THÈse pour le diplôme d’État








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UNIVERSITÉ PARIS DIDEROT - PARIS 7

FACULTÉ DE MÉDECINE



Année 2014 __________

THÈSE

POUR LE DIPLÔME D’ÉTAT

DE

DOCTEUR EN MÉDECINE



PAR

SLAVIERO AURORE

Née le 21 avril 1985 à Courbevoie
Présentée et soutenue publiquement le : ______________

Stress et stratégies de coping chez les étudiants en médecine de première et sixième année


Président de thèse : Professeur Mahé Isabelle

Directeur de thèse : Professeur Lepoutre Bruno
DES de MEDECINE GENERALE


http://eurinsa.insa-lyon.fr/lescours/physique/appphysique/approphys/1historique/lmd/systeme_lmd/stress.gif

REMERCIEMENTS


Tout d’abord, je ne remercierai jamais assez mon directeur de thèse, Monsieur le Professeur Bruno Lepoutre, pour tout ce qu’il m’a enseigné depuis mon stage dans son cabinet. Votre rigueur, votre exigence et votre soutien constituent une précieuse richesse dans mon parcours de jeune médecin.
Je tiens à exprimer toute ma reconnaissance à Madame le Professeur Isabelle Mahé ainsi qu’aux autres membres du jury pour l’honneur qu’ils me font d’avoir accepté de siéger au jury de cette thèse.
Par ailleurs, je remercie le Docteur Guirec Loyer, directeur du CMS de Bezons, pour m’avoir donné le temps nécessaire de réaliser cette recherche dans les meilleures conditions.
Un grand merci aux médecins, aux infirmières, et aux secrétaires que j’ai croisé pendant mon travail de recherche et notamment le personnel du CMS de Bezons pour m’avoir aidée et soutenue autant que possible pendant l’année que nous avons passé ensemble.
J’exprime tout particulièrement ma reconnaissance à l’ensemble des étudiants ayant participé à cette recherche.
Enfin, je remercie les Docteurs Florence Hébert, Françoise Bacle et Sylvain Hirsch pour leur bonne humeur et leurs encouragements.
Je tiens à remercier tout particulièrement Eglantine, ma grande amie, tu sais à quel point ton soutien est primordial à certains moments délicats, merci d’être toujours là pour me redonner confiance en moi et en la vie. Ce long parcours n’aurait pas été le même sans toi à mes côtés, et comme tu sais, ce n’est que le début !
Merci Dominique pour tes encouragements et ton soutien.
Il est temps à présent de remercier mes proches : ceux qui m’accompagnent depuis le début.


A ceux qui ont croisé mon chemin pendant ces années de thèse…

ACRONYMES
ANEMF Association Nationale des Etudiants en Médecine de France

AP Accomplissement Personnel

BDI Beck Depression Inventory

CHU Centre Hospitalier Universitaire

Conf Conférences de préparation à l’ECN

CSCT Certificat de Synthèse Clinique et Thérapeutique

DCEM Deuxième Cycle des Etudes Médicales

DES Diplôme d’Etudes Spécialisées

DP Dépersonnalisation

ECN Examen National Classant

EE Epuisement Emotionnel

GHQ General Health Questionnaire

LMDE La Mutuelle Des Etudiants

MBI-GS Maslach Burnout Inventory version General Survey

OMS Organisation Mondiale de la Santé

PACES Première Année Commune d’Etudes de Santé

PCEM Premier Cycle des Etudes Médicales

Prépa Préparation privée au concours PACES

PSS Perceived Stress Scale

STAI-Y State- Trait Anxiety Inventory

STAPS Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives

SRRS Social Readjustment Rating Scale

URML Union Régionale des Médecins Libéraux

USEM Union Nationale des Sociétés des Etudiants Mutualistes

SOMMAIRE
SOMMAIRE p.5
INTRODUCTION p.8
Généralités p.9
A. Etre étudiant p.10

1. Etat de santé des étudiants p. 11

1. Physique p.12

2. Psychique p.13

2.1 Concernant la dépression p.13

2.2 Concernant le tabac p.14

2.3 Concernant l’alcool p.15

2.4 Concernant le cannabis p.16

2.5 Concernant la consommation de médicaments p. 17
2. Etre étudiants en médecine en 2013 p.18

1. Déroulement des études médicales p. 18

1.1 Premier cycle des études médicales p.19

1.2 Deuxième cycle des études médicales p.21

1.3 Troisième cycle des études médicales p.21

2. Vécu des études médicales p.22

2.1 A l’étranger p.22

2.2 En France p.25
B. Stress et stratégies de coping p.28

1. Le stress p.28

1. Définition p.29

2. Evolution du concept de stress p.30

2.1 Modèle physiologique du stress p.30

2.2 Modèle transactionnel du stress p.31

2.2.1 Evaluation primaire p.34

2.2.1 Evaluation secondaire p.35

3. Méthodes d’évaluation du stress p.36

3.1 Evènements de vie majeurs p.37

3.2 Stresseurs chroniques et tracas quotidiens p.37

3.3 Stress perçu et son évaluation par l’échelle PSS p.38

4. Différence avec l’anxiété p.40

5. Impact du stress sur la santé p.41

5.1 Pathologies somatiques p.42

5.2 Pathologies mentales p.43

5.3 Pathologies professionnelles p.44

6. Mécanismes explicatifs de l’effet du stress sur la santé p.44

6.1 Liens physiologiques stress-santé p.45

6.2 Effets protecteurs du contrôle perçu p.46
2. Le coping ou stratégies d’ajustement p.47

1. Définition du concept de coping p.47

1.1 Evolution de la notion de coping p.47

1.2 Processus séquentiel p.48

2. Stratégies de coping p.50

2.1 Le coping centré sur le problème p.50

2.2 Le coping centré sur l’émotion p.50

2.3 La recherche de soutien social p.51

3. Mesure des stratégies de coping p.51

3.1 Classification des différentes stratégies reste complexe p.51

3.2 La mesure du coping p.52

4. Efficacité relative des différentes stratégies de coping p.53
3. Niveau de stress et stratégies de coping chez les étudiants en médecine p.55


ETUDE QUALITATIVE SUR LE STRESS ET LES STRATEGIES DE COPING DES ETUDIANTS EN MEDECINE
C. Méthode et matériels p.63

1. Type d’étude p.63

2. Population étudiée et recrutement p.65

3. Recueil des données démographiques p.66

4. Echelle de stress PSS p.66

5. Canevas d’entretien p.67

6. Analyse des résultats p.68

1. Analyse du recueil des données p.68

2. Analyse du canevas d’entretien p.69

3. Analyse de l’échelle PSS p.69

D. Analyse des résultats p.70

1. Résultats quantitatifs p.70

1. Analyse des fiches de données démographiques p.70

1.1. Age p.70

1.2. Sexe p.71

1.3. Redoublement de l’année en cours p.71

1.4. Inscription dans un organisme privé de préparation de concours p.71

2. Echelle de stress perçu PSS p.72
2. Résultats qualitatifs p.74

1. Analyse année par année p.74

1.1. P1 p.74

1.1.1. Impact du stress et vécu général de l’année écoulée p.74

1.1.2. Relations familiales et amicales, les sorties p.76

1.1.3. Organisation du travail personnel p.78

1.1.4. Hygiène de vie, consommations diverses p.81

1.1.5. Relations à soi p.84

1.2. D4 p.85

1.2.1. Impact du stress et vécu général de l’année écoulée p.85

1.2.2. Relations familiales et amicales, les sorties p.87

1.2.3. Organisation du travail personnel p.87

1.2.4. Hygiène de vie, consommations diverses p.89

1.2.5. Relations à soi p.91
2. Analyse thématique transversale p.93

2.1. Coping centré sur le problème p.93

2.2. Coping centré sur l’émotion p.97

2.3. Evitement p.98
E. Discussion p.102

1. A propos du travail et de la méthode p.102

1. Une étude originale p.102

1.1. Par le thème abordé p.102

1.2. Par la population étudiée p.102

1.3. Par le travail réalisé p.103

1.4. Par la richesse des données recueillies p. 104

2. Les limites et les biais p.104

2.1. Population étudiée et constitution des groupes p.104

2.2. Cadre spatio-temporel p.105

2.3. Biais liés à la méthode des focus groupes p.105

2.4. Biais liés au recueil des données p.106
2. A propos des résultats quantitatifs p.107

1. Données démographiques p.107

2. Echelle de stress perçu PSS 14 p.108
3. A propos des résultats qualitatifs p.110

1. Evolution du vécu des étudiants au cours des études de médecine p.110

2. Différentes stratégies de gestion du stress étudiant p.112

2.1. Coping centré sur le problème p.112

2.2. Coping centré sur l’émotion p.114

2.3. Evitement p.116
4. Propositions et pistes d’approfondissement p.119

1. Un meilleur suivi des étudiants p.120

2. Un meilleur équilibre entre vie étudiante et vie personnelle p.123

3. Le rôle des enseignants p.126

4. Recommandations et programme de prévention p.127

CONCLUSION p.129

BIBLIOGRAPHIE p.132

ANNEXES p.137
INTRODUCTION

Contrairement à la santé des adolescents, qui fait l’objet de nombreuses études, la santé des étudiants est peu étudiée. Sujet oublié et négligé, elle constitue pourtant un réel enjeu tant individuel que collectif pour les 2 270 000 étudiants ; près de la moitié d’une génération. Le nombre d’étudiants a beaucoup augmenté ces dernières années (300 000 dans les années 60) ; désormais toutes les classes sociales de la population sont représentées dans l’enseignement supérieur. Les contraintes socio-économiques actuelles de notre société se retrouvent donc également parmi les étudiants.

Les interactions entre santé, qualité de vie et réussite des études sont bien connues et rappelées dans le rapport Wauquiez de 2006 (1) portant sur la santé et la protection sociales des étudiants  « Un étudiant en bonne santé a plus de chance de réussir son orientation, son parcours universitaire et donc son entrée dans le monde du travail ». 

Les études de médecine sont réputées pour être particulièrement longues et difficiles. L’étudiant est soumis à un premier concours très sélectif en fin de première année et à un deuxième en fin de sixième année, l’ECN. L’étudiant en médecine est donc sujet à d’importants stress à plusieurs reprises au cours de son parcours universitaire. Une étude de Truchot (2006) (2) portant sur le burn out des étudiants en médecine révèle  «  L’épuisement émotionnel est particulièrement élevé au cours de la première année qui se dégage comme particulièrement stressante. Il baisse de manière significative au cours de deux années suivantes pour remonter à partir de la quatrième année, avec un paroxysme en 6ème année. Cette sixième année semble particulièrement éprouvante ». Les étudiants inscrits en 1ère et 6ème constituent donc une population particulière au sein des étudiants en médecine, particulièrement stressés car soumis au passage de concours difficiles.

Tous les étudiants, soumis à même stress, ne réagissent pas de la même manière. Diverses réactions et adaptions au stress existent, chaque étudiant gérant son stress de manière propre et individuelle.

Il nous a paru intéressant de quantifier le stress ressenti lors de ces périodes charnières du cursus universitaire et d’explorer comment celui-ci se traduisait dans leur vie quotidienne, comprendre les modifications de comportement des étudiants face au stress et rechercher chez les étudiants des comportements qui vont à l’encontre d’une bonne hygiène de vie et influent négativement sur leur santé.

Ce questionnement m’est venu à partir de mon propre ressenti de cette période. En effet, le stress et la pression que l’on ressent sont gravés en nous. Ma vie quotidienne, mes habitudes, mes relations aux autres ont été bouleversées par mon entrée en médecine. Si notre parcours universitaire suscite généralement respect et admiration, il me semble également important que les contraintes auxquelles les étudiants sont soumis soient également mises en avant afin de mieux comprendre le mal être ressenti par certains étudiants.

Pour répondre à la question des moyens développés par les étudiants pour faire face au stress, nous dresserons tout d’abord un état des lieux de la santé des étudiants tant physique que psychique puis nous développerons le cursus universitaire des études de médecine et le vécu des étudiants en médecine à l’étranger et en France. Ensuite, nous tacherons de définir le concept de stress ainsi que les différentes stratégies de coping. Nous ferons également le point sur les différences avec l’anxiété et l’impact du stress sur la santé. Enfin, une recherche bibliographique répondant à la question du niveau de stress et des stratégies de coping spécifiquement chez les étudiants en médecine clôturera cette première partie.

Enfin, la seconde partie sera consacrée à l’étude qualitative et à l’analyse des résultats.

A. Etre étudiant 
Devenir étudiant marque un passage vers l’autonomie, l’indépendance et la vie adulte. De nombreux changements interviennent et peuvent déstabilisés certains jeunes. L’entrée à l’université implique souvent une coupure vis-à-vis du milieu familial, pas toujours choisie, la rencontre d’un nouvel environnement et parfois un isolement affectif. Le mode de vie change : 2/3 des jeunes ne vivent pas au domicile familial et 60% vivent seuls pour la première fois (3). Les conditions de travail et d’encadrement sont différentes de celles de l’enseignement secondaire : la charge de travail est souvent plus importante, de même que l’autonomie. Les étudiants qui entrent à l’université se voient d’un seul coup « lâchés dans une promo de 800 où, paradoxalement, on se sent bien seul au milieu de tout le monde » Michael Delafosse, Président de la LMDE. L’étudiant apprend à gérer lui-même son travail personnel et ses révisions. 32% des étudiants déclarent avoir souvent l’impression d’être débordés. La transition est brutale et l’accompagnement vers l’autonomie est pauvre ; ce qui explique certainement, du moins en partie, le taux d’échec conséquent en première année d’université, environ 50% selon Gruel (4).

Réveillière (2001)(5) met en évidence que les facteurs de stress souvent retrouvés chez les étudiants de deuxième année en sciences, lettres et sciences humaines sont liés aux tracas quotidiens ou stresseurs mineurs, spécifiques au monde étudiant comme la peur d’échouer dans les études par manque de compétence, de temps, d’argent ou la peur du chômage. Les tracas des étudiants sont en lien avec les nouveaux rôles à assumer comme l’éloignement par rapport avec la famille, la plus grande autonomie exigée par le travail universitaire, la solitude, les problèmes relationnels. Ces nouveaux rôles entrainent la perte des repères familiers, un changement de statut, une confrontation à la masse, à l’anonymat et génèrent pour l’étudiant incertitude, doute et questionnement. En somme, de nombreuses tensions internes pouvant interagir avec son état de santé physique et psychique.

1. Etat de santé des étudiants 
Les quelques études de grande envergure portant sur l’état de santé des étudiants sont réalisées à l’initiative des mutuelles étudiantes (6).

L’Union nationale des Sociétés des Etudiants Mutualistes (USEM) affilie 930 000 étudiants au régime étudiant de la sécurité sociale. Elle réalise depuis 1999, tous les 2 ans, une vaste enquête par auto-questionnaires envoyés aux étudiants par voie postale, environ 60 000. Cela permet de suivre l’évolution de l’état de santé des étudiants. Le taux de réponse était de 20% en 2009 (7) et de 14,2% en 2011 (3).

Quant à la LMDE, l’autre organisme d’affiliation au régime étudiant de la sécurité sociale, elle concerne environ 770 000 étudiants. Elle choisit de manière aléatoire, dans le fichier informatique de la mutuelle 50 000 étudiants. De la même manière que l’USEM, les étudiants interrogés renvoient leurs réponses sous forme d’un questionnaire. Le taux de réponse est évalué à 30% (8).

Par ailleurs, une vaste étude réalisée tous les 3 ans, appelée « Baromètre Santé » étudie, par le biais d’entretiens téléphoniques, l’ usage de substances psychoactives chez les jeunes âgés de 18 à 25 ans poursuivant des études par rapport à des jeunes de la même classe d’âge ne suivant pas d’études supérieures (9).

Les données recueillies par ces enquêtes sont à prendre en considération, car portant sur un grand nombre d’étudiants. Il faut toutefois garder à l’esprit qu’il s’agit d’enquêtes déclaratives, les informations sont donc parcellaires. Par ailleurs, elles ne s’intéressent qu’aux étudiants affiliés aux mutuelles étudiantes, or ce n’est pas le cas pour tous les étudiants (étudiants affiliés au régime de la sécurité sociale de leurs parents, étudiant ayant une activité salariée). Leurs résultats n’ont donc pas un caractère exhaustif.
1. Physique
La définition de la santé est inscrite dans le préambule de la Constitution de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) comme étant « un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ». Elle n’a pas été modifié depuis 1946 et implique que les besoins fondamentaux de la personne, quels qu’ils soient, soient satisfaits.

Toutes les études s’accordent sur le fait qu’une très grande majorité d’étudiants se considèrent en bonne santé. En 2011, l’USEM estimait à 95,4% la proportion d’étudiants se déclarant en bonne santé physique. 80% des étudiants déclaraient avoir vu un professionnel de santé dans l’année écoulée. Ce taux de consultation est stable depuis 2005 (3).

L’appréciation qualitative des étudiants de leur état général est confirmée quantitativement par les chiffres des enquêtes recensant les motifs de recours aux médecins libéraux. Aucune pathologie physique grave ne figure au « Top 25 » des principaux problèmes et diagnostics pris en charge pour les consultants âgés de 18 à 25 ans par les médecins généralistes. En effet, les principaux motifs de consultations sont les suivants : contraception, examen systématique, vaccination et rhinite (1).

Toutefois, même si les problèmes de santé, à cette période de la vie, sont peu nombreux et peu préoccupants ; l’accès aux soins n’est pas uniforme pour tous les étudiants. L’enquête LMDE (2011) estimait que 34% des étudiants avaient renoncé à une consultation médicale au cours des douze derniers mois. Un des facteurs invoqué serait financier chez un cinquième des étudiants. La santé constitue donc une variable d’ajustement des budgets des étudiants. 8% auraient renoncé à d’autres postes de dépenses pour se soigner (8).

Pour permettre aux étudiants de faire un point sur leur santé, une visite médicale est obligatoire lors de la première année dans l’enseignement supérieur. Malheureusement, ceci reste théorique, puisque le taux de réalisation est de l’ordre de 30 % à 40 % en moyenne nationale en 2011 (contre 59% en 2008) (8).

2. Psychique 
Le mal-être étudiant est une réalité, prenant plusieurs formes : angoisse, stress, addictions, ou voire dans les cas extrêmes tentatives de suicide. Il est exacerbé par des exigences académiques élevées.

Plusieurs indicateurs attestent d’un mal-être chez les étudiants : 16 % des filles et 10 % des garçons déclarent avoir des difficultés d’endormissement, de maintien du sommeil ou un sommeil non réparateur depuis au moins un mois, entraînant une perturbation des activités quotidiennes. Cette proportion ne varie pas selon l’âge mais elle est plus importante parmi les étudiants inscrits dans les filières médicales (santé ou pharmacie) que dans les autres disciplines (18 % contre 13 %) (10).

Parmi les principaux problèmes pris en charge par les médecins généralistes, figurent pour les consultantes de sexe féminin de 18 à 25 ans, respectivement au quatrième et cinquième rang, la réaction à une situation éprouvante et la fatigue, au treizième rang, les humeurs dépressives et au seizième, la dépression laquelle inclut la notion d’idées suicidaires (1). Depuis de nombreuses années, les différentes études retrouvent des chiffres concernant la souffrance psychologique, toutes filières confondues, chez les étudiants non négligeables.

2.1 Dépression
Selon l’enquête LMDE 2005 (11) : 77 % des étudiants se sont sentis déprimés et 62 % déclarent avoir eu le sentiment de ne pas être en forme souvent ou de temps en temps, au cours des douze derniers mois. 54 % des étudiants se sont sentis tendus ou agressifs, 18 % angoissés. 45 % ont eu des difficultés de concentration souvent ou de temps en temps et plus d’un étudiant sur deux déclare avoir eu des insomnies. 15 % des étudiants ayant répondu à l’enquête ont eu des idées suicidaires au cours de douze derniers mois et 5 % ont déjà fait une tentative de suicide. Une étude réalisée chez les étudiants de la région Provence Alpes Cote d’Azur en 2006 concluait que 33% des étudiantes et 16% des étudiants se trouvaient en situation de souffrance psychique. La différence statistique a été expliquée par une plus grande verbalisation de ce genre de souffrance dans la population féminine (10). D’après l’enquête USEM 2009 (7) : 30 % des étudiants déclarent s’être sentis, sur une période de plus de quinze jours, tristes, déprimés, sans espoir, avec une perte d’intérêt pour les activités qu’ils aiment habituellement. Les filles sont plus nombreuses que les garçons à avoir eu ce sentiment. Les étudiants qui ont eu une période de déprime de plus de quinze jours dans l’année sont plus nombreux à s’estimer en mauvaise santé que ceux qui n’ont pas eu ce sentiment (9,5 % contre 1,7 %). Globalement, ils sont relativement nombreux à avoir cherché une réponse à une souffrance : 13,3 % ont signalé une demande d’aide pour des problèmes émotifs, nerveux, psychologiques ou de comportements et 10 % ont pris des médicaments psychotropes. Enfin, 9 % ont eu des pensées suicidaires. En 2011, la situation ne s’est pas améliorée puisque près de 4 étudiants sur 10 (38%) ont ressenti un sentiment constant de tristesse ou de déprime dans les 12 derniers mois. Par ailleurs, 12% des étudiants déclarent avoir eu des idées suicidaires au cours des 12 derniers mois. 16 % des étudiants en situation de mal-être (troubles émotifs, nerveux) ont consulté un professionnel de santé. Le médecin généraliste est le premier recours, devant le psychiatre ou le psychologue (8).

2.2 Concernant le tabac 
Les étudiants ayant répondu à l’enquête de l’USEM (3) sont 31 % à fumer, dont 15 % de manière excessive (définie par la consommation de plus de 10 cigarettes par jour) et 22 % ont déclaré à la LMDE être fumeurs réguliers.

Le rapport Wauquiez (1) rapporte que les étudiants fument moins que les jeunes du même âge et que 71 % des étudiants sont non-fumeurs contre 55,9 % des jeunes de 18 à 25 ans. Enfin, selon l’enquête de l’USEM (3), dans plus de 44,9 % des cas, les étudiants ont lié la consommation de tabac à une dépendance.

2.3 Concernant l’alcool 
71 % des étudiants ont déclaré à l’USEM (3) consommer de l’alcool, 10 % estimant leur consommation importante ou excessive, ce type de consommation étant par ailleurs plus fréquente chez les garçons. Selon la LMDE (8), 83 % d’étudiants reconnaissent consommer de l’alcool au moins occasionnellement.

D’après l’enquête Baromètre Santé 2000 (9), 15% des étudiants sont des consommateurs réguliers d’alcool contre 21% chez les non-étudiants, la différence est significative. Mais les étudiants sont plus nombreux a avoir été ivres au cours de l’année écoulée que les non-étudiants (39% versus 35%). Il existe donc un profil type de la consommation d’alcool dans le milieu étudiant : occasionnelle, à l’occasion des fêtes étudiantes par exemple, mais pouvant être excessive.
2.4 Concernant le cannabis 
Selon l’enquête de l’USEM (3), 15,7 % des étudiants déclarent consommer du cannabis, dont 4 % admettent une consommation importante ou excessive. La consommation régulière ou occasionnelle concernerait 43 % des étudiants interrogés par la LMDE (8).

De la même façon que pour l’alcool, la dimension festive est majoritairement citée (deux tiers des étudiants dans l’enquête de l’USEM (3) et 52 % dans celle de la LMDE(8)) et 91 % des étudiants disent fumer avec des amis (3).

Cependant, un quart des étudiants qui estiment fumer du cannabis de façon importante ou excessive, déclare le faire par dépendance et un autre quart en réponse à un mal-être (7). Dans le même sens, selon la LMDE (8), 9 % des étudiants déclarent fumer seuls. Une étude de Chakroun (2007) (12) vise à comparer la fréquence de consommation de différentes substances psychoactives chez les jeunes adultes inscrits en première année de Sciences Humaines et Médecine à l’université Bordeaux II en 2002 par rapport aux données disponibles concernant la population générale des 18-25 ans. 60% des étudiants ont répondu au questionnaire proposé.

Les résultats sont les suivants : les étudiants fument moins que les non-étudiants (35,4% contre 44,1%), la consommation d’alcool est équivalente (14% et 15,1%). Mais les étudiants ont tendance à fumer plus de cannabis que les non-étudiants (13% contre 6,3%). La consommation d’alcool et de cannabis concerne davantage les étudiants que les étudiantes ; concernant l’alcool : 22,3% contre 10,5% et pour le cannabis : 21,7% contre 9,3%.
En résumé, les étudiants fument moins que les non étudiants. De même, leur consommation régulière d’alcool est moindre. Parmi les étudiants, ce sont majoritairement les garçons qui consomment tabac et alcool. Il s’agit essentiellement d’une consommation occasionnelle et festive, marquée par la recherche d’ivresse (à l’occasion des fêtes étudiantes, par exemple).

2.5 Concernant la consommation de médicaments 
Une thèse de pharmacie (2004) (13), réalisée sur le thème de la consommation de médicaments chez les étudiants, montre que les étudiants en consomment beaucoup et que seulement 14,7% des consommateurs demandent un avis médical (demande motivée par la délivrance d’une ordonnance) pour des médicaments listés comme les somnifères et les bêtabloquants ou pour rechercher un « médicament dopant miracle ». Ainsi, les médicaments prescrits ne représentent que 8% de l’ensemble des médicaments consommés par les étudiants. L’automédication est donc très importante, voir complète pour les médicaments antalgiques et homéopathiques. Elle est heureusement plus faible pour les bêtabloquants et les benzodiazépines (atteignant tout de même respectivement 38% et 57%). Les médicaments consommés sont pour les trois quarts des médicaments antiasthéniques-psychostimulants et antalgiques. 10% de la consommation de médicaments est représentée par des antispasmodiques et 10% encore par des médicaments sédatifs-calmants-relaxants. Les fameux médicaments bêtabloquants, réputés être efficaces contre le stress, ne sont utilisés que par 3% des étudiants consommateurs de médicaments, tout comme l’homéopathie. « Les étudiants ne cherchent pas à se relaxer pour moins stresser, ils cherchent à se dépasser, ils se dopent et augmentent par là même leur stress ». Enfin, un étudiant sur dix a pris des médicaments pour le système nerveux (tranquillisants ou antidépresseurs) au cours des douze derniers mois (USEM, 2005) (14).

Pour synthétiser ces données concernant la consommation médicamenteuse en population étudiante, notons que celle-ci est importante notamment par le biais de l’automédication. Aussi, les étudiants semblent consommer des produits stimulants et en moindre mesure des produits relaxants, certainement dans le but de travailler de manière optimale. Cette consommation atteint sans doute un seuil critique en période de révisions et d’examens, ce qui suggère l’intérêt d’étudier ce phénomène lors de périodes « à risque» étant donné les conséquences potentielles sur le stress et la concentration des étudiants.
En conclusion, les étudiants sont très majoritairement en bonne santé physique, il en est autre chose de leur santé mentale : importante prévalence des troubles de souffrance psychique, consommation d’alcool pouvant être excessive chez certains, tendance à l’addiction au cannabis plus marquée dans la population étudiante et à l’automédication.

2. Etre étudiant en médecine en 2013 

1. Déroulement des études médicales en France
Actuellement, on compte environ 25 000 étudiants inscrits en médecine de la première à la sixième année. Ils se répartissent entre quarante quatre facultés de médecine présentes sur le territoire français, dont 7 en Ile de France. On estime à 10 000 le nombre d’enseignants formant ces étudiants (15).

Le cursus des études médicales est divisé en trois cycles, comprenant chacun plusieurs années d’études.

1.1 Premier cycle des études médicales
L’accès à la première année de médecine est conditionné à l’obtention du baccalauréat. L’obtention d’un baccalauréat scientifique, si elle n’est pas obligatoire, est toutefois vivement recommandée pour réussir cette première année particulièrement ardue et sélective. En effet, plus de 95 % des étudiants de première année sont issus de la filière S, et ce pourcentage s’élève même à 99 % en deuxième année (15).

De même, les meilleurs élèves au lycée ont plus de chances de réussir le concours. En effet, 67,2% des étudiants admis en deuxième année ont eu la mention « très bien » au baccalauréat et 47,8% la mention « bien » (16).

Récemment, l’organisation de la PCEM1 a été modifiée. En effet, l’arrêté ministériel paru le 28 octobre 2009, précisant l’organisation de la première année de médecine est entré en vigueur à la rentrée universitaire 2010/2011. Désormais, la première année renommée PACES, n’est plus uniquement commune pour les étudiants en médecine, odontologie et sage-femme, mais inclut aussi les étudiants en pharmacie et certains étudiants en études paramédicales (kinésithérapie, ergothérapeutes, psychomotriciens, …) (15). L’enseignement se partage en deux quadrimestres distincts, se concluant chacun par des partiels.

Le premier quadrimestre se compose d’unités d’enseignements communes aux 4 disciplines fondamentales (mathématiques, physique, chimie, cytologie), sous forme de cours théoriques magistraux et d’enseignements dirigés en petits groupes. Le second quadrimestre comporte une information et un enseignement spécifique à chaque filière (médecine, odontologie, pharmacie et sage-femme) ainsi qu’une sensibilisation à la recherche biomédicale (17). L’étudiant s’inscrit librement au(x) passage(s) de concours en fonction de la ou des filière(s) choisie(s). Les épreuves consistent soit en des questions rédactionnelles, soit en des questionnaires à choix multiples. Seule l’épreuve de Sciences Humaines et Sociales est obligatoirement rédactionnelle. En fonction des notes obtenues lors des concours (4 au maximum), un classement est effectué. En fonction de son rang de classement, l’étudiant peut prétendre, ou non, à la poursuite du cursus choisi. Le nombre d’étudiants admis en deuxième de ces filières est défini par le Numerus Clausus.

Le Numerus Clausus a été créé en 1971 par Simone Veil et est fixé chaque année par arrêté du ministère de l’Education Nationale. Depuis les années 2000, le nombre d’étudiants fixé par le Numerus Clausus augmente afin de palier à la future pénurie de médecins (de 12 à 21% d’étudiants admis par an selon les régions). En 1999, 3730 étudiants passaient le cap de la première année. En 2007, ils étaient 7440 (18).

En cas d’échec, l’étudiant peut se réinscrire une nouvelle et dernière fois. Seules deux inscriptions en PACES sont autorisées. Certaines facultés accordent le redoublement sous certaines conditions ; l’obtention d’une moyenne de 5 /20 par exemple (17). Le taux de réussite au concours de cette première année est variable en fonction des régions, et au sein d’une même région (Paris) en fonction des facultés. Il est estimé à 16% au niveau national. A l’Université Denis Diderot Paris 7 en 2011, sur les 2 000 étudiants inscrits, seuls 327 (soit 16,5%) ont pu accéder à la deuxième année de médecine, 106 en pharmacie, 41 en odontologie, 27 en école de maïeutique et enfin 16 en école de kinésithérapie (16).

La deuxième année commence par un stage infirmier de 4 semaines. L’étudiant, placé sous l’autorité pédagogique d’un cadre infirmier, apprend les gestes infirmiers élémentaires (prise de tension artérielle, prélèvement veineux, toilette,…), et l’organisation des soins paramédicaux. C’est un premier contact avec le milieu hospitalier et les malades. L’étudiant poursuit l’apprentissage des matières fondamentales sous forme de cours magistraux et d’enseignements dirigés. S’ajoute à sa formation, l’apprentissage de l’anglais médical. L’année est marquée par deux cessions d’examens où l’obtention de la moyenne suffit au passage en année supérieure.
1.2 Deuxième Cycle des études médicales 
Ce cycle se compose de quatre années, l’étudiant est confronté progressivement aux patients et aux soins lors de multiples stages hospitaliers. En DCEM1, en plus de l’enseignement théorique, l’étudiant apprend la clinique une matinée par semaine en tant qu’observateur dans un service clinique hospitalier.

Les années suivantes DCEM2, DCEM3 et DCEM4, l’étudiant devient externe, c’est-à-dire, pendant 2 à 4 mois, placé dans un service, il apprend auprès des médecins et des internes la clinique et la relation médecin-patient. Il doit effectuer parallèlement un minimum de 30 gardes hospitalières. L’enseignement théorique est divisé en 11 modules transversaux permettant l’apprentissage des pathologies appareil par appareil. L’année est validée si l’étudiant réussit les examens et valide les stages hospitaliers.

La dernière année de ce cycle (DCEM4) est marquée par le passage de l’Examen National Classant. Tous les étudiants de France planchent sur les mêmes épreuves le même jour, un classement national des étudiants est effectué. En fonction de son rang de classement, l’étudiant choisit la spécialité médicale ou chirurgicale ainsi que le lieu de formation de son choix, en fonction des places disponibles restantes.

1.3 Troisième Cycle des études médicales 
Il s’agit du cycle de la professionnalisation. La durée du cycle est fonction de la spécialité choisie (trois ans pour la médecine générale par exemple). C’est la période de l’internat. L’étudiant a un statut d’interne. Il travaille à plein temps en tant que médecin, à l’hôpital ou en cabinet de médecine générale, sous la responsabilité d’un chef de service ou de son maître de stage ambulatoire. Il participe au tour de garde. Il effectue des stages d’une durée de six mois (semestre), dont le nombre et le contenu varient d’une spécialité à l’autre.

A titre d’exemple, l’internat de médecine générale comprend 6 semestres soit : un stage dans un service d’urgences, un stage en médecine adulte, un stage en pédiatrie et / ou en gynécologie, un stage en cabinet de médecine générale (stage chez le praticien), un stage en CHU et un stage libre de son choix. Pour obtenir le Diplôme d’Etudes Spécialisées (DES) de la spécialité voulue, l’interne doit valider les stages pratiques et également une formation théorique (cours, ateliers, mémoire de DES…) Pour obtenir le titre de « Docteur en médecine », il faut passer la thèse d’exercice. Le doctorant peut ensuite s’installer en médecine libérale ambulatoire (DES de médecine générale) ou postuler à un poste d’assistant à l’hôpital.

2. Le vécu des études médicales : le mal-être des étudiants en médecine

2.1 A l’étranger 
A l’heure actuelle, nous disposons de données concernant la souffrance psychique dans la population générale, mais nous ne disposons pas d’études françaises de grande envergure concernant spécifiquement les étudiants en médecine. C’est pourquoi il m’a semblé intéressant et nécessaire de présenter les résultats d’études étrangères, américaines pour la plupart.

Bien que les cursus, les parcours diffèrent d’un pays à l’autre ; de nombreux travaux confirment que les études de médecine sont particulièrement exigeantes et stressantes.

Dès 1986, Jenny Firth (19) publiait une étude évaluant le niveau de stress chez 318 étudiants en médecine issus des trois universités britanniques, celui-ci était évalué via un auto-questionnaire. Le niveau de stress moyen retrouvé chez les étudiants était plus élevé que celui de la population générale. 31,2% des étudiants avaient une souffrance psychique.

De la même manière, Zoccolillo (20) en 1986 puis Clark et Zeldow (21) en 1988, trouvaient aux Etats Unis que 12% des étudiants en médecine rapportaient des symptômes de dépression lors des deux premières années d’études, contre 3 à 4% de la population générale.

On peut alors se demander si la souffrance psychique apparait et augmente au cours de l’année universitaire ou si dès l’inscription à l’université les étudiants sont plus en souffrance. Vitalino (22), en 1988, compare le nombre d’étudiant rapportant des troubles dépressifs en septembre puis en mai, après les examens de fin d’année. Leur nombre a doublé de septembre à mai (36 contre 78).
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