Michel-alain combes la terre bombardéE version 1 / 2013








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Le catastrophisme astrologique :
alignements et cycles cosmiques


Déjà, dans la haute Antiquité, certains savants et philosophes des grandes civilisations entretenaient le mythe de l'éternel retour (11) ou celui de la Grande Année (12) qui étaient censés ramener la régénération périodique de la vie.

Pour les Anciens, l'histoire n'était donc qu'une suite de cycles cosmiques de durée variable. Le jour, la lunaison, les saisons, l'année, le cycle de Méton, pour les cycles de durée humaine. Et surtout la Grande Année (quelques milliers d'années en général), avec une création, un épanouissement (l'Age d'or, cher aux civilisations de l'Antiquité), un épuisement et enfin une destruction. Les cataclysmes par lesquels se terminaient chez les Grecs un cycle cosmique étaient soit le feu cosmique (ekpyrosis) qui brûlait le monde, soit le déluge (kataclysmos) qui au contraire l'inondait.

Sénèque (4 av. J.-C.-65), dans ses Questions naturelles (13), a cru pouvoir donner, d'après le prêtre chaldéen Bérose (v. 330-v. 260) (14), les raisons de ces catastrophes périodiques :

" Déluge et embrasement arrivent, quand Dieu a trouvé bon de mettre fin à l'ancien monde et d'en commencer un meilleur. L'eau et le feu règnent sur les choses de la Terre. D'eux viennent également la naissance et la mort. Ainsi quand le renouvellement du monde est décidé, la mer fond d'en haut sur nos têtes, tout comme le feu fait rage, si un autre genre de catastrophe a été préféré. "

(Livre III, XXVIII, 7)

" Bérose, le traducteur de Bélus, attribue aux planètes la cause de ces bouleversements. Sa certitude à cet égard va jusqu'à fixer la date de la conflagration et du déluge universels. Tout ce qui est terreux, dit-il, sera embrasé lorsque les astres qui suivent maintenant des orbites différentes se réuniront tous dans le signe du Cancer et se rangeront en file, de manière qu'une ligne droite puisse passer par les centres de toutes les sphères. Le déluge aura lieu, quand ces mêmes planètes viendront prendre place dans le Capricorne. Le solstice d'été est amené par la première de ces deux constellations, celui d'hiver par la seconde. Ce sont donc des signes d'une grande puissance, puisque leur influence se manifeste par le changement même de l'année. "

(Livre III, XXIX, 1)

On sait aujourd'hui que ces super-conjonctions des sept astres errants connus des Anciens (le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne) ne sont en aucune façon capables de provoquer les cataclysmes cités par Bérose, mais celui-ci est affirmatif : leur cause est astronomique.

En fait, dès l'Antiquité, certains philosophes savaient pertinemment que la Terre n’est qu’une planète parmi d'autres. Cléomède (Ier siècle av. J.-C.) enseignait qu' " il y a plus de planètes que l'on en voit " et Démocrite (460-370) et beaucoup plus tard Origène (185-254) que " les mondes périssent par collisions " (15). Les Stoïciens étaient également persuadés que notre monde trouvera sa destruction finale en heurtant un autre monde.

Ce qu'il faut retenir principalement, c'est que cette notion de cycles cosmiques est universelle. Les peuples des cinq continents qui avaient une tradition millénaire ont parlé de grands bouleversements naturels, qui étaient soit d'origine cosmique, soit purement terrestres selon les cas. Nous avons vu avec les Aztèques que ces cycles s'appelaient généralement des âges ou des soleils, ou pouvaient avoir un nom particulier chez certains peuples. Leur nombre était variable, compris ordinairement entre quatre et dix.

L'universalité de cette notion de cycles cosmiques est la preuve que des catastrophes importantes, pouvant causer la mort d'une partie appréciable des populations humaines et animales, ont été le lot de toutes les parties du monde. Étonnamment, le langage est le même dans le Bassin méditerranéen, qu'en Amérique centrale, en Extrême-Orient ou en Polynésie.

Cependant, il faut bien insister sur le fait que, dans la plupart des cas, il s'agissait d'événements régionaux, ou même seulement locaux parfois, qui n'ont pu semble-t-il concerner l'ensemble de la planète. Les effondrements périodiques du firmament ou les pluies de feu souvent cités dans les textes et traditions orales des Anciens se rapportent à des cataclysmes cosmiques (certainement la collision de petits astéroïdes ou de comètes ou de leur explosion dans l'atmosphère) plus ou moins importants, mais surtout beaucoup plus fréquents que ce qu'on croyait jadis.

Pour les 10 000 ans qui ont précédé l'ère chrétienne, il paraît quand même très douteux qu'un seul d'entre eux ait pu avoir des conséquences vraiment planétaires, ou qu'il ait pu produire les effets de ce que l'on appelle de nos jours un hiver d’impact mondial, et plonger ainsi la planète dans l'obscurité pendant des dizaines d'années. Comme nous le verrons au chapitre 12, qui traite de la fin des dinosaures et de nombreuses autres espèces il y a 65 millions d'années, un hiver d’impact aurait eu des conséquences beaucoup plus graves, notamment en détruisant la chaîne alimentaire. Il n'est pas sûr alors que les peuples du Néolithique aient pu seulement survivre.

L'avertissement de Platon

Bien entendu, comme tous les philosophes de l'Antiquité ayant vécu avant et après lui, l'illustre Platon (427-347) avait son idée sur la raison des catastrophes qui dévastaient la Terre à de grands intervalles de temps. Quatre siècles avant notre ère, et s'appuyant sur une " science blanchie par le temps ", c'est-à-dire qui a fait ses preuves et qui sait de quoi elle parle, il a écrit ces phrases lumineuses et inspirées dans son Timée (16) , qu'il est bon de rappeler et surtout de méditer :

" ... Vous êtes tous jeunes d'esprit ; car vous n'avez dans l'esprit aucune opinion ancienne fondée sur une vieille tradition et aucune science blanchie par le temps. Et en voici la raison. Il y a eu souvent et il y aura encore souvent des destructions d'hommes causées de diverses manières, les plus grandes par le feu et par l'eau, et d'autres moindres par mille autres choses. Par exemple, ce qu'on raconte aussi chez vous de Phaéton, fils du Soleil, qui, ayant un jour attelé le char de son père et ne pouvant le maintenir dans la voie paternelle, embrasa tout ce qui était sur la terre et périt lui-même frappé de la foudre, a, il est vrai, l'apparence d'une fable ; mais la vérité qui s'y recèle, c'est que les corps qui circulent dans le ciel autour de la terre dévient de leur course et qu'une grande conflagration qui se produit à de grands intervalles détruit ce qui est à la surface de la terre. Alors tous ceux qui habitent dans les montagnes et dans les endroits élevés et arides périssent plutôt que ceux qui habitent au bord des fleuves et de la mer ... Quand, au contraire, les dieux submergent la terre sous les eaux pour la purifier, les habitants des montagnes, bouviers et pâtres, échappent à la mort, mais ceux qui résident dans nos villes sont emportés par les fleuves dans la mer ... "

Timée (22b-22d)

Platon avait raison, tout au moins sur le fond, il y a vingt-quatre siècles : des corps célestes dévient de leur course et viennent frapper la Terre.

Les érudits de son époque savaient, parce que leurs lointains prédécesseurs, qui en avaient sérieusement souffert dans leur chair, n'avaient pas omis de transmettre le message de génération en génération, que les cataclysmes d'origine cosmique étaient une réalité d'hier et de toujours. Mais selon les écoles de pensée, les théories étaient assez différentes. Certains croyaient à la destruction totale du monde, et à sa régénération, d'autres non. Platon était entre les deux : c'était un catastrophiste "modéré".

Doctrines et écrits des philosophes
et scientifiques de l'Antiquité


Nous devons à Pierre Duhem (1861-1916) une œuvre incomparable par sa richesse et son intérêt historique : Le système du monde. Histoire des doctrines cosmologiques de Platon à Copernic (17), en dix volumes. Cette somme incontournable me sert ici de référence principale. Se basant lui-même sur le travail des grands historiens de l'astronomie des XVIIIe et XIXe siècles, et en en réalisant une synthèse d'une précision acérée, il a pu détailler toutes les grandes doctrines cosmologiques des philosophes de l'Antiquité, doctrines qui souvent se chevauchaient. Car il n'y a jamais eu unanimité, et pour cause, puisque aucune hypothèse des Anciens ne représentait réellement la réalité.

Il faut d'abord rappeler que les derniers très grands cataclysmes physiques ayant eu des répercussions dans tout le Bassin méditerranéen remontent au IIe millénaire. Il y en a eu deux, de nature totalement différente : d'abord, l'explosion du Santorin, vers –1600 (18), un fantastique événement volcanique et géologique, sans doute très impressionnant pour tous les témoins du phénomène et les survivants, qui ont dû constater médusés l'anéantissement total d'une montagne haute de 1000 mètres, paraît-il, sacrée de surcroît, considérée souvent comme la demeure des dieux ; ensuite, l'impact de la comète Sekhmet vers –1200, et toutes ses multiples conséquences pour les populations et les civilisations de la région et même de toutes les régions environnantes.

Il n'y eut aucun très grand cataclysme durant le Ier millénaire, et à chaque génération, le souvenir de ces grands cataclysmes se faisait plus lointain et plus incertain. Chaos, feu du ciel, chute du ciel, déluge, après avoir été réalité avaient rejoint le mythe, et les philosophes grecs et romains, pour les intégrer dans leur vision globale de l'histoire du monde, devaient recourir à des périodes de plus en plus longues, où le millier d'années était l'unité de base. Homère (v. 850 av. J.-C.) et Hésiode ignoraient déjà la réalité et la nature exacte, faute de documents écrits qui n'ont probablement jamais existé en Grèce, des deux grands événements, et les avaient intégrés avec plus ou moins de bonheur dans leurs récits, dans lesquels ils se bornaient à préserver l'idée de catastrophes.

Anaximandre, l'un des premiers grands astronomes grecs (le premier il envisagea une Terre sphérique et on lui doit la découverte de l'obliquité de l'écliptique) professait déjà l'opinion qu'au cours de l'éternité se succèdent une infinité de mondes dont chacun a une durée limitée.

" L'Infini paraît avoir en sa possession la cause totale de la génération et de la destruction de l'Univers. C'est de cet Infini que se sont séparés les cieux et tous les mondes qui, pris dans leur ensemble, sont infinis. De l'éternité infinie provient la destruction, comme la génération en était issue longtemps auparavant ; toutes ces générations et ces destructions se reproduisent d'une manière cyclique. " (19)

Comme le note Pierre Duhem :

" Nous voyons ici Anaximandre affirmer un double infini : Une étendue infinie, principe de la coexistence d'une infinité de mondes simultanés ; une éternité infinie, principe des générations et des destructions périodiques d'une infinité de mondes successifs. " (20)

Vers le milieu du Ier millénaire, Héraclite (540-480), comme beaucoup de philosophes de la Grèce ancienne, était encore obnubilé par la puissance du feu, souvenir déjà lointain à son époque (sept siècles s'étaient écoulés) de celui qui avait embrasé et dévasté des régions entières vers –1200 et qui avait entraîné un terrible recul de plusieurs siècles (les fameux quatre "siècles obscurs" de la chronologie grecque compris entre –1200 et –800) pour les civilisations de la Méditerranée orientale. Héraclite considérait le feu comme l'élément essentiel d'un monde éternel dans lequel Dieu n'avait pas sa place.

" Le monde n'a été fait ni par un dieu ni par un homme ; il a toujours été, il est et il sera toujours, le feu toujours vivant, qui s'allume régulièrement et s'éteint régulièrement. "

Plus tard, dans la seconde partie du Ier millénaire avant J.-C., quatre doctrines principales tentaient d'expliquer l'histoire du monde. Celle de Démocrite et de ses disciples, parmi lesquels Épicure (341-270) et beaucoup plus tard Lucrèce (98-55), celle de Platon, celle d'Aristote (384-322) et celle de Zénon (335-264) et de l'école stoïcienne, dont Sénèque fut un lointain disciple. Pour tous ces philosophes, le dilemme se résumait à la question suivante : " Le monde est-il éternel ou a-t-il une fin ? ".

Voyons très rapidement les différents points de vue (21).

Pour Aristote, le monde est éternel, et tout signe tangible de dépérissement doit être compensé par des signes de rajeunissement d'une intensité comparable. Son monde est en équilibre. Comme il est éternel, il n'a pas été créé. Il n'a pas besoin d'un démiurge pour causer une catastrophe.

Pour les Stoïciens, le monde entier est périssable, et subit des phases alternées de destruction et de restauration. Eux aussi sont matérialistes. Les manifestations évidentes de décrépitude sont les symptômes d'une fin prochaine. Mais après la conflagration universelle qui réduit tous les éléments au feu primitif, le monde renaîtra tel qu'il fut précédemment. Il y a par conséquent un éternel retour des êtres et aussi des événements. C'est la fameuse tirade de Némésius d'Émèse (IVe-Ve siècle), un lointain disciple de Platon : " Il y aura de nouveau un Socrate, un Platon... et cette restauration ne se produira pas une fois, mais plusieurs ". Comme chez Aristote, en fait, le monde est éternel, mais pour l'école stoïcienne, il y a renouvellement, régénération périodique. Sénèque, qui se référait volontiers à cette école dont il se sentait proche, expliquait au Ier siècle de notre ère que le monde périt régulièrement et cycliquement par déluge et embrasement.

Pour les disciples de Démocrite, et plus tard d'Épicure, le monde périt aussi à la suite d'une conflagration, mais il se distingue nettement de celui des Stoïciens par la place tenue par le hasard. Il n'y a pas retour périodique des mêmes événements. Pour eux, c'est un monde nouveau qui démarre sur les ruines de l'ancien. Cette vision paraît étonnamment moderne.

Platon est assez proche du catastrophisme stoïcien. La conflagration ne fait pas de doute pour lui, je l'ai dit plus haut. Mais chez lui le monde n'est pas anéanti totalement, c'est seulement l'humanité qui pâtit sérieusement du cataclysme. Le monde perdure après les grandes catastrophes de la conflagration et du déluge, comme chez son ancien élève Aristote. Mais la grosse différence avec celui-ci, c'est que pour Platon le monde est créé et détruit par Dieu. Pour lui, les catastrophes sont des moyens choisis par Dieu pour purifier la Terre. Les historiens des sciences estiment que Platon fait la synthèse entre Aristote et Zénon, mais que c'est un auteur plus ancien (?), bien que fort perspicace nous l'avons vu, dans la mesure où il est moins bien dégagé qu'eux des mythologies aux dieux interventionnistes.

Dans son livre La fin du monde. Enquête sur l'origine du mythe (22), l'historienne des mythes Christine Dumas-Reungoat étudie très en détail les différents textes de l'Antiquité concernant l'éternel problème de la fin du monde. Elle les différencie en deux grandes catégories : La fin du monde et la fin d'un monde. Tous les cataclysmes subis par les peuples de l'Antiquité ressortent évidemment de cette seconde catégorie, puisque tous, avec plus ou moins de pertes humaines, ont survécu et ont pu redémarrer sur des bases nouvelles, mais avec un recul culturel souvent très important.

Notes

1. En fait, on a découvert beaucoup plus tard que la période de dix-neuf ans qui caractérise le cycle lunaire avait déjà été découverte par les Chinois, 1600 ans avant Méton.

2. R. Escarpit, Contes et légendes du Mexique (Nathan, 1963). Citation p. 10.

3. P. Ravignant et A. Kielce, Cosmogonies. Les grands mythes de Création du Monde (Le Mail, 1988). Citation p. 110.

4. F. Braunstein et J.-F. Pépin, Les grands mythes fondateurs (Ellipse, 1995). Citation p. 40.

5. Le calendrier égyptien était basé sur une année de 365 jours seulement, d'où une dérive annuelle de 0,2422 jour par an, 6 jours pour 25 ans, 12 jours pour 50 ans, 18 jours pour 75 ans, etc. Le 12 Tybi de l'année 1321 avant J.-C. correspondait au 27 novembre de notre calendrier grégorien, le 12 Tybi de 1271 au 15 novembre, celui de 1221 au 3 novembre et celui de 1196 au 28 octobre. Il reste à trouver l'année exacte du cataclysme pour ajuster la date exacte. Si 1209 avant J.-C. (soit –1208) est la bonne année (ce qui n'est pas sûr, ce n'est qu'une approximation à 10 ou 20 ans près qui dépend de la chronologie exacte des pharaons, très mal connue et variable selon tous les auteurs), la date de la collision cosmique serait alors voisine du 31 octobre.

6. F. Guirand et J. Schmidt, Mythes & Mythologie. Histoire et dictionnaire (Larousse, 1996). Cet ouvrage collectif très remarquable raconte la mythologie et les mythes du monde entier. Le chapitre 2 (pp. 23-68), dû à J. Viau, concerne la mythologie égyptienne. Citation p. 53.

7. Ibid. Le chapitre 8 (pp. 291-338), dû à E. Tonnelat, concerne la mythologie germanique (Allemagne et pays scandinaves). L'auteur parle évidemment du Crépuscule des dieux qu'il raconte d'une manière détaillée et homérique (pp. 325-328). On reconnaît d'ailleurs dans cette légende une analogie certaine avec la très vieille légende grecque de Typhon racontée en son temps par Hésiode dans sa Théogonie. Ces deux légendes immortalisent un même phénomène, celui de la collision entre la Terre et un objet cométaire racontée dans le chapitre 19 et qui se produisit vers –1208.

8. Hésiode, Théogonie (Les Belles Lettres, 1977 ; traduction par P. Mazon). Citation p. 62-63. Hésiode ne connaissait plus avec précision les grandes catastrophes qui avaient eu lieu au IIe millénaire. La compression du temps avait déjà joué son rôle et sa Théogonie regroupe sous forme de mythes des données très hétéroclites et d'époques différentes. Cela tendrait à prouver que des sources écrites sur les grands cataclysmes du passé n’ont jamais existé, tout au moins en Grèce. Cette hypothèse est confirmée par le fait que les philosophes grecs plus tardifs ne parlent jamais de l’éruption du Santorin avec un minimum de précision. Seul le bouche à oreille permit, les premiers temps, de perpétuer le souvenir de cataclysmes destructeurs.

9. Ovide, Les métamorphoses (Garnier-Flammarion, 1966 ; traduction par J. Chamonard). Citation p. 70-73.

10. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, Livre II (Les Belles Lettres, 1950 ; traduction par J. Beaujeu). Citation p. 39-40.

11. M. Eliade, Le mythe de l'éternel retour (Gallimard, 1969). Mircea Eliade (1907-1986) était un remarquable érudit, spécialiste de l'histoire des religions et des mythes. Tout comme l'autre grand spécialiste de ces questions, Georges Dumézil (1898-1986), il n'a jamais fait le rapprochement entre le mythe, l'histoire et les connaissances astronomiques disponibles à son époque, faute probablement d'une formation scientifique appropriée. Dans l'esprit de ces deux chercheurs, le cataclysme est toujours resté un phénomène abstrait, mythique. Pour eux, si le mythe et l'histoire pouvaient éventuellement fusionner dans certains cas, il n'en était pas de même entre le mythe et la science.

12. A. Barbault, L'astrologie mondiale (Fayard, 1979). Ce livre écrit par l'un des astrologues les plus cultivés traite longuement de la Grande Année, qui, il ne faut jamais l'oublier, était avant tout un problème astrologique. La cyclologie a toujours été l'un des thèmes favoris de tous ceux qui prétendent prévoir l'avenir du monde.

13. Sénèque, Questions naturelles, op. cit., citations pp. 154-155. Le livre troisième dont sont tirés ces deux extraits s'intitule " Des eaux terrestres ". Lui aussi est très intéressant. Sénèque était un avant-gardiste qui aurait pu éclipser Ptolémée avec un peu de chance. La face du monde culturel aurait pu en être totalement changée.

14. M. Rutten, La science des Chaldéens (PUF, QS 893, 1970).

15. E.M. Antoniadi, La découverte du système héliocentrique du monde en Grèce antique, L'Astronomie, 41, pp. 449-458, 1927.

16. Platon, Timée (Garnier-Flammarion, 1969 ; traduction par E. Chambry). Classique parmi les classiques, ce passage du Timée a traversé les siècles, mais il n'a vraiment pris toute son ampleur et toute sa force que depuis qu'on a enfin compris et expliqué la réalité de l'impactisme terrestre. Citation p. 405.

17. P. Duhem, Le système du monde. Histoire des doctrines cosmologiques de Platon à Copernic (Hermann, 10 volumes, 1913-1957). Le travail de Pierre Duhem (1861-1916), philosophe, érudit et historien des sciences restera comme l'un des plus importants du XXe siècle en ce qui concerne l'histoire de l'astronomie. On ne se lasse pas de consulter ces livres d'une grande érudition, documentation incontournable sur l'Antiquité et le Moyen Age. On peut les consulter (et les télécharger) en intégralité sur le site de la Bibliothèque Nationale.

18. J'étudierai ce cataclysme en détail au chapitre 18, consacré aux grands cataclysmes terrestres de la protohistoire et de l'Antiquité. En effet, certains d'entre eux ont toujours interféré avec les cataclysmes cosmiques. Comme nous le verrons, il a fallu attendre le XXe siècle pour les identifier avec précision.

19. Le système du monde, citation p. 70. Il s'agit d'un texte d'Eusèbe.

20. Le système du monde, citation p. 71.

21. Le lecteur intéressé par cet intéressant sujet, que je ne peux que survoler ici, pourra se reporter aux ouvrages spécialisés, et notamment à celui de Duhem, très explicite et très détaillé.

22. C. Dumas-Reungoat, La fin du monde. Enquête sur l'origine du mythe (Les Belles Lettres, 2001). La lecture de ce livre est indispensable par tous ceux qui sont intéressés par les cataclysmes du passé, et aussi par la façon dont ils ont été retenus et transmis par les historiens de l'Antiquité. Derrière le mythe, le cataclysme était bien réel.



Figure 2. Platon, Aristote et les doctrines cosmologiques

Platon et son ancien élève Aristote ne voyaient pas le monde de la même manière. Pour Platon, le monde perdurait après les grandes catastrophes de la conflagration et du déluge, et le monde est créé et détruit par Dieu.

Pour Aristote, par contre, le monde est éternel et tout signe de dépérissement doit être compensé par des signes de rajeunissement d'une intensité comparable. Comme il est éternel, il n'a pas été créé.
La doctrine de Démocrite, et plus tard d’Épicure, paraît aujourd’hui beaucoup plus moderne que celles de ces deux grands philosophes.


 

 

CHAPITRE 2
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