De Pascal Quignard et Alain Corneau








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date de publication16.05.2017
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L’Amour

Dans Tous les matins du monde de Pascal Quignard et Alain Corneau.
Au chapitre premier du roman de Pascal Quignard, le narrateur semble ouvrir directement son récit sur les sentiments de Monsieur de Sainte Colombe : « Monsieur de Sainte Colombe ne se consola pas de la mort de son épouse. Il l’aimait. » L’écriture simple et blanche montre explicitement l’amour que Sainte Colombe ressentait pour sa femme. De même, dans le film à la séquence 2, lorsque Sainte Colombe voit sa femme morte pour la première fois, le gros plan sur son visage permet de voir avec quel désespoir Sainte Colombe fait face à cette perte. Il ne fait aucune démonstration de ses sentiments mais s’enferme sur lui-même. Dès lors, l’amour dans les deux œuvres semble prendre une place importante mais est vu de façon complexe. Quelle image de l’amour est donnée dans les deux œuvres ? Est-elle unifiée ?
Les œuvres au lieu de montrer un amour véritable semblent plutôt faire preuve d’une omniprésence de l’amour charnel. En effet, les différentes relations vues sont basées sur le désir. Le regard, tout d’abord, est synonyme de tentation : la première fois que Madeleine voit Marin Marais à la séquence 7, celle-ci a du mal à détacher ses yeux de lui. De même, dans le roman, c’est le narrateur omniscient qui fait part de ce que Madeleine pense de Marais : « Madeleine le trouva très beau. » Le verbe « trouver » rappelle donc le regard qu’elle pose sur le jeune homme. La première rencontre entre Marais et Madeleine se fait donc par le regard, ils n’échangent pas la parole. C’est l’apparence de Marais qui plait à la jeune fille. De même, au chapitre 11 un jeu de regard s’établit entre les personnages : « Marin Marais regardait Madeleine de Sainte Colombe », « elle lui lança un regard singulier ». Aussi, le désir que Marais et Toinette ressentent l’un pour l’autre est explicité à la séquence 11. Toinette arrive avec un poisson dans les bras et le fait tomber aux pieds de Marais. Les deux personnages se regardent alors et ne peuvent retenir un sourire. Contrairement à la scène décrite auparavant, c’est sur un gros plan sur le visage de Marais qu’apparaît l’intérêt pour la jeune fille, il la fixe intensément sans dire un mot. Le désir apparaît ensuite à travers le toucher. Ce désir est particulièrement souligné entre Monsieur de Sainte Colombe et sa femme. En effet, après sa mort, celle-ci lui revient sous forme de « visitations ». Sainte Colombe essaie la quatrième fois qu’ils se voient, de la toucher, pris dans un élan au chapitre 9 : « Il se leva aussitôt, plein de violence, au point qu’il fit tomber son tabouret. [...] Il ouvrit les bras comme s’il entendait déjà l’atteindre. » Il exprime le besoin d’établir un contact physique. Ainsi, dans le film, à la séquence 10, il essaye aussi de rentrer en contact : il veut l’aider à descendre de la calèche et lui tend la main. Il semble alors désespéré du fait qu’il ne puisse pas la toucher, il soupire et la regarde affligé. Lors des visitations de sa femme, Monsieur de Sainte Colombe ne peut s’empêcher d’espérer un contact physique malgré cette impossibilité. Par conséquent, un véritable rapport charnel est engagé parfois par les personnages. La première fois que cela est exposé est avec Monsieur de Sainte Colombe. En effet, au chapitre 7, l’auteur fait référence aux fois où le personnage se masturbe en pensant à son épouse décédée : « le désir et le souvenir de sa femme le poussaient parfois à descendre ses braies et à se donner du plaisir avec la main. » Même s’il n’y a pas de relation physique entre les deux personnages, c’est en réalité le souvenir de ses relations passées qui anime les désirs du personnage. Cette scène évoque le besoin qu’éprouve Sainte Colombe de ressentir un plaisir sexuel. C’est entre Marin Marais et Madeleine qu’apparaissent pourtant les premières relations physiques. Par conséquent, au chapitre 13, les deux personnages s’embrassent pour la première fois sous l’impulsion de Madeleine, celle-ci est sans aucun doute à l’initiative de ses rapports, elle est tentatrice comme à la séquence 7 où elle apparaît à Marin provocante : cheveux levés et chemise ouverte. D’autres contacts physiques s’enchainent alors, de plus en plus intimes, notamment à la séquence 9 lorsque celle-ci lui « offre » sa poitrine. Les deux jeunes gens semblent dès lors avoir des relations charnelles. Cependant, un certain rapport malsain s’affirme entre les personnages comme à la séquence 9 où Marais tout en parlant à Sainte Colombe caresse la jeune fille. Celle-ci apparaît gênée alors que celui-ci semble jubiler. En effet, celui-ci ne la considère plus comme son amante mais plutôt comme objet qui lui permet de se rendre supérieur à Sainte Colombe. Madeleine n’est plus femme, elle devient un instrument, un moyen de se venger. De plus, un autre rapport charnel se fait entre deux autres personnages : Marin Marais et Toinette. En effet, ceux-ci consomment leur désir au chapitre 17. Elle s’offre nettement à lui, «  Mettez-vous nu et prenez moi. » dans une sorte de sensualité lumineuse et juvénile. En effet, celle-ci ne ressent aucune honte. Cependant, dans l’œuvre de Corneau, cette scène n’est pas représentée. Ainsi, avec cette omniprésence de l’amour charnel, le rapport au corps est largement examiné dans les œuvres. Tout d’abord, de façon innocente dans les relations entre Sainte Colombe et ses filles. En effet, celui-ci pour les rassurer, leur « parler » d’une certaine façon utilise sa gestuelle. A la séquence 3 notamment, pour consoler sa fille Toinette qui vient de faire un cauchemar, il n’utilise pas les mots mais lui tapote la jambe. Ensuite, le corps est vu avec Sainte Colombe et sa femme. Le désir de se toucher les pousse à se regarder, d’où le grand nombre de gros plans sur les visages des deux personnages dans le film lorsque ceux-ci se regardent mais aussi au chapitre 20 lorsque Sainte Colombe et son épouse s’épanchent sur les mains de l’époux, « Elle regardait les mains de son mari », « Mes mains, disait-il. Vous parlez de mes mains ! ». Aussi, l’évolution des personnages Marin Marais, Madeleine et Toinette représente bien l’importance que les auteurs accordent au corps. Tout d’abord, les deux sœurs ne sont pas décrites physiquement dans le roman mais elles sont représentées grâce à leur maigreur et rondeur respective. Madeleine dès le début du roman est décrite par sa maigreur : « une jeune fille longue » (p.54), « Madeleine va devenir maigre » (p.85). A la fin du roman, elle apparaît décharnée : « Vos joues sont creuses. Vos yeux sont creux. Vos mains sont tellement maigries ! ». Contrairement à cette dernière, Toinette apparaît comme « une femme ronde et épaisse » (p.84). De même, Marais et Sainte Colombe s’opposent : le premier est « joufflu », le second « très maigre ». A la fin du roman, le contraste est encore plus mis en valeur lorsque Sainte Colombe prend« la main grasse de Marin Marais dans sa main décharnée » (p.115). Corneau rend se rapport au corps d’une façon différente. Il utilise d’abord des acteurs qui interprètent très bien ces figures opposées : Anne Brochet qui interprète Madeleine est mince avec un visage très pâle aux cheveux noirs alors que Carole Richert qui joue Toinette est ronde et rousse. Guillaume et Gérard Depardieu représentent d’un côté le jeune homme et l’homme dans la force de l’âge, enrobé. Jean-Pierre Marielle représente le vieil homme, attaqué par le temps, il est ridé et mince. Ainsi, grâce aux différentes scènes et plans Alain Corneau travaille l’image du corps, parfois nu comme à la séquence 7 lorsque Marais aperçoit la silhouette de Madeleine, mais aussi à la séquence 11 lorsque Marais et Madeleine sont au lit et enfin à leur dernière rencontre lorsque celle-ci apparaît décharnée dans sa chemise de nuit à la séquence 12. L’apparence des acteurs est donc nettement choisie et travaillée dans le but de montrer les rapports entre les personnages. Par conséquent la séquence 12 retravaille la sorte de corps-à-corps qui se joue entre Marais et Madeleine : l’un apparaît plus gras que jamais et l’autre plus maigre. Mais encore, le rapport au corps est travaillé subjectivement par Quignard grâce aux différents mythes évoqués. Tout d’abord, le personnage de Sainte Colombe peut être relié à Orphée, non pas seulement à cause de la musique, mais aussi par ce besoin de voir le corps de sa femme. Orphée lui se retourne pour voir Eurydice en sortant des enfers, Sainte Colombe lui veut toucher sa femme et ainsi sentir sa présence. Ensuite, le personnage de Madeleine peut être relié au mythe de Tithon et de la déesse Aurore. En effet, Tithon en gagnant l’immortalité ne garde pas ses qualités physiques et finit par vieillir et se ratatiner. De même, Madeleine après la rupture avec Marais se décharne de plus en plus. Elle se réfère elle-même au personnage : « Je ne suis plus que les os de Tithon » (p. 103).

Dans les œuvres de Pascal Quignard et d’Alain Quignard, il existe un rapport au corps évident et à l’amour charnel. Les relations entre les personnages ne semblent pas avoir d’autre but.
Cependant, à fleur du texte et de l’image, une certaine tendresse existe entre les personnages. En effet, même si l’existence d’un véritable amour est remise en doute, on ne peut nier que les personnages se portent de petites attentions et témoignent d’une sorte de délicatesse. Cela se voit une première fois à travers la relation entre Sainte Colombe et ses filles. L’amour qu’il leur porte est explicite dans le roman de Quignard : « il était content de l’élégance avec laquelle ses filles les résolvaient. » Il joue notamment avec elles, aux cartes ou à écraser des insectes comme à la séquence 3. Il offre aussi au chapitre 3 une petite viole qu’il commande spécialement pour sa plus jeune fille, Toinette. Aussi, lorsque Madeleine à la fin du roman devient de plus en plus fragile, il lui fait manger lui-même des pêches écrasées. Une seconde fois, à travers la relation entre Sainte Colombe et sa femme décédée, une sorte de délicatesse se devine. A la première visitation, son épouse mange une gaufrette qu’il avait posée sur la table. Par conséquent, pour elle, à chaque fois il laisse du vin ou des gaufrettes sur la table. De même, à la séquence 10, il propose sa main pour aider sa femme à descendre. Il fait attention à elle. Ensuite, la relation entre les sœurs et Marais est plus ambiguë. En effet, Marais alors que sa relation avec Madeleine est plus longue, semble porter plus d’attention à Toinette. La première fois que celle-ci s’offre à lui, à la séquence 11, Marais la repousse doucement en la baisant sur le front. De même, dans le roman, lorsqu’ils consomment leur relation, contrairement à ce qu’il vivait avec Madeleine, il la considère comme « la plus belle femme du monde » (p.85). Avec Madeleine, Marais n’exprime jamais de compliments ou de douceurs envers elle. Il semble néanmoins qu’à un moment, il fait preuve d’une sorte de tendresse : au chapitre 13, lorsqu’ils entre dans un contact physique pour la première fois, ils paressent timides : «  Elle vit ses larmes qui coulaient et essuya l’une d’entre elles », « Ils se touchèrent et ils sursautèrent ». Ce passage montre la première innocence des personnages. Le rapport charnel prend aussi un autre tournant, même si cela ne peut être considéré comme de l’amour, il est remplacé par la musique. Or celle-ci occupe une place importante dans la vie de chaque personnage par conséquent le fait que la relation soit aussi remplacée par la musique prouve bien qu’une sorte de lien se créé entre les personnages. Tout d’abord, Sainte Colombe communique son amour à ses filles grâce à la musique. Après le rapport charnel qu’il a entretenu avec sa femme et qui lui a donné ses filles, Sainte Colombe travaille l’éducation musicale de ses filles et leur apprend à aimer et à vivre la musique comme il le fait. Il leur transmet en héritage cet amour. La musique permet de créer une filiation entre les personnages et permet à Sainte Colombe de prendre son rôle de père. Ensuite, avec la mort de son épouse, Sainte Colombe se plonge dans la musique : « Sainte Colombe s’enferma chez lui et se consacra à la musique » (p.11). Son épouse étant morte, il n’est plus question de charnel. C’est la musique qui la ramène à lui. En effet, elle lui apparaît à chaque fois qu’il est dans sa cabane, lieu de solitude et de calme, il existe une sorte de rituel d’évocation comme dans l’Odyssée d’Homère. En effet, Ulysse doit offrir aux morts des symboles de la vie, Sainte Colombe offre, lui, sa musique, des gaufrettes, du vin. Sainte Colombe fait donc une sorte d’offrande musicale à sa femme, d’où l’écriture du Tombeau des Regrets. Lors de ces visitations, si le dialogue est possible entre les deux personnages, c’est par la musique qu’ils communiquent la plupart du temps. Dans le film d’Alain Corneau, les trois visitations représentées ont pour fond une bande son musicale calme et triste. La musique pour Sainte Colombe est intimement liée à l’amour : « Quand je tire mon archet, c’est un petit morceau de mon cœur vivant que je déchire » (p.75). Ainsi lorsqu’il joue, il exprime son amour pour la musique mais aussi pour sa femme. La musique permet d’exprimer son chagrin pour sa femme mais aussi permet d’être le lien entre vie et mort. La musique permet à Sainte Colombe de retrouver la voix féminine qu’il a perdu d’où la tête de femme sur sa viole que l’on peut voir dans le film. Ainsi, quand Sainte Colombe joue c’est comme s’il prenait sa femme entre ses bras, renouant la communication interrompue avec la mort. Mais aussi, la musique entre Marais et Madeleine a une place très importante. En effet, après que le jeune homme se soit fait renvoyé de chez Monsieur de Sainte Colombe, Madeleine propose de lui apprendre ce que son père lui a appris au chapitre 13. Madeleine rappelle alors le mythe d’Ariane, fille du roi Minos de Crète qui donne un fil à Thésée qui lui permet de sortir du labyrinthe. De même, Madeleine offre à Marais le « fil » qui lui permet d’accéder à la musique et à l’art de Sainte Colombe. Elle est aussi celle qui montre la cabane à Marais, celui-ci reste d’ailleurs redevable pour ce « fil » que Madeleine lui a donné à la fin du film : « Je suivais le chemin que Madeleine m’avait indiqué. Je mettais mes pas dans des pas plus anciens ». Madeleine devient donc l’initiatrice de Marais.

Les personnages montrent les uns pour les autres une sorte de délicatesse qui peut se voir aussi grâce à la musique. Cependant, un véritable amour ne peut exister.
Quel est le problème des relations entre les personnages ? Pourquoi cet amour est-il impossible ? Le problème auquel font face les personnages est celui de la communication. En effet, Sainte Colombe connaît l’impossibilité de communiquer. Ainsi, il n’y a pas de véritable amour réciproque, sa femme et lui s’aiment mais ce problème est une entrave aux relations qu’ils entretiennent. Sainte Colombe n’a donc jamais pu exprimer son amour par ses mots : « La parole ne peut jamais dire ce dont je veux parler » (p.79). Madame de Sainte Colombe reconnaît elle-même ce problème : « Je n’eusse pas été blessée si vous me l’aviez exprimé de façon un peu plus bavarde ». Madeleine semble elle aussi faire face à ce problème dans sa relation avec Marin Marais. Au chapitre 18, lorsque Marais rompt avec elle, Madeleine se rend compte de l’inutilité de ses paroles, elle le stoppe donc : « Arrête de parler ». De même, à la séquence 12, elle ne veut plus l’entendre parler lors de leur dernière entrevue : « Joue, je préfèrerais que tu joues ». Cependant, l’invitation au silence peut aussi amener à autre langage, plus profond. C’est pourquoi Madame de Sainte Colombe met son doigt sur la bouche pour inviter son mari à se taire et à jouer à la séquence 6. La musique prend alors la place de la parole. Sainte Colombe l’affirme très clairement au dernier chapitre, page 113 : «  La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut pas parler. » Pour lui, ce n’est pas l’amour le problème mais la façon de le communiquer. La parole semble en effet ne pas être capable de le faire. Ainsi la musique a le rôle d’ « imiter toutes les inflexions de la voix humaines » (p.13). Cependant, lors de la dernière rencontre entre Madeleine et Marais, celle-ci s’exprime et utilise ses mots pour attaquer Marais. Elle n’utilise pas le langage pour exprimer l’amour mais plutôt le ressentiment : « Je ne vois pas que j’aie eu de peine récente » (p.102). Un véritable combat verbal s’installe entre les deux personnages. Le manque de communication pose donc un problème pour les relations cependant le monde coupé des Sainte-Colombe n’est-il pas lui aussi une entrave à la vie et donc à l’amour ? En effet, le lieu où vivent les Sainte Colombe est coupé du monde, les filles sont enfermées dans l’univers janséniste de Monsieur de Sainte Colombe, homme taciturne. De plus, avec la mort de Madame de Sainte Colombe, le lieu est de plus assimilé à la mort comme le montrent la barque ou même la cabane. Les jeunes filles grandissent et vivent comme Monsieur de Sainte Colombe dans une atmosphère de mort. Ainsi, Madeleine partage avec son père cet élan de mort : elle se coupe du monde après sa séparation d’avec Marin Marais mais aussi de la vie, elle maigrit, se prive et ne dort plus. Contrairement à elle, Toinette partage avec sa mère un élan de vie. Elle est joyeuse, rieuse. Toinette réussit donc à s’échapper de cette spirale en se mariant et en quittant la demeure des Sainte Colombe. Elle ne se sacrifie ni à son père ni à son amant. De son côté, Madeleine vit un amour sacrificiel contrairement à sa sœur : celle-ci en voulant échapper au monde de Sainte Colombe entême une liaison avec Marais, en trahissant les secrets de son père. Mais d’où vient le tragique de l’œuvre ? Corneau et Quignard ne tombent pas dans le pathos puisqu’ils décrivent les évènements de façon très factuelle. Cependant, le destin de Madeleine semble tragique. Elle semble par son prénom destinée à une pulsion morbide et sacrificielle. En effet, son prénom peut faire référence à Marie-Madeleine, prostituée pardonnée par le Christ qui abandonna son ancienne vie pour le suivre et vivre une vie de repentante. De même, Madeleine passe la fin de sa vie à se repentir, non pas de sa liaison avec Marais mais de la trahison qu’elle a faite à son père en livrant ses secrets. Comme elle le dit au chapitre 24 : « J’ai nourri aussi des ressentiments contre moi. » Elle a honte de ce qu’elle a fait comme si cela était une sorte d’adultère symbolique. Ainsi, elle se vide de toutes ses forces vitales et rentre dans une sorte de folie à la séquence 12 lorsqu’elle marche durant la nuit dans le jardin encore et encore. Sa vie est donc remplie de sacrifices : à son père, à son amant mais aussi la musique. Elle y consacre sa vie même si cette musique n’est pas la sienne mais celles des autres : son père, Marais. Par conséquent, lorsqu’au chapitre 25 elle se suicide, c’est un acte prévu qui montre sa force morale. Exténuée, elle arrive à atteindre sa fin en utilisant les lacets des souliers que Marais lui avait offerts. Par ce geste, elle explique que c’est sa relation avec Marais qui l’a perdue à elle-même, à son père mais aussi à la vie.

Le roman de Pascal Quignard et le film d’Alain Corneau montrent la complexité des relations entre les hommes et le caractère idéalisé de l’amour, ce n’est en réalité, comme la musique, qu’une chose que l’on ne semble pouvoir qu’ « héler ». Il existe cependant une différence entre Corneau et Quignard sur ce sujet. Dans le film, l’amour semble passer après la musique. En effet, le film s’ouvre sur la musique avec Marais alors que le roman s’ouvre sur la mort de Madame de Sainte Colombe et donc de la perte de la voix féminine et d’une certaine façon de l’amour.

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