Michel-alain combes la terre bombardéE version 1 / 2013








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La comète de Lexell, une révélation

L'histoire de cette comète (14) est révélatrice de la montée en puissance des idées catastrophistes au siècle des Lumières, et elle fut un jalon important dans la connaissance des comètes venant à proximité immédiate de la Terre. On sait qu'elle impressionna fortement des scientifiques du calibre de Laplace et de Cuvier.

D/Lexell (= 1770 L1) fut en fait découverte par Charles Messier (1730-1817), l'infatigable "chasseur de comètes", le 14 juin 1770. Le 1er juillet, elle passa à exactement 2,26 millions de kilomètres de la Terre (0,0151 UA). Elle était très brillante (avec une magnitude négative m = –1,3 au maximum) et très rapide dans le ciel, du fait de sa proximité, caractéristiques qui en firent un astre particulièrement terrifiant pour la population, toujours apeurée dès qu'il se présente un phénomène céleste sortant de l'ordinaire.

Cette comète fut un véritable casse-tête pour les spécialistes de mécanique céleste, habitués à calculer pour ce type d'astres des orbites paraboliques qui, en règle générale, donnaient de bons résultats sur la partie de l'arc proche du Soleil. Rien de tel avec D/Lexell, cette comète se montrait rétive à tout calcul. C'est l'astronome suédois Anders Lexell (1740-1784) qui trouva la raison de cette anomalie. Pour la première fois, on se trouvait en présence d'une comète à courte période, avec un demi-grand axe largement inférieur à celui de Jupiter (a = 3,15 UA). Les astronomes se posèrent alors la question suivante : " Comment se fait-il qu'on ne l'ait jamais observée auparavant ? " Ce n'est que bien plus tard qu'on put répondre à cette question, dont je reparlerai en détail au chapitre 7 consacré aux comètes.

D/Lexell fut utilisée pour la première fois pour calculer la masse des comètes qui était jusque-là totalement indéterminée. Les perturbations causées à la Terre furent tout à fait insignifiantes (elles furent même nulles, on le sait aujourd'hui). Laplace en conclut que la masse de cette comète était au plus égale à 5/1000 de celle de la Terre (en réalité, elle était beaucoup moins massive que cela). Les comètes n'étaient donc pas des planètes de masse comparable à la nôtre, en dépit de leur éclat parfois impressionnant, comme le pensaient encore Buffon et certains astronomes de l’époque, mais des corps célestes beaucoup plus petits. Leur danger n'en était cependant pas nul, loin de là même, si leur taille était kilométrique, car le facteur vitesse était un élément très important à prendre en compte. Leur vitesse à la distance de la Terre se chiffre très souvent à plus de 30 km/s, et même plus du double en cas d'orbite rétrograde, comme pour P/Halley notamment. Le danger des comètes, présent dans l'esprit des foules incultes depuis toujours, entrait dans celui des astronomes et des mathématiciens, et plus généralement dans celui des autres scientifiques et des érudits non scientifiques. Tous se demandèrent : " Et si Whiston avait raison ? Et si le Déluge avait bien été causé par une comète ? "

Le catastrophisme cométaire, avec l'approche à la Terre de D/Lexell, allait prendre son véritable démarrage, sous une forme bien plus élaborée, pluridisciplinaire. Mais les créationnistes y trouvaient également leur compte, car comme l'avait expliqué Whiston, les comètes pouvaient être l'instrument de Dieu, pour exécuter certains de ses desseins destructeurs (Déluge, Apocalypse). Leibniz l'avait fort bien rappelé dans ses écrits : nous vivons dans un monde qui a été programmé par Dieu, et des catastrophes intermédiaires sont indispensables pour conduire à la perfection finale.

Laplace, un grand astronome catastrophiste

Le premier retour calculé de la comète de Halley, qui passa au périhélie le 12 mars 1759, eut un retentissement extraordinaire parmi les astronomes de l'époque. Pierre-Simon Laplace (1749-1827), notamment, enfant à l'époque des calculs d'Alexis Clairaut (1713-1765), le mathématicien qui mit le problème en équations, fut impressionné par la précision et l'importance de la prédiction, qui mettait fin à des siècles d'obscurantisme. Dans son Exposition du système du monde, Laplace rappelle ce qui a changé (15) :

" Remarquons à l'avantage des progrès de l'esprit humain, que cette comète qui dans le dernier siècle, a excité le plus vif intérêt parmi les géomètres et les astronomes, avait été vue d'une manière bien différente, quatre révolutions auparavant, en 1456. La longue queue qu'elle traînait après elle, répandit la terreur dans l'Europe déjà consternée par les succès rapides des Turcs qui venaient de renverser le Bas-Empire ; et le pape Calixte ordonna des prières publiques, dans lesquelles on conjurait la comète et les Turcs. On était loin de penser, dans ces temps d'ignorance, que la nature obéit toujours à des lois immuables. Suivant que les phénomènes arrivaient et se succédaient avec régularité, ou sans ordre apparent, on les faisait dépendre des causes finales, ou du hasard ; et lorsqu'ils offraient quelque chose d'extraordinaire et semblaient contrarier l'ordre naturel, on les regardait comme autant de signes de la colère céleste. "

Onze ans après le passage de P/Halley, se produisit l'approche record de D/Lexell à la Terre. Comme tous les astronomes de l'époque, Laplace fut très impressionné par la faiblesse de la distance entre les deux astres, car on ignorait encore à l'époque la faible masse des comètes, en aucune mesure comparable à celle des planètes. Il comprit qu'à l'échelle astronomique, des collisions entre la Terre et des comètes étaient inévitables. Laplace devint un catastrophiste convaincu, mais en prenant bien soin de considérer le facteur temps comme un paramètre essentiel :

" Aux frayeurs qu'inspirait alors l'apparition des comètes, a succédé la crainte que dans le grand nombre de celles qui traversent dans tous les sens le système planétaire, l'une d'elles ne bouleverse la Terre. Elles passent si rapidement près de nous, que les effets de leur attraction ne sont point à redouter : ce n'est qu'en choquant la Terre qu'elles peuvent y produire de funestes ravages. Mais ce choc, quoique possible, est si peu vraisemblable dans le cours d'un siècle ; il faudrait un hasard si extraordinaire, pour la rencontre de deux corps aussi petits relativement à l'immensité de l'espace dans lequel ils se meuvent, que l'on ne peut concevoir, à cet égard, aucune crainte raisonnable. Cependant, la petite probabilité d'une pareille rencontre peut, en s'accumulant pendant une longue suite de siècles, devenir très grande. "

Laplace fut un modèle et un inspirateur pour tous les catastrophistes qui allaient suivre, notamment Cuvier et ses disciples. On ne peut être plus clair que dans ce texte célèbre de Laplace qui fait suite au précédent :

" Il est facile de se représenter les effets de ce choc avec la Terre. L'axe et le mouvement de rotation changés ; les mers abandonnant leur ancienne position pour se précipiter vers le nouvel équateur ; une grande partie des hommes et des animaux, noyés par ce déluge universel, ou détruits par la violente secousse imprimée au globe terrestre ; des espèces entières anéanties ; tous les monuments de l'industrie humaine, renversés ; tels sont les désastres que le choc d'une comète a dû produire, si sa masse a été comparable à celle de la Terre. On voit alors pourquoi l'Océan a recouvert de hautes montagnes, sur lesquelles il a laissé des marques incontestables de son séjour ; on voit comment les animaux et les plantes du midi ont pu exister dans les climats du nord où l'on retrouve leurs dépouilles et leurs empreintes ; enfin, on explique la nouveauté du monde moral dont les monuments certains ne remontent pas au-delà de cinq mille ans. L'espèce humaine réduite à un petit nombre d'individus et à l'état le plus déplorable, uniquement occupée pendant très longtemps du soin de se conserver, a dû perdre entièrement le souvenir des sciences et des arts ; et quand les progrès de la civilisation en ont fait sentir de nouveau les besoins, il a fallu tout recommencer, comme si les hommes eussent été placés nouvellement sur la Terre. Quoi qu'il en soit de cette cause assignée par quelques philosophes, à ces phénomènes, je le répète, on doit être rassuré sur un aussi terrible événement, pendant le court intervalle de la vie, d'autant plus qu'il paraît que les masses des comètes sont d'une petitesse extrême, et qu'ainsi leur choc ne produirait que des révolutions locales. Mais l'homme est tellement disposé de recevoir l'impression de la crainte, que l'on a vu en 1773 la plus vive frayeur se répandre dans Paris, et de là se communiquer dans toute la France, sur la simple annonce d'un mémoire dans lequel Lalande déterminait celles des comètes observées, qui peuvent le plus approcher de la Terre ; tant il est vrai que les erreurs, les superstitions, les vaines terreurs et tous les maux qu'entraîne l'ignorance, se reproduiraient promptement, si la lumière des sciences venait à s'éteindre. "

Cette approche de D/Lexell, qui reste l'approche record, comme nous le verrons au chapitre consacré aux comètes, aura été le premier véritable détonateur sur la réalité possible d'un impactisme et d'un catastrophisme cométaires, si bien popularisés par Laplace, dont l'influence intellectuelle et scientifique était grande à la fin du XVIIIe siècle.

D'autres astronomes contemporains de Laplace, comme Jean Sylvain Bailly (1736-1793) (16) et Jérôme Lalande (1732-1807), partageaient des idées assez identiques aux siennes, même s'ils étaient obligés de mettre une sourdine à leurs opinions exprimées. Comme le rappelle le texte de Laplace ci-dessus, Lalande fut ouvertement accusé de faire peur aux gens et de provoquer la panique par ses écrits (!), alors qu'il ne faisait que publier quelques données chiffrées bien réelles.

En cette fin de XVIIIe siècle, période révolutionnaire s'il en fût, le "danger extérieur", qui longtemps avait eu une base purement affective, due essentiellement à la peur ancestrale des comètes et à un obscurantisme larvé mais omniprésent, prenait forme et consistance (avec la détermination des causes et des conséquences possibles) grâce à l'appui de quelques scientifiques de renom.

D'autant plus, comme nous allons le voir, qu'après des décennies de doute, et même d'une certaine manière de recul par rapport aux opinions précédentes, la réalité des chutes de météorites allait s'imposer d'une manière irréversible.


Les météorites, des pierres tombées du ciel


Au chapitre 10, je traiterai en détail des météorites et de leurs chutes. Mais il est utile de parler ici des circonstances qui ont permis de les reconnaître comme une réalité. Un progrès très important, décisif même, qui fut très longtemps contesté et même nié avec véhémence par des savants de grande envergure. Deux noms sont liés historiquement à cette reconnaissance, ceux de Chladni et de Biot, mais on pourrait leur ajouter celui de Pallas qui les précéda dans l'identification d'un objet extraterrestre.

Le refus de croire à une réalité millénaire

Avec l'arrivée du siècle des Lumières, le récit sans cesse renouvelé et actualisé de nombreuses chutes de pierres postérieures à celle, fameuse entre toutes, d'Ensisheim de 1492, devint vite "obscurantisme moyenâgeux" pour tous ces esprits éclairés, philosophes et scientifiques, qui voulaient "refaire le monde", et pour qui il était devenu quasiment indispensable de dénigrer systématiquement toutes les survivances d'un passé obsolète pour paraître moderne.

" Fables de paysans que ces récits, fruit de la superstition, ne cesse-t-on de répéter au XVIIIe siècle ! En 1771, Johann Wolfgang Goethe (1749-1832), qui étudiait le droit à Strasbourg, fit le voyage d'Ensisheim pour examiner la fameuse pierre et couvrit de sarcasmes la "crédulité du genre humain". Il refusa d'y voir autre chose qu'une pierre ordinaire. " (17)

Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, les savants nièrent d'une façon obtuse l'évidence, en maudissant à l'instar de Goethe cette " crédulité du genre humain ". Cette étroitesse d'esprit des savants de l'époque sur ce sujet précis (le siècle des Lumières a heureusement donné lieu à des progrès incontestables dans d'autres domaines) paraît absurde de nos jours, quand on sait que plusieurs dizaines de chutes de météorites ont été recensées pour ce seul XVIIIe siècle (18), dont plusieurs en France (Carpentras en 1738, Nicorps en 1750, Luponnas en 1753, Lucé en 1768, Aire-sur-la-Lys en 1769, Barbotan en 1790 et Salles en 1798). Pourtant, en 1792, dans un rapport à l'Académie des Sciences, le chimiste Lavoisier (1743-1794) affirmait encore, sans aucun complexe, que les aérolithes n'étaient rien d'autre que des pierres ordinaires altérées par la foudre.

Heureusement, des voix discordantes se firent jour. Quelques chercheurs un peu plus clairvoyants se démarquèrent de ce satisfecit général de "modernisme" que se décernaient, un peu facilement, les érudits des Lumières. Ils voulaient rester, eux, sur le strict terrain de l'observation et de l'analyse scientifique, et ne se satisfaisaient pas du credo pseudo-scientifique expliquant que la chute de pierres venant du cosmos (et non pas de l'atmosphère) était une impossibilité physique.

Le premier, le naturaliste d'origine allemande Pierre-Simon Pallas (1741-1811), qui a donné à juste titre son nom aux pallasites, décrivit la célèbre météorite, découverte en 1749 au sud de Krasnojarsk en Sibérie, et dont la masse avoisinait les 700 kg. En 1772, il la fit transporter, non sans mal on s'en doute, de Sibérie à Saint-Pétersbourg. Il comprit vite que cette superbe "éponge de fer" comme il l'appela ne pouvait être que d'origine cosmique.

Un verrou psychologique difficile à briser

En 1794, le physicien allemand Ernst Chladni (1756-1827), après avoir examiné plusieurs rapports concernant notamment la pallasite sibérienne et la sidérite argentine de Campo del Cielo, publia en allemand son fameux petit livre (19), révolutionnaire pour l'époque, dans lequel il apportait les premières preuves chimiques et minéralogiques du caractère exotique (c'est-à-dire extraterrestre) des spécimens étudiés.

La même année, le 16 juin 1794, à 19 heures, succédant à une violente détonation dans l'atmosphère, tombait à Sienne en Toscane, une pluie de petites pierres observée par de nombreux témoins. Là encore l'évidence était flagrante, mais les scientifiques se bouchèrent les yeux.

Quatre ans plus tard, le 19 décembre 1798, à 20 heures, c'était au tour de la région de Bénarès, en Inde, d'être le point de chute d'une nouvelle pluie de pierres, faisant suite à l'apparition d'un brillant météore et de détonations dans l'atmosphère, les trois phases ayant des centaines de témoins.

En 1802, le jeune chimiste anglais Edward Howard (1774-1816) (20), après avoir examiné à son tour plusieurs nouveaux objets tombés du ciel (notamment des spécimens de la chute de Bénarès) et mis pour la première fois en évidence la présence de chondres (dans ce que l'on appellera plus tard des chondrites), confirma que les météorites étaient différentes chimiquement des pierres terrestres et étaient donc d'origine cosmique.

En 1803, trois scientifiques français, Laplace, Jean-Baptiste Biot (1774-1862) et Denis Poisson (1781-1840), c'est-à-dire un ancien, catastrophiste convaincu comme nous l'avons vu, et deux jeunes sans complexes, conscients qu'il était plus que l'heure de prendre le train en marche, proposèrent une nouvelle hypothèse : ces pierres venues du ciel seraient en fait des éjectas de volcans lunaires qui auraient pu échapper à l'attraction de notre satellite. Cette hypothèse restrictive eut un certain succès et concurrença l'hypothèse purement cosmique au cours de la première moitié du XIXe siècle.

Mais malgré toutes ces observations indiscutables et sans cesse renouvelées, et le réveil bien tardif de quelques-uns, secoués heureusement par la génération montante, la communauté scientifique dans sa grande majorité restait hermétique à cette "révolution des idées" indispensable. Le verrou psychologique anti-météorites aura été l'un des plus difficiles à faire sauter, résistant près d'un siècle aux preuves les plus flagrantes, alors que de nombreuses découvertes importantes, comme celles notamment de la septième planète, Uranus, en 1781, par William Herschel (1738-1822), et de la huitième, Cérès, en 1801, par Giuseppe Piazzi (1746-1826) (21), avaient pourtant montré que le dogme millénaire et intangible des six planètes (les astres errants) n'était rien d'autre qu'un mythe et que le ciel était en fait beaucoup plus complexe que celui prévu par les Anciens.
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