Travail – Justice Solidarité








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CHAPITRE III : RETABLISSEMENT ET RENFORCEMENT DES EQUILIBRES MACROECONOMIQUES



L’économie du pays a longtemps souffert, et plus particulièrement au cours des trois dernières années, de la mauvaise gouvernance économique et financière qui s’est soldée par une aggravation des déficits, une dépréciation aigue du Franc Guinéen et une inflation galopante sous l’effet conjugué de la rareté des ressources budgétaires, l’expansion incontrôlable de la masse monétaire, les marchés publics contractés de gré à gré par la junte militaire, la réduction drastique de l’aide extérieure qui en est résultée, le poids de la dette extérieure, la contraction des investissements privés et conséquemment la décélération du rythme de production.
Le présent chapitre présente une revue de la situation macroéconomique au cours des dernières années et les perspectives d’évolution ainsi que les politiques à mettre en œuvre dans les finances publiques et les secteurs monétaire et financier au cours des cinq années du Plan.


      1. Evolution récente



La décennie 2000-2010 a été caractérisée par des difficultés économiques ponctuées de troubles sociaux et de changements au sommet de l’Etat qui ont gravement affecté le processus de développement économique, social et politique du pays.
A partir de l’an 2000, on assiste à un ralentissement de la croissance économique qui n’a été que de 2,6% en moyenne durant la décennie, avec une croissance négative (-0,3%) en 2009 contre un objectif de 5,3% dans le DSRP. En même temps et malgré la contraction des activités économiques, le pays a connu une poussée inflationniste sans précédent atteignant 39,1% en glissement annuel en 2006, contre 3% en 2000. Une telle situation a laminé le pouvoir d’achat des ménages, aggravé la situation des populations démunies, et occasionné des grèves et des revendications d’ordre social et politique.
Le ralentissement de la croissance économique, accompagné d’une augmentation de la population de 3,2% par an, n’a permis ni la mobilisation de ressources suffisantes pour l’Etat, ni l’amélioration des revenus de la population pour atténuer la pauvreté et améliorer les conditions de vie. Au contraire, l’incidence de la pauvreté s’est aggravée et les poches de pauvreté se sont multipliées. La population vivant en dessous du seuil de pauvreté est passée, en effet, de 49,1% en 2002 à 58% en 2010.
Tableau 1: Evolution des principaux indicateurs macroéconomiques et sociaux


Indicateurs/Années

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

Population (en millions habitants)

8.8

9

9,3

9,6

9,9

10,2

10,6

10,9

Taux de croissance de la population (%)

2,8

3,1

3,3

3,2

3,2

3,2

3,2

3,2

PIB prix constant 2003 (milliards FG)

6841

7001

7211

7390

7520

7892

7870

8022

Taux de croissance du PIB réel en %

1,2

2,3

3,0

2,5

1,8

4,9

-0,3

1,9

PIB par habitant (milliers GNF)

780,6

901,7

1145,9

1565,1

1742,8

2021,6

2085,8

2476,0

PIB par habitant ($US)

393,04

397,6

314,8

297,3

417,0

439,8

437,0

413,5

PIB/ habitant (variation en %)

-1,9

-0,9

-0,2

-0,7

-1,4

1,7

-3,4

-1,2

Taux d’inflation (glissement fin déc.) en %

14,8

27,6

29,7

39,1

12,8

13,5

7,9

20,8

Taux d’investissement (en % du PIB)

19,8

22,8

23,3

22,4

19,2

21,3

16,4

17,1

Encours de la dette (en % du PIB)

97,7

91,1

109,4

109,6

74,7

68,8

66,6

67,6

Réserves de change en mois d’importation

2,0

1,8

1,5

0,8

0,4

0,6

1,1

0,7

Recettes courantes de l’Etat (% du PIB)

11

11,5

14,5

16

14,3

15,7

15,4

15,3

Dépenses courantes (% du PIB)

13,6

12,5

11,4

13,4

11,3

13,4

16,5

20,5

Solde (dons exclus) en % du PIB

-8,3

-6,5

-1,6

-2

-0,9

-1,7

-8,3

-14,3

Taux de pression fiscale (% du PIB)

11,0

11,5

14,5

14,6

13,5

15,7

15,4

16,4

Taux de chômage (Conakry) en %

7,9

-

-

-

15

-

-

-

Taux de chômage (autres villes) en %

6,7

-

-

-

3,2

-

-

-

Taux de sous-emploi en %

19,8

-

-

-

9,1

-

-

-

Incidence de la pauvreté en %

49,1

-

-

-

53

54,3*

55*

58*

Sévérité de la pauvreté en %

8,1

-

-

-

8,1

8,6*

8,8*

10,2*

Profondeur de la pauvreté en %

17,2

-

-

-

17,6

18*

18,5*

20,1*

Accès à l’eau potable en %

61,9

-

-

-

73,8

-

-

-

Utilisation de l’électricité en %

18,8

-

-

-

18,1

-

-

-

Taux brut de scolarisation au primaire en %

74

77

79

77,6

78,6

78,7

77,5

78,3

Parité filles/garçons au primaire

0,72

0,76

-

0,81

0,83

0,82

0,83

0,87

Taux d’alphabétisation des adultes en %

28,8

-

-

-

34,5

-

-

-

Taux de mortalité des enfants < 5 ans (1000 naissances vivantes)

177**

-

163

-

-

-

-

-

Taux de mortalité des enfants < 1 an (1000 naissances vivantes)

98**

-

91

-

-

-

-

-

Taux de mortalité maternelle (100 000 naissances vivantes)

528**

-

980

-

-

-

-

-

Taux d’insuffisance pondérale < 5 ans en %

20,8

-

-

-

-

26,1

-

-

Source : Ministère du Plan/DNP/INS

* : Estimation

** : EDS 1999

En matière de Finances publiques, le coup d’Etat militaire de fin 2008 et les sanctions internationales marquées par une réduction drastique des financements extérieurs ont entrainé l’abandon de la discipline budgétaire et l’usage de la planche à billets. Les mesures prises entre 2008 et 2010, ont accentué les déséquilibres macroéconomiques.
C’est dans ce contexte difficile qu’ont pris fonction les nouvelles autorités. L’élaboration du présent plan quinquennal 2011-2015 vise avant tout le rétablissement des équilibres macroéconomiques rompus, la reprise de la croissance et l’avènement d’une économie stable et performante à l’horizon 2015.
En ce qui concerne plus particulièrement les finances publiques, leur évolution s’est caractérisée par des indicateurs alarmants du fait de la politique inappropriée et déficiente qui a été suivie. Avant 2008, la gestion des finances publiques de la Guinée affichait de piètres résultats, mais la discipline budgétaire était globalement respectée. Les dépenses publiques ont quasiment doublé entre 2007 et 2010, passant de 15,2 à 29,6 % du PIB. Deux facteurs expliquent cette expansion budgétaire massive. La masse salariale est passée de 4,1 à 5,4% du PIB sur la période 2008-2010 en raison des recrutements successifs effectués par la fonction publique, des augmentations de salaires et des avancements et promotions dans l’armée. Des décisions qui affecteront la masse salariale tout au long du quinquennat.
L’effondrement de la discipline budgétaire est surtout dû au fait qu’après le coup d’Etat militaire, l’exécutif a abandonné les contrôles réguliers des engagements budgétaires ayant abouti à la signature de centaines de contrats pluriannuels, de gré à gré pour la plupart.
Les contrats signés entre 2008 et 2010 portaient sur environ 2,2 milliards de dollars dont environ 45% concernaient le secteur de la défense pour la construction de casernes et l’achat d’équipements et de véhicules militaires. Le reste étant consacré à des secteurs tels que la construction de routes et l’acquisition de véhicules pour l’administration.
Pour redresser la situation, la stratégie des nouvelles autorités consiste à rétablir tout d’abord les contrôles élémentaires sur les finances publiques en faisant respecter les règles et réglementations existantes et en engageant une réforme complète de la gestion des finances publiques.
Le système fiscal guinéen est faible. Sa restructuration et son renforcement sont nécessaires pour permettre à l’Etat de générer les ressources dont il a besoin pour le financement du plan quinquennal.
Les ressources fiscales sont principalement générées par le secteur des mines (26,5%), le commerce extérieur (16%) et les taxes sur les carburants ‘’TSPP’’ (14%).
L’accroissement des recettes fiscales constitue ainsi un défi majeur que la Guinée doit relever au cours de la mise en œuvre du Plan.
L’amélioration de la performance de l’économie, grâce aux reformes structurelles en cours, et la bonne gestion des finances publiques faciliteront la réalisation des conditions requises pour atteindre le point d’achèvement de l’initiative Pays Pauvre Très Endettés (PPTE) à la mi-2012. Arrivée à cette étape, la Guinée sera éligible à un allègement important de sa dette. Des ressources qui servaient préalablement au remboursement de la dette, seront alors dégagées et rendues disponibles pour le financement des actions de développement inscrites au plan quinquennal.


      1. Perspectives et programme d’action



Le gouvernement envisage de mettre en œuvre un cadre macroéconomique crédible et cohérent avec les objectifs de redressement des finances publiques et de stabilisation monétaire d’une part, et la nécessité de relancer la croissance et atteindre les OMD, d’autre part.
Le scénario macroéconomique projeté aidera également la Guinée à évoluer vers les critères de convergence de la Zone Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO).
Dans ce cadre, des mesures ont déjà été prises au cours de la première année du Plan, et continueront dans les années suivantes, pour rétablir graduellement les équilibres macroéconomiques qui représentent une condition essentielle devant asseoir les fondamentaux de l’économie sur une base durable. Cela permettra d’assurer la stimulation de la croissance et sa soutenabilité, la restructuration du tissu productif et sa diversification, la promotion des activités exportatrices génératrices de devises, et l’élargissement de la base fiscale devant garantir un accroissement progressif des ressources budgétaires à la lumière des besoins croissants de financement des dépenses publiques.
En effet, la période du plan quinquennal sera marquée par l’acuité des pressions exercées sur les finances publiques, eu égard à la nécessité de répondre aux besoins sociaux pressants et d’accroitre les dépenses d’infrastructure, et les investissements productifs.
Sur cette base, et conformément aux choix définis par le gouvernement autour des cinq axes de développement prioritaires, une attention particulière sera accordée à une meilleure efficacité de la gestion des finances publiques et au renforcement de la politique financière et monétaire.

        1. Réforme des finances publiques



La Guinée a adopté en juillet 2008 une stratégie de réforme globale de la gestion de ses finances publiques, élaborée avec l’aide du FMI. Le plan d’action qui s’y rapporte est ambitieux : il comporte 115 mesures couvrant toutes les phases du cycle budgétaire. Mais sa mise en œuvre n’avait pas encore débuté au moment où l’instabilité politique a détourné l’attention des autorités vers d’autres priorités.
Cette stratégie sera mise en œuvre à partir de l’année 2012, avec l’appui des partenaires techniques et financiers à travers la mobilisation d’une assistance technique importante.
A plus court terme, les autorités entendent rétablir la discipline budgétaire sur la base de la législation, de la réglementation et des systèmes existants avant de lancer un programme plus vaste de réforme de la gestion des finances publiques.
Quatre priorités stratégiques ont été définies par le gouvernement  pour la première phase de stabilisation:

  • les engagements conditionnels (audit des contrats passés et prise de mesures appropriées pour chaque cas)

  • le contrôle des engagements (respect strict des procédures et de la discipline budgétaire)

  • le contrôle des mouvements de liquidités (le Trésor a une parfaite maîtrise des flux de liquidités des ministères, départements et agences)

  • la stimulation de la mobilisation des recettes intérieures et extérieures et l’unicité de caisse (maîtrise de la discipline budgétaire, Transparence budgétaire, Publication du budget 2011).


Durant la période du plan quinquennal, il s’agira de reformer les fondements de la gestion des finances publiques, de s’attaquer aux faiblesses du système de passation des marchés publics, d’améliorer le recouvrement des recettes fiscales et douanières, de renforcer la surveillance interne et externe de l’utilisation des fonds publics, de maîtriser la gestion des ressources humaines, la modernisation de l’administration fiscale, et la réduction de la dette à travers le réalisation des conditions sous l’initiative PPTE et l’atteinte du point d’achèvement en 2012.
Rétablir une gestion plus efficace des finances publiques

Depuis le début de l’année 2011, la gestion des finances publiques s’est faite selon le principe d’unicité de caisse conjugué à l’exécution des dépenses sur la base des recettes disponibles.
À fin 2011, les recettes budgétaires intérieures ont atteint 5988,95 milliards GNF (avec une contribution de 90,12% des recettes fiscales et 9,87% des recettes non fiscales), contre 4154,88 milliards en 2010 (dont 95,67% pour les recettes fiscales 4,33% pour les recettes non fiscales).
Par rapport aux prévisions, les recettes budgétaires de 2011 ont connu une plus-value de 455,25 milliards GNF (avec un surplus de 179,23 milliards pour le secteur minier, et 276,02 milliards pour les secteurs non miniers).
Quant aux dépenses totales, elles ont atteint 8909,08 milliards GNF à fin 2011 (dont 64% en faveur des dépenses courantes, 36% pour les dépenses en capital), contre 8041,10 milliards en 2010 (avec 69% des dépenses courantes, 31% pour les dépenses en capital).
Par rapport aux prévisions, les dépenses totales de 2011, ont enregistré une augmentation de 1412,45 milliards GNF (dont 70,24% pour le compte des dépenses courantes et 29,76% pour les dépenses en capital).
Cette situation dégage un déficit budgétaire (hors dons) de 2920,13 milliards GNF à fin 2011, contre un déficit de 3886,22 milliards il y a un an. Le déficit budgétaire en pourcentage du PIB s’établit ainsi à 8,9% en 2011 (hors dons base engagement).
Ces efforts de rationalisation des dépenses publiques et la maîtrise de leur évolution conformément aux ressources disponibles vont se poursuivre durant la période du plan quinquennal. Le schéma de développement du plan quinquennal est essentiellement bâti autour de la logique d’équilibre des finances publiques.
La priorité sera accordée aux dépenses destinées, à l’amélioration de la gouvernance économique et politique, la production agricole et la sécurité alimentaire, le développement des infrastructures essentielles (électricité, eau, routes), l’amélioration de la qualité de l’éducation et de la santé, la promotion des femmes et des jeunes, le développement durable et la restructuration des forces de sécurité et de défense.
Projection des recettes

Il est prévu que les recettes fiscales augmentent de manière significative entre 2011 et 2015. L’accroissement des recettes sera le résultat d’une politique rigoureuse de promotion des finances publiques. En effet, la réforme du système fiscal, le renforcement des capacités de gestion des finances publiques, la réduction de l’évasion fiscale, la motivation des agents de recouvrement, l’élargissement de l’assiette fiscale à travers l’enregistrement de nouvelles entreprises évoluant dans le secteur informel, auront pour impact, un accroissement substantiel des recettes fiscales.
L’accroissement de la surveillance et des contrôles, ainsi que le rétablissement de la discipline budgétaire contribueront à la réduction des déperditions de recettes.
Il est prévu que les recettes non fiscales augmentent progressivement avec les ventes de concessions minières, les prises de participation de l’Etat et la création de sociétés de patrimoine. L’allégement de la dette au titre de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE en 2012, donnera, au pays des ressources additionnelles pour le financement du Plan.
Projection des Dépenses

Les prévisions de dépenses de l’Etat tiennent comptent des exigences de remboursement de la dette publique, de l’allocation des dotations nécessaires pour assurer le fonctionnement normal des différents services publics, et les fonds réservés au financement des investissements publics contenus dans le Plan.
Il est prévu que l’allégement de la dette au titre de l’IPPTE à partir de 2012, réduise le volume de transferts en direction de l’étranger au titre des remboursements de la dette (principal et intérêts). La rationalisation des effectifs de la fonction publique et de l’armée grâce au recensement biométrique et les mises à la retraite des personnes ayant droit, permettront de faire des économies. La réduction des transferts et subventions aux établissements publics et la privatisation des unités peu ou pas rentables sont envisagées.
Renforcement de la surveillance et contrôle des finances publiques

Le pays dispose d’un grand nombre d’institutions en charge de l’inspection et de la surveillance interne de la gestion des deniers publics. Mais l’efficacité de ces institutions demande à être significativement améliorée.

L’inspection générale d’Etat, l’inspection générale de finances publiques et les inspections sectorielles ont toutes des faiblesses structurelles. Aucune ne dispose de ressources financières adéquates pour être opérationnelle. Elles dépendent de la bonne volonté de l’exécutif pour fonctionner normalement. Les résultats des audits n’ont souvent aucun effet, renforçant ainsi le sentiment d’impunité dans le pays.
La chambre des Comptes de la Cour Suprême créée depuis 1991 n’est toujours pas opérationnelle. Son mandat, son organisation et ses procédures n’ont jamais été fixés par Décret.

Le pays a grandement besoin que les institutions de surveillance et de contrôle soient réhabilitées, renforcées et rétablies dans leurs droits pour assoir une gestion rigoureuse et transparente des finances publiques. L’éthique et la transparence dans la gestion sont indispensables au développement d’un Etat moderne.
Par ailleurs, le renforcement des finances publiques et la maîtrise du déficit budgétaire requièrent une meilleure affectation des ressources, la maitrise des dépenses de fonctionnement, la réduction des dépenses militaires, l’exécution des dépenses sur la base des crédits et régulations accordés à chaque secteur, la suppression des opérations extra-budgétaires en recettes et en dépenses, l’application systématique du principe d’unicité de caisse et du compte unique du trésor (application de la Loi L/2011/002/CNT du 29 mars 2011, portant principes généraux de gestion par le Trésor public des fonds appartenant à des organismes publics, autres que l’Etat ), et ce en vue d’accroitre le rendement des dépenses publiques. En outre, le prochain quinquennat verra l’approfondissement de la budgétisation par objectifs dans le cadre des CDMT pour la rationalisation des dépenses budgétaires et atteindre un niveau optimal d’efficacité des dépenses. Ceci requiert, également, la maîtrise des dépenses récurrentes et, plus particulièrement, la rémunération dans le secteur public ainsi que la limitation du recours au financement budgétaire par des emprunts auprès du secteur bancaire et l’émission de bons de trésor pour éponger les liquidités excessives et couvrir les besoins de financement public.

        1. Politique monétaire



Mesures de stabilisation

Dans le cadre de la mise en œuvre d’une politique monétaire appropriée et en coordination avec la politique budgétaire, la Banque Centrale a pris en 2011 des mesures vigoureuses pour limiter l’accroissement de la masse monétaire et réduire l’inflation. Ces mesures incluent:

  • l’augmentation du taux des réserves obligatoires de 9,5% à 17% (le 23 mars 2011), puis à 22% (le 19 octobre 2011); 

  • le relèvement du taux directeur de 16,7 à 22% ;

  • le déplafonnement des montants des dépôts sur les comptes sur livret afin d'encourager la mobilisation de l'épargne nationale ; 

  • la création d'un comité de programmation monétaire dont l'objectif est de donner une plus grande lisibilité à la conduite de la politique monétaire et de change ;

  • la relance des opérations du marché interbancaire de change en vue de diminuer la pression sur la demande globale de devises ; 

  • la signature des instructions portant réglementation de l'activité des bureaux de change et des établissements de transfert d'argent ;


Ces différentes mesures ont eu pour effet la réduction de la liquidité du système bancaire de 34% et la baisse de l'endettement du trésor auprès du système bancaire. Ces indicateurs confirment une décélération imputable en partie à l’impact des efforts liés à l’exécution des dépenses publiques sur la base des recettes disponibles et le non recours de l’Etat à l’emprunt auprès du système bancaire.
Cependant, face à une demande de devises plus importante que prévu, le franc guinéen s’est déprécié de 18,8% et 5% en moyenne pour l’année 2011 par rapport respectivement au dollar et à l’euro sur le marché officiel.
En outre, en raison du renchérissement des prix des produits de base, le niveau général des prix à la consommation devrait passer, en glissement annuel, de 20,8% en décembre 2010, à 21,1% en décembre 2011. Les dernières estimations de l’inflation à fin novembre 2011 indiquent un niveau inférieur à 20%. L’Objectif à l’horizon 2015 est de réduire le taux d’inflation à un niveau inférieur à 5 %.
Mesures en faveur de la croissance

Au cours du Plan quinquennal, la BCRG veillera au maintien du cadre et de la poursuite des mesures de la facilité de réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) conclu avec le FMI et la Banque Mondiale en 2007 et ce, en vue d’un renforcement de la stabilité des prix, de la monnaie et du système financier, ainsi que la création d’un environnement favorable à la reconstitution des réserves de change et au développement d’instruments de financement du secteur privé, en particulier à travers la réforme du secteur de la micro-finance qui est un instrument important de réduction de la pauvreté à travers le financement de petits projets ciblant les femmes, les jeunes et les petits exploitants et entrepreneurs.
En outre, les banques primaires devront être à même de créer des facilités et des nouveaux produits permettant l’octroi de crédits aux PME/PMI à des conditions favorables. Le handicap d’accès au crédit qui frappe la croissance et la survie de 80% des PME /PMI sera ainsi levé.
Par ailleurs, la maîtrise des équilibres financiers suppose également la promotion des produits de l’épargne, la diversification des institutions financières crédibles, l’extension du réseau bancaire dans les régions, et le renforcement du secteur des assurances.






        1. Balance des paiements



La situation de la balance des paiements de la Guinée traduit la forte dépendance de l’économie vis-à-vis de l’extérieur. Face à cette dépendance, des efforts seront déployés par le gouvernement pour redynamiser les secteurs moteurs de croissance notamment : les mines, l’agriculture, l’élevage, la pêche et les autres secteurs dont les contributions à la production nationale relèveraient la compétitivité des produits locaux et diversifieraient les exportations.
Par rapport à 2010, les flux commerciaux enregistrés en 2011 avec le reste du monde, indiquent une progression plus élevée pour les importations que pour les exportations, soit 11,8% et 8,8% respectivement. Il en est résulté une baisse du taux de couverture des importations par les exportations s’élevant à 98% en 2011 contre 105% en 2010. La balance commerciale s’est légèrement détériorée, dégageant un solde négatif de 38,92 millions de USD en 2011 contre un solde positif de 66,26 millions USD pour 2010.
La structure du commerce extérieur du pays et les fluctuations des prix mondiaux ont beaucoup impacté la situation de la balance des paiements. S’agissant des importations, leur coût s’est accru de manière significative en 2011 du fait de la hausse des cours mondiaux du pétrole et des principaux produits de base dont le riz, l’huile de palme et l’huile d’arachide. A l’opposé, les produits exportés ont connu un accroissement important, notamment en ce qui concerne l’or (5,6%), le diamant (12,9%) et l’alumine (19,7%). Mais cela n’a pas compensé le renchérissement de la facture d’importation.
Les pressions qui se sont exercées sur la balance des paiements, la politique monétaire inappropriée et les dépenses publiques au cours des années écoulées se sont soldées par un amenuisement des réserves de change qui ont atteint leur bas niveau (moins d’un mois d’importation).
La préservation des équilibres financiers extérieurs requiert, d’une part, une meilleure organisation des circuits et du système d’importation et, d’autre part, la diversification et le développement des exportations afin de contenir le déficit courant à des niveaux tolérables. La concrétisation de cet objectif nécessite également l’amélioration de la confiance des investisseurs et le renforcement de la capacité de l’économie à drainer des investissements étrangers tout en leur assurant une meilleure affectation afin de stimuler la production nationale et élargir son étendue.
Concomitamment, les efforts doivent se poursuivre en matière d’allègement de la dette extérieure qui demeure préoccupante, même si on note une légère baisse en 2011 suite à l’apurement de certains arriérés. L’encours de la dette publique commise ou garantie par l’Etat s’est élevé à 3062 millions de dollar (soit 67,6% du PIB) à fin 2010 et 2988 millions USD (soit 65% du PIB) à fin 2011. En attendant l’allègement de la dette dans le cadre de la mise en œuvre du DSRP II, le gouvernement a initié des opérations visant à apurer les arriérés de paiement vis-à-vis des institutions internationales. L’apurement des arriérés représente pour la plupart des bailleurs de fonds une condition à la reprise de leurs opérations dans le pays. Des actions ciblées seront entreprises au cours de la prochaine période pour l’amélioration de la structure de la dette extérieure et se prémunir des effets des chocs extérieurs.
Un financement extérieur consistant demeure indispensable pour la stabilisation du cadre macroéconomique et même pour faciliter la mise en œuvre de la SRP et l’atteinte du point d’achèvement de l’IPPTE. Des négociations avec les IFI entamées depuis début 2011 ont abouti à des programmes d’appui budgétaire et de renforcement des capacités des institutions de l’Etat pour la mise en œuvre des politiques de développement économique et social.

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