THÈse pour le diplôme d’État








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5. LES FACETTES DE L’ENFANT A HAUT POTENTIEL




5.1. Fonctionnement de l’enfant HP et aspects neurocognitifs


Un certain nombre de travaux de neurosciences permettent de mieux comprendre le fonctionnement neurocognitif des enfants à haut potentiel.

La vitesse de conduction de l’influx nerveux a été étudiée à l’aide de potentiels évoqués auditifs et Eysenck, psychologue chercheur allemand en 1982 (18) a mis en évidence une transmission plus rapide pour les enfants précoces comparés à des témoins.

D’après les travaux de JC Grubar (19) en 1997 professeur de psychologie expérimentale de l’université de Lille, et J Huon (20), psychologue chercheur en 1981, le taux et la durée de sommeil paradoxal seraient plus élevés chez les enfants à haut potentiel que chez les témoins (La durée d'un cycle de sommeil est plus courte (70 min) ; le nombre de cycles de sommeil chez les enfants HP est de 6,40 - contre 4,21 pour les autres enfants ; la succession des stades de sommeil est très régulière chez les enfants HP).

De plus, il a été démontré une fréquence plus élevée d’activités oculomotrices pendant le sommeil paradoxal. L’ensemble de ces données sur le sommeil paradoxal souligne une grande plasticité cérébrale et une facilitation de la mémoire. Par ailleurs, une grande capacité de mémoire de travail a été mise en évidence à travers une étude de R. Kail (21), professeur de psychologie américain en 1991.

Une étude menée par JE Alexander, MW O’Boyle et CP Benbow (22), professeurs de psychologie américains, en 1996 sur l’activité cérébrale à l’aide de l’électro-encéphalogramme suggèrent une maturation physiologique plus avancée avec un rythme alpha moins élevé (EA Joel, MW O’Boyle et CP Benbow en 1996 (23)).

Un certain nombre d’études en neuropsychologie appuyées d’études en imagerie cérébrale permettent de mieux comprendre la spécificité du fonctionnement cognitif de ces enfants à haut potentiel, (notamment celles menées par P Planche (24), (25), (26), professeur de psychologie cognitive du développement à Brest) : ils utilisent un mode de traitement de l’information de type analogique permettant d’établir des liens entre les situations. Ainsi, ces enfants ont un fonctionnement qualitativement différent de celui des enfants moyens avec une vitesse de traitement plus rapide sur les tâches cognitives de résolutions de problème, ainsi que des capacités d’apprentissage hautement supérieures.

De plus ils possèdent des capacités métacognitives au niveau de la mémoire à long terme qui leurs permettraient une base de connaissance plus riche que celle des enfants moyens en facilitant l’encodage.

Certains auteurs DF Bjorklund, W. Shneider, WS.Cassel, E, Ashley, (27), psychologues chercheurs américains, en 1994, avancent une supériorité de la vitesse de traitement dans le traitement de l’information. Le cortex préfrontal est en partie responsable de la mise en œuvre de ses fonctions qui sont matures. Cette mise en jeu du cortex préfrontal est valorisée par des travaux de tomographie par émission de positons (TEP).

De plus, des études menées par O’ Boyle et Benbow en 1990 (28) sur la spécialisation hémisphérique ont montré une certaine equipotentialité hémisphérique du traitement de l’information des enfants à haut potentiel par rapport à des sujets contrôles, bien que d’autres travaux tendent à montrer une implication plus importante de l’hémisphère droit chez des sujets surdoués en mathématiques.

Par ailleurs il existerait une influence génétique déterminant le taux de matière grise corrélé au QI, voire au taux de substance blanche d’après Posthuma et al (29), psychologue canadienne en 2002. Des mesures de volume cérébral en IRM anatomique faites par Wilke et al. (30), chercheurs au centre de recherche en imagerie à l’hôpital Medical Center de Cincinnati Children aux Etats-Unis, en 2003 confirment cette corrélation entre QI et volume de substance grise.

Ainsi, l’apport des données développementales met en évidence l’avance de la maturation neurosensorimotrice des enfants à haut potentiel à la fois sur le plan psychomoteur et sur les capacités attentionnelles. Ces résultats soulignent d’une part une substance réticulée opérante précocement sur le plan de l’éveil attentionnel et d’autre part une vitesse de transmission rapide de l’influx nerveux (liées à des propriétés membranaires neuronales et par la myéline qui entoure les axones vu déjà décrit par Spearman (31), psychologue anglais en 1904 dans ces travaux « General intelligence objectively mesured and determined ».), entraînant certaines vitesses de traitement. Cette vitesse de traitement joue un rôle important dans l’encodage pour la mémoire et permettent ainsi des capacités spécifiques d’apprentissage et de plasticité cérébrale. D’après Neubauer (32), professeur à l’Institut de psychologie de l’Université Karl Franzens, à Graz, en Autriche dans son article « les clés de l’intelligence » publié en 2003 montre que grâce à la gaine de myéline, excellent isolant pour la conduction permettant ainsi de concentrer les dépenses énergétiques, l’activité cérébrale serait alors plus ciblée. Cette spécificité de conductance rend compte des hautes performances perceptives de ces enfants.

L’enfant à haut potentiel disposerait donc d’un fonctionnement cérébral spécifique avec des hautes capacités de traitement de l’information, ce qui lui donne une grande flexibilité et des atouts considérables sur le plan des capacités d’apprentissage ; il possède donc une plus grande plasticité cérébrale que chez les enfants « dans la norme ».

5.2. Le mode de pensée de l’enfant à haut potentiel



La singularité du mode de pensée de l’enfant HP est la pierre angulaire sur laquelle est construite toute la différence de cet enfant.

Ainsi les différences de procédures de raisonnement, de système de compréhension, de méthode de mémorisation, de construction et d’élaboration des connaissances sont aujourd’hui de mieux en mieux comprises grâce à l’apport de la neuropsychologie, des neurosciences et de la neurobiologie du cerveau.

Pourtant, penser différemment est l’idée la plus difficile à accepter et à intégrer lorsque l’on évoque l’enfant HP.

Ainsi l’illusion que chacun pense d’une manière identique peut conduire à un problème fondamental de communication. En effet l’enfant HP ne dispose pas des mêmes implicites que tout le monde. Cela peut l’amener à ne pas comprendre ce qui lui est demandé, à donner une réponse « à côté », ou encore à dire « je ne sais pas ». Ce n’est ni de l’insolence ni de la provocation mais seulement une incapacité à comprendre la même chose que les autres. Ainsi, ne pas disposer des mêmes implicites entraîne un défaut de participation.

Par ailleurs, pour l’enfant HP le sens précis des mots a une valeur en soi, ce qui peut l’amener à répondre à côté, hors sujet ou d’avoir des réponses étranges.

Il a besoin de tout comprendre avec une nécessité de précision absolue. Lui-même peut aussi souffrir de ce fonctionnement qui ne laisse jamais la place au doute. Ce mode de fonctionnement peut parfois entraver sa capacité à se remettre en question ou à se critiquer.

L’enfant HP a un raisonnement logico-mathématique très inhabituel. Il utilise des modes de calcul et de raisonnement différents. Ces modalités sont inaccessibles aux autres et souvent incompréhensibles pour lui-même. L’enfant ne peut expliquer comment il raisonne et ne sait pas justifier ses résultats. Il ne s’agit pas de mauvaise volonté ni de provocation mais d’impossibilité à accéder à ses propres stratégies.

L’enfant HP possède une pensée en arborescence (J Siaud-Facchin). Chez ces enfants, la pensée est toujours en marche, à une vitesse parfois vertigineuse et dans un enchaînement effréné et infini d’association d’idées. La pensée en réseau peut être à la fois une force et une faiblesse, et diffère dans le fond et dans la forme de la pensée linéaire qui permet une structure logique de la pensée.

5.3 Des indices cliniques, à tout âge…



Laurence Vaivre-Douret (7) (33) a été la seule à observer et analyser ces enfants dès le plus jeune âge. Elle décrit parfaitement les caractéristiques du développement de l’enfant à haut potentiel. Elle est partie de données concernant une population importante d’enfants tout venant et bien portant suivis en longitudinal dans le cadre de consultation de PMI dont certains ont été déclarés à haut potentiel à l’âge scolaire ou préscolaire ; elle a ensuite suivi 60 de ces enfants tirés au sort et repris rétrospectivement dans les dossiers les items neuro-développementaux depuis la maternité.

- Elle remarque que « dès la naissance, une possibilité d’éveil calme durable, supérieur à 8 minutes comparée à une durée moyenne d’enfants nouveau-nés tout venant qui est autour de 4-5 minutes. La réponse à la fixation du regard est rapide et la poursuite oculaire est performante sur 90° de chaque côté s’apparentant déjà à une poursuite continue entraînant à la fois les yeux et la tête. »

On retrouve un nourrisson très tonique, qui tient rapidement sa tête.

Selon le docteur O.Revol, professeur en pédopsychiatrie et chef de service de neuropsychiatrie de l’enfant à Lyon, la fréquence des difficultés d’endormissements mérite d’être signalée, s’expliquant par le refus de renoncer au plaisir de l’exploration mais aussi par l’anxiété de séparation.

- Elle met en évidence, entre autre, une précocité du développement moteur : position assise très tôt, recherche la position debout avant 6 mois en poussant sur leurs membres inférieurs, marche acquise à 12 mois…

- Elle constate un développement du langage précoce, parallèlement au développement moteur : précocité des premiers mots (12 mois), puis des premières phrases (18 mois), sans l’étape de « parler bébé ».

- De même les étapes du développement psycho-affectif vont se succéder rapidement avec une certaine avance par rapport aux enfants du même âge.

- Une haute potentialité qui va se manifester par une insistance à se débrouiller seul, et une véritable « rage de maîtriser ».

- Très tôt manifestation d’une grande curiosité avec un questionnement incessant souvent autour de préoccupations existentielles (origine de l’homme, construction de l’univers, existence de Dieu, notion de vie après la mort…).

- Recherche de dialogue avec les adultes, et choix des camarades plus âgés qu’eux.

- On note une passion pour les livres, en particulier les encyclopédies et les dictionnaires, un intérêt dès deux ans aux sciences de la vie et de la terre, à l’astronomie, un attrait pour les jeux compliqués, de stratégie par exemple.

- Une tendance à travailler seul, le peu d’intérêt pour les tâches faciles et routinières, et de façon quasi constante.

- Un sens de l’humour particulièrement développé.

- L’accès à la lecture est généralement accéléré et apprend le plus souvent seul.

- Elle remarque une demande précoce d’accès au langage écrit même si O.Révol souligne une compétence moins performante en graphisme.

- Une mémoire étendue et précise.

- Elle explique également que sur le plan perceptif et cognitif, toutes les sensorialités et les perceptions (épidermiques, tactiles, gustatives, olfactives, auditives et visuelles) semblent à « fleur de peau », alimentant la réactivité sensitive émotionnelle et affective, ainsi qu’un sens de l’intuition comme un sixième sens.

Selon le docteur O.Révol, cette extrême sensibilité fait que ces enfants sont sensibles à leur différence, ce qu’ils éprouvent vis à vis de l’autre les rendant hostiles à toute prise de risque. Comportements qui peuvent ainsi être à tort interprétés comme une immaturité affective alors qu’on pourrait parler d’hypermaturité. Ainsi cette hypersensibilité n’est que la conséquence du fonctionnement intuitif d’un enfant qui perçoit rapidement les états d’âme de son entourage. Cet excès d’empathie peut rapidement devenir déstabilisant. L’enfant HP risque de se sentir débordé par cette perméabilité affective. Empathie et intuition l’amènent à redouter sans cesse la survenue de catastrophes familiales ou écologiques. L’enfant HP se sent dans l’obligation d’anticiper, puis de tenter de résoudre les problèmes des autres, surtout s’il a été le premier à les identifier.

C’est cette mission de « sentinelle » qui est sans doute responsable de troubles anxieux, que l’enfant peut tenter de contrôler en érigeant des TOC (docteur O.Révol)

De même à l’adolescence, selon O Revol, la survenue de la puberté et des transformations physiques qui l’accompagnent sont logiquement mal vécues. De plus l’enfant HP ne se reconnaît ni dans les goûts ni dans les codes des enfants de son âge. Il se retrouve alors isolé, coincé dans un no man’s land qui peut devenir rapidement déprimant. Sa pensée en arborescence le rend à cet instant particulièrement sensible à tous les questionnements qui l’envahissent depuis toujours. Rapidement désenchanté, l’adolescent HP peut rejeter massivement l’école, la famille, la société, pour finir par s’interroger sérieusement sur le sens de la vie. Il préfère se passionner pour des mondes qui n’existent que dans les rêves ou l’imagination (« Le Seigneur des anneaux »), des sociétés mythiques (l’Atlantide), ou les siècles passés. Amour, amitié, haine, tristesse et solitude sont exacerbés car la haute potentialité est responsable d’un effet loupe qui amplifie toutes les émotions et les sensations.

5.4. La notion de dyssynchronie : une cause ou une conséquence de l’inadaptation des enfants à haut potentiel




5.4.1. Une cause



D’après Jean Charles Terrassier (34), l’une des premières particularités de l’enfant HP est le décalage entre son développement intellectuel et son développement psychomoteur, ce dernier n’étant pas synchrone avec le premier. Il différencie la dyssynchronie interne et la dyssynchronie sociale, le tout constituant le syndrome de dyssynchronie.

La dyssynchronie interne 

Dyssynchronie Intelligence-Psychomotricité

D’après JC Terrassier « le rythme du développement psychomoteur des enfants précoces est rarement à la mesure de leur développement intellectuel. » Ce décalage entraîne souvent des difficultés quotidiennes pour l’habillage, le laçage de chaussure et des maladresses gestuelles mais ce sont surtout les difficultés dans l’apprentissage de l’écriture qui vont poser le plus de problèmes. Ces enfants peuvent très mal vivre ce décalage, ayant l’habitude de maîtriser facilement les difficultés. Les observations de JC Terrassier « montrent que l’enfant surdoué risque alors de réagir d’abord par une volonté de contrôle, de maîtrise anxieuse conduisant à une hypertonie et à un tracé trop appuyé tremblant et irrégulier ».

Dyssynchronie Intelligence-Affectivité

De même que la maturité psychomotrice, la maturité affective d’un enfant HP apparaît d’avantage liée à son âge réel qu’à son âge mental. Les enfants de 5 ans qui savent lire sucent aussi leur pouce, ont les mêmes craintes dans l’obscurité, ont un lien aussi intense et possessif avec leur mère que ceux qui sont moins précoces. Il arrive que l’enfant HP essaie de maîtriser ces aspects infantiles pour paraître plus mûr et mettre en apparence sa maturité affective en synchronie avec sa maturité intellectuelle. Ainsi il faut se méfier de la fausse « immaturité affective ».

Dyssynchronie sociale

La société attend d’un enfant qu’il joue un rôle conforme à son âge.

A l’école, cette pression vers la norme que l’on nomme aussi « effet pygmalion négatif » implique que l’enfant renonce à l’expression d’une partie de sa personnalité, qu’il censure son intelligence comme si elle était nuisible, inacceptable, donc à réprimer. Ceci peut entraîner plus tard l’enfant vers un désintérêt scolaire et vers l’échec.

La dyssynchronie sociale concerne également la relation avec les camarades. Ils recherchent des camarades plus âgés qui les acceptent plus ou moins volontiers.

5.4.2. Une conséquence



JC Terrassier nous décrit essentiellement des enfants d’âge scolaire, tout du moins après 2 ans, chez qui l’interaction avec l’environnement scolaire a déjà eu lieu.

Or Laurence Vaivre-Douret (33) lors de son étude observe chez les enfants de moins de 2 ans «  une synchronie relative du développement des fonctions psychomotrices et psychologiques. »

Si l’on part de ce principe, la dyssynchronie apparaît donc comme une conséquence de l’inadaptation entre l’enfant HP et son environnement. Ainsi l’environnement permet de garder dès le début de la vie une certaine harmonie du développement des fonctions. Parfois il est nécessaire d’accompagner l’enfant et la famille par une guidance ou un soutien plus structuré quand cela ne se fait pas spontanément.
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