Michel-alain combes la terre bombardéE version 1 / 2013








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1803 : la chute de pierres de L'Aigle,
le tournant décisif


Le tournant décisif est associé à la fameuse pluie de pierres de L'Aigle dans le département de l'Orne, en Normandie. C'est elle qui permit enfin la reconnaissance "officielle" des chutes de pierres par la communauté scientifique de l'époque, hostile dans sa grande majorité. Elle eut lieu le 26 avril 1803, à 13 heures. Devant plusieurs centaines de témoins éberlués mais nullement incrédules, 2000 à 3000 pierres tombèrent du ciel, dans une zone elliptique de 11 x 4 km. La plus grosse d'entre elles pesait environ 9 kg, alors que le poids total des fragments récupérés n'excédait pas 37 kg. La grosse majorité des pierres était donc de tout petits fragments, dont beaucoup furent ramassés par les témoins tout de suite après la chute, " alors qu'ils étaient encore chauds et sentaient le soufre ", comme ils le racontèrent à Jean-Baptiste Biot.

C'est ce physicien français, âgé de 29 ans seulement à l'époque, et qui venait juste d'être nommé membre titulaire de l'Académie des sciences, qui fut officiellement chargé par le gouvernement de l'époque, dirigé par Jean Chaptal (1756-1832), qui était avant tout un chimiste et qui s'intéressa personnellement à l'affaire, d'aller enquêter sur place, suite à la chute de pierres, dont l'écho et quelques spécimens étaient parvenus très vite à Paris.

Dans un rapport célèbre (22), publié en 1806 seulement, et constamment utilisé depuis lors par tous les auteurs qui ont traité du sujet, Biot a raconté en grand détail tout ce qu'il a appris des multiples témoins qu'il a lui-même interrogés et par son enquête minutieuse sur le terrain. Il visita plus de vingt hameaux dispersés dans la zone d'impact et entendit partout la même histoire.

" Le mardi 6 floréal an 11 [26 avril 1803] vers une heure après-midi, le temps étant serein, on aperçut de Caen, de Pont-Audemer et des environs d'Alençon, de Falaise et de Verneuil, un globe enflammé d'un éclat très brillant, et qui se mouvait dans l'atmosphère avec beaucoup de rapidité.

Quelques instants après on entendit à L'Aigle et autour de cette ville, dans un arrondissement de plus de trente lieues de rayon, une explosion violente qui dura cinq ou six minutes.

Ce furent d'abord trois ou quatre coups semblables à des coups de canon, suivis d'une espèce de décharge qui ressemblait à une fusillade ; après quoi on entendit comme un épouvantable roulement de tambour. L'air était tranquille et le ciel serein, à l'exception de quelques nuages, comme on en voit fréquemment.

Ce bruit partait d'un petit nuage qui avait la forme d'un rectangle, et dont le plus grand côté était dirigé est-ouest. Il parut immobile pendant tout le temps que dura le phénomène ; seulement les vapeurs qui le composaient s'écartaient momentanément de différents côtés par l'effet des explosions successives. Ce nuage se trouva à peu près à une demi-lieue au nord-nord-ouest de la ville de L'Aigle : il était très élevé dans l'atmosphère ; car les habitants de la Vassolerie et de Boislaville, hameaux situés à plus d'une lieue de distance l'un de l'autre, l'observèrent en même temps au-dessus de leurs têtes. Dans tout le canton sur lequel ce nuage planait on entendit des sifflements semblables à ceux d'une pierre lancée par une fronde, et l'on vit en même temps tomber une multitude de masses solides exactement semblables à celles que l'on a désignées sous le nom de pierres météoriques...

Les plus grosses pierres sont tombées à l'extrémité sud-est du grand axe de l'ellipse, du côté de Fontenil et de la Vassolerie ; les plus petites sont tombées à l'autre extrémité, et les moyennes entre ces deux points. D'après ces considérations précédemment rapportées, les plus grosses paraîtraient être tombées les premières !

La plus grosse de toutes celles que l'on a trouvées pesait 8,5 kg (17 livres ½), au moment où elle tomba ; la plus petite que j'ai vue et que j'ai rapportée avec moi, ne pèse que 7 ou 8 grammes (environ 2 gros) ; cette dernière est donc environ mille fois plus petite que la précédente. Le nombre de toutes celles qui sont tombées peut être évalué à deux ou trois mois mille...

On en conclura sans le moindre doute que le fait sur lequel ces preuves se réunissent est réellement arrivé, et qu'il est tombé des pierres aux environs de L'Aigle le 6 floréal an 11... "

Biot terminait ainsi son rapport :

" Je me suis borné dans cette relation à un simple exposé des faits ; j'ai tâché de les voir comme tout autre les aurait vus, et j'ai mis tous mes soins à les présenter avec exactitude. Je laisse à la sagacité des physiciens les nombreuses conséquences que l'on en peut déduire, et je m'estimerai heureux s'ils trouvent que j'ai réussi à mettre hors de doute un des plus étonnants phénomènes que les hommes aient jamais observés. "

Biot restait assez prudent dans son rapport. Pour lui, en fait, L'Aigle ne changeait rien, puisqu'il s'était déjà récemment reconverti et penchait avec Laplace et Poisson pour une origine lunaire des météorites. Jeune académicien, il voulait sans doute éviter de se mettre à dos les autres membres plus anciens, et surtout beaucoup plus conservateurs, de l'Académie des sciences qui, eux, avaient déjà fait connaître à maintes reprises leur opinion définitive sur le sujet : " Les météorites ne peuvent pas exister car il n'y a pas de pierres dans le ciel ". Bon gré, mal gré, tous finirent quand même par accepter ce qui ne pouvait plus être nié sans tomber dans le ridicule : la réalité de la chute de pierres sur la Terre. L'Aigle marque, à cet égard, un tournant décisif.

Je précise que cette pluie de pierres, somme toute assez banale, hormis son importance historique et épistémologique considérable, concernait des chondrites ordinaires de type L6, c'est-à-dire des pierres qui ne pouvaient être différenciées des pierres terrestres que par des spécialistes. Les pierres du ciel ressemblaient comme des sœurs à celles qui jonchent notre planète !

Cuvier, catastrophiste et fixiste

Georges Cuvier (1769-1832), l'un des fondateurs de la paléontologie, est également le plus célèbre représentant de la théorie des catastrophes (on l'a baptisé le "prophète du catastrophisme absolu ") et, avec le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), le plus célèbre représentant du fixisme (ou fixité des espèces). Du fait d'une éducation religieuse stricte (il était protestant), Cuvier croyait à la véracité du texte biblique qui excluait toute évolution des espèces. Dès ses premiers écrits, en 1795, alors qu'il avait 26 ans, il fut un partisan convaincu de la doctrine des catastrophes successives, sous l'influence du naturaliste allemand Johann Blumenbach (1752-1840), l'un de ses professeurs à Stuttgart, qui enseignait déjà la théorie des catastrophes en liaison avec celle des "espèces perdues". Cuvier ne fut donc pas le premier, loin de là, à soutenir des idées catastrophistes, mais c'est à lui qu'il revint de donner à cette théorie nouvelle une dimension planétaire.

Il s'inspira également des idées de certains de ses devanciers, notamment de celles de Buffon et surtout de Laplace. Pour étayer sa conception catastrophiste des créations multiples, il dut avoir recours à des "révolutions du globe" au cours desquelles toute vie était supprimée.

" Chacune de ces créations, disait Cuvier, a dû trouver une fin abrupte dans un cataclysme universel. A la suite de sa théorie, Cuvier devait évidemment recourir à une nouvelle échelle des temps géologiques, car 6000 ans c'était bien insuffisant pour une nouvelle création, à plus forte raison pour trois. Heureusement, il trouva une nouvelle échelle qui lui convenait, celle de son compatriote Buffon. Cuvier devait être enchanté de la trouver suffisamment longue pour inclure facilement ses trois créations additionnelles et les cataclysmes qui avaient mis fin à celles-ci.

En substance, la théorie de Cuvier déclarait que Dieu avait créé le monde il y a environ 80 000 ans et le peupla d'animaux de la première création, principalement des poissons et autres habitants des mers et nombre d'amphibiens primitifs. Après le premier cataclysme, une seconde création eut lieu, principalement des reptiles. Mais Dieu n'en fut pas plus satisfait que de la première et, après un second cataclysme, une troisième création eut lieu, consacrée celle-là aux mammifères exclusivement. Finalement, un troisième cataclysme, suivi de la création biblique, amena l'apparition du premier homme et des divers types de plantes et d'animaux que nous connaissons aujourd'hui. Ces derniers étaient destinés à rester sous la domination de l'homme jusqu'à ce que Dieu en sa sagesse décide de répéter l'œuvre de liquidation.

Sans presque s'en douter, Cuvier venait d'établir la théorie des ères géologiques et d'ouvrir la voie aux synthèses qui allaient suivre. Cette tâche fut achevée peu de temps après sa mort par deux hommes parmi les plus illustres dans l'histoire des sciences naturelles, le géologue Charles Lyell et le naturaliste Charles Darwin. " (23)

Ainsi Cuvier recensait quatre créations différentes, en liaison avec les quatre grandes ères géologiques qui avaient été mises en évidence progressivement par les géologues à la suite d'études nombreuses sur le terrain.

Dans son livre classique, Discours sur les révolutions de la surface du globe (24/25), Cuvier a montré que ces "révolutions" ont été nombreuses et subites. Il faut citer quelques extraits, car même si certaines données sont un peu dépassées, le fond reste d'actualité et mérite d'être rappelé.

" ...Les changements dans la hauteur des eaux n'ont pas consisté seulement dans une retraite plus ou moins graduelle, plus ou moins générale ; il s'est fait diverses irruptions et retraites successives, dont le résultat définitif a été cependant une diminution universelle de niveau...

Ces retraites répétées n'ont point toutes été lentes, ne se sont point toutes faites par degrés ; au contraire, la plupart des catastrophes qui les ont amenées ont été subites ; et cela est surtout facile à prouver pour la dernière de ces catastrophes, pour celle qui par un double mouvement a inondé et ensuite remis à sec nos continents actuels, ou du moins une grande partie du sol qui les forme aujourd'hui. Elle a laissé encore dans les pays du Nord des cadavres de grands quadrupèdes que la glace a saisis, et qui se sont conservés jusqu'à nos jours avec leur peau, leur poil et leur chair. S'ils n'eussent été gelés aussitôt que tués, la putréfaction les aurait décomposés. Et d'un autre côté, cette gelée éternelle n'occupait pas auparavant les lieux où ils ont été saisis ; car ils n'auraient pas pu vivre sous une pareille température. C'est donc le même instant qui a fait périr les animaux et qui a rendu glacial le pays qu'ils habitaient. Cet événement a été subit, instantané, sans aucune gradation, et ce qui est si clairement démontré pour cette dernière catastrophe ne l'est guère moins pour celles qui l'ont précédée. Les déchirements, les redressements, les renversements des couches plus anciennes ne laissent pas douter que des causes subites et violentes ne les aient mises en l'état où nous les voyons ; et même la force des mouvements qu'éprouva la masse des eaux est encore attestée par les amas de débris et de cailloux roulés qui s'interposent en beaucoup d'endroits entre les couches solides. La vie a donc été souvent troublée sur cette Terre par des événements effroyables. Des êtres vivants sans nombre ont été victimes de ces catastrophes : les uns, habitants de la terre sèche, se sont vus engloutis par des déluges ; les autres, qui peuplaient le sein des eaux, ont été mis à sec avec le fond des mers subitement relevé ; leurs races même ont fini pour jamais, et ne laissent dans le monde que quelques débris à peine reconnaissables pour le naturaliste... "

(Chapitre : Preuves que ces révolutions ont été subites).

Cuvier n'a jamais voulu varier de sa ligne de conduite, décidée dès la fin de ses études. On se doute bien que cette rigidité intangible masquait mal certaines observations indiscutables contraires à sa théorie et on comprend facilement que le naturaliste Lamarck (1744-1829), son grand rival, adepte du transformisme, qui travaillait, lui, sur les Invertébrés, finit par l'emporter dans leur combat scientifique qui marqua l'histoire des sciences de la première partie du XIXsiècle. Cuvier qui avait en partie raison, sur le volet catastrophisme, s'est fourvoyé lui-même en imposant parallèlement un créationnisme totalement dénué de fondement.

Cette position rigide de Cuvier, son fixisme et le créationnisme qui en découle ont fait beaucoup de tort au catastrophisme, comme je l'ai expliqué dans l'introduction, à tel point que le terme même de catastrophisme, qui a collé à la peau de Cuvier pendant 150 ans, doit passer par une période de réhabilitation, que les découvertes actuelles, heureusement, vont permettre de raccourcir au minimum.

Les disciples de Cuvier
et les créations multiples


Le catastrophisme et le fixisme de Cuvier, donc son acceptation d’une chronologie courte, ont eu une conséquence utile. Plusieurs intellectuels de l’époque ont pensé qu’il était possible d’associer certains mythes anciens avec des cataclysmes terrestres d’origine cosmique, notamment avec l’impact de comètes, comme le pensait Whiston, ou avec des fragments de la planète brisée entre Mars et Jupiter dont on connaissait déjà quatre exemplaires découverts entre 1801 et 1807 (Cérès, Pallas, Junon et Vesta).

C’est l’historien des mythes allemand Johann-Gottlieb Radlof (1775-1846) qui, le premier, publia en 1823 un livre sur le sujet : The shattering of the great planets Hesperus and Phaethon (26). Selon lui, ces deux planètes avaient causé de multiples destructions sur la Terre et les déluges signalés dans les différentes mythologies. Son travail fut cependant assez vite oublié, mais Radlof allait inspirer tous les catastrophistes ultérieurs.

On sait que Cuvier est resté dans le vague (on comprend pourquoi) au sujet des mécanismes qui déterminent l'apparition de nouvelles espèces. Dans certains cas, il suggéra des migrations pour des catastrophes partielles, mais il ne put échapper au processus de créations nouvelles, nécessitant donc une intervention divine, bien qu'il n'ait rien écrit à ce sujet.

Certains de ses disciples franchirent le pas, comme Alcide d'Orbigny (1802-1857), le plus célèbre d'entre eux, qui n'hésita pas à parler de 27 créations indépendantes et successives, correspondant aux 28 étages stratigraphiques qu'il avait mis en évidence à l'occasion de ses travaux géologiques (27). Il considérait qu'à la fin de chacune de ces périodes, la faune existante avait été anéantie par le mouvement prolongé des eaux qui avaient recouvert la Terre pendant plusieurs mois, sinon plusieurs années.

Ces créations multiples, on s'en doute, posaient des problèmes, comme l'a bien noté l'historien de la géologie Gabriel Gohau (28) :

" L'idée même de ces créations dérangeait tout le monde. Les incroyants, bien sûr, n'acceptaient pas ces actes divins renouvelés. Mais les chrétiens stricts n'étaient pas moins gênés, car on ne voyait pas bien Dieu s'y reprenant à plusieurs fois. D'autant que comme le remarque Marcel de Serres (1783-1862), paléontologue et géologue montpelliérain, si l'on admet, d'une part, que les créations sont de plus en plus parfaites, et, d'autre part, qu'elles se poursuivront dans l'avenir, il en résulte que l'homme n'est pas " le terme et le chef-d'œuvre " de la Création divine. "

La religion, dont n'ont jamais voulu s'affranchir des chercheurs du calibre de Cuvier et d'Orbigny, et aussi beaucoup d'autres moins en pointe, a été un fléau qui empêche d'apprécier dans toute leur richesse le travail scientifique de ces savants. En particulier, d'Orbigny est toujours ridiculisé aujourd'hui avec ses 27 créations successives, il est même devenu le prototype du fixiste borné. Mais quand on regarde plus objectivement, en parallèle, toutes ses "créations" avec les étages géologiques correspondants, on se rend compte qu'il avait fort bien compris le problème des discontinuités dans l'histoire de la Terre et la disparition des faunes et des espèces à chacune d'entre elles.

En voulant rajouter un volet religieux à son travail, d'autant plus superflu que totalement dénué de fondement, il a perdu une place honorable dans l'histoire des sciences et a, en contrepartie, gagné malheureusement cette connotation de dérision attachée à son nom pour les siècles futurs. Bonne raison, pour les savants d'aujourd'hui, d'y regarder à deux fois avant d'introduire inconsidérément une divinité quelconque dans leurs travaux. Quand ils sont bons, ces travaux se suffisent largement à eux-mêmes. Le cas de ce pauvre d'Orbigny devrait servir d'exemple.

Parmi les disciples et successeurs importants de Cuvier, il convient de citer également le géologue écossais Roderick Murchison (1792-1871) qui s'intéressa particulièrement aux débuts de l'histoire de la vie. Il découvrit que tous les groupes importants étaient apparus quasi simultanément au début de la période cambrienne. En créationniste convaincu, il pensait que c'était le moment où Dieu avait décidé de peupler la Terre.
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