II. Caractéristiques originelles et actuelles du virtuel








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III. Le concept de virtuel chez Aristote, Leibniz et Kant



Le vrai défi pour les philosophes a été et est d’expulser la réserve d’irrationalité perçue dans le virtuel.
La philosophie d’Aristote est proche de nous avec ses considérations sur le rapport virtualité/réalité par le biais des concepts de puissance et d’acte. La relation entre puissance et acte est la description du passage entre la virtualité et la réalité. Aristote tient à ce que sa physique rende compte de la réalité en ces termes. Le concept de puissance (potentia, energeia) parle de ce qui n’est qu’en puissance. Cela pose problème car ce qui n’est qu’en puissance conteste la rationalité car la rationalité, par principe, ne peut s’appliquer qu’au réel. C’est pourquoi les philosophes grecs se sont méfiés de la notion de puissance. Il écrit : « Or, nous disons d'une chose qu'elle est en puissance, quand nous disons, par exemple, que la statue d'un Hermès est dans le bois, comme la moitié d'une ligne est dans la ligne entière, parce qu'elle pourrait en être tirée3. » Cette citation, dans l’esprit d’Aristote, implique aussi que l’on est, à chaque fois, en deçà de la réalité. Aristote a une physique compliquée où il est difficile d’éliminer ce qui est en puissance.

Par exemple, le mouvement est compris comme l’acte de ce qui est en puissance en tant qu’il est en puissance. En ce sens, le mouvement est le passage d’une moindre réalité à une autre réalité. Dans la problématique du mouvement, la réponse à ce qu’est le « en puissance » suppose l’intervention de quelque chose d’extérieur. La possibilité de l’existence d’un mouvement sans cause ou inertiel était déjà en germe dans ces questions. La pensée grecque fait aussi référence à des êtres dits corruptibles (sans connotation éthique) et incorruptibles. Il a fallu supprimer ces distinctions en le remplaçant par l’explication d’un simple passage d’une situation à une autre.
Le philosophe Leibniz, plusieurs siècles plus tard, s’intéresse de son côté au caractère positif du virtuel. Le virtuel est ce qui possède la force, la virtu. Cette force a la capacité de faire passer à l’acte. La représentation qu’en donne Leibniz est presque archétypique. Il distingue la puissance de la force. La puissance est l’ensemble des besoins internes qui permettent à la chose de passer à l’acte vers l’extérieur. La force active (virtu) est l’energeia qui porte la chose à s’exprimer dès que les obstacles cèdent. Leibniz développe une philosophie centrée autour du concept de monade4. Substances métaphysiques composant tout l’univers, elles se télescopent les unes aux autres, s’entre expriment et s’entre limitent grâce à la force active qu’elles ont en elles. Dans cette totalité nommée Monadologie, il n’est pas besoin d’un Dieu pour que le monde s’exprime. Cette pensée montre une stabilisation du monde où le repos est le degré 0 du mouvement et où le virtuel est l’équivalent de l’essence (ou de la substance au sens de Leibniz). Selon Leibniz, dès la création du monde par Dieu, ce monde est pourvu de forces actives mais qui sont limitées par les autres forces des Monades5. La substance contient virtuellement l’ensemble de ses prédicats, prédicats qui peuvent se réaliser dans l’histoire.

Dans son article « Le virtuel : un état du réel6 », Philippe Quéau considère donc le virtuel comme un état du réel et non pas comme le contraire du réel. Le virtuel, en tant qu’équivalent de la substance est un révélateur de la puissance cachée du réel. Il se réfère, sans détours, à la philosophie de Leibniz.

Kant, avant ses réflexions développées dans sa Critique de la raison pure, a été bouleversé par le succès du mathématicien Svendenborg (un drôle de savant qui mena des recherches fondamentales en astronomie, hypnose et magnétisme) qui prétendait discourir avec les anges. Comment un mathématicien peut-il avancer cette croyance ? se demandait Kant. Il entreprit de répondre à cette question en répondant à une autre : « Que peut-on connaître ? ». Cette question requerra de séparer les choses qui peuvent faire l’objet d’une expérience possible de ce qui ne relève que de la spéculation théorique. De même, il remet en cause le célèbre argument ontologique de Saint Anselme c’est-à-dire une démonstration de l’existence de Dieu. En somme, il y est soutenu que si Dieu est Dieu, il doit être parfait. S’il est parfait, il doit posséder toutes les qualités. Parmi toutes ces qualités doit figurer l’existence car s’il lui manquait quelque chose, il ne serait pas parfait ; donc Dieu existe. Dans cette démonstration, on passe du simplement possible au réel. Il y aurait plus de réalité dans la réalité que dans le possible selon Kant.
Quelques points de conclusions de cette partie :

  • Sachant que le mot latin « vir » signifie « homme de sexe mâle », on pourrait rétablir la chaîne sémantique et rappeler que l’homme réel pour les Romains est l’homme vertueux soit, par jeu de mots, l’homme virtuel. Au bout du compte, si le virtuel est l’essence (ou la substance) alors il est le plus réel et le réel lui-même est le plus pauvre niveau en terme de potentiel par rapport au virtuel.

  • Du mot potentia, on ne retiendra que la notion de possible et est possible que ce qui n’implique pas de contradiction. Cet aspect est pauvre par rapport à ce que nous voulons exprimer en utilisant le concept de virtuel. Le virtuel est le non virtuel qui permet d’expliquer et de connaître l’actuel. Quant au possible, il ne fait que simplement s’opposer au virtuel. Le virtuel constitue une manière de nous rapporter au réel. Bien plus, c’est à la fois un mode de jugement à propos de la réalité et un être différent de cette réalité.

  • Aujourd’hui, le virtuel est devenu un synonyme positif de « possible », d’un non actuel qui explique l’actuel.


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