Un homme vêtu de noir entra tout à coup dans la cuisine. On distinguait, aux dernières lueurs du crépuscule, qu’il avait la figure rubiconde et le corps athlétique








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titreUn homme vêtu de noir entra tout à coup dans la cuisine. On distinguait, aux dernières lueurs du crépuscule, qu’il avait la figure rubiconde et le corps athlétique
date de publication22.10.2016
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Bournisien:http://flaubert.revues.org/docannexe/image/2356/img-3-small480.jpg
p.140, II, 1: Première apparition:

"Un homme vêtu de noir entra tout à coup dans la cuisine. On distinguait, aux dernières lueurs du crépuscule, qu’il avait la figure rubiconde et le corps athlétique".

Hostilité immédiate d'Homais, qui met en évidence la force du personnage: " Envoyez donc vos filles en confesse à des gaillards d’un tempérament pareil ! Moi, si j’étais le gouvernement, je voudrais qu’on saignât les prêtres une fois par mois. Oui, Mme Lefrançois, tous les mois, une large phlébotomie, dans l’intérêt de la police et des mœurs !".

p.155, II,3: lors du baptême de Berthe.

"Le soir de la cérémonie, il y eut un grand dîner ; le curé s'y trouvait ; on s'échauffa. M. Homais, vers les liqueurs, entonna le Dieu des bonnes gens. M. Léon chanta une barcarolle, et madame Bovary mère, qui était la marraine, une romance du temps de l'Empire ; enfin M. Bovary père exigea que l'on descendît l'enfant, et se mit à le baptiser avec un verre de champagne qu'il lui versait de haut sur la tête. Cette dérision du premier des sacrements indigna l'abbé Bournisien ; le père Bovary répondit par une citation de la Guerre des dieux, le curé voulut partir ; les dames suppliaient ; Homais s'interposa ; et l'on parvint à faire rasseoir l'ecclésiastique, qui reprit tranquillement, dans sa soucoupe, sa demi-tasse de café à moitié bue".

Le Dieu des bonnes gens: chanson de Béranger

La guerre des Dieux: chanson antireligieuse (1799, le Chevalier de Parny).

p. 176, II, 6: Entrevue avec Emma

Mme Bovary se rend à l'église, à la recherche d'un certain réconfort. La conversation avec Bournisien témoigne d'une incompréhension totale. Le personnage est ridiculisé (son apparence physique, sa manière de traiter les enfants du catéchisme, son humour "Mon Riboudet") mais il évoque aussi le sort de ceux qui, à l'inverse de Mme Bovary, connaissent une vraie misère matérielle. De fait, Bournisien semble incapable de concevoir l'existence d'une souffrance spirituelle ou morale, bien qu'il se considère comme le "médecin des âmes" alors que Charles Bovary serait celui des corps.

"La lueur du soleil couchant qui frappait en plein son visage pâlissait le lasting de sa soutane, luisante sous les coudes, effiloquée par le bas. Des taches de graisse et de tabac suivaient sur sa poitrine large la ligne des petits boutons, et elles devenaient plus nombreuses en s'écartant de son rabat, où reposaient les plis abondants de sa peau rouge ; elle était semée de macules jaunes qui disparaissaient dans les poils rudes de sa barbe grisonnante. Il venait de dîner et respirait bruyamment.

 – Comment vous portez-vous ? ajouta-t-il.

 – Mal, répondit Emma ; je souffre.

Eh bien, moi aussi, reprit l'ecclésiastique. Ces premières chaleurs, n'est-ce pas, vous amollissent étonnamment ? Enfin, que voulez-vous ! nous sommes nés pour souffrir, comme dit saint Paul. Mais, M. Bovary, qu'est-ce qu'il en pense ?

 – Lui ! fit-elle avec un geste de dédain.

Quoi ! répliqua le bonhomme tout étonné, il ne vous ordonne pas quelque chose ?

 – Ah ! dit Emma, ce ne sont pas les remèdes de la terre qu'il me faudrait.

Mais le curé, de temps à autre, regardait dans l'église, où tous les gamins agenouillés se poussaient de l'épaule, et tombaient comme des capucins de cartes".

p.249 II, 11: au moment de l'opération d'Hippolyte.

Bournisien essaie de ramener Hippolyte à la religion, mais ne semble guère ému par sa souffrance. L'opposition avec Homais s'accentue: Flaubert met en place la rivalité ridicule entre les deux personnages.

L'abbé Bournisien, apprenant qu'il empirait, fit demander à le voir. Il commença par le plaindre de son mal, tout en déclarant qu'il fallait s'en réjouir, puisque c'était la volonté du Seigneur, et profiter vite de l'occasion pour se réconcilier avec le ciel.

 – Car, disait l'ecclésiastique d'un ton paterne, tu négligeais un peu tes devoirs ; on te voyait rarement à l'office divin ; combien y a-t-il d'années que tu ne t'es approché de la sainte table ? Je comprends que tes occupations, que le tourbillon du monde aient pu t'écarter du soin de ton salut. Mais à présent, c'est l'heure d'y réfléchir. Ne désespère pas cependant ; j'ai connu de grands coupables qui, près de comparaître devant Dieu (tu n'en es point encore là, je le sais bien), avaient implorés sa miséricorde, et qui certainement sont morts dans les meilleures dispositions. Espérons que, tout comme eux, tu nous donneras de bons exemples ! Ainsi, par précaution, qui donc t'empêcherait de réciter matin et soir un «Je vous salue, Marie, pleine de grâce», et un «Notre Père, qui êtes aux cieux» ? Oui fais cela ! pour moi, pour m'obliger. Qu'est-ce que ça coûte ?... Me le promets-tu ?

 Le pauvre diable promit. Le curé revint les jours suivants. Il causait avec l'aubergiste et même racontait des anecdotes entremêlées de plaisanteries, de calembours qu'Hippolyte ne comprenait pas. Puis, dès que la circonstance le permettait, il retombait sur les matières de religion, en prenant une figure convenable.

Son zèle parut réussir ; car bientôt le stréphopode témoigna l'envie d'aller en pèlerinage à Bon-Secours, s'il se guérissait : à quoi M. Bournisien répondit qu'il ne voyait pas d'inconvénient ; deux précautions valaient mieux qu'une. On ne risquait rien".

p.281: II, 14: au moment de la convalescence de Mme Bovary

"C'était à cette heure-là que M. Bournisien venait la voir. Il s'enquérait de sa santé, lui apportait des nouvelles et l'exhortait à la religion dans un petit bavardage câlin qui ne manquait pas d'agrément. La vue seule de sa soutane la réconfortait".

Cependant Bournisien est très vite perplexe devant la ferveur religieuse particulière de Mme Bovary et ne sait comment y répondre. Les ouvrages qu'il lui envoie ne sont pas du tout adaptés: ils se révèlent trop simples ou trop compliqués pour un personnage comme Emma, dont les aspirations religieuses restent liées à une très grande sensualité.

p.286: II, 14: à propos du spectacle de Lucie de Lammermoor, au théâtre de Rouen

La querelle entre Bournisien et Homais au sujet du théâtre et des spectacles. Bournisien ne discute pas réellement, il se contente d'affirmer son obéissance aux directives de l'Eglise. Quant à Homais, il finit par évoquer comme toujours l'existence de prêtres ivrognes, coureurs, débauchés, ainsi que l'immoralité de certains passages bibliques.

p.345, III, 5: Bournisien, venu à Rouen dépose à l'hôtel de de la Croix Rouge le châle que Charles lui a confié pour sa femme.
p. 398: III, 8: lors de l'agonie d'Emma, lorsque Bournisien vient lui administrer l'extrême onction.
p. 405, III, 9, lors de la veillée funèbre.

Querelle entre Homais et Bournisien:

 " Lisez Voltaire ! disait l'un ; lisez d'Holbach, lisez l'Encyclopédie !

 – Lisez les Lettres de quelques juifs portugais ! disait l'autre ; lisez la Raison du christianisme, par Nicolas, ancien magistrat !
      Ils s'échauffaient, ils étaient rouges, ils parlaient à la fois sans s'écouter ; Bournisien se scandalisait d'une telle audace ; Homais s'émerveillait d'une telle bêtise ; et ils n'étaient pas loin de s'adresser des injures, quand Charles, tout à coup, reparut. Une fascination l'attirait. Il remontait continuellement l'escalier
".

La querelle se poursuit encore la nuit suivante:

p .407: "Alors Homais le félicita de n'être pas exposé, comme tout le monde, à perdre une compagne chérie ; d'où s'ensuivit une discussion sur le célibat des prêtres.

 – Car, disait le pharmacien, il n'est pas naturel qu'un homme se passe de femmes ! On a vu des crimes...

Mais, sabre de bois ! s'écria l'ecclésiastique, comment voulez-vous qu'un individu pris dans le mariage puisse garder, par exemple, le secret de la confession ?

Homais attaqua la confession. Bournisien la défendit ; il s'étendit sur les restitutions qu'elle faisait opérer. Il cita différentes anecdotes de voleurs devenus honnêtes tout à coup. Des militaires, s'étant approchés du tribunal de la pénitence, avaient senti les écailles leur tomber des yeux. Il y avait à Fribourg un ministre...

 Son compagnon dormait. Puis, comme il étouffait un peu dans l'atmosphère trop lourde de la chambre, il ouvrit la fenêtre, ce qui réveilla le pharmacien.

 – Allons, une prise ! lui dit-il. Acceptez, cela dissipe.

Des aboiements continus se traînaient au loin, quelque part.

  – Entendez-vous un chien qui hurle ? dit le pharmacien.

  – On prétend qu'ils sentent les morts, répondit l'ecclésiastique. C'est comme les abeilles : elles s'envolent de la ruche au décès des personnes. Homais ne releva pas ces préjugés, car il s'était rendormi.

 M. Bournisien, plus robuste, continua quelque temps à remuer tout bas les lèvres ; puis, insensiblement, il baissa le menton, lâcha son gros livre noir et se mit à ronfler.

Ils étaient en face l'un de l'autre, le ventre en avant, la figure bouffie, l'air renfrogné, après tant de désaccord se rencontrant enfin dans la même faiblesse humaine ; et ils ne bougeaient pas plus que le cadavre à côté d'eux, qui avait l'air de dormir"

La fin de cette veillée funèbre voit les deux hommes au matin devant le fromage la brioche et la bouteille d'eau de vie préparés par Félicité:  "et, au dernier petit verre, le prêtre dit au pharmacien, tout en lui frappant sur l'épaule :

Nous finirons par nous entendre !"

p. 411, III, 10: lors de l'enterrement de Mme Bovary

"Et, assis dans une stalle du choeur, l'un près de l'autre, ils virent passer devant eux et repasser continuellement les trois chantres qui psalmodiaient. Le serpent soufflait à pleine poitrine. M. Bournisien, en grand appareil, chantait d'une voix aiguë ; il saluait le tabernacle, élevait les mains, étendait les bras. Lestiboudois circulait dans l'église avec sa latte de baleine ; près du lutrin, la bière reposait entre quatre rangs de cierges. Charles avait envie de se lever pour les éteindre".

A propos de la "latte de baleine": explication proposée sur le site: http://flaubert.univ-rouen.fr/bulletin/bulle49.php

"Voici donc un fragment de l'ouvrage d'Emile de La Bedollière, Les Industriels, métiers et professions en France: 
"Dans les paroisses parisiennes, le bedeau portait autrefois une règle en baleine, et une robe dont la couleur variait suivant que l'église était sous l'invocation d'un martyr, d'une vierge, ou d'un saint roi. Il est vêtu aujourd'hui d'un habit noir à la française, d'un gilet veste, d'une cravate blanche, d'une culotte courte, et de bas de soie noire. Il a au coté une épée à poignée d'acier et à la main un petit bâton d'ébène garni d'argent" (Janet, 1842, p.6).

L'emploi de la latte n'est pas décrit explicitement, mais il devient clair d'après "la fonction des Suisses" qui doivent, entre autres, "ouvrir le passage a l'ecclésiastique qui fait la quête [et] amener Messieurs les membres de la fabrique à l'offrande, et les reconduire à leur place" (p.2) Il sert donc a écarter la foule. Il y a aussi une vignette (d'Henri Monnier) représentant le bedeau avec son petit bâton (de 30-40 cm) à la main droite".

p.421: dernière apparition de Bournisien:

"On le vit pendant une semaine entrer le soir à l'église. M. Bournisien lui fit même deux ou trois visites, puis l'abandonna. D'ailleurs, le bonhomme tournait à l'intolérance, au fanatisme, disait Homais ; il fulminait contre l'esprit du siècle, et ne manquait pas, tous les quinze jours, au sermon, de raconter l'agonie de Voltaire, lequel mourut en dévorant ses excréments, comme chacun sait".

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