THÈse pour obtenir le grade de Docteur de l’Université Paris 8








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INTRODUCTION GÉNÉRALE



Le titre de notre thèse est porteur de notions clés qui sont les suivant : « écriture », « Histoire » et « écriture de l’Histoire ». Chacune de ces notions, à son tour, est chargée d’un large éventail de définitions et est employée couramment dans plusieurs disciplines telle que la littérature, la linguistique, la critique littéraire, la sociologie, l’anthropologie, l’histoire, la psychanalyse, etc. Néanmoins, même si ces notions ne sont pas étrangères à notre champ d’investigation qui est la littérature, il conviendrait tout de même de revenir sur leurs définitions afin de préciser leurs fonctions dans notre recherche.

1/ Définition de l’écriture de l’Histoire


Avant de nous lancer dans l’explication de l’« écriture de l’Histoire », nous allons, d’abord, essayer de voir ce que veut dire le mot « Histoire ». L’Histoire est, par définition, le récit ou la relation d’un fait ou d’un événement du passé. Elle est, selon Paul Veyne, « un récit d’événements : tout le reste en découle »1. L’Histoire met en intrigue des événements « vrais qui ont l’homme pour acteur »2.

Mais, qu’entendons-nous par l’écriture de l’Histoire (chez l’homme de lettres) ? Certes, nous ne sommes pas des historiens ou des théoriciens de certains concepts à l’instar de Michel Foucault, Michel de Certeau ou encore Paul Veyne, mais nous allons tenter de répondre à cette interrogation, en nous plaçant sous un angle littéraire. L’écriture de l’Histoire suppose, à première vue, une écriture ou plutôt une ré-écriture3 du passé. En effet, l’homme de lettres, à la manière de l’historien, fait dialoguer le passé avec le présent, en replaçant « l’ailleurs dans l’ici »4. Dans sa démarche littéraire, l’écrivain entreprend à son compte, en quelque sorte, un travail d’historien et essaie de raviver un passé, le plus souvent douloureux, dans un présent contraignant, voire problématique. Il raconte les événements tragiques de son pays.

Si l’écriture de l’Histoire est cette écriture du passé, une autre interrogation s’impose à notre réflexion : comment rapporter le passé dans le présent ? Deux historiens peuvent nous aider à répondre. Paul Veyne pose cette problématique dans son livre épistémologique Comment on écrit l’Histoire.  Il s’agit, pour l’écrivain, de « fabriquer » un récit fictionnel porteur d’événements. Par ailleurs, le récit a, pour Michel de Certeau, une fonction déterminante parce que la fiction en tant que telle est « une fêlure de l’irréel » qui « fait irruption dans le réel »1.

Contrairement à l’historien, pour l’homme de lettres la question ne se pose pas en ces termes parce que le recours à la fiction demeure, de toute façon, incontournable et c’est, d’ailleurs, le pouvoir sans limite de la littérature. Le récit littéraire, même s’il est porteur de faits historiques, suppose un style de la part de l’auteur afin de raconter les événements retenus dans son texte. Il arrive que ce soit le sujet même, choisi par l’auteur, qui impose la structure du roman. Ce dernier, en dotant son récit fictionnel d’un style particulier et en le situant dans un cadre spatio-temporel défini, cherche à donner du sens et de la profondeur à l’écriture de l’Histoire plus qu’à la décrire de façon neutre et historiographique. S’il nourrit ses romans de faits historiques, c’est pour, en quelque sorte, dépasser cette réalité brute et l’inscrire dans une dimension symbolique, voire mythique.

En fait, ce que propose l’auteur dans son récit n’est qu’une variation et une version de l’événement historique puisque ce dernier est déjà passé et qu’il ne se répète pas. De plus, l’homme de lettres, comme l’historien, ne dispose pas du pouvoir de faire voir aux lecteurs le passé « en direct, comme si vous y étiez »2, nous dit Paul Veyne lorsqu’il reprend, notamment, la distinction faite par Gérard Genette à propos de la narration historique qui, pour lui, est diegesis et non mimesis. La narration historique offre, ainsi, aux lecteurs une clé qui leur permet de « re-lire » l’Histoire et de méditer sur elle.

À ce point de notre réflexion, une troisième interrogation nous vient à l’esprit, la question du « pourquoi » : pourquoi écrit-on l’Histoire ? Ne faut-il pas revenir sur ce passé, pour « faire revivre les morts »3, selon l’expression de Michel de Certeau ? L’acte d’écrire n’offre-t-il d’abord pas à l’auteur une manière de ressusciter, de repenser et de resituer le passé dans une dimension spatiale, car « marquer un passé, c’est faire place aux morts, mais aussi redistribuer l’espace des possibles »1 ? Mais, n’est-ce pas, aussi, un moyen d’« enterrer les morts »2 pour s’en libérer ? En ce sens, l’écriture semble permettre une visée cathartique ayant pour but de faire le deuil pour se détacher et se libérer d’un passé, lourd à porter, une fois pour toutes3.

À l’évidence, le récit littéraire, quel qu’il soit, est une production originale de l’auteur dans la mesure où ce dernier y met, consciemment ou inconsciemment, une part de lui-même. Soucieux de rendre compte du passé de son pays, par exemple, et, indirectement, de son propre passé, l’écrivain fait appel à sa subjectivité et fait parler son « moi » le plus profond. En même temps, il fait de ses fictions un lieu de compromis et de négociations entre la mémoire empirique de sa nation et de sa communauté – de langue, de tradition et de culture – et sa propre vision de la réalité. De ce fait, l’écriture superpose, entrecroise et fait fusionner l’Histoire, celle d’un pays, avec une histoire personnelle.

Il faut, donc, écrire le passé pour s’en libérer et enterrer les morts. En outre, l’écriture de l’Histoire demeure nécessaire parce que le présent sert d’écho au passé qui le nourrit en profondeur. Le présent est continuité et prolongement du passé. En somme, la présence du passé, donne, non seulement du sens et de la vie aux morts, mais sert aussi à l’explication de l’histoire d’aujourd’hui car « l’histoire, en notre siècle, a compris que sa véritable tâche était d’expliquer »4 et de comprendre le présent. Elle est une source d’inspiration pour les auteurs d’aujourd’hui et, en même temps, la raison d’être de ce présent. C’est pourquoi nous souscrivons à l’hypothèse de Michel de Certeau quand il dit :

« Aucune existence du présent sans présence du passé, et donc aucune lucidité du présent sans conscience du passé. Dans la vie du temps, le passé est à coup sûr la présence la plus lourde, donc possiblement la plus riche, celle en tout cas dont il faut à la fois se nourrir et se distinguer. »5

En ce qui concerne notre recherche, nous allons analyser l’écriture de l’Histoire chez un auteur algérien. Mais, avant cela, nous proposons un bref aperçu de la littérature algérienne afin situer notre romancier et, ainsi, voir son appartenance générationnelle et mieux comprendre ses écrits.

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