Fortebraccio teatro








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date de publication17.05.2017
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fortebraccio teatro

UBU ENCHAÎNÉ
de


alfred jarry


Dans le contexte du projet Radiovisioni, après avoir travaillé sur la

re-écriture du mythe d’Œdipe (BUIO-RE- da Edipo a Edipo in Radiovisione – 2003), et sur un passage du Hamlet de Shakespeare (Per Ecuba-Amleto, neutro plurale – 2004), nous voulons aujourd’hui proposer les personnages « Ubu » dans ce que nous considérons être une de ses déclinaisons les plus actuelles.

À soixante-dix ans de sa première représentation italienne, le texte de Jarry, daté de1899, vient compléter un parcours qui trouve son champ d’action et de réflexion dans le concept de l’humaintrophumain
  "aux plusieurs maîtres qui affermirent sa couronne quand il était roi

ubu enchaîné offre l'hommage de ses fers"


C’est avec cette idée que Jarry nous présente un des épisodes successifs à l’Ubu Roi.
L’Ubu Enchaîné est un hymne à la liberté qui trouve son accomplissement dans la mythisation de l’esclavage.

Une sorte de manifeste philosophico-politique crée par les marionnettes de Jarry; capables dans un monde artificiel, parallèle, autre, double, différent, pataphysique (qui concerne donc la « science des solutions imaginaires »), de raisonner, par extrêmes et paradoxes, sur la vraie nature de l’esprit, des choses et des relations en général.
Après avoir été roi de Pologne et d’Aragon, Père Ubu aspire maintenant à devenir le plus esclave des hommes. Il entame ce que nous pouvons considérer comme une véritable carrière. Il commence comme cireur de chaussures, ce qui l’amène à devenir majordome à plein temps, puis, servant frustré ; il est ensuite arrêté, enchaîné, conduit en procès, exilé, et finit esclave sur une galère turque.

Mais, plus il cherche à servir les autres, plus, à leurs yeux, il devient le plus libre des hommes. Libre au point d’avoir la liberté de choisir d’être esclave.

Père Ubu devient un exemple pour beaucoup, qui, libres, voudraient s’enchaîner à leur tour et le proclamer roi, rendant ainsi son projet vain.
Liberté et Esclavage sont ici liés en un seul concept.

C’est ce paradoxe qui a guidé le modus de notre recherche.

Peut-être est–ce en raison de cette chère discussion sur le comédien, sur la façon d’être sur scène, sur l’être auteur de soi, ou encore, en raison du rapport de Jarry à son Ubu, leur degré de relation, d’appartenance et de dépendance, que la question qui s’est imposée à nos yeux a été celle de l’identité du point de vue des rôles.
Nous avons alors cherché une façon d’être, en même temps, Ubu et Jarry, pas seulement la marionnette et la main qui l’anime, le pantin et celui qui en tire les fils, mais plus encore, l’auteur face aux formes de son être que sont désormais ses œuvres.
La recherche étant selon nous un moyen et non une finalité, nous nous sommes intéressés au processus de la création et non à l’œuvre finie.

Sur ce chemin, nous avons rencontré la réalité virtuelle.

À partir d’un exosquelette (squelette robotisé) capable d’envoyer en direct des informations sur un ordinateur, nous pouvons traduire les actions physiques d’un acteur sur scène en images de synthèse, puis, les retravailler ou les placer dans un lieu autre que celui du réel.

C’est avec la motion capture – à laquelle nous avons eu accès grâce à la collaboration d’Andrea Brogi - professeur de Réalité Virtuelle à l’université de Milan – que nous avons pu ainsi réaliser un véritable enchaînement technologique, et avoir la possibilité de développer et multiplier le spectacle au sein d’une considération pour nous fondamentale: plus la technologie enchaîne l’acteur sur scène, plus le personnage virtuel qui lui correspond sera libre.
Dans ce que nous imaginons comme un concert scénique, nous avançons, comme Ubu, par étapes.

La première étape est celle de l’amplification.

L’utilisation du microphone pour la voix est le premier stade de l’enchaînement technologique.

Il correspond à la déclaration qu’Ubu fait à propos de son intention de devenir esclave. Dans ce contexte, l’exosquelette devient une sorte de microphone du corps entier, qui permet de l’amplifier et le rendre autrement visible et mobile, de le multiplier, tout en le réinventant d’un point de vue graphique.

Nous avons ensuite ajouté certains contrôles et technicismes : des instruments (en rapport avec les conquêtes des Ubu) liés, suspendus, enchaînés, aux machines et aux ordinateurs.
"La liberté, c'est l'escalvage !" dit un des personnages.

Comme si le théâtre pouvait vraiment être un rendez-vous sur une terre de frontière. 

Ubu nous y entraîne, comme s’il était un Dummy, ce mannequin qu’on utilise dans les crash-tests pour vérifier les mesures de sécurité, pour découvrir quel effet ça fait d’être attaché à un siège et lancé à toute vitesse contre un mur. Nous sommes à l’extérieur et à l’intérieur, en équilibre, dédoublés sur scène par le personnage qui nous correspond. En attendant l’airbag.
fortebraccio teatro

UBU ENCHAÎNÉ
de


alfred jarry





adaptation et mise en scène


roberto latini

musique et assistant à la mise en scène


gianluca misiti

reconstitution numérique interactives


andrea brogi

éclairages et régie générale


max mugnai

régie de scène


dario palumbo


avec


roberto latini

et avec


paolo pasteris


production et communication


esmeralda villalobos

service de presse


matilde de luna

administration


costanza vinciguerra

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