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CONFERENCE LYON PLACE FINANCIERE ET TERTIAIRE

29 JUIN 2001

Je remercie tout d’abord LYON PLACE FINANCIERE ET TERTIAIRE de son invitation et je remercie toutes celles et tous ceux qui, aujourd’hui, sont présents.




Cette intervention est, avant tout, un témoignage de près de 20 ans qui a pour objet principal de contribuer à un débat ouvert et éclairé au cours duquel j’essaierai de répondre à vos questions, que je souhaite nombreuses et variées.



Ce témoignage porte aussi la marque des 350 collaborateurs de notre groupe qui, depuis près de 15 ans par le monde, ont eux-mêmes par leur talent et leur foi contribué à la richesse culturelle du GROUPE SERVEUR.
J’adresse aussi à cette tribune un regard ému sur l’un des premiers fondateurs du GROUPE SERVEUR, mon ami François MOILLO qui vient de quitter ce monde ce mercredi 26 juin. Il a été l’un des pionniers de l’image de synthèse en Europe. Selon son vœu, il est enterré aujourd’hui même à Bora Bora en Polynésie française où il demeurera à nos yeux le scientifique et l’artiste qu’il a toujours été.
Le thème de notre réflexion est «le 21e siècle, l’accès au savoir » avec un regard sur l’histoire et l’économie du savoir à travers le temps.
Cette nouvelle économie qui provoque bien des débats passionnés a bientôt 3000 ans d’existence avec Pythagore,

le 1er des philosophes qui disait déjà que tout est nombre.
Pour lui, le nombre est à la fois la matière et le modèle du monde.
Ainsi, cette dématérialisation de notre ancien monde et de son économie créée son empire numérique sur le parvis du 21e siècle sous la forme du grand village planétaire cher au sociologue Marshall Mac LUHAN .
Cette organisation numérique à l’échelle du monde a un nom : INTERNET, le réseau des réseaux.
Mémoire du monde selon Philippe Quéau de l’UNESCO, renouveau de la bibliothèque d’Alexandrie pour certains, Internet se joue des frontières, du pouvoir des nations et abolit au passage tous les régimes hostiles à la libre circulation de l’information.
A l’heure où je vous parle, nous sommes près de 450 millions à être reliés à l’Internet. Chaque seconde, 7 nouveaux consommateurs (ou acteurs) se connectent,

soit près de 700 000 nouveaux entrants sur un cycle de 24 H.
Quelques brefs repères historiques :


  • J’ai connu Internet en 1987 où le nombre de connectés dans le monde équivalait à une ville de sous-préfecture française.




  • En 1991, Internet avait la taille d’un département français.




  • Internet a aujourd’hui la taille d’un continent.




  • Dans un an et demi, nous dépasserons le cap du milliard d’êtres humains connectés sur Internet, soit la taille de l’Occident.



Je me souviens avec émotion de mon associé américain, E. S. mondial d’IBM, qui me présentait en état de transe en 1991 à New-York, un projet confidentiel de maquette IBM avec, comme 1ère de couverture, 1 milliard de personnes connectées à l’Internet à l’horizon 2000.
Il y a quelques semaines, gravement malade, il me murmurait en bon catholique pratiquant :
« Je damnerai mon âme pour gagner quelques années de vie
Car vous n’avez encore rien vu !
Ce que nous allons vivre dans les toutes prochaines années dépassera de très loin tous les écrits d’anticipation et de science fiction ».
Chaque heure qui passe voit se créer sur Internet 20 000 nouveaux serveurs, soit l’équivalent de 20 années de télématique française.
Ainsi, 1 heure d’économie d’Internet vaut 20 ans d’économie de télématique française où nous autres industriels de l’information avons créé près de 18 000 serveurs
Le devenir d’Internet est d’être la banque de données de toutes les banques de données de l’humanité, accessible à tout instant par chaque individu pour un coût infime quelle que soit la distance.
Ainsi, l’éducation, la recherche, le commerce, l’économie et l’organisation générale des informations vont connaître, en un laps de temps extrêmement réduit, des mutations inimaginables.

De mon père, polytechnicien, docteur en droit et scientifique, je retenais de lui que la machine à vapeur avait mis plus de 60 ans pour descendre des forges lilloises à l’Alsace Lorraine.
Ainsi les parents, enfants et petits enfants avaient le temps de s’adapter à ces mutations technologiques.
Jamais, dans l’histoire de l’humanité une révolution scientifique n’a impacté autant de gens en aussi peu de temps en tout endroit du monde.
Il a fallu 50 ans à la radio pour toucher 50 millions d’individus, 30 ans à la TV, 5 ans pour Internet …
Ainsi, plus de 230 états nations qui ont chacun 2 à 3 siècles de cadre législatif et réglementaire s’annihilent devant une révolution scientifique qui abolit le territoire et le temps.


Cauchemar du législateur pour certains, utopie auto réalisante pour d’autres, la révolution internet balaye toutes les pseudo révolutions comme l’exemple tant repris par nos contradicteurs : les chemins de fer britanniques qui roulaient paisiblement à 60 km/h et où le législateur anglo-saxon légiférait à tour de bras sur le territoire de l’Angleterre pour éviter l’hémorragie sociale sur une période de 50 ans.

D’ores et déjà, les marchés mondiaux reconnaissent Internet et la révolution numérique comme l’un des moteurs de l’économie générateur de fusions acquisitions à l’échelle planétaire, mais aussi producteur d’emplois.
Dans le seul état de New York, Internet et la révolution numérique emploie plus de 1 200 000 personnes.
Industrie protéiforme à l’image du 21e siècle, l’information distribuée par Internet devient pour l’homme aussi essentielle que de se nourrir.
L’accès au savoir par Internet est en Afrique aussi important que l’eau potable.
Pour comprendre cette révolution de l’accès au savoir et de son économie, la renaissance européenne, dont LYON fût une des grandes métropoles, nous amène une précieuse grille de lecture.
La Renaissance européenne est inséparable d’une invention, celle de l’imprimerie, et du nouveau paradigme du savoir que celle-ci permit, sa diffusion.
C’est la possibilité de dupliquer mécaniquement des informations qui a favorisé l’émergence de la pensée humaniste :
L’érudit pouvait enfin comparer les idées, se référer à de lointaines sources manuscrites, faire connaître l’héritage philosophique et propager sa vision individuelle à une relative grande échelle.
A cette révolution technique se joignit l’essor des voyages de découverte : le mouvement de la connaissance est alors horizontal, géographique, missionnaire ; la pensée s’oriente vers le progrès, moteur d’une histoire purement occidentale.
Cette époque, initiée par Gütenberg, s’achève aujourd’hui, au moment où la terre se voit entièrement recouverte de réseaux d’information, arpentée dans ses moindres recoins.
La compréhension du modèle économique du réseau Internet et de l’accès au savoir est extrêmement bien décrit et entre autres remarquablement pensé par Jeremy Rifkin et ses nombreux ouvrages dont « l’âge de l’accès » (Editions La Découverte).
En 1851, dans une réflexion sur les perspectives ouvertes à l’humanité par l’électricité, un scientifique anglais écrivait : « est-il vrai […] que, par le biais de l’électricité, le monde de la matière tout entier n’est plus qu’une immense fibre nerveuse susceptible de propager ses vibrations sur des milliers de kilomètres en un laps de temps infime ?
Ou nous faudra-t-il plutôt concevoir le globe planétaire comme une vaste boîte crânienne, un cerveau alliant l’instinct à l’intelligence ?

Grâce à la fusion de la micro-électronique, des serveurs et des télécom en un seul et même système de communication intégré, cette vision est en train de devenir réalité : le monde entier est désormais couvert par un système nerveux planétaire.
Ce passage du territoire au cyber espace constitue un des grands bouleversements de l’organisation humaine, et il est d’autant plus important d’en comprendre le sens qu’il entraîne une transformation majeure de la nature même de nos perceptions et de nos rapports sociaux.
- Dans le cyber espace, les serveurs et clients échangent des masses considérables d’informations, de connaissances, d’expérience et de savoir à travers les banques de données.


  • Dans l’espace physique, les agents économiques transfèrent des biens entre eux.




  • Dans l’espace virtuel, chacun négocie l’accès au savoir par rapport à son existence .


C’est la prolifération des réseaux électroniques planétaires qui permet le développement du commerce virtuel et le passage à l’économie fondée sur les réseaux et les serveurs
Le plus important d’entre eux est bien entendu Internet, (qui est le réseau des réseaux), créé par le Pentagone à la fin des années soixante. Les hauts fonctionnaires du département de la Défense étaient également préoccupés par la fragilité potentielle de systèmes de communication excessivement centralisés.
Ils étaient à la recherche de nouveaux serveurs de communication plus décentralisés, susceptibles d’acheminer de multiple façons des messages à un grand nombre de chercheurs et de continuer à fonctionner, même au cas où une partie du système aurait été détruite.
Nous sommes en pleine guerre froide et l’hypothèse d’une destruction massive des grandes agglomérations occidentales par des ogives nucléaires est prise très au sérieux.
La solution se présenta sous la forme d’ARPANET, système développé par le Bureau des projets de recherche de pointe du département de la Défense.
Le premier serveur à être mis en réseau fut connecté en 1969.
Vous noterez qu’Internet a donc plus de 30 ans !
En 1988, ils étaient déjà soixante mille. D’autres réseaux furent construits peu de temps après ARPANET.
La fondation scientifique nationale américaine créa NSFnet pour connecter les chercheurs dispersés dans diverses régions des Etats-Unis aux serveurs des grandes universités. Quand le réseau ARPANET fut désactivé en 1990 (le mur de Berlin est tombé), NSFnet ouvrit ses portes à un nombre croissant d’utilisateurs et finit par se transformer en ce que nous appelons désormais INTERNET.
Internet est le réseau des réseaux et un message peut être transmis par toute forme de continuité cuivre, fibre, structure

fil-aire , ou satellite (à ce titre, le réseau électrique qui est historiquement le plus grand réseau du monde, est pressenti comme le meilleur canal de distribution d’Internet).
Vaste débat politique européen entre les producteurs d’énergie et les opérateurs de telecom qui après la chimère, voire l’escroquerie intellectuelle de l’UMTS seraient voués à disparaître ou à se faire absorber…
Dans une société obnubilée par la notion de propriété, « il est extrêmement difficile de concevoir qu’ Internet n’est pas une chose, ni une entité, ni une organisation. Personne n’en est propriétaire ; personne ne dirige Internet, cela veut tout simplement dire que tous ceux qui disposent d’un ordinateur ou d’un terminal passif sont connectés ».

La principale caractéristique de l’activité économique effectuée dans le cyber espace, c’est sa connectivité aux banques de données par les serveurs.
La nature même des réseaux électroniques fait qu’ils transgressent toutes les frontières.
D’ores et déjà, les entreprises sont connectées avec leurs fournisseurs et leurs clients pour partager des ressources tant immatérielles, (sous forme d’information et d’expertise), que matérielles.
On est fort loin des formules d’Adam Smith, qui ont dominé une bonne partie de l’ère industrielle.
Pour Smith, la logique du marché répond à la capacité des acteurs économiques individuels d’accumuler et de détenir de la propriété et d’en interdire l’accès à leurs semblables.
Dans une économie en réseau, l’intérêt égoïste dicte un tout autre comportement.
Il est absolument essentiel de comprendre que ce type d’économie est la cause et l’effet d’une extraordinaire accélération de l’innovation technologique.
C’est le cycle d’innovation et d’obsolescence accéléré des technologies et des produits qui dicte les termes de la nouvelle économie en réseau.
Ce raccourcissement de la durée de vie des produits est un effet direct de la loi de Moore.
Gordon Moore, ingénieur en électricité et fondateur d’Intel, fut le premier à prédire que la capacité de traitement des puces d’ordinateur continuerait à doubler tous les dix-huit mois, tandis que leur coût de production resterait stable ou même irait en décroissant. (Une dépêche de Reuters indiquait cette semaine qu’IBM avait franchi le cap des 210 ghz soit + de 120 fois la puissance la plus rapide du marché à ce jour – 1.7 ghz)
La loi de Moore régit la durée de vie des produits avec une autorité impitoyable.
Pour les futurologues « les économies de temps remplacent désormais les économies d’échelles » sur les nouveaux marchés hyperconcurrentiels.
Dans ce type d’environnement hypercommercial, l’idée même de propriété est totalement déplacée.
A quoi sert d’acquérir la propriété d’un produit ou d’une technologie qui risque d’être déjà obsolète avant même qu’on ait fini de le payer ?
Dans la nouvelle économie en réseau, l’accès à court terme aux biens et services, sous forme de bail, de location … etc., devient une alternative de plus en plus séduisante à l’acquisition à long terme.
Les réseaux reposent sur des circuits de communication complexes, des perspectives multiples, avec des traitements parallèles de l’information qui connaissent une croissance exponentielle par les serveurs de données.
Ils favorisent une créativité et une pensée hors normes.
Ceux qui jouent le jeu des réseaux sont donc plus susceptibles de se brancher sur de nouvelles connexions, de produire des idées nouvelles et scénario inédit, et de mettre en œuvre des plans d’actions innovants dans un environnement hyper concurrentiel.

Le président de Time Warner, résume bien la signification de cette nouvelle forme d’organisation du capitalisme quand il affirme que « l’ancien establishment était un club. Le nouvel establishment est un réseau de serveurs».

Dans l’univers effréné de l’Internet et de la révolution numérique, les entreprises doivent se montrer beaucoup plus protéiformes, capables de changer de profil en un clin d’œil pour s’adapter à de nouvelles conditions économiques draconiennes.
Quand les marchés sont liés aux territoires, la structure compte encore.
Mais, dans le cyber espace qu’est l’Internet, les frontières s’effacent et c’est la notion de procès qui remplace celle de structure en tant que procédure de survie opérationnelle.

L’organisation de l’activité devient aussi éphémère et fluctuante que le médium électronique qui la supporte.
A l’âge de l’accès au savoir, la plus grande crainte d’une entreprise est de ne pas pouvoir s’insérer dans l’un des réseaux d’activité et de relations qui créent les meilleures opportunités commerciales.
Autrement dit, dans l’économie Internet, l’accès aux réseaux et aux banques de données est aussi important que le contrôle des marchés dans l’ère industrielle.
Nous entrons dans une nouvelle époque du capitalisme, plus cérébrale, pourrait-on dire, dont l’objet est l’accès au temps et à l’activité de l’esprit.
La fabrication et le transfert de biens matériels entre vendeurs et acheteurs (la logique de la propriété), s’ils font encore partie de notre réalité quotidienne, en particulier sur les marchés à base territoriale, vont de plus en plus passer au second plan, ce sera la vente et l’achat de savoir humain.
Avec la migration du territoire au cyber espace et de la commercialisation de biens et de services à la marchandisation de pans entiers de l’expérience humaine, le reste de l’activité économique s’alignera de plus en plus sur le modèle d’organisation institué par les majors de l’industrie culturelle comme Time Warner ou Vivendi Universal.

L’économie est en train de se dématérialiser.
L’ère industrielle se caractérisait par l’accumulation de capital et de patrimoine matériels, la nouvelle économie apprécie plus les formes de pouvoir immatériel constituées par des faisceaux d’informations et de connaissances à travers les banques de données.

Les actifs immatériels



On ne saurait imaginer évolution plus spectaculaire dans l’histoire du capitalisme moderne que ce passage de la propriété du capital à la location et à la sous-traitance en moins de quarante ans.
Nul mieux que le journaliste Fred Moody n’a su résumer cet aspect des choses quand il écrit dans le New York Times que «le seul patrimoine industriel de Microsoft, c’est l’imagination humaine ».

Ce n’est là qu’un exemple supplémentaire de la façon dont la nouvelle économie du XXIe siècle préfère les entreprises « légères » dont la valeur se mesure en idées plutôt qu’en patrimoine matériel.
Cette évolution des actifs réels au patrimoine immatériel est de plus en plus manifeste dans le monde entier.
Le passage d’une économie où la richesse et le succès sont évalués en termes de possession d’un patrimoine matériel à un monde où ils reflètent le contrôle d’un capital intellectuel intangible déstabilise les méthodes traditionnelles de comptabilité.
Dans une économie en réseau, l’évaluation de la valeur marchande prend un caractère beaucoup plus subjectif et risqué car, si les idées et le talent y sont beaucoup plus importants que les infrastructures matérielles ils sont aussi plus difficiles à quantifier.
Le problème, c’est que «nos systèmes de comptabilité laissent passer l’essentiel ».
Le bilan comptable traditionnel reflète les flux de liquidités et de biens manipulés par une entreprise, actifs réels possédés par une firme ainsi que des créances détenues par les actionnaires, les créanciers et autres entités extérieures.
Les méthodes de comptabilité classiques fonctionnent à merveille dans une économie qui produit avant tout des biens matériels échangés sur un marché de vendeurs et d’acheteurs.
Mais, dans une économie où l’échange de biens cède en grande partie la place à des transactions entre serveurs et clients autour du partage de l’accès au savoir et des expériences, la bonne vieille comptabilité en partie double est totalement désarmée.
Les nouvelles industries de l’information représentent déjà plus de 25% de l’activité économique aux Etats-Unis en 2000.

En 2005 elles représenteront plus de 50 % de celle-ci.
Une bonne partie de leur valeur réelle repose sur des actifs immatériels et n’est donc pas reflétée fidèlement par leur bilan comptable.
Comment par exemple les méthodes traditionnelles de comptabilité peuvent-elles mesurer la valeur de leur propriété intellectuelle constituée par la détention de brevets sur les

140 000 gènes qui composent le génome humain ?

Ce matin, le journal Libération faisait état d’une société de droit privé qui a acheté le droit d’accéder aux données génétiques et médicales des 280 000 habitants d'Islande.
Le problème, explique William Davidow, c’est que «les comptables de l’ère de l’information font face à une difficulté considérable :

  • soit ils travaillent avec l’ancien système et déforment ainsi de manière grave la vérité,

  • soit ils développent de nouvelles méthodes de comptabilité en assumant tous les risques que comporte l’évaluation d’actifs immatériels ».


Pour lui, « nous avons besoin […] de méthodes d’évaluation comptable radicalement différentes ».

Dans les nouveaux modèles comptables de l’économie en réseau, le patrimoine matériel va peu à peu passer de la colonne actifs à celle des passifs, où il sera enregistré en tant que coût de fonctionnement, tandis que les formes incorporelles du capital seront de plus en plus enregistrées en tant qu’actifs.


(Quand l’esprit domine la matière)



Cet effort de redéfinition de nos méthodes de comptabilité reflète les transformations d’une nouvelle époque où la puissance matérielle cède la place à la capacité intellectuelle.
L’ère industrielle était en quelque sorte celle de la force brute, celle du corps et des muscles.
Elle façonnait des outils gigantesques pour arracher au monde matériel les substances qu’elle transformait en marchandises.

Quand la propriété et les marchés reflétaient l’hégémonie des valeurs matérielles, l’omniprésence physique était le but suprême.
Mais nous entrons dans un tout autre monde, beaucoup plus cérébral et immatériel, un monde de formes platoniciennes, d’idées, d’images et d’archétypes, de concepts et de scénario.
Les habitants du monde industriel ne pensaient qu’à exproprier et remodeler l’univers physique ; la première génération de l’âge du savoir est beaucoup plus intéressée par la manipulation de l’or gris qu’est l’esprit.
Dans un monde gouverné par la logique de l’accès au savoir et du réseau Internet , ce sont les idées qui deviennent la matière première de l’activité économique, et le but suprême est la connaissance universelle à travers les serveurs d’information.
Être capable d’étendre à l’infini sa présence mentale, être universellement connecté afin de pouvoir affecter et façonner peu à peu la conscience des êtres humains par la distribution du savoir organisé (la banque de données), telle est l’ambition des industries du troisième millénaire.
Si l’ère industrielle a nourri notre être physique, l’âge du savoir s’adresse essentiellement à notre être mental, émotionnel et spirituel.
Du contrôle des échanges de biens on est en train de passer au contrôle des échanges de concepts.
Au XXIe siècle, ce sont les idées qui font de plus en plus l’objet de transactions commerciales, et les individus doivent acheter l’accès à ces idées et aux supports physiques qui les véhiculent.
Le dilemme de la comptabilité ne fait que refléter cette

évolution.
Le patrimoine matériel perd de son importance et de sa valeur, tandis que la propriété intellectuelle est le nouveau trésor immatériel de l’ère naissante, qui voit l’esprit dominer la matière.

Il faut donc que nos experts comptables, commissaires aux comptes ainsi que le monde du haut de bilan et de la banque revoient l’intégralité de leurs méthodes de certification et d’évaluation …
L’héritier Getty fondateur de la banque de données Getty image

déclarait : la propriété intellectuelle est le pétrole du 21 eme siècle.

Cette importance croissante des idées dans la sphère marchande suscite des interrogations troublantes.
Quand la pensée humaine (donc le savoir) devient une marchandise aussi prisée, qu’advient-il des idées qui, malgré leur importance, n’ont pas de potentiel commercial immédiat ?
Par un étrange paradoxe de l’histoire, le système capitaliste, qui reposait sur l’expansion des marchés et l’échange de droits de propriété entre acheteurs et vendeurs, est aujourd’hui en train d’effectuer une déconstruction systématique de ses principes fondamentaux et de ses institutions.
Le capitalisme est en passe de se réinventer et d’abandonner peu à peu l’économie de marché traditionnelle au profit de l’économie en réseau des serveurs et de l’Internet.
Dans une économie en réseau, la substitution de la logique de l’accès au savoir à celle de l’acquisition concerne toutes les formes de propriété.
Cela dit, insistons sur le fait que le patrimoine matériel tangible est de moins en moins important pour l’exercice effectif du pouvoir, tandis que les propriétés immatérielles sont au cœur même de l’âge du savoir.
Ce sont les idées, sous forme d’œuvres de l’esprit , de droits d’auteurs, de brevets, de marques déposées, de droits d’organisation des banques de données, (droits sui generi), qui permettent de définir une nouvelle forme de pouvoir économique, permettant à de gigantesques serveurs de contrôler l’accès au savoir avec des réseaux mondiaux d’usagers connectés à Internet.


Le rôle de la propriété est en train de subir une transformation radicale.
Les conséquences de cette révolution sont d’une importance et d’une portée fondamentales pour notre société.
La modernité avait fait du marché et de la propriété deux concepts pratiquement synonymes.
De fait, l’économie capitaliste est fondée sur l’idée même d’échange de droits de propriété sur un marché.
Mais ce fondement même de notre modernité est en train de s’écrouler.
Cette ère nouvelle voit les réseaux prendre la place des marchés et la notion d’accès au savoir se substituer à celle de propriété.
Les entreprises et les consommateurs commencent à perdre contact avec la réalité fondamentale qui caractérisait la vie économique moderne – celle de l’échange de biens sur un marché de vendeurs et d’acheteurs.
L’échange de biens entre vendeurs et acheteurs, fait principal de l’économie de marché moderne, est remplacé par une banque de données d’accès au savoir opérant en temps réel entre des serveurs et des clients organisés sur le réseau Internet.
Dans la nouvelle économie en réseau, plutôt que d’échanger des biens matériels et immatériels, les entreprises en contrôlent et en régulent l’accès à travers les banques d’information .
La possession d’un capital physique, jadis solidement établie au cœur de la société industrielle, devient de plus en plus marginale pour la vie économique.
Les entreprises y voient un coût de fonctionnement plutôt qu’un actif productif, et préfèrent louer des services qu’être propriétaires.
En revanche, le capital intellectuel est le véritable moteur de cette ère nouvelle, et il est d’autant plus convoité.
Ce sont les concepts, les idées, les images, et non plus les choses, qui ont une vraie valeur dans la nouvelle économie.

Ce sont l’imagination et la créativité humaines, et non plus le patrimoine matériel, qui incarnent désormais la richesse.
Le monde des entreprises est déjà largement engagé dans cette transition de l’ère de la propriété à l’âge de l’accès au savoir.
Les sociétés vendent leur patrimoine immobilier, réduisent leurs stocks, louent leur équipement et font sous-traiter leur activité dans une course à la survie qui passe par l’élimination du maximum de patrimoine matériel.

Le PDG d’Alcatel déclarait hier au journal Le Monde que le groupe Alcatel devenait une entreprise sans usine en ne gardant que 12 usines R&D sur 120…
L’essentiel de l’infrastructure matérielle du capitalisme contemporain n’a plus besoin d’être la propriété de ceux qui en font usage.
Dans l’économie de l’accès au savoir, le succès ne dépend plus des échanges individuels sur le marché mais des relations commerciales à long terme.

On peut penser que d’ici à vingt cinq ans l’idée même de propriété paraîtra singulièrement limitée, voire complètement démodée, à un nombre croissant d’entreprises et de consommateurs.
Dans un monde de production sur mesure, d’innovation et d’amélioration permanentes où le cycle de vie des produits est de plus en plus court, tout devient très rapidement obsolète.
Avoir, posséder et accumuler n’ont plus guère de sens dans une économie où la seule constante est le changement.

Dans ce monde nouveau, les marchés cèdent la place aux réseaux, vendeurs et acheteurs sont remplacés par des prestataires et des usagers connectés à Internet, et pratiquement tout se trouve soumis à la logique de l’accès au savoir.
Cette transition impliquera également de profonds changements dans nos systèmes de gouvernement.
Plus important encore, dans un monde où la possession personnelle de propriété a longtemps été perçue comme un prolongement de l’être même de l’individu, et en quelque sorte la véritable «mesure de l’homme», le déclin de son importance dans la sphère économique pourrait complètement bouleverser la perception que les générations futures auront de la nature humaine.
On peut même penser qu’un monde structuré autour de relations fondées sur la logique de l’accès au savoir risque de produire un nouveau type social d’être humain.
Ces changements dans l’organisation des rapports économiques reflètent une transformation encore plus profonde qui affecte la nature même du système capitaliste.
Nous sommes en train de passer de la production industrielle à la production culturelle avec l’information comme matière première indispensable à la vie économique
Donc d’entrer dans ce que les experts appellent une «économie de l’expérience et du savoir», c’est-à-dire un monde où la vie de chaque individu a une valeur marchande.
Dans la nouvelle économie, les gens consomment leur propre existence en achetant des segments du savoir humain.

La transition entre ces deux économies est un processus lent qui a démarré dès le début du XXe siècle avec l’essor de la fourniture de services de base par rapport à la production de biens matériels.


La société du savoir ou de l’information organisée est le stade suprême de la civilisation capitaliste, dont la mission essentielle a consisté à introduire un nombre de plus en plus grand d’activités humaines dans la sphère marchande.
La marchandisation de la culture et du savoir humain entraîne un changement fondamental de la nature du travail.
Pendant l’ère industrielle, le travail humain était employé à la production de biens et à la fourniture de services de base.
L’ère de l’accès au savoir voit des machines intelligentes remplacer l’activité humaine dans les services comme dans les secteurs agricoles et industriels.
D’ici à vingt ans, la sphère marchande aura les moyens technologiques et la capacité organisationnelle de fournir des biens et des services pour une population croissante en n’utilisant qu’une fraction de la main-d’œuvre aujourd’hui nécessaire.
En 2020, on peut raisonnablement envisager que seuls 5% de la population adulte suffiront à faire fonctionner les industries traditionnelles du Xxe siècle.
La trajectoire du capitalisme a commencé avec la commercialisation de l’espace et de la matière; elle est en train d’aboutir à la transformation en marchandise de la durée et du temps humain.
On ne doit pas oublier que, même dans une économie de marché développée, les relations marchandes ont un caractère périodique et éphémère.
Acheteurs et vendeurs se rencontrent pendant un court laps de temps pour négocier un transfert de biens ou de services avant de rejoindre chacun sa propre réalité non marchande.
Le reste de leur emploi du temps est libre de toute considération commerciale.
Dans une économie hypercapitaliste, en revanche, c’est virtuellement la totalité de notre temps qui est transformée en marchandise par la logique de l’accès au savoir et à l’expérience à travers les banques de données texte image et son.
La grande et la vraie question qui se pose à nous au cours des prochaines années est de savoir si la civilisation peut survivre à cet étiolement des sphères politique et culturelle et à l’hégémonie de la sphère marchande comme principal médiateur de toute expérience humaine.
Avec comme postulat :
- La transition des marchés classiques aux réseaux, et de la logique de la propriété à celle de l’accès au savoir,
- La marginalisation du patrimoine matériel et la domination de la propriété intellectuelle,
- La marchandisation croissante des rapports humains sont autant de phénomènes qui nous font progressivement passer d’une époque où les échanges de biens et de propriétés étaient les principales fonctions de l’économie à un nouveau mode où la transaction marchande par excellence est la consommation payante d’expérience vécue, définie par le savoir organisé.
Cette transition du capitalisme industriel au capitalisme culturel remet d’ores et déjà en question tous nos préjugés concernant la nature d’une société humaine.

Nous entrons dans une nouvelle époque où l’expérience humaine est de plus en plus une information consommée sous forme d’accès au réseau Internet inscrit dans le cyber espace.
Ces réseaux électroniques et les banques de données, sur lesquels se branchent de façon permanente et quotidienne un nombre croissant d’individus, sont contrôlés par les serveurs des grands majors du secteur des médias et des réseaux.
Ces majors du XXIe siècle sont propriétaires des réseaux à travers lesquels ces individus communiquent et contrôlent l’essentiel du contenu culturel qui définit cette

expérience-marchandise à l’heure de la post-modernité.
Il n’y a pas de précédent historique à ce contrôle exhaustif de la communication humaine.
Les pourvoyeurs de contenu organisé associés aux géants des médias deviennent les «gardiens» qui contrôlent l’accès de centaines de millions d’êtres humains aux serveurs communication avec leurs semblables.
L’absorption de la sphère culturelle par la sphère marchande reflète un bouleversement fondamental des relations humaines.
Les conséquences de ce bouleversement sur l’avenir de nos sociétés ont de quoi nous laisser perplexes.
Depuis l’aube de la civilisation, la culture et le savoir ont toujours eu la priorité sur le marché.
Les hommes fondent des communautés, élaborent des contrats sociaux sophistiqués, reproduisent des valeurs et des symboles partagés et construisent du lien social.
C’est seulement quand le lien social fondé sur la confiance et l’échange réciproques est suffisamment développé que ces communautés s’engagent dans des relations de type marchand.
La récupération d’un équilibre entre la sphère culturelle et la sphère marchande sera probablement l’un des défis les plus importants de l’âge de l’accès au savoir.
La grande question politique que pose la nouvelle économie mondiale de l’Internet et sa tendance à promouvoir le savoir en objet de consommation marchande est celle de la préservation et du développement durable d’une diversité culturelle qui est le sang même de la civilisation.

Les jeunes des nouvelles générations «protéiformes» sont beaucoup plus à l’aise que leurs aînés dans le monde du cyber espace défini par Internet dont dépend une bonne partie de leur vie professionnelle et de leur activité sociale.
Ils s’adaptent facilement aux nombreux univers simulés qui caractérisent la nouvelle économie culturelle.
Pour cette génération, la logique de l’accès au savoir est d’ores et déjà un mode de vie et, si être propriétaire a toujours son importance, c’est le fait d’être connecté à Internet qui l’emporte sur tout le reste.
Leur conception de la liberté personnelle ne sera plus fondée sur leurs droits de propriété et leur capacité d’en exclure leurs semblables, mais plutôt sur le droit d’être intégré à des réseaux de relations réciproques.
En cinq siècles, l’usage de l’imprimerie a profondément altéré la conscience humaine.

Il en sera de même de celui de l’Internet et de l’accès au savoir par la banque de données au cours des cinquante prochaines années.


Les enfants d’aujourd’hui grandissent dans un monde de réseaux et de connectivité généralisée au sein duquel la conception agressive du domaine réservé du moi, qui caractérisait l’ère de la propriété, cède la place à une perception de la réalité en termes d’indépendance et d’implication mutuelle.
Une conception plus sociale que concurrentielle et liée à un mode de pensée plus responsable et consensuel.
La nouvelle grande barrière sociologique est celle qui sépare ceux dont les vies seront de plus en plus dépendantes du cyber espace et ceux qui n'auront jamais accès à l’énorme potentiel de cette nouvelle sphère du savoir humain.
La transition de l’espace géographique au cyber espace, du capitalisme industriel au capitalisme culturel et de la logique de la propriété à celle de l’accès au savoir nous oblige à repenser intégralement la nature du contrat social.
N’oublions pas que la notion moderne de propriété, caractérisée par la possession privée, l’exclusivité et l’échange marchand, était une des institutions centrales de l’ère industrielle.
Au bout de cinq cent ans d’hégémonie, cette vision de la civilisation reposant sur l’échange marchand entre vendeurs et acheteurs de propriété est soumis à une déconstruction radicale.
Le nouvel horizon de l’époque est défini par la logique de l’accès au savoir par les serveurs , qui nous amène à repenser les rapports économiques, l’action politique et la perception de notre propre identité telle qu’elle émerge du plus profond de la conscience humaine.

Dans ce nouveau monde fondé sur l’échange d’informations et de services, et sur la consommation d’états de conscience et d’expériences vécues, l’immatériel l’emporte sur le matériel et la marchandisation du temps devient plus importante que l’appropriation de la terre et de l’espace.
Les notions d’accès au savoir et au réseau Internet prennent de plus en plus d’importance et sont en train de redéfinir progressivement la dynamique de nos sociétés, tout comme l’avaient fait les notions de propriété et de marché à l’aube de la modernité.
La logique de l’accès au savoir est désormais la porte ouverte au progrès et à l’accomplissement personnels, elle incarne aux yeux des nouvelles générations ce que la perspective démocratique représentait pour les générations précédentes.

C’est un mot lourd de sens, et en particulier de sens politique, car la logique de l’accès au savoir formule des distinctions, trace des frontières et définit en fin de compte qui sera inclus et qui sera exclu.
La notion d’accès au savoir par la banque de donnée et le serveur est un puissant outil conceptuel qui nous permet de repenser notre vision du monde et de l’économie.
Elle est la métaphore la plus éloquente de l’âge qui s’annonce.
Certains mauvais augures présagent que le règne de l’ordre numérique détruira en partie la relation humaine.
La réponse nous vient, encore une fois, de Pythagore avec qui nous ouvrions ce débat, pour lequel tout est nombre, à l’exception des essences que sont les émotions humaines non quantifiables, indicibles et se jouant des nombres…
Merci de toute votre attention et j’espère que le débat est ouvert

à de nombreuse questions
29 juin 2001

Thierry Ehrmann

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