Physiologie de l’enfant et entraînement adapté au basket-ball








télécharger 27.71 Kb.
titrePhysiologie de l’enfant et entraînement adapté au basket-ball
date de publication31.03.2017
taille27.71 Kb.
typeDocumentos
p.21-bal.com > comptabilité > Documentos

Physiologie de l’enfant et entraînement adapté au basket-ball

Pr D. Rivière - Médecine du sport, Hôpital Purpan - Toulouse

Quand on s’intéresse à la pratique sportive, il est bon de rappeler la définition que P. de Coubertin donne du sport : « Le Sport est le culte volontaire et habituel de l’exercice musculaire intensif, appuyé par le désir de progrès et pouvant aller jusqu’au risque ». Cette définition s’applique à tous les sports quel que soit l’âge de la pratique. En effet, pour obtenir la performance dans un sport donné, et c’est le cas pour le basket-ball, il faut débuter relativement tôt. Sauf exception, il ne semble pas qu’en débutant après 18-19 ans, on puisse espérer devenir un bon basketteur. C’est donc dans l’enfance et l’adolescence que l’entraînement devra commencer, avec introduction progressive des compétitions qui avec l’âge deviendront plus fréquentes et plus longues en durée de jeu.

Chez le jeune basketteur, cet entraînement devra s’attacher à améliorer les différents facteurs de la performance que l’on peut de façon schématique résumer en :
• facteurs énergétiques : processus aérobies et processus anaérobies ;
• facteurs neuro-musculaires : force, vitesse, agilité, coordination psychomotrice ; technique ;
• facteurs psychologiques : motivation et tactique.

Le problème est que l’enfant est un organisme en croissance. La croissance peut se définir comme la séquence ordonnée des modifications qui aboutissent à la maturation des tissus. Elle se caractérise par une accumulation des protéines dans l’organisme et par un gain de poids et de taille dont on voit sur la figure 1 que l’évolution n’est pas linéaire avec l’âge.



Avant d’aller plus loin, abordons le problème crucial du retentissement d’un entraînement intensif sur la croissance.
Les études sont assez peu nombreuses et d’interprétation difficile. On peut aujourd’hui dire que, si l’on observe parfois des retards staturaux, il est exceptionnel que la taille définitive soit affectée par l’entraînement. En d’autres termes, il semble bien y avoir un rattrapage du retard éventuellement lié au sport. Par contre, on met souvent en évidence un retard pubertaire avec retard de l’apparition et troubles des règles fréquents chez les jeunes filles.
De la même manière que la croissance staturale et celle des différents tissus ne sont pas linéaires, l'évolution de l’aptitude physique ne l’est pas non plus. L’enfant présente une réponse physiologique à l’exercice et des capacités physiques différentes de celles de l’adulte, essentiellement du fait d’une masse musculaire inférieure et d’un métabolisme énergétique que l’on peut qualifier d’« immature ». En terme d’entraînement il est donc fondamental, si on veut limiter le « risque sportif » tel que défini par P. de Coubertin, de ne pas considérer l’enfant comme un simple « adulte en réduction » !

Sur le plan énergétique, son métabolisme aérobie se caractérise par une VO2 max. (ou consommation maximale d’oxygène) inférieure à celle de l’adulte en valeur absolue mais proche si on la rapporte au kg de poids corporel.

On peut admettre que chez un enfant donné, le V02 max. exprime : « la limite d’adaptation de l’ensemble du système des échanges gazeux chargé de capter, transporter et libérer l’oxygène au niveau des cellules pour participer aux oxydations cellulaires et donc à la production d’énergie ». Ce système assure :
• le prélèvement de l’oxygène : c’est l’étape ventilatoire ;
• le transport de l’oxygène : c’est l’étape circulatoire ;
• I’utilisation de l’oxygène : c’est l’étape tissulaire.

L’étape ventilatoire ne constitue pas, comme chez l’adulte dans les conditions habituelles, un facteur limitant le VO2 max. puisque même celui-ci atteint, une hyperventilation volontaire supplémentaire est encore possible.

Comme chez l’adulte, la ventilation (VE) augmente avec l’intensité de l’exercice par augmentation de la fréquence respiratoire (f) et du volume courant (VT). Les volumes pulmonaires de l’enfant, pendant la croissance, sont à peu près proportionnels au cube de la taille (T3), avec chez les filles une valeur inférieure de

10 % par rapport aux volumes des garçons de même âge et même taille, ce qui montre que les dimensions corporelles ne sont pas les seuls facteurs déterminants. La fréquence respiratoire de repos est plus élevée chez l’enfant que chez l’adulte et diminue progressivement pendant la croissance. De même, I’enfant à une fréquence respiratoire maximale plus élevée à 5 ans (70/min.) qu’à l’âge adulte (50/min.).

A l’exercice, l'enfant de petite taille a une VE d’effort qui se rapproche plus de sa VE maximale que chez le grand enfant ou l’adulte ; ce pourcentage de la VE max. représentée par la VE d’effort, diminue avec la croissance. En fait, pendant cette période, on assiste à une modification des rapports entre VE, VT et f. liée à des modifications de la mécanique ventilatoire : diminution des résistances des voies aériennes et augmentation de la compliance pulmonaire.

Avec l’accroissement de taille, on note :
• une augmentation de VE et VT, et de VE max. et VT max. ;
• une diminution de f et de f max.

Enfin, le rendement ventilatoire est légèrement plus faible chez l’enfant que chez l’adulte.

Les facteurs cardiocirculatoires sont habituellement considérés comme les facteurs limitants du transport de l’oxygène.
Lors de l’exercice, le débit cardiaque augmente selon une relation à peu près linéaire avec l’intensité de l’exercice et la consommation d’oxygène.
L’augmentation de débit cardiaque pour une augmentation donnée de VO2 est constante pendant toute la vie. Chez l’enfant, et pendant toute la croissance, le volume d’éjection systolique (V.E.S.) est étroitement corrélé avec le volume du cœur et avec le cube de la taille (T3) du sujet. Le V.E.S. augmente avec la taille et à taille égale, le garçon a toujours un V.E.S. supérieur à la fille.
La fréquence cardiaque (FC) maximale culmine vers l’âge de 10 ans (210 à 211 bat. min -1), pour diminuer ensuite avec l’âge et devenir inférieure à 200 bat. min-1 à l’âge de 20 ans.

L’étape tissulaire qui peut être appréciée par la différence artérioveineuse en oxygène (D.A.V.O.2) est conditionnée par l’équipement enzymatique du muscle.
Chez l’adulte et l’enfant, il semble exister une limite supérieure à la capacité des cellules à extraire l’oxygène du sang. La D.A.V.O.2 est habituellement plus grande chez l’enfant (pour des efforts sous-maximaux, la différence s’estompant pour des efforts maximaux), et ceci, peut être du fait d’une redistribution différente d’un débit cardiaque plus faible ; à l’exercice, le débit de sang dans les muscles actifs serait plus élevé chez l’enfant que chez l’adulte.

Enfin, sur le plan enzymatique musculaire en période prépubertaire :
• le rapport oxydation du pyru-vate/réduction du pyruvate semble plus élevé que chez l’adulte et qu’après la puberté ;
• les enzymes du cycle de Krebs sont pratiquement toujours en quantité supérieure à la moyenne des adultes ;
• les enzymes du métabolisme des graisses semblent avoir une capacité au moins égale à celle de l’adulte.

Le VO2 max. pendant la croissance augmente de façon régulière avec la croissance (fig. 2) : 1 l. min-1 environ chez l’enfant de 5 à 6 ans jusqu’à 3 I. min-1 chez le garçon et 2 I. min-1 chez la fille à l’âge de 15 ans.
A tous les âges, les filles ont toujours un VO2 max. inférieur aux garçons et cette différence augmente encore à la puberté. Exprimé en ml min-1 kg-1 le VO2 max. est sujet à des variations très marquées dans une tranche d’âge donnée : de 20 à 85 ml. min-1 kg-1. En moyenne, pour des enfants de 8 à 14 ans, il varie entre 40 et 55 ml. min-1 kg-1 chez le garçon et entre 35 et 50 ml. min-1 kg-1 chez la fille. Ces valeurs du VO2 max. exprimées en ml. min-1 kg-1 évoluent en fait en deux phases :
• augmentation progressive de l’âge de 6 ans à la puberté ;
• stabilisation ensuite et même discrète diminution, surtout chez les filles probablement par augmentation des réserves adipeuses.



D’après les lois établissant les relations entre les dimensions corporelles et le travail musculaire, le VO2 max. doit être proportionnel au poids du corps puissance 2/3 (M 0,66) ou à la taille au carré, ce qui semble se vérifier chez l’adulte où l’on trouve en fait M 074, valeur très proche de M 0,66. Ce n’est pas le cas chez l’enfant, chez qui, si l’on applique les mêmes relations, on trouve un VO2 max. théorique calculé, toujours supérieur à celui mis en évidence par la mesure, et ce durant toute la croissance.
On peut donc dire que le VO2 max. des enfants n’est pas aussi élevé que ne le laissent prévoir leurs dimensions corporelles et donc que celles-ci ne donnent qu’une mauvaise appréciation de leurs possibilités aérobies.

L’ensemble de ces facteurs explique que l’enfant est moins efficace au cours des exercices sous maximaux. De plus, il a été également montré que l’enfant à une économie de course plus faible que l’adulte, ce qui semble particulièrement marqué chez les jeunes basketteuses.

La différence avec l’adulte est encore plus nette si l’on s’intéresse au métabolisme anaérobie. Le métabolisme anaérobie de l’enfant a fait l’objet de peu d’études étant donné la difficulté de son évaluation. Chez l’enfant, les valeurs maximales de lactates plasmatiques produits à l’exercice sont inférieures à celles de l’adulte et augmentent avec l’âge. Dans le muscle, la concentration à toutes les puissances de travail est inférieure chez l’enfant et la différence est très marquée chez les plus jeunes pour s’estomper vers l’âge de 16 ans. L’utilisation des substrats diffère chez l’enfant et l’adulte. Il semble que dès le début de l’exercice, I’enfant utilise en plus grande proportion que l’adulte, I’énergie du métabolisme aérobie.

Après avoir éliminé la possibilité, soit d’une adaptation plus rapide au début d’exercice, soit d’une réserve d’oxygène plus importante, on peut conclure à une capacité anaérobie plus faible chez l’enfant par rapport à l’adulte.

Ces résultats sont confirmés par l’étude du contenu enzymatique musculaire ; I’enfant prépubertaire (5 à 9 ans) a une activité basse des enzymes de la glycolyse, activité qui augmente à la puberté tout en restant inférieure à celle de l’adulte jusqu’à la fin de l’adolescence. On peut conclure qu’avant 10-11 ans, I’enfant ne semble pas avoir un équipement enzymatique adapté à l’effort très intense (anaérobie).

La concentration inférieure de lactates produits à l’effort repose non seulement sur une activité plus basse de la chaîne glycolytique anaérobie, mais aussi sur :
• une oxydation plus rapide du lactate ;
• une participation possible d’autres substrats à la production d’énergie ;
• une masse musculaire moindre par rapport au poids du corps et à « I’espace lactate » que chez l’adulte.

Enfin, si l’on s’intéresse à la force musculaire là encore, I’enfant paraît désavantagé. On sait que la force que peut développer un muscle est proportionnelle à sa surface de section transversale. D’après les lois établissant les relations entre les dimensions corporelles, la force musculaire est proportionnelle au carré de la taille (T2) du sujet, mais le coefficient de proportionnalité semble se modifier notablement de l’enfance à l’âge adulte. En effet, si chez l’adulte, intervient seul le facteur T2, chez l’enfant interviennent également la maturation du système nerveux central (chaque année supplémentaire accroît la force de 5 à 10 % par rapport à la force moyenne des sujets ayant la même taille), et surtout le rôle joué par les hormones sexuelles mâles à partir de la puberté. On peut donc dire que chez l’enfant la force musculaire est inférieure à ce que laissent prévoir ses dimensions corporelles.

Pendant la croissance, l’évolution est régulière avec une petite « explosion pubertaire » chez le garçon. La force musculaire de la fille est toujours inférieure à celle du garçon, et cette différence s’accroît à partir de 12-13 ans. La force musculaire se stabilise chez la fille à partir de 15 ans. Chez le garçon, elle augmente jusqu’à un maximum entre 17-18 ans.
Cependant il existe de nombreuses exceptions à ce schéma, en particulier des retards de force musculaire chez des sujets de poids et de taille dans la moyenne de leur âge. Ainsi, certains préconisent l’établissement d’une courbe individuelle car l’âge, le poids et la taille ne peuvent souvent suffire à renseigner sur la force musculaire que le sujet peut développer.

En résumé, par rapport à l’adulte, I’enfant :
• présente un potentiel aérobie développé mais en retrait de celui de l’adulte pour les exercices sous-maximaux
• est désavantagé pour les exercices intenses
• présente une évolution non linéaire de ses capacités énergétiques, I’aptitude aérobie précédant l’aptitude anaérobie.

Quelles conséquences en tirer pour l’entraînement ?
Nous nous placerons ici sur un plan purement énergétique, I’entraînement sur le plan technique et tactique étant de la responsabilité de l’entraîneur.
Chez l’enfant, il faut donc réaliser surtout un entraînement en « endurance ». Ce terme est actuellement décrié car mal connu et donc mal utilisé. Rappelons la définition de l’endurance. L’endurance est définie comme l’aptitude à prolonger un exercice infra-maximal, c’est-à-dire inférieur à la Puissance Maximale Aérobie ou PMA. La Résistance est définie comme l’aptitude à prolonger un exercice supra-maximal, c’est-à-dire supérieur à la PMA.
La Puissance Maximale Aérobie est la plus petite puissance d’exercice qui permet d’obtenir le VO2 max. ou consommation maximale d’oxygène, elle même définie comme représentant les capacités maximales de transport d’oxygène par le sang et d’extraction de l’oxygène par le muscle (Figure 3).

Figure 3 : consommation maximale d’oxygène (les valeurs numériques sont données à titre d’exemple chez un grand enfant)



Par définition un exercice à la PMA est dit maximal ; en dessous il est infra ou sous maximal, au dessus il est supra ou sus maximal.

Compte tenu des définitions précédentes, on peut dire que plus le VO2 max. est élevé, plus le sportif est endurant. Ceci est à nuancer car tout ce qui est infra-maximal n’est pas strictement aérobie, c’est-à-dire non limité sur le plan purement énergétique. En effet, à partir d’une certaine intensité d’exercice infra-maximal, appelé zone de transition aérobie-anaérobie ou seuil anaérobie (Figure 4), le temps pendant lequel on peut prolonger l’exercice devient limité et ce d’autant plus que l’on se rapproche du VO2 max. Ce seuil représente environ 50 % chez le sportif sédentaire et peut dépasser 80 % chez le sportif d’endurance.



En résumé, être endurant c’est posséder un VO2 max. élevé et un seuil anaérobie proche du VO2 max.

Chez l’enfant, travailler l’endurance sera essentiellement travaillé au seuil, c’est-à-dire à la fréquence cardiaque correspondant à cette intensité de l’exercice. Or ce seuil et donc cette fréquence cardiaque sont très variables en fonction des sujets.

Il faut donc personnaliser l’entraînement et éviter les programmes standardisés. Ceci impose la réalisation de tests d’aptitude, réalisés en laboratoire ou sur le terrain, visant à définir les différentes zones d’entraînement. Ces tests ne peuvent généralement être réalisés qu’après 8 ans. 3 au moins semblent nécessaires durant la saison : 1 en début, 1 en milieu de saison ou au moins 2 mois avant l’objectif majeur, 1 en fin de saison pour juger de l’acquis avant la coupure.

En conclusion, il faut insister sur la nécessité de personnaliser l’entraînement en particulier chez l’enfant qui, rappelons-le, « n’est pas un modèle réduit de l’adulte » !

similaire:

Physiologie de l’enfant et entraînement adapté au basket-ball iconC omité Départemental du Nord de Basket Ball

Physiologie de l’enfant et entraînement adapté au basket-ball iconCompétition des techniques individuelles de basket-ball

Physiologie de l’enfant et entraînement adapté au basket-ball iconPhysiologie du cartilage, physiologie de l’arthrose

Physiologie de l’enfant et entraînement adapté au basket-ball iconUniversité de Lyon 1 : Master 2 «Technologie en Physiologie et Biochimie Marines»
«laboratoire physiologie et biotechnologies des algues» (pba). Essaie de cryopréservation sur les microalgues marines Tetraselmis...

Physiologie de l’enfant et entraînement adapté au basket-ball iconInstitut national de formation ministere de la jeunesse superieure en sciences et et des sports
«entraînement pour adultes réduits». L’enfant ou l’adolescent se trouve encore en croissance et soumis de ce fait, à un grand nombre...

Physiologie de l’enfant et entraînement adapté au basket-ball iconFondements generaux du processus d’apprentissage et d’entrainement
«8 – 10 ans» à «17 – 18 ans»,tout en observant les principes didactiques essentiels d’apprentissage et d’entraînement

Physiologie de l’enfant et entraînement adapté au basket-ball iconRapport de jc ringard à propos de l'enfant dysphasique et de l'enfant dyslexique

Physiologie de l’enfant et entraînement adapté au basket-ball iconCe document est un guide d’entraînement à l’attention des différents...
«clinicienne» proposée permet d’établir un projet de jeu, d’apprentissage individuel et un projet pédagogique nécessaire à une action...

Physiologie de l’enfant et entraînement adapté au basket-ball iconExercices pour l’échauffement en basket

Physiologie de l’enfant et entraînement adapté au basket-ball iconPv comite directeur du jeudi 27 septembre 2007 – maison du basket








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
p.21-bal.com