A. Essai de définition du fait religieux 2








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La religion


Introduction 2

I. Le fait religieux 2

A. Essai de définition du fait religieux 2

1. La dimension sociale 2

2. Le profane et le sacré 3

3. La règle du jeu 4

B. La religion comme dispositif moral et politique 4

1. Religion et morale 4

2. Religion et politique 5

C. Approche phénoménologique : les sentiments religieux et mystiques 6

1. Le sentiment « océanique » 6

2. Le frisson métaphysique 6

3. L’amour 8

II. Logique de la religion 8

A. Approche théorique 8

1. Ce que signifie « Dieu » 9

2. Les arguments en faveur de l’existence de Dieu 11

a. L’argument d’autorité 12

b. Pas de création sans créateur 12

c. L’ordre du monde 12

d. La preuve par le désir 13

e. L’argument ontologique 13

3. La foi et la raison (Spinoza) 15

4. Les limites de la raison (Pascal, Kant) 17

5. Vivre et connaître (positivisme, Russell, Freud) 20

B. Le problème du mal 22

1. Le mal n’existe pas 23

a. Le mal n’existe pas 23

b. Le mal est la condition du bien 23

2. Dieu n’est pas tout-puissant 24

a. Le mal vient de la matière 24

b. Le mal vient des créatures (libre arbitre) 24

c. Dieu n’est pas cause des détails 24

Conclusion 25

C. L’aliénation religieuse (Marx, Nietzsche, Freud) 25

1. Paradoxes éthiques et esthétiques 26

2. La religion est un instrument d’aliénation et de domination sociales (Marx) 26

3. La religion est négation de la vie (Nietzsche) 27

4. La religion est la névrose de l’humanité (Freud) 28

III. La fin de la religion ? 29

A. « Dieu est mort ! » 29

B. Le désenchantement du monde 30

Conclusion 31

Annexe 31

Résumé 31

Compléments 34

Le bouddhisme 34

Un conte indien 34

Autres remarques 35

Problèmes théologiques 35

Citations 36

Sujets de dissertation 36



Introduction



Etymologiquement, religion signifie relier. Mais que s’agit-il de relier ? Les hommes et les dieux, comme le suggère saint Augustin ? Ou faut-il penser que Dieu n’est qu’un intermédiaire mystérieux destiné à relier les hommes entre eux par le respect de règles éthiques ? L’anthropologie pourrait encore suggérer qu’il s’agit de relier les vivants aux morts : la religion est en effet coextensive au culte des morts.

Nous commencerons par tenter de caractériser la religion en l’envisageant dans sa dimension anthropologique. Puis nous discuterons la religion comme doctrine théorique prétendant donner (révéler) une vérité sur le monde. Enfin, nous aborderons la religion du point de vue éthique, c’est-à-dire en tant que système de valeurs dont il s’agira d’évaluer les effets.

I. Le fait religieux




A. Essai de définition du fait religieux



La religion est un phénomène social mystérieux. Il semble consubstantiel à l’homme dès son origine, et peut même servir de critère de l’humanité : on a pu faire commencer l’humanité avec les premiers cultes des morts. C’est donc l’universalité du phénomène qui s’impose à première vue : on ne connaît guère de société sans religion. Mais l’universalité de la religion est problématique, puisqu’il existe des individus irréligieux, agnostiques ou athées, et même, depuis l’époque moderne, des sociétés laïques.

De plus, l’universalité du phénomène religieux dissimule une grande variété des formes concrètes que prend ce phénomène. Commençons donc par voir si nous pouvons extraire de cette multiplicité une essence commune afin de parvenir à une définition du « fait religieux ».

1. La dimension sociale


La dimension sociale est un élément essentiel de la religion. C’est ce qui distingue la religion de la magie ou de la simple croyance personnelle. La religion est toujours, par définition, organisée en Eglise et s’accompagne toujours d’un minimum de rites.

Durkheim a beaucoup insisté sur cette dimension sociale. Cherchant à comprendre d’où vient la puissance coercitive1 de la religion et l’« aura » des dieux, il affirme que cette puissance ne peut venir que du groupe, de la société. C’est en effet seulement de la collectivité, qui dépasse chaque individu et s’impose à lui, que peut venir une telle force. La religion n’est jamais qu’une modalité de la conscience collective, c’est-à-dire du lien social, de la contrainte exercée par le groupe sur chaque individu. Dieu, c’est le clan, écrit-il. Toute religion consiste à adorer la société. De plus, toutes les religions suscitent un sentiment intense d’appartenance à un même corps.

Ajoutons deux remarques qui vont dans le même sens. D’abord, il est vrai que l’obéissance au dieu est au fond obéissance au groupe : car d’autres groupes croient en d’autres dieux. Quand l’individu se soumet à son dieu, il ne se soumet pas tant au dieu lui-même qu’à son groupe qui lui recommande de choisir ce dieu-là. La croyance religieuse est d’abord un processus d’identification sociale et culturelle. Croire en un dieu, c’est accepter la culture et les valeurs d’un groupe culturel donné.

Autre élément : Nietzsche émet l’hypothèse que la religion prend son origine dans le respect dû aux ancêtres (Généalogie de la morale, II, § 19). La conscience d’une dette envers les ancêtres, qui sont à l’origine du groupe, serait le premier germe de toute religion. Plus généralement, il est très clair, pour Nietzsche comme pour Freud, que la religion est un discours qui exprime l’« instinct du troupeau » : étant essentiellement morale, elle est essentiellement sociale.

2. Le profane et le sacré


Cette « force » du groupe, continue Durkheim, s’incarne (s’objective) ensuite dans des objets quelconques, qui acquièrent un statut « sacré », c’est-à-dire qui sont séparés, interdits : fétiche, totem, temple, etc. L’essence du religieux est dans cette distinction entre le profane et le sacré : cette distinction se retrouve dans toutes les religions :
Nous arrivons donc à la définition suivante : Une religion est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c’est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée Eglise, tous ceux qui y adhèrent.

Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse, 1912
Freud avait voulu expliquer l’origine de cette distinction par un parricide originel qui expliquerait l’émergence du totem et du tabou : le meurtre du père serait à l’origine de la mauvaise conscience religieuse et le père assassiné serait l’idole symbolisée par le totem, devenu tabou pour exorciser et expier le meurtre. Mais cette hypothèse n’est plus guère retenue par les chercheurs actuels.

Mircea Eliade, célèbre historien des religions, insiste lui aussi sur cette distinction entre le profane et le sacré, qui seule peut définir la religion :
Comme nous l’avons répété à plusieurs reprises, l’homme religieux assume un mode d’existence spécifique dans le monde, et, malgré le nombre considérable des formes historico-religieuses, ce mode spécifique est toujours reconnaissable. Quel que soit le contexte historique dans lequel il est plongé, l’homo religiosus croit toujours qu’il existe une réalité absolue, le sacré, qui transcende ce monde-ci, mais qui s’y manifeste et, de ce fait, le sanctifie et le rend réel. Il croit que la vie a une origine sacrée et que l’existence humaine actualise toutes ses potentialités dans la mesure où elle est religieuse, c’est-à-dire : participe à la réalité. Les dieux ont créé l’homme et le Monde, les Héros civilisateurs ont achevé la Création, et l’histoire de toutes ces œuvres divines et semi-divines est conservée dans les mythes. En réactualisant l’histoire sacrée, en imitant le comportement divin, l’homme s’installe et se maintient auprès des dieux, c’est-à-dire dans le réel et le significatif.

Il est facile de voir tout ce qui sépare ce mode d’être dans le monde de l’existence d’un homme areligieux. Il y a avant tout ce fait : l’homme areligieux refuse la transcendance, accepte la relativité de la « réalité », et il lui arrive même de douter du sens de l’existence.

Mircea Eliade, Le Sacré et le profane, 1965
Ce texte montre qu’il y a un lien étroit entre cette distinction et la transcendance. Celle-ci constitue donc une dimension essentielle de la religion, qui est à la source de la distinction entre le profane et le sacré. C’est parce que la religion est d’un autre ordre qu’elle produit cette distinction radicale. La transcendance caractéristique de la religion explique sa dimension irrationnelle qui la distingue de la philosophie et de l’éthique, et qui permet de comprendre de multiples aspects de la religion, notamment le caractère central des notions de foi et de croyance, la nécessité de la révélation pour délivrer le message religieux, ainsi que la nécessité de rites et de procédés artistiques ou liturgiques pour accompagner et entretenir le culte : on voit en effet mal la nécessité de telles pratiques pour entretenir un discours fondé en raison.

3. La règle du jeu


Enfin, la religion se caractérise par sa dimension normative2 : en même temps qu’elle nous donne une vision du monde elle nous indique quel est notre devoir. Toute religion constitue ainsi une morale ou une éthique, c’est-à-dire une règle du jeu, un ensemble de prescriptions accompagné de sanctions – récompenses ou punitions. C’est particulièrement clair pour les trois monothéismes (judaïsme, christianisme, islam), qui présentent leur Dieu comme un justicier suprême qui veille au respect de sa loi. Mais on trouve sensiblement la même structure dans le bouddhisme, bien qu’il n’y ait aucun dieu pour faire respecter la loi : le bouddhisme n’en recommande pas moins une voie vers le nirvana qu’il convient de suivre si l’on veut atteindre le salut.

On pourrait donc retenir trois caractéristiques principales de la religion : (1) sa dimension sociale, qui se manifeste par des rites, des cultes et des institutions, et qui la distingue de la magie ou de la croyance individuelle ; (2) son rapport à une transcendance qui explique sa dimension irrationnelle et la nécessité de la révélation, ainsi que la distinction entre le profane et le sacré, et qui permet de distinguer la religion de la philosophie ; (3) et enfin sa dimension morale, le fait qu’elle indique la voie à suivre pour atteindre le salut, ce qui la met en rapport direct avec la morale, la politique et le droit.

NB : on pourrait ajouter un autre trait distinctif de la religion : elle a rapport à l’absolu et à la totalité. Elle seule pose un absolu moral qui donne un sens objectif et ontologique à la vie. De plus elle répond à la double question de l’origine du monde et de l’homme et de leur destin ultime.

Autre remarque pour aller plus loin : pourquoi définir la religion ? Pourquoi ne pas nous contenter, en toute simplicité, de décrire les différents cas qui se présentent à nous ? Que signifie cette recherche d’une « essence » de la religion, ou d’une « essence » de l’art ?

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