et les bagarres. Dernière certitude enfin, ce sont les jeunes eux-mêmes qui sont les premières victimes de cette violence, bien plus que les adultes des établissements. Certains sont victimes de ce que les Anglo-Saxons appellent le « schoolbullying », c'est-à-dire un harcèlement fait de brutalités et d'insultes quotidiennes, d'une suite continue de ce que l'on nomme aussi des « microviolences ». En ce qui concerne l'évolution générale de la violence scolaire, le tableau qu'en dressent E. Debarbieux et ses collaborateurs pourrait se résumer en une formule: moins fréquente mais plus grave. Ainsi, la proportion d'élèves se déclarant victimes de racket est passée de 9 % en 1995 à 6 % en 2003. Mais les victimes se plaignent d'une plus grande violence de ce racket, désormais pratiqué plus souvent en bande. E. Debarbieux constate que ce processus paradoxal de diminution quantitative et d'aggravation qualitative est corrélé avec la ghettoïsation de certains établissements concentrant les difficultés, notamment les problèmes de racisme, alors que la majorité des autres établissements reste plutôt paisible.

Peut-on en identifier les causes déterminantes?

« Après 1968, rien n'est plus pareil », écrit Jacques Pain (3). Le chercheur veut ainsi pointer la « libéralisation des mœurs de la société civile » qui fait que l'école doit affronter « une érosion en règle des racines normatives de la France contemporaine ». Les modèles éducatifs dominants sont désormais libéraux, ou démocratiques, tandis que l'autorité ne va plus de soi, que ce soient celle des adultes, des policiers, des juges, ou, de façon encore plus marquée, celle des enseignants ou des politiciens. A cette première évolution, J. Pain en corrèle deux autres. La première est celle de l'émergence de la société de consommation, qui fait de l'accès aux biens matériels une composante essentielle du sentiment de bien-être et d'égalité. La seconde est celle de la crise économique et sociale qui marginalise une proportion significative de la population en lui rendant l'accès au travail difficile, et par conséquent celui à la consommation.

Or ce sont bien parmi les enfants des catégories sociales qui accèdent le plus difficilement à la consommation que se recrutent les élèves les plus violents. Dans une forme de lutte des classes larvée, ces élèves, qui par ailleurs ne sont plus éduqués dans le respect automatique des adultes et des institutions, agressent ceux qu'ils perçoivent comme des privilégiés : aussi bien les bons élèves, qualifiés « d'intellos » ou de « bouffons », que les enseignants, dont une étude de Bernard Charlot avait montré qu'ils les comparaient volontiers aux hommes politiques (4).

Mais au-delà de cette interprétation en termes d'analyse globale de la société, les chercheurs soulignent que la violence scolaire est aussi le produit d'une rencontre entre les problèmes individuels de certains adolescents et des contextes locaux particuliers. Comme l'écrit E. Debarbieux, la majorité des élèves qui « vivent l'exclusion sociale » ne sont pas violents à l'école. La violence scolaire est donc aussi analysée en termes de « cumul de facteurs de risques » : problèmes familiaux, difficultés psychologiques, fréquentation de délinquants, effectifs des établissements et des classes, organisation de la vie des établissements, revendications ethniques ou religieuses...

L'école n'est-elle pas violente elle aussi ?

Pour expliquer les mutineries à répétitions des lycéens de Louis-le-Grand au XIXe siècle, l'historien Gustave Dupont-Ferrier écrivait en 1922 : « La discipline de la maison ne triomphait que par la force et n'agissait pas sur la conscience (5)(5) » Un demi-siècle plus tard, historiens et sociologues dénonceront abondamment le caractère contraignant et coercitif du fonctionnement des établissements scolaires. Silence dans les classes, élèves en rangs dans la cour, dialogue inexistant avec les adultes de l'établissement, toute-puissance des enseignants, travail réduit à la restitution passive des connaissances, les événements de mai 68 avaient résumé ce constat en un slogan efficace : le « lycée caserne ». La pratique de la punition corporelle était également dénoncée, même si elle demeurait essentiellement cantonnée à l'école primaire, et parfois aux ateliers des lycées professionnels.

Près de quarante ans après, il serait difficile de soutenir que rien n'a changé. Les élèves et leurs parents ont des délégués qui les représentent dans plusieurs instances des établissements, la parole avec les adultes est plus libre, les élèves circulent plus librement, et sont plus souvent incités à prendre la parole en classe.

Toute violence de l'institution a-t-elle pour autant disparu ? Pas sûr, si l'on en croît les spécialistes. J. Pain rappelle que l'école peut encore être le lieu « d'abus symboliques d'autorité », abus dont Pierre Merle a récemment dressé un tableau dans son livre L'Elève humilié (6). Remarques humiliantes, ironie blessante, jugements dévalorisants font selon cet auteur encore souvent parti de l'arsenal répressif de nombre d'enseignants. Les victimes en sont le plus souvent les élèves en difficulté, c'est-à-dire majoritairement ceux d'origine sociale modeste. Certaines violences physiques peuvent aussi être une réponse à la violence symbolique de l'institution.

La violence scolaire est-elle un phénomène international ?

Le seul fait que l'on utilise une expression anglaise, le « schoolbullying », pour désigner une des formes les plus courantes de la violence scolaire entre élèves suffit à répondre à la question posée : tous les pays sont concernés par la violence scolaire. Et, comme en France, il convient de se méfier de l'image qu'en donnent les médias, centrés sur les massacres spectaculaires tels que celui qui a fait le sujet du célèbre documentaire de Michael Moore, Bowling for Columbine (2002). E. Debarbieux montre que ces massacres, qui se sont produits pendant tous le XXe siècle dans plusieurs pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon, Allemagne), restent tout à fait exceptionnels et non représentatifs de la violence courante des établissements scolaires, qui partout se concentre dans les établissements des quartiers les plus pauvres.

Plus surprenants sont les résultats d'enquêtes menées par les collaborateurs d'E. Debarbieux dans des pays pauvres, en l'occurrence le Brésil, le Burkina Faso et Djibouti. La violence scolaire est dans ces pays moins fréquente que dans la plupart des pays riches. La pauvreté explique en partie le phénomène : enfants et adolescents vont moins longtemps à l'école, à la fois dans la journée et en nombre d'années ; les risques d'incidents violents sont donc arithmétiquement moins élevés. Mais E. Debarbieux formule aussi une autre hypothèse : dans ces pays, des communautés soudées et solidaires ont subsisté (villages ou favelas), et les écoles bénéficient de ce « lien de proximité qui produit une régulation forte ». Hypothèse qui a le mérite de rappeler un des points communs à toutes les études sur la violence scolaire : quel que soit le contexte national, c'est dans les établissements où les équipes éducatives sont à la fois solidaires et bienveillantes que la violence des élèves est la moins fréquente.

La violence scolaire prend de nouvelles formes. Quelles sont les origines de cette agressivité montante ? La violence en milieu scolaire est-elle révélatrice d’un mal-être à multiples facettes ?

 

Suppression massive de l’effectif

Surveillants, professeurs, conseillers principal d’éducation, conseillers d’orientation et psychologues manquent cruellement dans les établissements scolaires. En 2002, le Forum des associations de résistance pour l'école affirmait que «le ratio de personnel de surveillance dans les collèges et lycées est passé de 1 surveillant pour 125 élèves en 1962 à 1 surveillant pour 300 élèves aujourd'hui».

 

Surcharge d’élèves dans les classes

Des classes surchargées ne permettent pas un apprentissage dans de bonnes conditions. Le candidat MoDem dans la région Ile-de-France, Alain Dolium, pense que la sécurité passe par «des établissements plus petits». Pour lui, «il ne faut pas dépasser 2 000 gamins par établissement».

 

Formation du corps enseignant

Souvent trop proches sociologiquement, les professeurs et les surveillants n’ont pas l’autorité nécessaire pour travailler dans de bonnes conditions. Trop peu formés à la pédagogie, les professeurs n’ont pas appris à réagir face à la violence.

Décrochage scolaire

Les jeunes s’ennuient. En France, ils sont plus de 45 % à ne pas se sentir à leur place à l’école. L’inoccupation et l’inactivité est une des causes principale de l’échec scolaire. En quête d’adrénaline, c’est souvent dans la violence que certains jeunes se réfugient.

 

Problème de socialisation

« Les gamins ne respectent plus la spécificité de ce lieu qui doit être un site d’apprentissage (…) Il faut réapprendre aux jeunes que quand on est au lycée, on est en dehors de la vie courante, qu’il y a des règles à respecter », affirme Yves Michaud, philosophe, spécialiste de la violence.

Insécurité

Il y a les lycées privilégiés qui disposent d’une enceinte sécurisée, de caméras et de sonnette à l’entrée. Et il y a les autres. Seules des cartes d’accès permettent d’éviter les intrusions dans les établissements. Mais, sont-elles vraiment contrôlées ? Pour répondre aux agressions à répétitions dans les lycées, Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche exige «de la vidéoprotection, des clôtures et du gardiennage». Pour Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d’Ile-de-France, «ce qui compte, c’est la présence humaine».

Les parents démissionnent

Aujourd’hui et plus que jamais, la cellule familiale est fragilisée. Diminution du temps consacré aux enfants, disparition de l’autorité parentale, divorces… Tant de facteurs qui expliquent la perte de repères structurants pour l’enfant. Les parents ont parfois du mal à inculquer à leur enfant le respect du maître sans lequel il n’est pas de transmission des savoirs possible.

 

Des jeunes en crise d’identité

Les jeunes grandissent dans une société où ils peinent à trouver leurs repères. Le mal-être causé par la non-reconnaissance de soi et le sentiment de rejet peut conduire certains jeunes vers des formes de violences et de délinquance.

 

Causes sociales

La violence peut être une manière d’exprimer leur révolte face aux inégalités sociales et aux discriminations dont ils souffrent.

 

Médias

Avec l’explosion des médias, les enfants sont constamment exposés à la banalisation de la violence. La téléréalité participe également à l’apparition de nombreux phénomènes d’influence et d’imitation.

 

Une justice trop clémente ?

Lorsqu'un mineur commet une infraction, il est soumis à un statut juridique particulier. En France, le mineur âgé de moins de 13 ans ne peut être condamné à une peine. Les adolescents de 13 à 18 ans sont responsables en matière pénale. Toutefois, ils bénéficient de l’excuse de minorité qui diminue de moitié la peine maximale encourue.

Selon le Code Pénal, la violence représente “des atteintes à l’intégrité physique ou psychique de la personne”.

La violence, c’est tout ce qui porte atteinte à autrui, à travers les mots, les coups ou la contrainte. Voilà pourquoi il est nécessaire de dire qu’elle commence dès lors qu’une personne se sent humiliée, même par une insulte ou par une simple bousculade .Les violences sont souvent causées par des conflits banals et plus tard, on se dit : “ C’était vraiment stupide. Pourquoi j’ai réagi comme ça ? Si j’avais su, j’aurais plutôt fait ou dit ça’’.

 

Comment se manifeste la violence ?
La violence a des formes variées : le harcèlement moral, c’est-à-dire le dénigrement systématique, la violence verbale par les injures, la discrimination (le racisme, le sexisme et l’homophobie), la violence physique à travers les coups et blessures, les vences sexuelles, les violences contre soi-même (troubles alimentaires, toxicomanie, suicide).

Dans notre société, les violences faites aux personnes sont nombreuses.
Pour changer les mentalités, il est très important de prendre du recul par rapport aux images fictives ou réelles de violence dont la télé nous sature.

 

Les différents types de violences

 


Certaines violences sont plus difficiles à déceler que d’autres. Mais elles peuvent être tout aussi traumatisantes, surtout si elles deviennent habituelles. Rien ne doit être pris à la légère. Cela peut être une simple bousculade ou des violences plus graves quand cela cause des blessures physiques.

  • La violence verbale passe par les mots. Elle consiste à humilier l’autre par des messages de mépris, d’intimidation ou des menaces d’agression physique. Elle peut se traduire par des interdictions, du chantage, des ordres... Elle vise à créer un état de tension chez la victime et à la maintenir dans un état de peur et d’insécurité. Elle blesse moralement la personne, plus ou moins profondément.




  • La violence psychologique regroupe tout ce qui concerne l’humiliation. Plus diffuse que la violence verbale, elle passe davantage par des attitudes. Elle a pour effet de dénigrer, de dévaloriser et d’humilier une personne. Elle s’exprime parfois par une relation punitive qui consiste à ignorer la présence de l’autre ou à refuser de communiquer. Cette forme de violence est destructrice et ne se traduit pas toujours de manière verbale.




  • La violence physique atteint l’autre dans son intégrité corporelle. Elle peut prendre la forme de violences légères (une bousculade…) ou de violences beaucoup plus graves, quand elle cause des blessures physiques ou quand il s’agit d’atteintes sexuelles. Les atteintes sexuelles ont toujours un retentissement psychique.

 

Qu’est-ce que la “ loi du silence ”?

 


La loi du silence, c’est quand chacun subit sans rien dire, sans que personne ne se révolte contre la violence. Cette loi du silence s’est installée peu à peu. Les agresseurs peuvent ainsi faire régner l’ordre en profitant de la peur qu’ils inspirent.

Briser la loi du silence est le premier pas pour faire reculer la violence.

 
Pourquoi la violence est-elle interdite par la loi ?

Nous avons tous des droits en tant que citoyens, individuellement et collectivement.

Ces droits doivent être respectés, sinon c’est le droit du plus fort qui règne. Dans ce cas certaines personnes pensent pouvoir prendre tous les droits en bafouant ceux des autres.

C’est pourquoi il est très important de faire respecter la loi dans tous ses aspects, c’est-à-dire aussi bien les droits que les devoirs.
Quand la loi n’est pas respectée, les sanctions judiciaires prennent différentes formes en fonction de l’infraction (amendes, peines de prison, etc...).


Etre violent, cela a des conséquences


Quand on commet des actes de violence envers d’autres lycéens ou envers d’autres membres de la communauté scolaire, on s’expose à des punitions scolaires ou à des sanctions disciplinaires .La liste des sanctions disciplinaires s’échelonne de l’avertissement, au blâme, à l’exclusion temporaire (maximum un mois) assortie ou non d’un sursis, jusqu’à l’exclusion définitive (assortie ou non d’un sursis). Cette liste doit figurer au règlement intérieur du lycée. Le proviseur lui-même ou le conseil de discipline convoqué par le proviseur (en fonction des cas) décide de la sanction selon la gravité des actes commis. Le proviseur peut prononcer seul toutes les sanctions jusqu’à huit jours d’exclusion .

Le conseil de discipline est l’instance convoquée pour décider d’une sanction éducative dans les cas graves de manquement aux obligations et d’atteinte aux personnes. Les sanctions doivent systématiquement être expliquées à l’élève et à sa famille, de façon à ne pas donner l’impression d’une mesure arbitraire ou d’une injustice. Il est important d’instaurer une réflexion collective sur les sanctions. Par exemple, l’exclusion du lycée n’est à envisager que pour les cas graves, s’il est manifeste que la victime et l’agresseur ne doivent pas cohabiter dans le même établissement. Car mettre un adolescent hors de l’école peut avoir des conséquences négatives (rejet de toutes formes d’études ou au contraire sentiment de glorification).
La réparation est aussi une sanction disciplinaire (travail d’intérêt scolaire, actions à caractère éducatif, travail d’intérêt collectif). C’est une sanction plus pédagogique, où l’élève s’implique davantage par rapport au collectif (décrets et circulaires cités plus haut et la circulaire 97-085 du 27/03/97).
La réparation peut prendre la forme de soutien scolaire, de réparation de dégâts de matériels commis, etc...



Comment résoudre un conflit pacifiquement ?


C’est normal d'avoir des sentiments parfois très forts. La colère est une émotion qu'on peut ressentir régulièrement, parce qu'on est déçu ou qu'on a l’impression de subir une injustice. Mais lorsqu'on a un conflit avec quelqu'un, il y a plusieurs manières de réagir. Contrôler ses sentiments, c’est très difficile. Par contre, on peut maîtriser ses réactions et trouver d’autres solutions. Lorsqu'on est au coeur d’un conflit ou qu'on en est témoin, la réaction que l'on adopte est déterminante pour l'issue du problème. Fgh de subir une injustice

Ce qu’il vaut mieux faire


  • Essayer de calmer la discussion houleuse ou la bagarre.

  • Commencer à parler en installant un échange.

  • Faire intervenir une personne extérieure au conflit (ça garantit une certaine objectivité) pour servir d'intermédiaire, de médiateur.

  • Demander des conseils à un adulte en qui on a confiance (un parent ou une personne du lycée si ça se passe dans l'établissement scolaire).

  • Trouver un compromis entre les personnes mises en cause.

 

Que faire quand on est victime d’un acte de violence ?

Comment se comporter ?

Quand on est victime, on est tellement choqué qu’on a tendance à se recroqueviller sur soi. Mais c'est justement le moment de se tourner vers les autres, vers ceux en qui on a confiance, pour leur demander de l’aide.

Parler permet déjà d’aller mieux et de ne pas gérer seul une situation difficile. Cela permet aussi de comprendre qu’on a besoin d’être soutenu par un adulte voire par un professionnel (par exemple un psychologue).

  • Ne pas avoir honte.

  • Ne surtout pas se sentir coupable de quoi que ce soit quand on est victime. Lutter contre les pensées du type : “Si cette personne s'en est pris à moi, il y a bien une raison … Je ne suis pas assez ceci, je suis trop cela…”. C'est ce que recherche l’agresseur.

  • Eviter de rester seul, pour faire comprendre qu'on sera défendu en cas d’agression.

  • Eviter tout ce qui peut déclencher de nouvelles violences : injures, coups…

Les démarches à engager



Chaque cas est particulier .Chaque cas de violence est particulier, c’est pourquoi il faut bien choisir ses interlocuteurs. De la même façon, chaque individu est unique. Il est donc important de se tourner vers des personnes de confiance. Vous trouverez des informations concrètes dans les fiches pratiques sur les différent types de violence .Si vous êtes victime de violence, vous devez surtout faire respecter vos droits, en engageant les démarches adéquates selon la nature et la gravité de ce que vous avez subi.
Il faut donc envisager des suites juridiques ou disciplinaires (à l’intérieur du lycée), voire les deux.

 

Informer l’établissement scolaire



Il est très important de tenir au courant les responsables au sein du lycée. C’est même indispensable quand les actes de violence ont eu lieu dans l’enceinte de l’établissement. Ils effectuent donc, eux aussi, des démarches vis-à-vis de la justice.

  • Ils peuvent mettre en oeuvre une politique de prévention de la violence en travaillant avec les élèves, les parents, la ville, la police, la justice…

  • Ils peuvent sanctionner, notamment en demandant une réparation par des travaux d’intérêt éducatif qui permettent de réparer symboliquement les actes commis, auprès de la victime et de tout le lycée.

  • Ils peuvent convoquer le conseil de discipline.

 

Que faire quand on est victime d'un acte de violence ?



Nul ne peut donc vous empêcher de déposer plainte quand vous avez subi une infraction. Mais si vous souhaitez simplement signaler un acte à la police, vous pouvez déposer une plainte..L’enregistrement de la plainte vise à rassembler les éléments nécessaires pour établir les faits, donc identifier le ou les agresseurs et envisager des sanctions judicaires en fonction de la gravité de l’acte commis.

Il est préférable de porter plainte le plus tôt possible.

  • Si vous avez des témoins de votre agression, ils peuvent venir témoigner et soutenir votre plainte.

  • Si vous ne souhaitez pas porter plainte immédiatement pour certaines raisons, vous disposez d’un délai en cas de viol de vingt ans à partir de la majorité. Cependant, mieux vaut porter plainte tout de suite car cela sera plus efficace .

  • Il faut que vous sachiez aussi que la plainte ne résout pas tout . Cette démarche ne répare pas toujours complètement le choc que vous avez subi.

La peur des représailles


Les représailles sont des violences que l’on risque de subir de la part de quelqu’un qui cherche à se venger des démarches engagées par une victime. La peur des représailles a pour conséquence la loi du silence : on préfère se taire plutôt que d’être une fois encore victime. Pourtant, si personne n’est au courant des faits, ils peuvent se reproduire à tout moment.

Les représailles existent. Mais elles peuvent être évitées :

  • Il est important d’être soutenu et accompagné dans ses démarches, donc d’éviter le repli sur soi et de faire appel à des adultes si on a peur des représailles.

  • Si vous avez des raisons sérieuses de craindre des représailles, ou que vous recevez des menaces, prévenez les responsables de votre établissement ou la police.

  • Dès que la police et l’établissement sont informés de l’agression, toute autre attaque alourdit de manière importante le dossier de l’agresseur : il risque une sanction plus sévère.

 

Briser la loi du silence



Essayer de convaincre le lycéen victime de violence de se confier à un adulte.

  • S’il n’est pas prêt à parler pour le moment, se renseigner sur les démarches à effectuer.

  • Signaler l’acte de violence à des correspondants contre la violence ou à des adultes du lycée.

Accompagner la victime



Toute personne ayant subi une agression a besoin d’être encouragée et accompagnée dans ses démarches. Après avoir demandé réparation, une victime se sent mieux. Mais le fait d’aller voir le proviseur, de se rendre au commissariat, peut raviver sa douleur. Il est donc important de ne pas la laisser seule et de l’accompagner dans toutes ses démarches.

Pourquoi il faut en parler


Pour se soulager d’un poids.

Pour aider à bien comprendre ce qui s’est passé et prendre du recul.

Pour obtenir des conseils (on ne peut pas penser à tout).

Pour entamer des démarches afin de faire respecter ses droits .

Parce qu’un acte de violence ne doit pas rester sans réponse d’une autorité, quelle qu’elle soit.

Parce qu’on est très rarement la seule victime de la violence d’une personne : ce n’est jamais un problème individuel. Beaucoup de jeunes ne veulent pas parler des violences qu’ils subissent car ils pensent qu’ils vont être rejetés par les autres et vus comme des “ balances ”. Ce mot est souvent utilisé comme si la vie ressemblait à un téléfilm policier. Mais dans la “vraie vie”, parler des problèmes de violence qu’on rencontre, c’est faire respecter ses droits et ceux des autres. C’est agir concrètement pour que les actes de violence diminuent vraiment. Sinon, cela veut dire qu’on laisse s’installer un climat malsain, comme si les victimes étaient coupables alors que c’est le contraire.

 

A qui parler ?
Quand on est lycéen, on côtoie forcément de nombreuses personnes (parents, copains, professeurs, proviseur…). On a toujours quelqu’un à qui parler, une personne à qui on peut faire confiance.


Il est essentiel de se tourner vers une de ces personnes. Cela dépend des relations qu’on a avec son entourage. Selon la loi, tout citoyen majeur doit porter secours aux personnes en danger.

Un adulte a des responsabilités qui l’obligent à agir. Selon l’Article 40 du Code de Procédure Pénal, un fonctionnaire de l’Etat a, de plus, l’obligation de donner avis au Procureur de la République de tous les crimes et délits dont il aurait connaissance.

 

Il est important :




  • De ne pas se sentir responsable.

  • De ne pas croire qu’on peut tout résoudre seul.

  • De surmonter la difficulté de parler et la peur d’être incompris par les adultes.

  • De ne pas craindre d’être puni et de ne pas avoir honte.

Les parents et les proches



Il n’y a aucune honte à demander de l’aide à ses parents, quel que soit son âge. On a parfois peur de leur réaction, on n’aime pas qu’ils soient au courant de tout ce qui nous arrive. Mais c’est leur rôle de vous soutenir et d’effectuer certaines démarches avec vous. Alors il faut se confier à eux quand on rencontre ce type de difficultés, leur faire confiance. Quand il s’agit de problèmes graves, il est d’autant plus conseillé de s’adresser à ses parents que leur aide est indispensable, surtout si on est mineur.

Les copains du lycée



Il peut sembler plus simple de parler à un lycéen, qui connaît les mêmes personnes que nous dans l’établissement et qui est confronté aux mêmes problèmes. Mais, quand la situation est grave, il faut toujours en référer à un adulte.

 Les adultes du lycée

  • L’enseignant passe beaucoup de temps avec ses élèves. Il est en première ligne pour repérer des comportements violents ou constater qu’un élève va mal, si ses notes chutent ou qu’il s’isole .

  • Le conseiller principal d’éducation traite en tant qu’éducateur les conflits, il prévient la violence et peut sanctionner certains comportements. En tant quresponsable de la vie scolaire, c’est l’interlocuteur privilégié des élèves.

  • Le proviseur est le garant de la loi à l’intérieur de l’établissement. Il veille à l’application du règlement intérieur du lycée. Il reçoit les victimes de violences et leur apporte le soutien matériel et moral de la communauté scolaire. Il prend l’initiative de sanctionner les comportements violents par des mesures éducatives ou disciplinaires conformément au règlement intérieur du lycée.Il doit transmettre à la justice tous les crimes et délits, tout incident grave pénalement répréhensible (article 40 du Code de procédure pénale). Son rôle propre ainsi que les partenaires dont il sollicite l’aide sont définis par les circulaires interministérielles des 14 mai 1996 et 2 octobre 1998, ainsi que par la circulaire du 26 mai 1996 qui précise les services de prévention en faveur des élèves (plus particulièrement la circulaire du 25/07/01 spécifique à la région parisienne parle du partenariat ).

  • Le médecin et l’infirmier scolaires ont un rôle important de prévention. De plus, ils suivent les élèves tout au long de leur scolarité. Ils sont vigilants face aux conduites à risque.

  • L’assistant social cherche à prévenir la violence. Son rôle est de protéger les jeunes en difficulté personnelle, familiale, sociale ou en danger. C’est le seul professionnel de l’institution scolaire habilité à se rendre dans les familles.

  • Les surveillants et aides éducateurs : ces personnels, souvent des jeunes adultes poursuivant des études supérieures, jouent un rôle d’animation, d’aide et de conseil auprès des élèves.

  • Les personnels administratifs, ouvriers et de service ont un rôle fondamental dans le fonctionnement matériel de l’établissement. Ils doivent souvent jouer un rôle de tuteur pour les actions de réparation.




similaire:

Recherche présentée par iconTHÈse pour le diplôme d’État de docteur en médecine par nom : levy...
«pertinence du dosage de la vitamine d en medecine generale : etude pilote realisee entre decembre 2012 et juillet 2013»

Recherche présentée par iconThèse présentée à la Faculté des études supérieures de l’Université de Montréal

Recherche présentée par iconThèse de doctorat présentée dans la Faculté de Philosophie de l'Université...

Recherche présentée par iconThèse présentée et soutenue publiquement à la Faculté des Antilles...

Recherche présentée par iconRecherche point d’équivalence par conductimétrie

Recherche présentée par iconBilan de l’activité de recherche et des résultats obtenus par l’unité

Recherche présentée par iconDescription
«Technology Leadership» recherche 1 stagiaire pour son Centre de Recherche et Développement basé à Méru

Recherche présentée par iconLe service de Médecine Physique et Réadaptation du chu de Caen recherche...

Recherche présentée par iconRecherche 34 unités de recherche labellisées (dont 14 unités partagées avec cnrs, Inserm, Inra)

Recherche présentée par iconCandidatez pour une allocation doctorale de recherche financée par...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
p.21-bal.com